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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Survivre à la haine de Soi... | 20 décembre 2006


Comme vous m'avez beaucoup parlé de cinéma ces derniers temps, j'ai pensé que cela vous plairait peut-être de savoir que je suis en train d'écrire une série-télé. Enfin, je pense qu'on peut appeler cela comme ça; c'est plutôt une sorte de roman-feuilleton, qui se crée lentement au fil des chapitres/épisodes et que je vois naître sous ma plume; avec surprise, parfois, car il peut arriver qu'il m'entraîne loin, loin derrière le décor que je lui avais tracé tout d'abord... Au menu, politique, fantastique et policier. Un petit extrait ? D'accord...

"...<>"

Gatrasz.

P.S. : si vous voulez, vous pouvez relire ça en écoutant Ben Harper, par exemple ; mais si vous êtes (déjà) dépressifs, je vous conseille plutôt Dionysos, "Coccinelle"...

Publié par Gatrasz à 10:15:13 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (7) |

Conte du Dragon et de la Création du Monde... (5) | 19 décembre 2006


Episode 5. Dénouement

Cependant le tapage que menait le Dragon sur la Terre était si terrible que les Dieux en furent incommodés; et ils regardèrent à travers les nuages ce qui se passait près de la plus haute Montagne de la Terre. Ils entrèrent alors eux aussi dans une grande colère; car les Créatures ne leurs devaient rien mais elles vivaient sur la Terre, et la Terre était l'oeuvre des Dieux.

Ils décidèrent donc d'intervenir; et ce fut Boréagon qu'ils envoyèrent. Le Dieu Boréagon interpella la créature en ces termes:

"Prends garde à toi, Créature; car la Terre est notre oeuvre, et tu la saccages !
_Certes,
répondit le Dragon; mais j'y suis installé depuis fort longtemps, et voilà que les Pêcheurs viennent investir mon domaine ! Débarrassez m'en, Dieux, et je cesserai de saccager la Terre !
_Les Pêcheurs sont des créatures issues de la volonté des Dieux, comme l'est la Terre,
tonna Boréagon; et celle-ci leur est ouverte aisi qu'elle le fut aux Créatures de ton espèce. Mais prends garde, Dragon, car vous autres Créatures n'êtes pas issues de la volonté des Dieux, et nous serons dorénavant moins cléments à votre égard ! Ô vous, viles Créatures qui infestez la Terre que nous avons créée, disparaissez de notre vue; et ne vous avisez point de vous en prendre à l'oeuvre des Dieux ou les Dieux entreront en guerre contre vous, et vous verrez à vos dépens l'étendue de leurs pouvoirs !"

Comme il disait cela, Boréagon fit montre de sa puissance aux Créatures: et pour mettre fin aux dommages causés par le Dragon, il fit tomber depuis les Cieux une énorme quantité d'eau qui éteignit les feux et dispersa les cendres des incendies que celui-ci avait provoqués sur la Terre. Les Créatures, voyant cela, prirent peur; et beaucoup d'entre elles disparurent alors. Où ? Personne ne le sait à ce jour; mais il est dit que certaines se cachèrent au plus profond des forêts, et dans les cavernes les plus sombres et les plus reculées, où elles se croyaient à l'abri du regard des Dieux. L'eau provenant des Cieux se déversa sur la Terre et sur les Montagnes; elle s'accumula dans les creux, pour former les Lacs. Et lorsque les pluies cessèrent, toute cette eau continua de ruisseler depuis le haut des Montagnes. Ainsi apparurent les Fleuves et les Rivières, et jusqu'aux Torrents dans les Montagnes. Devant ce prodige, Gwillem et les siens s'inclinèrent jusqu'à terre, pénétrés d'admirations pour la toute-puissance des Dieux; puis, après que Boréagon eût regagné les Cieux, Gwillem s'approcha du Torrent qui coulait à présent au fond de la vallée. Il goûta l'eau, et la trouva douce.
"Cette eau est un présent des Dieux, s'écria-t-il alors; et c'est elle que dorénavant nous boirons. Ainsi rendrons-nous grâce aux Dieux !"

Ainsi les premiers Pêcheurs s'installèrent-ils sur la Terre. Du Dragon l'on ne sait plus rien depuis; mais on suppose qu'il regagna son antre, et qu'il sommeille à présent et pour longtemps encore au coeur de la Montagne, qui est la plus haute de toute la Terre. Et peut-être sommeille-t-il pour toujours; mais qui donc le saurait ?...



FIN du premier conte.



Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 14:12:44 dans Contes Borégaldiens (Etc...) | Commentaires (9) |

Conte du Dragon et de la Création du Monde... (4) | 18 décembre 2006

Episode 4. L'Affrontement

On était alors au tout début du Printemps, et le Dragon n'était pas encore réveillé. Mais neuf jours après s'être installé au pied de la Montagne, comme il sortait de l'abri où logeait sa famille, Gwillem entendit un vacarme formidable provenant du sommet de la Montagne. Sa femme sortit à son tour, croyant à une manifestation de la colère des Dieux; mais Gwillem la rabroua pour ses craintes et lui dit de regagner l'abri pour veiller sur les enfants. Il ne croyait pas avoir fait quoi que ce soit qui eût pu offenser les Dieux. Cependant, le bruit effroyable qu'il avait entendu se produisit de nouveau, et Gwillem se cacha dans les rochers du rivage. Une horrible tête émergea alors du sommet de la Montagne, suivie d'un cou démesurément long; puis le Dragon sortit tout entier de sa cachette, et il se mit à descendre vers la Mer.

De nouveau, dans sa descente, il entraîna de gros rochers qui roulèrent le long de la pente jusque dans la Mer. Craignant d'être écrasé, Gwillem bondit hors de sa cachette; et c'est alors que le Dragon aperçut le Pêcheur. Il poussa un grognement abominable et se dressa sur ses pattes; et il se tut, car il n'avait jamais vu de Pêcheur. Gwillem restait immobile; lui non plus n'avait jamais vu de Dragon. Il se réjouissait intérieurement d'avoir demandé à sa femme de retourner se cacher avec les enfants. Regardant le Dragon, il réalisa que, pour une fois, il avait peur...

[...De nouveau, ici, force nous est faite de choisir; il existe de multiples versions de cet épisode, dont certaines si connues qu'elles font l'objet de contes à part. Présenter l'un ou l'autre ici reviendrait à faire un choix tout à fait arbitraire, ce qui serait réellement dommage. Nous relaterons donc la discussion entre Gwillem et le Dragon (cf. Discours de Gwillem et du Dragon) dans un (ou plusieurs) autre(s) conte(s), le but ici étant principalement d'expliciter l'installation des Pêcheurs sur la Terre...]

[...] Gwillem mit sa famille à l'abri dans une caverne, sur les flancs mêmes de la Montagne; puis il sortit pour affronter le Dragon, qui était remonté sur le sommet de son domaine et attendait le Pêcheur. La vue de celui-ci déchaîna la colère de l'horrible Créature; et elle se mit immédiatement à cracher des flammes dans sa direction. Car c'était une propriété des Dragons que de cracher du feu dans leur colère; et ça l'est encore sans nul doute aujourd'hui, si tant est qu'il reste des Dragons sur la Terre. Aussitôt, Gwillem bondit dans la caverne qui lui servait d'abri ainsi qu'à toute sa famille, et les flammes ne l'atteignirent pas. Quand elles furent passées, il ressortit à l'air libre et apostropha le Dragon:
Vois, ô Créature; j'ai survécu à tes flammes, et tu ne peux me tuer !
Le Dragon ne comprit pas la ruse du Pêcheur; en effet il ne pouvait voir l'entrée de la grotte tant il se trouvait haut. Il reprit son souffle, et de nouveau il envoya avec fureur un torrent de feu en direction du Pêcheur. Cette fois encore Gwillem s'abrita dans la caverne avec sa famille, et il ne fut pas atteint; mais toute l'herbe qui avait poussé sur ce flanc de la Montagne brûla, et les flammes mirent fort longtemps à s'éteindre. Mais lorsque ce fut fini, Gwillem sortit de sa cachette et apostropha le Dragon:
Vois, ô Créature; les Dieux ne veulent pas que je meure ! J'ai survécu à tes flammes, et tu ne peux me tuer !
Entendant cela, la fureur du Dragon redoubla, et il emplit ses poumons. Puis, du haut de la Montagne, il poussa un cri terrible et déversa du feu vers la petite silhouette qui le narguait impudemment. Encore une fois, grâce à son stratagème, Gwillem put se mettre à l'abri, et ni lui ni sa famille ne furent blessés; mais toute l'herbe et tous les arbres qui entouraient la Montagne furent brûlés, et le torrent de feu descendit, dit-on, jusqu'à la Mer. Après seulement, le Pêcheur put enfin sortir, et de nouveau il nargua le Dragon, car il était acharné.

Alors celui-ci entra dans une rage qu'il est à présent difficile de retranscrire avec justesse; comme fou, il sortit de son antre en vomissant des flammes. Cette fois-ci, il ne se contenta pas de viser Gwillem, puisqu'il n'avait pu réussir à l'atteindre: il se mit donc à courir sur les flancs de la Montagne, brûlant tout sur son passage. En tant que Dragon, il était insensible au feu; et il traversait les nuages incandescents qu'il avait répandus en poussant d'insupportables clameurs. Gwillem avait rejoint sa femme et ses enfants; mais même dans la grotte, l'atmosphère devenait irrespirable, car les flammes et la fumée s'étendaient partout. Le Dragon avait embrasé les forêts alentours, et sa colère ne cessait de croître comme il répandait le désastre autour de lui. Bientôt toute cette région de la Terre fut la proie des flammes; et le Dragon courait comme un fou au milieu de son oeuvre...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:03:29 dans Contes Borégaldiens (Etc...) | Commentaires (26) |

Conte du Dragon et de la Création du Monde... (3) | 15 décembre 2006

Episode 3. La Traversée

Les autres Pêcheurs avaient toujours respecté Gwillem pour son intelligence et sa bravoure; mais lorsqu'ils le virent rassembler plusieurs petits radeaux pour mener à bien son projet ils le crurent fou. Bien peu d'entre eux croyaient qu'il fût possible d'atteindre un rivage si éloigné qu'on ne pouvait même l'apercevoir. Pourtant certains avaient déjà voyagé d'île en île, et Gwillem les interpella ainsi:
Oh, frères Pêcheurs, ne l'avez-vous point déjà fait ? Vous avez voyagé d'île en île, et lorsque vous partiez, l'île vers laquelle vous vous dirigiez vous cachait les rivages de la suivante; pourtant ils existaient bien ! Vous les avez atteints, et vous voilà de retour chez vous !
Ainsi Gwillem pensait-il les convaincre; mais les Pêcheurs ne furent pas convaincus.

C'est vrai, dirent-ils, nous avons voyagé d'île en île, et nous sommes revenus. Nous avons atteint des rivages qu'on ne peut apercevoir d'ici; mais à chaque étape nous pouvions voir le prochain rivage, ainsi que celui que nous venions de quitter ! Que feras-tu lorsque tu perdras de vue le rivage d'où tu viens, et que la Mer sera tout autour de toi ?
Et beaucoup d'entre eux s'en allèrent, car ils croyaient avoir raison. A ceux qui restaient encore, Gwillem répondit:
Je continuerai d'avancer, ô frères Pêcheurs ! Car je verrai toujours la Montagne, et je me dirigerai vers elle. Je ne mourrai ni de faim ni de soif, car je serai sur la Mer, et je pourrai pêcher; et il se trouvera bien autour de cette Montagne de nouveaux rivages pour m'accueillir !
_Mais tu ne pourras plus jamais revenir,
dirent ceux qui étaient restés, et il s'en allèrent à leur tour tristement, car ils avaient beaucoup admiré Gwillem; mais ils le croyaient devenu fou à présent. Certains parmi ces Pêcheurs étaient d'accord avec lui; mais ils ne pensaient pas que l'on pût survivre à une traversée si aventureuse. Il en était aussi qui croyaient que quitter les îles pour s'aventurer au loin provoquerait le mécontentement des Dieux. A la fin, seuls restaient autour de Gwillem sa femme et ses enfants, car eux avaient confiance en lui.

Le lendemain, Gwillem fit monter sa femme et ses enfants sur le radeau qu'il avait confectionné, et il y monta avec eux. Tandis qu'ils commençaient à s'éloigner du rivage, ils virent les Pêcheurs qui venaient les regarder partir. Au début c'étaient de petits groupes inquiets et craignant d'être reconnus; mais lorsqu'ils virent qu'ils étaient nombreux, ils approchèrent jusqu'à l'eau sans plus se cacher. Et c'est finalement la population entière des îles environnantes qui vint assister au départ de Gwillem. Tout d'abord celui-ci fut ému; puis son coeur se souvint de ce que lui avaient dit les Pêcheurs, et il se détourna avec amertume. Et comme ses enfants faisaient des signes à ceux qui restaient sur le rivage, il les rabroua et leur dit de se retourner. Regardez la Montagne, leur dit-il, car c'est d'elle à présent que devront venir vos espoirs.

Gwillem conduisait son radeau d'une main ferme, et les vagues le poussaient dans la bonne direction. L'île d'où ils étaient partis semblait s'éloigner; mais c'étaient bien eux qui partaient pour ne plus revenir. Lorsque les rivages des îles eurent disparu à l'horizon, les enfants de Gwillem éclatèrent en sanglots; mais il était trop tard pour faire demi-tour. Plus tard, ils s'effrayèrent de la hauteur des vagues qui les entouraient; et leur mère ne pouvait les rassurer car elle était inquiète. Gwillem fit de son mieux pour les réconforter, tandis que le courant les poussait vers la Montagne. Lorsqu'ils eurent faim, Gwillem attrappa des Poissons pour sa femme et ses enfants, dont les craintes avaient creusé l'appétit. Puis ils s'endormirent, bercés par la houle; mais la femme de Gwillem restait éveillée et regardait son mari avec inquiétude, car le soir venait et ils n'apercevaient toujours aucun rivage. Cependant, la Montagne leur paraissait à tous de plus en plus haute; mais aucun rivage n'apparaissait, et la nuit tomba.

[...Il existe plusieurs relations de la traversée de Gwillem et sa famille; certaines mettent en scène un Kraken ou d'autres Créatures, telles le Serpent de Mer. Mais nous avons fait le choix de ne pas en parler ici, par souçi de cohésion dans le récit. Il ne faut pas oublier qu'un tel conte pouvait et peut encore être raconté au fil de mutilples veillées, favorisant un découpage en épisodes qui se prête mal à la rédaction d'un conte écrit...]

[...] Au matin, le radeau se trouva échoué sur un rivage en tout point semblable à celui de l'île à laquelle les vagues l'avaient arraché. Gwillem se demanda s'il n'était pas revenu en arrière durant la nuit par quelque phénomène inexplicable; mais levant les yeux il aperçut la Montagne qui dominait la côte, et il sut qu'il était parvenu de l'autre côté. Il réveilla sa femme et ses enfants, et tous rendirent grâce aux Dieux...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:14:26 dans Contes Borégaldiens (Etc...) | Commentaires (10) |

Conte du Dragon et de la Création du Monde... (2) | 14 décembre 2006

Episode 2. Les Pêcheurs

Si l'objet n'est pas ici de parler des Dieux, il convient néanmoins d'évoquer à présent l'un d'Eux, dont l'action est au coeur de notre récit.

Neckhart, ayant de nouveau quitté la Forge des Dieux, s'en vint promener sur Terre, au milieu des Créatures. Celles-ci ne se souciaient guère de lui car elles savaient qu'il était un des Dieux; et les Dieux se souciaient habituellement fort peu des Créatures. Neckhart, en revanche, s'amusait fort de ces êtres fantastiques qui se mouvaient tout autour de lui. Bientôt l'envie vint au plus facétieux des Dieux de créer lui-même d'autres créatures à son idée; s'approchant de la Mer, il la trouva vide de toute Créature (sans doute avait-il mal vu...). Alors Neckhart, le Dieu Souffleur de la Forge Céleste, créa les Poissons, leur insufla le Souffle chaud de la Vie et les mit dans la Mer. Il s'en amusa longtemps; puis il constata que les Poissons se multipliaient et se répandaient dans la Mer. Il en créa d'autres pour manger les premiers, leur communiqua le Souffle de Vie et les mit à leur tour dans la Mer; mais alors ceux-ci se multiplièrent aussi, emplissant la Mer de leur nombre sans cesse croissant. Neckhart réfléchit; puis il créa les Pêcheurs. De peur que ces derniers ne se répandent à leur tour, il en créa moins, et il les disposa sur les îles. Puis il leur donna son Souffle de Vie, et il attendit.

Lentement, les Pêcheurs se développèrent sur les îles. Comme Neckhart l'avait imaginé, il leur fallut beaucoup plus longtemps pour emplir les îles qu'aux Poissons pour emplir la Mer. Le Dieu créateur regagna donc les Cieux car il avait affaire à la Forge. Cependant, bien plus tard, les Pêcheurs se trouvèrent trop nombreux pour tenir sur les îles qui, on s'en souvient, provenaient des flancs mêmes de la Montagne du Dragon. Ils commencèrent donc à regarder au loin, vers la Mer; et par-delà la Mer ils pouvaient voir la Montagne, qui était la plus haute de toute la Terre.

Le plus intelligent et le plus brave d'entre eux s'appelait Gwillem. Un jour, à partir de morceaux de bois échoués sur le rivage, il avait construit une sorte de radeau afin de pouvoir s'aventurer sur la Mer; et depuis, cette pratique était devenue courante. Quelques temps après, regardant la Montagne par-delà la Mer, il songea qu'avec un radeau plus grand et capable de résister aux vagues, il lui serait sans doute possible de traverser la Mer pour aller s'installer là-bas, où les rivages seraient moins peuplés que ceux des îles où ils vivaient tous...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 09:18:55 dans Contes Borégaldiens (Etc...) | Commentaires (21) |

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