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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Rêverie Au Jardin Japonais... | 04 janvier 2009


(Conte d'un sado-masochisme ordinaire)


Je vais le soir, désemparé, traîner mes bottes dans les quartiers glacés de la ville obscure. Les yeux exorbités sous ma casquette vert-d'eau, je me glisse entre les nappes de brouillard gras et brun comme un poisson dans un étang glauque. Comme lui je suffoque et je balbutie quelques cris de terreur inaudibles, fasciné par les lumières qui surnagent. Les lampadaires sont des lotus flottant à la surface, trop haut pour que je puisse souffler leurs bougies électriques. Vampire urbain, je me nourris de ceux que je croise, plantant mes petites dents de brochet au regard révulsé dans un cou, dans une épaule ou un bras froid, humide de la rosée de la nuit. Des corps imbibés de whisky rencontrés dans une bulle de lumière blafarde ; des créatures qui ne verront plus jamais le jour. Mon forfait accompli, j'essuie mes lèvres et je m'en vais disparaître entre deux eaux : j'ai un peu honte, mais j'ai si faim... Parfois, je redoute de me faire mordre à mon tour par un petit poisson fou, du désespoir plein les mirettes. Je le sens, je la sens tourner autour de moi, je l'entends suffoquer - je suis déjà hypnotisé par sa petite toux rauque. Sa grâce féline et la vivacité de ses mouvements m'empêchent encore de voir ce petit corps assurément frêle qui, inlassablement, tisse autour de moi sa toile de désir. Un soir où je ne me méfierai pas, je me retrouverai couché sur le pavé, barbeau capturé sur le fond de galets, emmêlé dans sa vase et poisseux de ses gourmandes bouchées. Qu'elle me mange, après tout, je ne serai pas en reste. Œil pour œil et peau contre peau, nous nous nourrirons l'un de l'autre, juste assez pour ne pas se faire trop mal. L'obscurité ne nous fera plus peur, mon cœur y sera dans ses mains comme un œuf ; frémissant, prêt à éclore d'une vie nouvelle. Petit poisson futur aux yeux touts blancs, aveugle né pour les bas-fonds dont le royaume, Monde de la Nuit, n'aura pas de fin...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 22:28:56 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (5) |

Catharsis in the Underground Kingdom... | 03 avril 2008

[The Young Gods - Gasoline Man]
(God Save my Rock N'Roll Queen)

Sur une piste tout sauf lumineuse, où seules dansaient les horreurs qu'un vigile sans imagination avait laissé passer, j'ondulais ma couenne liquoreuse aux relents fiévreux de tristesse oubliée. J'avais dit que je danserais, à défaut d'une corde j'avais choisi les planches épineuses, et plus rien ne pouvait m'empêcher d'exprimer ici le jus de mes regrets, fruit de mes attentes pour le moins déçues et des cadeaux aussi inattendus qu'empoisonnés de la vie à la surface. Qu'on est mieux aux étages inférieurs, où la boue noire des crimes accomplis là-haut ne colle plus aux basques mais s'écoule, liquide... Je glisse sur des flaques qui ne sont plus du sang, au détour des pogos où les crêteux m'entraînent avec une joie féroce. Dans la cage derrière moi, les musiciens jouent leur vie douloureuse en écornant leurs doigts électriques sur les cordes grasses d'un rock bien acide, la sueur d'un Lou Reed noie les amplis saturés à bloc. Des yeux blancs me visent et à chaque coup me manquent, se raccrochent à une jambe ou à un riff pour ne pas tourner du globe ; ils voudraient rire d'eux-mêmes mais ils sont trop essoufflés pour ça. Comment leur faire comprendre qu'ils s'agitent en cherchant la lumière sur une piste aux étoiles mortes depuis longtemps, sous une musique dépressive qui n'est toujours que sauts du haut des falaises , message dans une bouteille confiée à la mer des sanglots de nos frères qui font couler la weed ? Tous ils finiront par craquer... Je terminerai seul debout de la tribu de Dana sous mes vêtements glauques et plus personne sous mes bottes ferrées, j'ai vu la mort se marrer et ramasser ceux qui restaient ; enfin sur les genoux je serai dans le stupre et l'essence (salée) de toxines expurgées par l'effort inutile sacrifié aux divinités mortes, là-dessous enfouies dans une nécropole que les pas répétés des danseurs ont scellée sous la terre tassée. Elles ne remonteront pas, les terreurs qu'on y oublie ; plût aux vivants qu'après ma mort, on ne m'enterre pas si profond que je les y retrouve...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:51:34 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (3) |

Branchés... | 05 février 2008

(C'est barré, c'est Frenchmat qui m'y a fait penser)

Salut. Je m'appelle Jarwhal, et je suis pompiste ; d'autres diraient barman. Je préfère pompiste parce que c'est un métier qui a disparu il y a bien longtemps, en même temps que le pétrole et les voitures. Je n'étais même pas né, à l'époque... En fait, c'est moi que vous rencontrez de l'autre côté du bar quand vous descendez dans les « Profondeurs », ces dérivés très, très lointains des bouges, des boîtes et des tripots. C'est moi qui vous indique le box qui vous conviendra, et c'est à moi que vous dîtes à quoi vous tournez. AB, O+, O-... Bref, vous connaissez le système. Non ? Ah, vous êtes nouveau, c'est pour ça...

Nous sommes dans un de ces établissements souterrains équipés de pompes à sang ; les gens y viennent quand ils se sentent un peu paumés, en manque de sensations ou tout simplement trop fatigués pour faire autre chose
(vous comprenez bien que le soir, nous sommes quasiment toujours complets...). Les boxes, tout autour de la pièce, accueillent des pompes connectées à la Banque Centrale du Sang ; venez, approchez, je vais vous montrer ça. D'abord le bar ; tous les types de sang sont disponibles : A, B, O, Rhésus +/-... Mettez votre doigt ici - voilà. Nous avons tout : groupe sanguin, rhésus. Je les sélectionne à l'aide de ces deux commutateurs ; ensuite, vous gagnez la place que je vous désigne. Sortez l'embout en métal du bain d'alcool antiseptique, et connectez-vous. Après ? C'est bien simple, votre circulation sanguine est prise en charge par le système pneumatique, à une pression qui est déterminée à l'avance en fonction du pied que vous voulez prendre. Bien sûr, tout un tas de contrôleurs biométriques sont intégrés dans la machine pour éviter les conditions trop extrêmes, les ruptures de vaisseaux, ce genre de choses ; personne ici ne veut vous voir ressortir à la surface sous forme de macchabée... Des infections ? Non, pas à ma connaissance. Et puis, derrière chaque point de connexion au réseau il y a un "bouclier sanitaire", une espèce de filtre qui sert à la fois de "rein" artificiel et de barrière contre vos virus, bactéries ou parasites éventuels. Au tout début de la pratique, on a eu des villes et des stations qui ne respectaient pas les directives de filtrage ou se passaient de bouclier ; cela a provoqué des épidémies locales, et je ne vous parle même pas des branchements pirates qui ne contrôlaient pas les caractéristiques du sang... Depuis, la législation s'est durcie. Nous ne sommes jamais à l'abri d'une descente des services sanitaires ; personnellement, je n'en ai jamais vu. Mais que pourraient-ils trouver ? Nous sommes en règle. Quelques substances illicites dans les effets des consommateurs, et encore... Dans le sang ? Non, nous ne sommes pas habilités à trafiquer la composition du sang ; encore que certains ne se privent pas. Ils savent bien qu'en principe le bouclier sanitaire est efficace contre toute pénétration de substances indésirables dans le réseau. En principe... Par contre, il existe des établissements haut-de-gamme qui vous proposent d'élaborer vous-même votre cocktail sanguin ; ça vous coûtera un max' mais vous pourrez vous envoyer n'importe quelle saloperie, plus ou moins légalement. Hein ? Oui, en théorie ils sont soumis à la loi, comme tout le monde ; mais au tarif qu'ils réclament ils peuvent se payer un matos autrement plus pointu que la moyenne, et puis ça leur fait aussi de quoi payer les amendes. Nous, ici, on n'a pas besoin de ça. Défonce bas-de-gamme pour citoyens très, très moyens. Parce c'est quand même la grande majorité des gens, de nos jours : je suppose que je ne vous apprends rien... Enfin, je vous laisse, vous êtes branché et je vois déjà vos yeux qui basculent. Je suis derrière le bar, si vous me cherchez ; demandez le pompiste...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:55:52 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (6) |

Je Me Pique De Toi... | 21 novembre 2007

(J'écris pendant les cours de stratigraphie)

Comme je suis un peu apprenti-sorcier
J'ai encore voulu jouer au petit alchimiste
J'ai tenté de susciter ton souvenir
Contre ma joue.
Ma peau s'est souvenue de toi
Créant du même coup un manque où tout s'est engouffré
Tous mes sens ont suivi en effet boule-de-neige
Mon nez s'est souvenu, et ma langue, et mes doigts
Ils ont fait la vague en ton nom
Ravivé la plus infime de mes sensations
La plus intime de mes perceptions...
J'ai pris une claque qui m'a tout retourné
M'en suis trouvé par terre avec les yeux voilés
Impression rétinienne de toi partout reportée
Grisé par l'injection brutale de toi
Explosion sensorielle et toxico-mémoire
Sans toi je ne sais plus les doses
Je m'ecchymose
J'ai trop bien appris mes leçons-de-toi
Pris des notes sur ma peau pendant tous tes cours
J'enregistrais tes moindres stimuli dans mes nerfs
J'ai des instantanés de ta fine topographie
A fleur de peau, un bouquet de douces fragrances
Dans mes sinus
Et l'amertume des rails qui nous éloignent...
Le vent m'apporte le bruissement de tes cheveux
Qui glissent doucement sur ma redescente...


Gatrasz.


Publié par Gatrasz à 13:03:09 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (8) |

Ton Fer Dans Mes Plaies... | 14 novembre 2007

(Pour soigner ton anémie)

Ce soir je viens à toi
Je me laisse attirer par tes bras de soie
Tes épines me happent et je veux m'y ancrer
Sentir tes crocs sous la peau mouillée
Qu'ils éclosent et me percent de part en part
Que tu me cernes comme un rempart
Dans les geôles de ta forteresse
Maîtresse
Je veux garder des hématomes
Tous tes arômes...
Que toujours mon corps se souvienne
Que ma douleur te retienne
Tous mes membres que tu détaches
Et mes cheveux que tu arraches
Ils sont à toi
Sous les griffes que sont tes doigts
Mon sang mêlé à ta sueur
Je plongerai jusqu'à ton coeur
Comme un sucre, en toi que je fonde
Que nos miaulements se confondent
Je ne rêve que de m'échapper
Pour devenir ton prisonnier...


Gatrasz.


Publié par Gatrasz à 10:16:16 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (7) |

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Et sinon...


...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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