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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Le Pétrole Fait Tache d'Huile... | 13 janvier 2009

(Photo : Gat' 2009)

C'est un phénomène plutôt étrange que l'étalement d'une goutte d'hydrocarbure à la surface de l'eau ; idem sur les pavés, un jour de pluie, dans une rue commerçante à T[...]. La couche iridescente se répand sur le sol comme une traînée de poudre, étire ses limites comme par la force d'invisibles tentacules, recouvre tout comme une méduse de sa fine enveloppe toxique. Rien n'est plus beau que ce qui est toxique ; c'est ce que se dit le bourdon engoncé dans le piège d'une plante carnivore. C'est ce que pense le voyageur, hypnotisé par un serpent multicolore, sentant déjà dans ses veines le poison qui inexorablement s'insinue jusqu'à son cœur. C'est ce qui traverse l'esprit embrumé d'un [...]

(et voilà, la nouvelle fait ENCORE deux pages ; pour télécharger la suite cliquez ici. Je l'illustrerai p'têtre, si j'ai le temps...bientôt ! :)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:47:54 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (3) |

Des Cailloux Sur La Vitre... | 12 janvier 2009

(Le dessin n'est pas terminé, il manque les effets de reflets du fond de l'eau, mais...en attendant, je le mets dans sa version provisoire, avec un extrait du texte - et la suite si vous voulez)

J'ai passé les vingt-trois premières années de ma vie sous le joug de la plus sinistre routine ; rien jamais n'arrivait dont j'aurais pu me dire ensuite : « je l'ai vécu ». Tout était toujours loin, gris et sans consistance à mes yeux. Je n'ai pas une seule fois songé à m'en plaindre ; cependant, j'allais silencieux dans les rues de ma ville natale, aux murs blafards de calcaire froid, recherchant sans cesse quelque chose de perdu, un souvenir, la certitude qu'un jour j'avais vu se dérouler ici des choses dont nul être aujourd'hui ne saurait conserver la mémoire. Des choses antédiluviennes qui feraient frémir d'horreur, assurément, tout autre que moi. Je [...]

(la nouvelle fait deux pages, pour télécharger la suite cliquez ici. C'est, en quelque sorte, un petit hommage à Lovecraft...)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 12:38:26 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (4) |

Rêverie Au Jardin Japonais... | 04 janvier 2009


(Conte d'un sado-masochisme ordinaire)


Je vais le soir, désemparé, traîner mes bottes dans les quartiers glacés de la ville obscure. Les yeux exorbités sous ma casquette vert-d'eau, je me glisse entre les nappes de brouillard gras et brun comme un poisson dans un étang glauque. Comme lui je suffoque et je balbutie quelques cris de terreur inaudibles, fasciné par les lumières qui surnagent. Les lampadaires sont des lotus flottant à la surface, trop haut pour que je puisse souffler leurs bougies électriques. Vampire urbain, je me nourris de ceux que je croise, plantant mes petites dents de brochet au regard révulsé dans un cou, dans une épaule ou un bras froid, humide de la rosée de la nuit. Des corps imbibés de whisky rencontrés dans une bulle de lumière blafarde ; des créatures qui ne verront plus jamais le jour. Mon forfait accompli, j'essuie mes lèvres et je m'en vais disparaître entre deux eaux : j'ai un peu honte, mais j'ai si faim... Parfois, je redoute de me faire mordre à mon tour par un petit poisson fou, du désespoir plein les mirettes. Je le sens, je la sens tourner autour de moi, je l'entends suffoquer - je suis déjà hypnotisé par sa petite toux rauque. Sa grâce féline et la vivacité de ses mouvements m'empêchent encore de voir ce petit corps assurément frêle qui, inlassablement, tisse autour de moi sa toile de désir. Un soir où je ne me méfierai pas, je me retrouverai couché sur le pavé, barbeau capturé sur le fond de galets, emmêlé dans sa vase et poisseux de ses gourmandes bouchées. Qu'elle me mange, après tout, je ne serai pas en reste. Œil pour œil et peau contre peau, nous nous nourrirons l'un de l'autre, juste assez pour ne pas se faire trop mal. L'obscurité ne nous fera plus peur, mon cœur y sera dans ses mains comme un œuf ; frémissant, prêt à éclore d'une vie nouvelle. Petit poisson futur aux yeux touts blancs, aveugle né pour les bas-fonds dont le royaume, Monde de la Nuit, n'aura pas de fin...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 22:28:56 dans Trash and Chemical Kisses... | Commentaires (5) |

[Hybrid] Dreams... | 19 décembre 2008


Voilà, parce que j'ai pas le temps, parce que je suis en exams à recracher des plans de cathédrales et que je dessine en cours pour illustrer des chansons et qu'il faut bien que je m'amuse, j'ai rien à publier sinon...ça :)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:18:17 dans Filth and Creations... | Commentaires (4) |

Girls, Tequila & Old Guitar Blues... (3) | 16 décembre 2008


III. ...TEQUILA

Le lendemain matin, je m'éveillai auprès de Jess, dans la chambre que nous avions prise dans l'hôtel. Je tenais par ailleurs une bouteille de tequila vide et une impressionnante gueule de bois. Ma chère et tendre qui ne dormait pas me gratifia d'un regard noir et me demanda si j'avais bien dormi.

«
Tu devrais, ajouta-t-elle en se levant ; tu ronflais si bien... »

Sa silhouette dénudée évoqua en moi une lueur de désir ; cependant, la nature se rappela aussitôt à moi par des vertiges et des nausées de la puissance d'un choc sismique... Je vomis ensuite pendant une bonne demi-heure.

Quand j'arrivai en bas, dans la salle à manger un étrange calme régnait. A peine le bruit d'une petite cuiller touillant une tasse de café -
assez pour me rendre à nouveau malade. Derrière celle-ci, un type bizarre qui n'avait pas l'air d'avoir picolé. Grand, sec, rasé de près - et flic. Quoi ? A l'époque, c'est-à-dire cinq années plus tôt, ils n'attendaient pas le matin pour venir nous sonner les cloches ; à cette heure-là, plus de shit ni quoi que ce soit d'illégal qui n'ait été consommé et au moins partiellement régurgité par les organismes coupables... Mais, ce matin-là, c'était un peu différent ; mon estomac recommença à faire des nœuds quand on souffla à mon intention que la police était là pour le meurtre.

Après un interrogatoire à-jeun et vaguement bâclé
- j'étais apparemment le dernier levé - j'eus droit de visiter en bonne compagnie la scène du crime. En fait, je passai simplement devant, encadré par deux policiers qui me ramenaient avec les autres ; mais j'eus de cette pièce où s'affairaient les experts une vision pour longtemps gravée dans ma mémoire d'alcoolique. C'était une chambre particulière, décorée selon un goût que les jeunes filles modernes apprécieront. Des murs touts blancs, de même que le plafond et le sol ; on eût dit un endroit oublié du grand créateur céleste - une image parfaite de la chambre vierge ou, plutôt, l'antre même de la virginité. La métaphore se concluait d'une manière sinistrement suggestive par une vaste trace de sang, comme un affront à la pureté ambiante. Derrière...tranchant sur la pâleur des parois, un nid apparaissait, tapissé de plumes pourpres. C'était comme une rose posée sur une feuille de papier à dessin, et dont le jeune sang vermeil aurait coulé selon la fantaisie d'un artiste aux inspirations glauques. Au milieu de cette grande bouche débordant de coussins bordeaux, un corps blanc aux formes gracieuses ponctué d'envoûtantes zones sombres. Triangle noir profond d'un pubis offert à tous les regards, entre les jambes largement ouvertes ; pointes vermeilles des tétons dressés vers le ciel, comme une provocation à la grâce divine et pure de la pièce ; cheveux brun-roux descendant en cascade de boucles sur les épaules nues, rondes et claires ; étoile sanglante aux branches ruisselantes comme des gouttes de peinture fraîche autour des seins moulés au bol de la défunte Marie-Antoinette. Le centre géométrique de cet marque tentaculaire naissait sous la gorge de celle qui avait été la strip-teaseuse de l'hôtel, la veille encore ; on y voyait en guise de source d'hémoglobine le goulot brisé de la fameuse bouteille de Bourbon...

Au moment de passer, ma perception rendue lyrique par les restes de la
tequila eut le temps de saisir encore un détail : dans les yeux bleu profond de celle qui fut pécheresse et écorchée vive, aux pupilles largement dilatées, une forme, une tache qui soudain pour moi se mit à grossir comme au travers d'une loupe ou d'un télescope. Effet de superposition, de réfraction, de décomposition de la lumière par l'alcool que j'avais dans le sang encore en dose massive ? Je vis nettement imprimé sur sa rétine le visage grimaçant d'une vieille femme au regard meurtrier, la gardienne de nuit de cet hôtel équivoque ; sa silhouette penchée en avant, son bras brandissant une bouteille de Bourbon fracassée... Je sentis - enfin ! - que je tournais de l'œil.

FIN

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:49:43 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (4) |

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Et sinon...


...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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