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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

L'Amour Au Crépuscule... | 23 janvier 2008

Photo : dans les voiles...(by Gat')

Les choses de l'Amour sont choses du Soir et de la Nuit. On s'aime sous un voile étouffant d'obscurité pudique, l'expression la plus violente de nos désirs assouvis dans l'antre de ses voiles au rythme régulier. L'Amour s'assume en secret parce qu'il est sombre ; le rouge de la Passion tient plus du sang que du rosé...

Ce qu'on aime en l'Autre, c'est son côté obscur ; ce sont ses défauts qu'on adore et ses qualités qu'on admire. La
Beauté calme et apaise, la Laideur (fût-elle supposée) excite les sentiments les plus profonds. Laideur invisible, mais surtout Laideur cachée : on a tous le goût du secret, l'insatiable envie de découvrir l'Autre, mettre en lumière une petite part de ses blessures d'Orgueil. Aimer, c'est s'immiscer en l'Autre, participer intimement à son fonctionnement secret, c'est être un peu de ce qu'il cache, l'espace d'un instant. Mais on ne peut Aimer si on n'a pas suffisemment d'Obscur en soi ; on ne saurait Aimer en n'étant que Lumière. L'Amour-Lumière est une illusion, c'est un mensonge mystique qui fait s'isoler ses adorateurs dans des tours d'Ivoire inaccessibles où ils dépérissent et crèvent de solitude. C'est au voisinages de nos côtés sombres et cachés qu'on rencontre l'Autre, cet Autre attiré par les trésors de ce qu'on dissimule avec soin, cet Autre qui mord à vos appas et se délecte de vos petites hontes personnelles, justement parce qu'il vous aime. Le Jour, il vous déteste ; la Nuit il vous adore, dans les arcanes souterrains de vos univers interdits. Il mêle sa sueur à la vôtre, colle sa langue à la vôtre, déchire sa peau contre la vôtre ; et vous en faîtes autant, pour ne pas lui laisser le temps de prendre, de comprendre. En cela, c'est un échange : un peu contre un peu, et pas tout contre rien, et ainsi garder sa part de secret. Pas de Don sans Retenue, pas d'Amour sans Haine et sans racoeurs refoulées. C'est ce qui constitue le Jardin Secret nécessaire à l'Estime de Soi ; s'aimer c'est se dissimuler, s'exhiber ne serait que se mépriser. Pour pouvoir Aimer l'Autre, il faut s'aimer soi-même, dit-on ; n'être que Lumière c'est être incapable d'aimer. Avidité, Désir, Envie : autant de choses qui naissent dans l'Obscurité ; il faut donc être Obscur pour savoir Aimer...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:40:11 dans Ombres DePression... | Commentaires (9) |

L'Abominable Homme d'Ether... | 18 janvier 2008

Dessin : à défaut de yéti, un autre de mes fantômes...

En ce moment, je sens qu'il y a un yéti dans mes pas. Un Abominable Homme des Brumes de mes pensées tortueuses, comme la pointe mouvante d'un iceberg. Il s'approche, il renifle ce petit Gat' de rien du tout qui l'a réveillé ; quand je m'assoupis je l'entends même un peu murmurer. Mais quand je me retourne et que j'ouvre les yeux, il n'y a rien. Il est là pourtant. Je le sais ; je peux presque sentir ses mains grises sur mes épaules, ces paluches gigantesques qui pourraient me broyer s'il lui en prenait l'envie. Ses yeux sont blancs, avec des ombres sur les bords ; il a le regard vide car ce qu'il voit est sans consistance. Il me regarde, moi bien réel dans son univers de spectres, en couleurs dans son film tout en tonalités de noir. Aux frémissements de ses doigts, je peux deviner qu'il souffre, qu'il est malheureux. Un jour, voyez-vous, j'ai été ce yéti ; je me suis senti puissant, important et spectaculaire... J'y ai cru, à tel point que je lui ai donné vie ; et puis la tristesse l'a étouffé, le manque de confiance l'a tué. A chaque fois c'est comme ca, c'est une hécatombe schizophrénique : je me réveille un matin et un autre de mes rêves est mort, bien vite remplacé par un nouveau. Je n'ose même pas imaginer, le jour où je les rejoindrai, l'armée de spectres gris qui viendront me demander des comptes...

Gloups.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:40:36 dans SchizoFrenesy... | Commentaires (8) |

Le Bal Des Emplumés... | 14 janvier 2008

Photo : Le chapeau à plumes du Sergent Bobillot...

Je sortais, un peu fatigué, d'un de mes lieux de perdition préférés ; sous ma chapka je regardais le vent passer autour de l'extrémité de mes cheveux sombres (comme la nuit). Là, dans la vapeur qui s'envolait de mon café je vis tourbillonner les oiseaux, mes pieds fichés au sol sous mes chaussures-sac en plastique aux semelles cassées (même pas mouillé !)...

Ils écrivaient en boucle dans le ciel tout gris, les escadrilles se fondant l'une dans l'autre et les individus s'effleurant les plumes. Et puis, quand on était bien ivre et que les plus faibles observateurs dégobillaient dans les fourrés, une poignée de ces gros flemmards se posait dans un certain arbre
(toujours le même), lequel s'emplissait comme un panier de la ménagère à l'approche de Noël. C'est à dire que plus on en mettait, plus ça rentrait ; au bout d'une dizaine de minutes je craignis de voir les branches craquer sous le poids-plume comme les cintres dans une penderie trop chargée, le tronc nu comme le bâton d'un Esquimau qu'on a bien apprécié. Mais non ; et si vous aviez le malheur de détourner les yeux, dans un grand "flop" il en arrivait d'autres. Comme s'ils se décrochaient du manège. Vissé au goudron plutôt qu'à Gudrün, je ne perdais pas une miette de ce spectacle étrange ; quand ils me surveillaient je regardais leur reflet dans le capot des voitures garées là tout exprès. En un quart d'heure le cyprès piaillant plus que dix-mille poussins rageurs était plein comme un charter en direction du grand Sud (le Sénégal ou la Tunisie, le petit ne leur demande pas leur avis) ; tous les soirs à 17h35 il fait taire les locataires et le silence vient plomber tout ça. Je les observe depuis la cage réservée au(x) Gatrasz(s), dans le Quartier des Animaux Perdus...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:24:43 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (9) |

Cantate Sans Fausses [Que]not[t]es... | 20 décembre 2007

(Photo : Gatrasz dans la steppe...)

C'est arrivé sans piper mot, quand je pensais croquer la vie à belles dents ; l'inflammation a pris dans les combles et s'est propagée comme une traînée de poudre aux oreilles, où le signal d'alarme ne s'est pas fait attendre. Souffrant comme un beau diable, j'ai couru sur des autoroutes de douleur avec la peur de me faire écraser par l'ambulance. Je suis arrivé indemne ; mais aux Urgences on m'a dit que ma dent était morte en son logement : on aurait dit qu'un obus avait explosé dedans. Cependant le feu couvait toujours ; il allait falloir l'attaquer à la racine. Et pour ça, on envoya non pas la Brigade Canine, mais l'équipe des Sapeurs-Dentistes...

C'est une équipe de choc, qui travaille au chalumeau et à la
roulette ; ils évacuent les débris au marteau-piqueur et traquent dans ses derniers retranchements le mal qui insidieusement continue à nous taper sur le nerf. Et après, ils rebouchent tout ça (il y a quelques années, on leur a reproché de plomber l'ambiance ; mais on y a remédié avec de l'argent). Y'a pas à dire, dans mon cas y'avait du boulot mais ils y sont allés sans regarder à la dépense. Ils ont foré, ils sont descendus dans les catacombes creusées par les rongeurs dans mon capital dentaire ; et ce qu'ils ont vu là-dessous racontait toute une histoire...

"Elle s'est défendue, qu'ils m'ont dit, tous les canaux étaient calcifiés pour endiguer l'avance des vagues inflammatoires". Alors ils n'ont fait ni une ni deux ; ils ont décidé de tout faire sauter et de recouvrir la zone d'un sarcophage étanche, une chappe de plomb (enfin, façon de parler) comme à Tchernobyl. Moi, j'ai assisté à ça, comme anesthésié, les doigts crispés sur le siège incliné, m'imaginant pour me calmer que des extra-terrestres m'avaient kidnappé. Que par une ingérence sur-naturelle, ils m'installaient un amalgame de leur composition qui distillerait dans mon organisme des ions divers au fil (dentaire) des années pour induire électrogalvanisme buccal et autres effets étranges et expérimentaux. Mais si, mais si, ça rassure...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 15:06:03 dans Digging For Science... | Commentaires (7) |

Le Compositeur De Rêves... | 17 décembre 2007


Aujourd'hui, je vous donne un petit aperçu du boulot de mon subconscient (vous allez voir, c'est un véritable artiste) ; disons que je vous ai autorisé une petite trépanation pendant mon sommeil (à l'occasion, par exemple, du post précédent)... Ça y est, vous avez branché les écouteurs ? C'est parti...

"Bon; me voilà bien. Encore une fois je suis pressé par le temps, je vais devoir créer à toute vitesse à partir d'éléments disparates, je vais construire un univers de bric et de broc pour les besoins d'une expression bien spécifique. J'ai un message à faire passer, voyez-vous. C'est comme une mission sacrée, je ne peux pas m'y soustraire : et pour ce faire, je dispose d'une petite pièce ronde remplie d'objets hétéroclites balancés là, pour la plupart au cours des dernières 24 heures. Et le sablier qui va bientôt se remettre en route : ça y est, c'est parti. Alors, il me faut représenter, pêle-mêle : le monde artistique, une décision, la liberté, une famille oppressante, un retour aux sources. Comment faire ? Pour l'abominable famille, ce n'est pas compliqué : j'ai tout un lot de nouvelles d'Edgar Allan Poe, ça fera un cadre idéal. Le monde artistique ? J'ai là quelques jolies filles, des vêtements colorés, une pièce de théâtre...parfait ! Comme je suis lancé, je continue ; la liberté ? La nudité et un pagne devraient suffir (on fait avec ce qu'on a, hein). Une décision ? Euh...diable, je n'ai plus beaucoup de temps ! Allez, on va dire...de l'eau, une rivière, se jeter à l'eau quoi. Vite, vite, le temps passe, plus que quelques secondes... Que me reste-t-il ? Ah, oui, le retour aux sources. Vous représenteriez ça comment, vous ? Oh...il me semble avoir vu...dans un coin, oui, oui, des publicités pour...du saumon ! (bah oui, c'est Noël) Hourra !! Il ne me rete plus qu'à mélanger tout ça, apporter une petite touche personnelle, et...voilà ! C'est terminé. Il était temps (Driiiiiiiiiiiiiiiing) : le réveil sonne"

...et voilà comment je me retrouve, dans mon lit, en train de rêver que je m'échappe d'une histoire glauque d'Edgar Allan Poe ; que je cours presque nu dans une rivière avec un saumon sur les bras, vers une ville ensoleillée où de belles jeunes filles en habits multicolores jouent une pièce de théâtre sur laquelle on ne saurait mettre un nom...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:55:13 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (5) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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