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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Le Cimetière Des Baleines [D'Acier]... | 08 octobre 2007


     Chers amis, je vous pose cette carte depuis la gare ; le train va tellement vite, j'espère que vous me recevez...
 
      J'ai vu la Baie de N. ce matin, telle que l'Apocalypse l'a laissée. Spectacle étrange, j'aurais voulu que tu puisses le voir. C'est comme si la moitié de la ville rasée par l'explosion s'était écoulée dans la mer, à perte de vue c'est une forêt de poutrelles et de pans de murs qui s'étend sous les lueurs chatoyantes de l'aube. Au loin, l'eau libre se confond avec le ciel rose ; sur cette ligne claire se dressent les épaves rouillées des cargos, silhouettes noires plantées là comme des titans terrassés, des cétacés de fer hérissés de piques. La quille fichée dans un enfer de métal et de parpaings, ils attendent tout le jour que la nuit vienne à nouveau cacher leur déchéance et leur incongruité... J'ai voulu prendre des photos pour vous les montrer ; mais ce matin, à mon réveil, elles avaient disparu. Je crois que je sais pourquoi, je ne sais pas comment vous le dire...
 
      Tandis que le convoi s'enfuit entre les palmiers vers la jungle moite et obscure, j'ai envie de Toi. Je songe que le néant mange les images absurdes et le nom des voyageurs. Je pense à vous, et j'aimerais que vous soyez ici avec moi. Ainsi, vous pourriez comprendre... Il fait de plus en plus chaud.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 12:22:59 dans Rêves (Sur)Saturés... | Commentaires (13) |

Hyperbole Et Embolie... | 05 octobre 2007

(25 septembre, 11h)

Immobiliste
Plancton porté par les courants marins
Je me laisse courir avec les yeux fermés
Ne nageant que pour compenser
Me donner l'illusion de la stabilité...
Je suis suspendu à un fil
Et je brasse
Si près suis-je parfois de couler à pic
Laisser l'équilibre se rompre
Tomber dans le tambour de la machine à laver...
Surnager, c'est de l'hypocrisie
Ce n'est que souffrir, s'étouffer et mentir
Englué dans l'écume de mes jours, de tes nuits
Quand le contraire serait si simple...
Lentement, laisser l'eau envahir mes poumons
Attendre leur métamorphose
Et puis cracher dans la douleur mes premières bulles
Monstre hybride, mi-homme, mi-poisson
Glisser vers les profondeurs obscures
Zones de haute pression et basse température
Mes os qui craquent, mon corps devient fluide
J'ondule comme une anguille et ne respire plus
Je filtre
Faire l'amour avec les murènes
Ma peau collée à leur ventre sous les poissons-néons
Et laisser la lumière s'éteindre...

Gatrasz.

 

Publié par Gatrasz à 14:16:01 dans Filth and Creations... | Commentaires (10) |

Steamboat Princess [Blues]... | 03 octobre 2007


Princesse debout sur le pont
Seule dans sa robe et ses pompons
Tu es née sous d'autres néons
Prétentieux ange de chiffons...
Tout de suite je t'ai reconnue
J'ai retrouvé mes heures perdues
Ces nuits que tu m'avais vendues
T'avais-je seulement déjà vue ?
J'ai senti, Princesse fumeuse
Le parfum de ta peau rugueuse
Depuis les rives de la Meuse
Serré les poings dans ma vareuse...
Ton sourire m'a toujours fait mal
Tes airs d'éthiopique infernale
Dieu me préserve de tes bals
Je laisse aux autres tes pétales...
Tes vêtements sont des mensonges
Qui n'existent que dans leurs songes
Je connais le mal qui te ronge
Je l'ai pris en jetant l'éponge
A présent je suis comme toi
Tes démons dévorent mon foie
Les autres, ils s'en mordront les doigts
Oh non, je ne leur dirai pas...
Les voir souffrir est bien plus drôle
Moi, j'ai déjà joué mon rôle
Je laisse donc, froid comme les pôles
Juste un baiser sur ton épaule...

Gatrasz.

 

Publié par Gatrasz à 17:48:09 dans Vogadoria... | Commentaires (3) |

Le Grand Saut... | 01 octobre 2007

 (24 septembre, 23h30)

Depuis le temps que je lui tourne autour
Je sens que je vais y avoir droit

Je m'enfoncerai, tête baissée
Serrant les dents pour ne pas pleurer
c'est fini
Plus le temps de jouer, plus la peine de rêver
Pour ces nouveaux territoires...
Je ne me rappelle pas de l'insouciance
Mais le vide qui s'approche
En faisant tinter ses clochettes d'argent
J'en connais déjà le goût...
Je me balance comme un Chimpanzé sur sa branche
Devant l'inexorable trou noir
Je ne serai plus jamais le même
Déjà je sens que l'Autre au fond de moi germe
Bientôt, je serai parmi eux
Ce n'est pas ta faute, tu sais, il le fallait
Et je ne t'oublierai jamais...
C'est comme une révolution
On se retourne et le passé disparaît
Le futur me cerne et le vide est derrière
A quoi sert que j'en aie peur ?
Plutôt le prendre de vitesse
Le mordre avant qu'il ne morde
Débouler en leur crachant au visage
Parce que je serai comme eux...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:20:28 dans Ombres DePression... | Commentaires (6) |

Mon [Libertin] Sur La Commode... | 24 septembre 2007


     Depuis que cette aimable gazette me fait l'honneur d'assurer la publication de mes articles (comme celui-ci ou celui-là), je me suis laissé dire que bien des maris considéraient d'un oeil suspicieux leur bourgeoise, en parcourant la description (souvent licencieuse) des charmants paysages féminins qu'en d'autres heures mes doigts ont découvert. Certains croient y reconnaître celle qui dans leur dos pianote innocemment sur les touches de son clavecin, la bouche en coeur et le rouge aux joues (parce que c'est la mode à la Cour) ; et d'aucuns me soupçonnent d'avoir puisé dans leur lit matière à mes chroniques libertines... Ils se trompent. Oui, je l'affirme, je n'écris jamais une ligne ailleurs qu'à mon bureau...

C'est un meuble tout à fait spécial, que j'ai fait faire par un vieil artisan pour qui la géométrie et l'anatomie n'avaient plus aucun secret. Non content d'être la solidité même, le bureau ainsi conçu présente l'exquise faculté d'embrasser parfaitement les formes de la Muse qui à l'instant propice viendra s'y asseoir pour m'offrir...son inspiration. Jugez plutôt si elle se présentait :

J'aurais bien envie d'écrire sur elle quelques lignes ; elle rougirait en reculant devant mes premiers assauts. Je la séduirais d'un regard brûlant et la coucherais doucement sur le papier, sur le bureau si vous préférez. J'écarterais ses doutes et ses jupons d'un geste caressant, du bout des doigts ; elle s'ouvrirait comme un livre, écartant dans un soupir ses pages blanches au galbe parfait entre lesquelles se perdrait mon regard. Me penchant sur elle, j'attendrais frémissant, grisé par le parfum de sa nouveauté, que sa bouche effleure mon oreille et, dans un souffle, me commande sans plus tarder de tremper ma plume dans l'encrier. Au moment crucial, nos âmes se rejoindraient ; elle se cambrerait, son dos et ses épaules épousant parfaitement les formes faites pour les recevoir, sur ce fameux bureau de bois verni...

Pour quelles raisons irais-je après ça compromettre l'honneur de mes lectrices au Saint des Saints du domicile conjugal ? Les belles Marquises (qui se reconnaîtront) savent où me retrouver, elles connaissent l'adresse ; pour toute âme qui aimerait m'inspirer, on peut me voir tout simplement chez moi, au 49979 de la Rue Blogg...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:58:15 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (8) |

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...bin l'écriture ça vous prend du temps ; et ça vous en prend encore, et puis non, ça ne s'arrête jamais...

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