Body Art By Gat' | 19 juin 2008
(Petit dessin fait cette nuit ; c'est sensé illustrer une nouvelle que j'écris pendant mes insomnies - lesquelles sont dues généralement à l'écriture de cette nouvelle...cherchez pas - mais comme c'est plus 'gentillet' que ce que je voulais faire au départ, je peux aussi bien le publier ici)Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 10:51:02 dans Filth and Creations...
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Permaliens
Ma Jolie Gratte En Bois De Caisse... | 27 mai 2008
Je l'avais faite avec amour, avec de la cagette et du sapin, et toute l'ardeur qu'on met aux choses dont on sait qu'elles ne dureront pas ; j'avais ma hache et mon rabot, du papier de verre et mon grand couteau de cuisine. Ma belle guitare, ma Melody Larsen avait des échardes, des angles durs et un son chevrotant. Elle piquait les mains comme les oreilles, et les bouts de fil de fer coupés avec les dents d'une vieille tenaille déchiraient la paume tout au long des solos. Mais peu importait qu'elle grince, que les étincelles jaillissent des cordes et fassent des courts-circuits ; je l'avais faite comme on taille une torche, pour la brûler et s'éclairer un peu pendant ma descente en scène. Les cris qu'elle poussait dans l'ombre et ceux qu'elle émettait sous les spots rouges étaient d'ailleurs bien différents : elle grondait dans le noir comme les sanglots d'une bête qui sent qu'elle va mourir, et la lumière lui brûlait les yeux. Moi, je n'écoutais pas ; ma voix étrangement grave crachait du sang et de l'électricité. Je crois que j'aurais tout aussi bien pu nouer mes cordes vocales à la caisse de ma glorieuse compagne de concert... Et puis j'ai vu son sang couler, un liquide épais comme du pétrole s'échappait des interstices entre les planches et dégoulinait sur mes jambes. J'ai bien compris alors que le moment était venu, qu'elle ne tiendrait pas plus longtemps sous mes assauts rageurs de garçon frustré. Sa pauvre carcasse avait fait son temps, star au petit corps fragile, météore qui échoue dans une atmosphère où l'oxygène l'étouffe et l'incendie. Le temps d'une prestation le consume, et c'est fini ; tandis que moi, je demeure avec mon réservoir à colère prêt à s'emplir de nouveau. Dans un accès de rage et de tristesse, devenu totalement inaudible, je la broie sur le plancher gras taché de souffrances passées ; je la laisse là , secouée des soubresauts nerveux de ses câbles électriques. Ceux-là même que j'avais arrachés à l'ampoule de la cuisine... Les pieds dans sa flaque de noirceur collante, j'ai encore le manche dans les mains ; piteux débris aux cordes outragées qui pendent comme un fouet tragique, comme les tentacules d'un poulpe étrange à qui on vient d'arracher sa proie. Il faut que je me détourne, que je remonte à présent la pente en laissant sans regrets mon énergie brisée là , par terre, dans ses échardes et mes hydrocarbures...
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 16:39:25 dans Filth and Creations...
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Permaliens
Le Garçon Qui Croyait Etre Cassandre... | 19 mai 2008
Je suis comme un enfant qui verrait des Ombres
parmi les Vivants
; comme une fillette qui distingue les Monstres
dans l'Obscurité
, ou comme ce vieil Aveugle
dont les yeux déjà morts voient évoluer les habitants du Monde
de l'Au-DelÃ
. Je vois de sombres silhouettes aux Figures
grimaçantes ; ils me font peur, ils me glacent le sang mais maintenant je sais Qui ils sont. Je les ai reconnus - tellement parmi eux possédaient mon visage... Ils existent et ils n'existent pas, ils sont à la limite de la Réalité
et du Fantasme
. Ils vivent dans cette frange, cette bande étroite où presque personne ne peut les voir, entre les Apparences
et la réalité des Intentions
. C'est un peu comme voir des poissons, Créatures
insaisissables, nager et se faufiler en eaux troubles, imprévisibles, entre le Fond
et la Surface
...
Je vois chaque personne sous l'aspect d'un Kaléidoscope
. Il y a plusieurs formes, il y a plusieurs visages pour chacun. Je détecte en même temps le Montré
et le Caché
; je ressens dans mes tripes la gestation d'une Pensée
dissimulée sous le voile d'un Mensonge
. Plus celui-ci est tissé, argumenté selon la forme de la Vérité
, plus je la vois. Pourtant elle est absente : indéfinissable paradoxe de la Réalité
, insupportable contrariété pour une Franchise
sans concessions. Ces Fantômes
sont Clones
parfaits et en même temps Caricatures
. C'est comme croire à ses propres Mensonges
, on faiblit sous le poids de notre Fausseté
jusqu'Ã devenir cette Horreur
qu'on a créée. La Créature
de Frankenstein
prenant l'identité du Docteur ; le Spectre
prend possession de son Géniteur
. Moi, je les vois faire mais je ne peux rien. Grand œil sinistre et impuissant, je m'écarquille et je hurle en Silence
quand la Chose
insidieuse me montre les dents. Je regagne ma triste orbite, la Caverne
du Mythe où les Ombres
sont seulement des Films
. Et loin ; si loin...
Gatrasz.
Publié par Gatrasz à 16:10:49 dans Filth and Creations...
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Permaliens
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