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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Le Petit Prince Des Cons... | 01 novembre 2009


(J'ai un peu de mal à poster, ces temps-ci ; mais aujourd'hui ça marche^^ Voici un petit texte bien ciblé, peut-être que vous reconnaîtrez ; je l'ai enrichi d'un petit hommage à Saint-Ex, l'écrivain aviateur, et à plein d'autres que je ne citerai pas...)

Un jour que l’avion de mes rêves avait pété un boulon, que j’étais à mille lieues de tout secours possible
(même spirituel), je dormais sous le sable en baignant dans la certitude que rien de pire ne pouvait arriver. Assailli de rêves atroces, je montai m’asseoir sur la dune dans la nuit glacée du désert ; et là, frissonnant comme un nourrisson atteint du H1N1 qu’on aurait mis dans le bac à glaçons - pour conserver le virus - j’attendais la navette universelle qui vient immanquablement, tous les matins, ramasser les détritus et les déchets dans mon genre. Ah, si j’avais eu une clé à molette, tout eût été différent...

Mais non. Et, m’impatientant d’être finalement reconnu par le chauffeur aveugle de la navette comme un mécréant valable, j’avais dessiné sur le sable…un mouton. Un sale petit mouton noir, planqué dans un tiroir-caisse. Vint un Prince, sans transition. Pété d’oseille et de champagne, montre d’or au côté comme un quinquagénaire. Dorure au vent, avec l’air d’être né coiffé du portefeuille d’un président. Et des dents comme des haches, coupant les mots des autres et cisaillant les oreilles avec les siens... Scooter en rade sur l’épaule gauche et saluant du bras, bien éduqué quoi. Doté du pouvoir d’animer la poussière, j’aurais pu lui dessiner un mouflon, cornes spéciales anti-derrière bordé de nouilles, ou bien l’atteler d’un trait dans le sable à son deux-roues maudit ; mais je vis avec un pincement au cœur qu’il s’était payé la plus belle rose du jardin, direct, et de dépit je
(me) crashai sur la dune. L’autre empaffé de prince me regarda en biais, mais je le mis en fuite à coups de P-38 (ici ou ).

Revenu à ma solitude, je vidai dans le sable mes dernières cartouches ; et puis je m’en allai avec mon arme vide, laissant le pouvoir
(trop) visible et matériel à cette tête de con. Mes héros à moi sont plus sanglants, peut-être, mais au moins ce sont des poètes. Je tirai donc mes marrons du feu pour m’en aller conquérir, tout seul, ce qu’on appelle encore, et pour un moment, la Terre des Hommes...

(Si j'avais eu le temps, j'en aurais peut-être fait une chanson ; mais voilà...je l'ai pas eu !)

Publié par Gatrasz à 17:19:40 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (3) |

Polar Mind (So Deep)... (2ème partie) | 28 janvier 2009

(Comme j'ai la flemme - et surtout pas le temps - de refaire un dessin, j'extrais ceci de mon projet BD en cours, j'espère que ça vous ira :)


Abandonné de tous, je m'assieds sur les marches pour rattacher, à grand-peine, mes lacets ; le pinard du troquet m'en a mis un sérieux coup, dis-donc. C'est alors que j'avise Justine se fumant une cigarette au coin de la rue, vendant effrontément mes secrets à son benêt de petit ami. On lira demain que je suis bredouille en matière de Durand. Mais qui est-ce, nom d'un chien ?

Je reste là, les bras ballants, sur les trois marches ; plus tard, sur ma gauche, un brouhaha, comme toute une troupe d'apaches qui se feraient discrets. Et je les vois passer dans la ruelle, loin sur ma gauche : Durand ! Ça y est, je me souviens ; un bel enfoiré, celui-là, doublé d'un grand malade. Un type qui faisait des casses avec des sbires habillés en soldats pour effrayer son monde. Ce n'est pas de la prison qu'il s'est tiré, mon salaud, c'est de l'asile ! Aussitôt, je ma planque dans un renfoncement ; les aliénés -
surtout en équipe - passé deux heures du matin, très peu pour moi... Je finis par me geler dans mon trou ; je vide ma vessie dans l'ombre comme un vieil ivrogne, puis je sors et me carapate gentiment. Pas de bol, je me colle à...Henry Durand. Qui me reconnaît, en plus ! Il se met à hurler comme un possédé : « Je le savais ! Salopard, les journaux avaient dit que tu traînerais ici ! ». Je maudis les canards et m'enfuis dans la nuit, poursuivi par le siphonné qui refuse de lâcher son os (c'est à dire, le mien). Une sacrée dent contre moi, qui l'avais oublié. Il voulait peut-être que je lui écrive, à l'hôpital ?

Abrité pour souffler dans l'escalier qui monte à un petit square, je le vois enfin s'éloigner, agitant les bras et vociférant avec désespoir. Je meurs d'envie qu'un riverain lui balance quelque chose du haut d'une fenêtre, pour le faire taire... Si l'aube le surprend comme ça, il ne courra pas longtemps : mais ce n'est plus mon boulot. Je me retourne pour grimper les marches fraîchement cimentées, quatre à quatre, et manque de mourir de trouille en me heurtant à quelqu'un qui arrive derrière. «
Salut, dis-je, je suis l'alcoolique du coin, je ne fais que passer ». L'autre sourit, gratte les poils de son menton et me répond, l'air sérieux : « Moi, c'est la jeune fille du bout de la rue, je reste pas non plus ». Et il se défile sans courir, très correct en fin de compte pour un taggueur à casquette. Je change prestement de quartier, tombe sur une avenue qui commence à s'illuminer. Devant moi, le poste de la Croix-Rouge et des clochards qui s'amènent pour le petit déjeuner ; je n'ai pas de mal à faire illusion. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour un café chaud...

Enfin, je vais me poser au Silène qui vient d'ouvrir, vers les sept heures. Pour une nuit foireuse, c'est réussi, me dis-je en essayant de ne pas coller mentalement le visage de mon assistante sur les demoiselles de Serpieri. Quel sacré vieux pervers je fais... Au fait, je devrais laisser traîner ces vieilles BD sous son nez, au bureau. Ça lui donnera peut-être des idées...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:35:39 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (5) |

Polar Mind (So Deep)... (1ère partie) | 22 janvier 2009


Ecrasé sur la petite table du bar « Le Silène Â» - ça ne s'invente pas - je rumine ma nuit sans sommeil. Sous mes doigts, des pages froissées de Serpieri que je fais semblant de lire ; elles me rappellent un peu trop Justine. Justine Florent...mon assistante - n'allez pas vous imaginer des choses. Je pose un billet de cinq sur la table, histoire de repartir avec un « crème Â» pour une heure de 'soul' crachotante et de réflexions ensommeillées...

Hier... je reçois un coup de fil d'un anonyme qui se croit mon ami ;
tu sais, lance-t-il tout à trac, qu'Henry Durand n'est plus en cabane ? Sans doute, me dis-je, grand bien lui fasse. Qui est-ce ? C'est toi qui l'y avait collé, non ? Ah... Je dois dire que ça n'a pas marqué mon subconscient. Et il préparerait un gros coup, c'est dans le journal, page 8... Hé bien, ça ! Si même les journaleux sont au parfum... Enfin, s'il paraît que je connais Durand, qu'on s'attend à ce que je fouine, alors je fais aller fouiner. Qu'à cela ne tienne ; c'est mon boulot. Dans l'entrée, je réveille Justine qui ronfle allègrement, le front calé sur le clavier du portable en veille. Je me demande pourquoi je la paye, celle-là : une assistante. Etudiante en Lettres un tiers du temps, danseuse en boîte de nuit le second tiers et roupilleuse professionnelle dans l'antichambre de mon bureau pour payer ses extra quand elle s'en souvient. Je suis pour aider la jeunesse, moi ; mais elle ne m'aide pas beaucoup. Question galipette, je n'y touche même pas : Mademoiselle a un copain, pigiste au plus branché des canards de la capitale...

En milieu d'après-midi, je fais le tour des bijouteries -
c'est mon rayon, les cailloux. Mais pas de casse spectaculaire, pas l'ombre d'une voiture bélier chargée de braqueurs à cagoules ; rien. Le vide tel qu'il me faut attendre le soir pour faire le coup de poing, dans une gargote où je suis allé combler le déficit de mon estomac avec Mademoiselle Roupillon. Une petite frappe qui comptait s'arroger la caisse, armé d'un cutter - on a fait mieux... La gargotière aurait su s'en dépatouiller ; mais je fais sauter la lame d'un coup de gant, colle aussitôt après ma poigne dans la tronche du gosse mal élevé qui, bêtement, bronchait encore. Entre deux flics il faisait moins le malin, l'asticot. Soignant mon arcade amochée dans l'embrouille, je sortis sans un merci : bienvenue dans le monde moderne. C'était l'heure de la fermeture, de toute façon ; et mon assistante boutonneuse s'était envolée - me laissant régler sa note - sans que je m'en aperçoive.

(à suivre)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 19:36:11 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (3) |

Les Griffes De La Chose Sombre... | 20 novembre 2008


(La scène se déroule fin XIXème en Louisiane ; une trentaine de gentlemen se réunissent dans la maison d'un riche planteur de tabac pour un congrès. Tous sont de gros fumeurs, sauf le narrateur, venu pour accompagner un vieil ami. Survient une créature aux velléités bien particulières...)

[...] nous étions tous dans la maison, et le vent soufflait en tempête ; son sifflement ondulait comme un serpent, s'enroulant autour de la vieille demeure coloniale pour l'écraser dans ses anneaux. L'atmosphère devenait étouffante et la fumée du foyer mourant s'entassait sous les poutres noires du plafond. Dehors rôdait la Chose Sombre, dans une obscurité qui semblait faite pour elle, humide, épaisse. Toxique. Les fumeurs étaient ses proies de prédilection... Ce dont il s'agissait, personne n'aurait su le dire : les restes de ses victimes, odieusement déchiquetés, disaient sa férocité mais en rien son allure. On eût dit qu'elle vous prenait de l'intérieur, voilà tout ce qu'on avait pu déduire. Votre corps se disloquait ; des blessures suintait un épais goudron - horrible résidu organique à l'aspect profondément malsain...

Quelques uns avaient tenté de fuir, une heure plus tôt. L'ouragan, soudain déchaîné, avait étouffé leurs cris. Pourtant, lors d'une accalmie, j'avais cru percevoir quelque chose : un frôlement contre la porte, un murmure. J'avais ouvert le battant, qu'une rafale avait presque aussitôt rabattue, quasiment arrachée. Quant au malheureux qui se tenait devant... Les genoux et les coudes déboîtés, il s'agitait désespérément dans une pantomime grotesque, avec des spasmes ponctués de cris rauques. Sa figure de souffrance s'imprima à jamais dans nos esprits ; il était perdu. Les plus vifs d'entre nous rabattirent la porte, l'assujettirent avec des madriers. J'eus le temps de voir, cependant, une ombre encore plus noire l'englober totalement, un nuage l'envelopper de ténèbres et le croquer, de milliers de petites dents sauvages... Il parut se rompre, se disperser, et disparut à jamais.

[...] A présent nous allions aussi devoir sortir, nous aussi : la maison craquait, pliait, menaçait de s'effondrer pour nous ensevelir sous une masse de décombres à l'échelle de son ancienne splendeur. Il y avait ceux qui voulaient demeurer malgré tout, terrifiés ; et ceux, dont j'étais, qui pensaient fuir dans la forêt, s'abriter sous les arbres centenaires que même la tempête n'avait pu jusque là déraciner. La porte enfin ouverte, je plongeai le premier dans l'obscurité. Je rampai le long d'une haie ; on me suivait. Je m'arrêtai soudain : devant moi, une fosse à peu près de la taille d'une tombe et, dedans, une jambe. Dans le même état que précédemment décrit, déchirée, rongée, fondue. Je hurlai : la Chose Sombre était toujours là ! Je vis la terreur gagner mes compagnons tandis qu'un affreux soupçon me prenait aux entrailles... Je voulus me retourner mais n'en eus pas le temps. La Chose Sombre me saisit, m'emporta : mes vêtements, imprégnés d'odeur de tabac blond, craquaient, mes chaussures, mon gilet ; la peau me brûlait aux articulations... Dans un grand cri de terreur et d'agonie, je m'envolai, tâchant de me replier, de retenir mes jambes et mes bras contre la force monstrueuse qui les empoignait. Je devins un point de l'espace, ma conscience s'étrécit, et je finis par perdre connaissance.

Quand je me réveillai, j'étais sur un lit d'hôpital ; bras et jambes immobilisés, mais cependant - à mon grand soulagement - intacts. J'étais faible ; mais je devais me remettre rapidement. De mes amis, nulle trace ; du moins, me dit-on, rien d'identifiable. J'étais le seul survivant...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 19:52:46 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (5) |

Laundry Music... | 27 octobre 2008

(Photo : Gat'. 2007)

J'avais mis la machine en marche, et je regardais le tambour tourner, tourner, assis contre la vitre froide, un matin de janvier. Je somnolais, bercé par le mouvement de mes chemises et de mes chaussettes lorsque, « knock, knock », on frappa contre mon oreille à travers le carreau. Je sursautai : c'était Elle. Avec sa jupe froissée qui ne devait pas souvent tourner à 60°C dans l'eau savonneuse ; sa veste à franges arachnéenne sur un chemisier noir dentelé par l'usage et ses cheveux tressés, floconneux. Sa peau claire rendue translucide par le froid, et son haleine diaphane qui se changeait en fines volutes blanches pour s'élever vers le ciel. Mes mains contre les siennes à travers la vitre, je la regardais immobile, la tête penchée sur le côté ; elle souriait.

D'un coup, je me retrouvai dehors, les poings dans les poches de mon blouson, marchant derrière elle qui gambadait gaiement sur le trottoir. Je la suivis d'intersections en passages cloutés, d'escaliers d'immeubles en ruelles pavées. Nous atteignîmes enfin son repaire ; elle descendit les marches d'une station de métro qui, depuis longtemps, n'appartenait plus à la R.A.T.P... Je m'infiltrai comme elle entre deux
murs sales et carrelés, traversai un parking souterrain changé en obscur terrain de camping pour junkies et paumés. Chacun son emplacement avec sa couverture, et son réchaud à gaz chauffant on-ne-sait-quoi... Elle enjambait des corps allongés, des matelas crasseux, contournait une tente à l'armature de ficelle... C'était son jardin, son H.L.M. à l'horizontale, qu'elle semblait connaître par cœur : chaque voisin, chaque squatteur. Elle habitait dans ce qui avait dû être une cave d'immeuble aux murs à présent crevés, derrière un couple de lave-linges dépareillés mais apparemment fonctionnels. Après tout, je m'étais peut-être bien trompé pour la jupe... Dans son réduit, elle me fit du thé - ce qu'elle mélangea aux feuilles, bien malin qui saurait le dire - que je bus engoncé dans le tas de chiffons qui lui faisait office de banquette. Pelotonnée contre moi, comme un chat, elle se contentait de humer son bol ou le mien, et parfois d'y tremper ses lèvres. Je sirotai mon thé aussi lentement que je pus, immobile, me réchauffant près d'elle...

Quant je partis, elle dormait au milieu des chiffons ; j'étendis sur elle la vieille veste à franges, mince couverture kaki sur ses frêles épaules blanches. Mon linge finissait d'être essoré quand je retrouvai ma propre laverie de quartier ; je lançai le programme de séchage, m'assis à nouveau sur les sièges en plastique, tout contre la vitre qui donnait sur la rue, et je m'endormis.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 09:28:33 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (7) |

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Et sinon...


...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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