Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Continuum Revolution... (3) | 19 mai 2009

 

Un lourd silence régnait dans la salle de conférence du Centre d'Etudes Scientifiques sur le Voyage Temporel, convertie de façon provisoire en bureau de la Cellule d'Evaluation de la Recherche. Assis tout seul en face des membres de la commission, le capitaine Paul Mazurier se demandait quelles questions on allait pouvoir lui poser ; il avait tout dit dans ses rapports de mission, tout ! Et répéter cela encore prendrait des jours...

« 
Capitaine, commença le président de la commission ; nous avons lu attentivement tous vos compte-rendus. Il est, vous le savez, question de savoir quelle espèce - ou, disons, quel groupe vivant - peut-être considéré, tout au long du Temps tel que vous avez pu l'explorer, comme le plus durable et par là, le plus fort. Quelle est votre opinion ?

Mazurier se râcla la gorge.

_
Hem...hé bien, avança-t-il, j’ai pu voir de nombreuses manifestations de vie et de puissance, tant dans le passé que dans le futur, vous le savez. J'ai été particulièrement marqué par certains grands dinosaures, manifestement puissants et craints par la majorité des autres créatures ; je garde un souvenir cuisant de robots de métal indestructibles ravageant la surface de la Terre après s'être révoltés contre leurs créateurs... Il y a aussi des monstres marins, et d'étranges choses cyclopéennes régnant sur la planète après ce qui sera l'Apocalypse. J'ai vu des périodes dominées par les insectes, et puis...
_Oui, oui, nous avons lu tout cela. Mais qu'en ressort-il, selon vous ?
_Euh...je ne sais pas, moi. Je ne suis pas scientifique ! 
»

Quelques heures plus tard, c’était le Pr. Milchmann lui-même qui prenait place sur le siège de torture pour faire face au feu roulant des questions.

« 
Professeur...vous n'ignorez pas que le programme auquel vous participez...
_...que je dirige. S’il vous-plaît.
_...oui, excusez-moi. Bref, ce programme spécial est financé majoritairement par l’Etat...
_...et quelques grands actionnaires, il me semble ; ne vois-je pas derrière vous le représentant d'industriels, comme B...
_...certes...
_...et de poids lourds de la finance, tel...
_...bien sûr, Professeur, bien sûr ; quoi qu'il en soit, ils n'en financent pas moins les travaux de votre équipe à hauteur de centaines de millions d'euros depuis trois ans...


(le sourire du président de la commission s'élargit, jusqu'à devenir carnassier)

...nous aimerions donc connaître, en substance, et très précisément, le résultat de vos expériences de voyage temporel. »

Le professeur resta de marbre. Finalement, il répondit :

«
 Hé bien... »

(à suivre)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:22:27 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (3) |

Continuum Revolution... (2) | 14 mai 2009

Fond sonore : [Jeff Beck - Nadya]

 

La mission. Comme on le lui expliqua, c’était simple : il s’agissait d’observer différentes époques, du futur et du passé, pour tâcher de déterminer qui s’y trouvait être, selon toute vraisemblance...le véritable Maître du Monde. Tout bêtement. Les intérêts politiques de cette recherche étaient énormes, d’où le financement conséquent attribué par l’Etat - et l’obligation de résultat qui s’ensuivait, bien évidemment. Pour une plus grande fiabilité des données, on rendrait aléatoire le choix de la « direction » temporelle et de la date. Mazurier serait habillé d’une combinaison spécifique adéquate et passe-partout, et disposerait d’une valise de matériel de première nécessité : vivres lyophilisés, bouteille d’eau, masque à oxygène mais aussi arme blanche, revolver chargé et appareil photo numérique avec jumelles intégrées. Plus une poignée de gadgets et d’instruments de mesure ; la plupart fonctionneraient touts seuls, resterait à effectuer quelques prélèvements de sol, de flore et de faune microscopique. Rien d’impossible à-priori pour un militaire entraîné et expérimenté ; par ailleurs, en cas de risque majeur, un dispositif de rapatriement d’urgence avait été prévu : une espèce de siège éjectable temporel, lui dit-on.

Le premier mois d’expérimentations se déroula sans anicroche notable ; on prenait pour cela des précautions draconiennes, afin d’éviter que Mazurier n’apparaisse au milieu d’une charge de mammouths ou devant l’œil inquisiteur d’une caméra de supermarché du proche futur.
Ne pas perturber l’Histoire, réduire la visibilité de l’expérience pour une meilleure objectivité… Tout fut bientôt rôdé à la perfection ; à peine quelques frayeurs, une poignée d’imprévus, de petits riens. Une légère brûlure au laser ramenée d’une guerre du 31ème siècle, une morsure sans gravité de Vélociraptor...

Le voyageur temporel prenait régulièrement des notes ; il ramena quelques images, il engrangea des souvenirs précis, aussitôt classés après de longs débriefings-interrogatoires par des types en blouse blanche à lunettes. Il remplissait des questionnaires et faisait des descriptions pendant des heures, des jours après chaque expédition -
un vrai poste de bureaucrate, en fin de compte. Paul Mazurier n’aurait, ceci dit, pas aimé se trouver à la place de ceux qui épluchaient inlassablement ses rapports de mission... La plupart du temps, il ne savait pas lui-même ce qu’il pouvait y avoir dedans d’utile - ce n’était pas son boulot. Il avait vu des tas de formes de vies dominantes au cours des Ages : des dinosaures gigantesques et terrifiants qui auraient pu engloutir un éléphant d’une seule bouchée. Des cyborgs impressionnants, porteurs d’une vie artificielle ou de l’âme de ce qui avait été, longtemps avant, un humain. Des tigres à dents de sabres et des monstres volants nés de manipulations génétiques futuristes. Des tyrans sanguinaires et des communautés égalitaires d’ampleur planétaire... Bref, toutes les formes de pouvoir appliquant un levier physique ou psychique sur la majorité du reste du globe. Sans doute, une moyenne se dessinait-elle dans les fichiers des scientifiques : un fil conducteur subtil, qui résumerait des dizaines de cas en une forme concrète de la pratique secrète de l’hégémonie.

Cependant, au bout de quatre semaines, une inquiétante rumeur circula dans les couloirs du centre de recherches scientifiques :
l’expérience, disait-on, allait bientôt être suspendue. On fit d’abord comme si de rien n’était ; puis la terrible nouvelle tomba. Des scellés furent posés sur les appareils. Mazurier, jusqu’à nouvel ordre, était comme au temps du plancher des vaches, cloué au sol du présent...

(à suivre)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 22:17:28 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (3) |

Continuum Revolution... (1) | 06 mai 2009

 

Lorsqu’elle fut mise au point, par l’équipe du Pr Milchmann, la fameuse Machine à Voyager dans le Temps défraya bien entendu la chronique ; on se souvient de l’engouement provoqué par cette avancée scientifique majeure. Le Premier Ministre annonça la création d’un jour férié spécialement dédié à la commémoration de cet événement. La Recherche bénéficia par la suite d’un regain d’intérêt non négligeable, et de mémoire de chercheur, les conséquences en termes de financement restèrent inégalées depuis. Evidemment, les journaux s’emparèrent de l’affaire, les articles les plus fantaisistes furent publiés quant aux suites possibles de la découverte ; on cite même plusieurs auteurs de science-fiction qui profitèrent habilement de l’occasion pour sortir de l’oubli.

Cependant, au sein même de la communauté scientifique, les rumeurs allaient bon train quant à l’utilisation qu’on ferait de cette découverte. On racontait qu’Auguste Milchmann avait son idée là-dessus ; et un matin, on murmura que le professeur avait lui-même sollicité un rendez-vous à l’
Elysée, rendez-vous auquel il s’était rendu dès huit heures du matin. Il en était sorti souriant, regagnant dare-dare son laboratoire dans une voiture blindée escortée de motards... Ce qui s’était décidé à cette réunion avec le Président, bien peu auraient pu le dire ; mais on pensait savoir que le projet venait de Milchmann lui-même, et que le chef de l’Etat avait été aussitôt conquis...

Le lendemain, le Capitaine Paul Mazurier, pilote émérite de l’aéronavale, fut informé qu’il était mis à compter de ce jour à la disposition de l’équipe du Pr Milchmann, pour une série de tests. Il s’agissait en fait, on le lui apprit à son arrivée, de mettre en place un nouveau protocole de recherche appliqué au voyage temporel. On l’avait choisi en raison de sa grande habitude en terme de décollage et d’appontage sur les porte-avions de la Marine Nationale - le voyage temporel, lui dit-on, présenterait de près ou de loin les mêmes effets sur le plan physique qu’une accélération suivie d’une décélération brutales.
Ou l'inverse. Son expérience du combat pourrait aussi lui servir, suivant les circonstances auxquelles il allait se voir confronté. On le briefa donc sur l’Histoire et la Préhistoire ; d’éminents paléontologues vinrent lui expliquer comment on devait réagir en présence d’un dinosaure. Question futur, un universitaire barbu lui demanda, timidement, s’il avait lu Asimov...

Enfin, les premières missions se présentèrent. On fit remonter à Mazurier une heure de temps, lui demandant de restituer l’ordre d’une série de cartes préalablement mélangées avant son arrivée. On l’envoya de dix minutes dans le futur, et l’on vérifia que sa montre retardait bien d’autant après sa
re-matérialisation. Enfin, on étudia en détail les réactions de son métabolisme, proportionnellement à la distance parcourue dans le temps, à la durée de son voyage... Puis on lui assigna vingt-quatre heures de repos. Après cela, on passerait des tests préliminaire à la phase réellement importante de sa mission...

(à suivre)


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 21:15:14 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (2) |

Les Voies Obscures (Chapitre 1) | 19 mars 2009

 

Weyland Gisbert regardait le défilé de lumières jalonnant le conduit obscur et souterrain du métro. Les doigts noués autour de la barre d’appui chromée, il réfléchissait à l’interprétation toute relative du mouvement. Il essayait laborieusement de se convaincre qu’il occupait une pièce immobile autour de laquelle tournait un vaste bloc ponctué de stations toutes identiques. Il fallait faire abstraction des secousses, mais en fermant à-demi les yeux, il y arrivait plutôt bien. C’était une habitude chez Weyland ; il aimait pervertir la réalité, renverser les rôles pour se créer son monde à lui, où la science-fiction tenait une part prépondérante. Ingénieur de l’imaginaire, il corrigeait la réalité jusqu’à la réécrire. Depuis longtemps, il n’entendait plus l’annonce du nom des stations. Il aurait pu rater la sienne ; il n’allait pas en avoir l’occasion. Comme la rame franchissait le pont enjambant l’autoroute, il y eut une secousse, suivie d’un bruit aigu de métal déchiré ; puis la pesanteur parut un instant suspendue, la cabine décrivant une étrange parabole. Enfin, la quatre-voies sembla bondir à sa rencontre, et Weyland Gisbert eut l’impression brutale d’une grande gifle de bitume en plein visage...

Il se réveilla, à plat-ventre au milieu des débris et des corps, sur l’asphalte tiède de l’autoroute.
Il était le seul survivant...

Weyland fit quelques pas sur la route, un peu désorienté. Personne, pas une voiture en vue ; jamais il n'aurait pensé qu'il y eut des heures aussi creuses, sans bruit, sans circulation. Pas âme qui vive et puisse appeler des secours. Quoique...des secours, il n'en avait pas besoin. Quant aux autres... Profitant de l'incroyable chance qui l'avait laissé vivre, il s'éloigna sur la 4-voies, les mains dans les poches , silencieusement. Il finirait bien par rencontrer quelqu'un, quelque chose qui l'accueillerait de nouveau, symboliquement, dans le monde des vivants. Sinon...il se dirait qu'il était mort. Que ce n'était pas si difficile, en somme, comme épreuve ; et qu'après ça - il eut un sourire en coin, très léger - on se retrouvait finalement...tout seul.


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:24:26 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (4) |

Les Romes Arboricoles... | 05 mars 2009

Fond sonore : moi (pour une fois) [et ici une de plus! ]...

(J'avais envie d'écrire un texte sans queue ni tête, et de le lire...voilà qui est fait ! )

Il est venu, le poulpe ammoniac et putride
Et il suintait le vice par tous ses madrépores
Les vieux hommes ont lâché leurs idoles impavides
Pour vénérer le monstre au mufle Nicéphore...

De son poreux sourire on fit des statuettes
Agrémentées souvent de scènes de bondage
Des sacrifices iniques de belles anachorètes
Cuites à point par les prêtres dans d'odieux saxifrages...

On adora enfin d'ingambes créatures
Chevauchant les cités comme d'ignobles clystères
Et croupirent dans le stupre ceux qui d'aventure
Assommaient les poètes étouffés par les vers...


Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 23:53:23 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (5) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| >>

Et sinon...


...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

Licence

Creative Commons License

Le contenu de ce blog est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

Navi [Gat'] Heur...

PLEURE PAS CAILLOU, JE T' AIME (MES 24 ANS AUSSI...)

Gatrasz@gmail.com(Mail / MSN)



Espèce de petit primitif urbain, qui traîne la nuit son désespoir dans vos parkings souterrains...

Mes autres pages :

A Polar Experience...
Infernales Autoroutes...



"If you're happy with nothing you'll be so very happy with me" - Ben Harper


La Twal' de mon Rhézo...

Some Cosmic [Candy] Talking...

Depuis le 07-09-2006 :
288890 visiteurs
Depuis le début du mois :
9670 visiteurs
Billets :
323 billets

Décembre

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Fotto Xposiçions...

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03