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Carnets de Gatrasz...

Primitif urbain [ tendance 'parfois désespéré' ] '' Stone Dead Tripper '' Scimmia...

Lili Pixy Sari... | 19 janvier 2007

4. Sari...

Quand Lili Pixy émergea du gouffre de ses idées noires, elle se trouva errant dans les rues bondées de la grouillante Bombay. S'habillant d'un sari, elle se fondit dans la foule des mendiants, à la recherche de l'humilité qui lui rendrait ses vraies valeurs. Elle s'y plongea avec bonheur, sa fierté ramenée à bien moins que cela...

Elle s'y fut bientôt faite ; chaque jour, elle arborait un grand sourire qui lui ouvrait les portes de ceux qui vivaient dans la rue. Ce qu'elle savait, elle en faisait cadeau à ceux qui l'accueillaient ; le reste, elle l'apprenait, et se sentait plus riche après qu'à sa sortie de l'Université. Ses nouvelles connaissances étaient pratiques, humaines et sans artifices ; les leçons parfois dures, cruelles mais d'autant moins qu'elle réduisait son orgueil à sa plus simple expression... Plusieurs fois elle faillit le perdre, d'ailleurs, de même que sa confiance en elle ; mais toujours au moment de ne plus y croire elle en retrouvait un peu, une bribe, une miette qu'elle glanait dans des recoins inespérés d'elle-même ou dans les propos ou les bras d'un autre humain compatissant. Elle découvrit qu'au coeur des maux subsistait le bien ; et que l'espoir embellissait les choses, pour donner ce supplément d'énergie nécessaire à surmonter les épreuves du quotidien quand le réalisme ne suffisait plus.
Au fur et à mesure qu'elle retrouvait sa joie de vivre, elle en répandait autour d'elle en conséquence ; car si on ne peut donner plus qu'on a, on peut toujours tout donner sans se retrouver démuni. Etrange, certes, mais l'humain est plus sentimental que rationnel, du moins c'est ce qu'il me semble.

Enfin, elle eut transmis tout ce qu'elle savait, reçu tout ce qu'il lui manquait pour renouer avec sa personnalité, ses principes ; et elle se sentit prête à reprendre son voyage. Elle retrouva son Gipsy Moth et décolla depuis la grand-rue, offrant en remerciement ce spectacle à ceux qui l'avaient accueillie. De cette période, elle ne garda que son sari ; mais elle ne saurait oublier que chaque parcelle de sa reconstruction est teintée des couleurs de l'Inde...

Gatrasz.


Publié par Gatrasz à 16:51:35 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (7) |

Indochine 1954 - Episode 5. | 19 janvier 2007


Indochine 1954 - Episode 5.

La vérité, au fond, à propos d'Henri Hasnel, c'était qu'il s'ennuyait profondément. Bien sûr, la guerre était arrivée à point pour l'empêcher d'aller se morfondre dans quelque administration coloniale ; mais il n'avait pas eu le temps de s'interroger sur le sens de ce combat, raison pour laquelle il n'arrivait pas à s'y impliquer vraiment. Et puis, depuis quelques jours, les choses avaient changé : sa rencontre avec Luce, l'infirmière de ce fameux soir en ville, lui ouvrait de nouveaux horizons, des perspectives jusqu'ici vides de sens. Plus il la voyait, plus il espérait que la guerre finirait vite, et cela l'incitait à approfondir ses opinions et son engagement. De fait, il s'était du même coup rapproché de ses camarades, et nouait progressivement quelques solides amitiés.

Ainsi qu'il l'avait pressenti, Gaston Le Glaec et lui étaient devenus bons amis ; en vol, ils expérimentaient des techniques d'attaque audacieuses, et au bar leurs discussions étaient animées... Cependant, la perte de ce détachement certain qu'il avait eu vis à vis du conflit le rendait d'une certaine façon moins sûr de lui, moins confiant et donc plus scrupuleux, plus soucieux aussi. Chacune de ses erreurs prenait une importance nouvelle, qui parfois le dépassait. Cette évolution dans son comportement ne le laissait pas indifférent ; et il se rendait bien compte qu'il était surtout de plus en plus soulagé au retour des missions d'assaut qui lui étaient confiées. De quoi le déstabiliser un peu sur ses bases...
Heureusement, l'expérience venait à son aide, lui permettant de mettre à contribution les réflexes acquis pendant les premiers mois de la guerre. Il était presque un vétéran, à présent. Et son efficacité en portait les marques... C'est ce à quoi il songeait ce matin-là, en voyant la gerbe d'étincelles et de feu jaillissant du camion de munitions qu'il avait pris pour cible. Une toute petite rafale avait suffi. Il slaloma entre les lignes enflammées des balles qu'on tirait vers lui ; il pouvait quasiment les anticiper et le mouvement devenait machinal, jeu dangereux et grisant contre lequel il fallait lutter constamment. Par chance, il en était parfaitement conscient et n'avait, par opposition à d'anciennes tendances, pas la moindre envie de se laisser aller. Il mit donc les gaz, et grimpa en flèche rejoindre Le Glaec dans l'azur vaguement brumeux du matin. Le breton lui adressa un petit signe de félicitations, tandis que les derniers obus éclataient autour d'eux, épars. Hasnel répondit par un battement d'ailes ; encore une fois, il avait fait de son mieux, et ne put réprimer un regard vers la photographie de Luce, accrochée entre deux cadrans sur le tableau de bord. Mais comme on l'a déjà dit, il était en cette circonstance moins question d'habileté que de chance ; et le dernier éclatement, celui qu'on n'entend jamais d'habitude, se produisit cette fois juste dans son moteur...


(à suivre)

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 11:15:24 dans Aventures Scripturales... | Commentaires (10) |

Ma Tête Dans Un Seau De Café Bouillant... | 18 janvier 2007


...Bonjour bonjour...
Je ne vois rien d'autre à dire. Ah, si ; je vous aime bien, les gens...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 10:48:33 dans Psychedelic Breakfast... | Commentaires (17) |

Ton Haleine Au Chocolat... (2) | 16 janvier 2007



...et voilà, j'aurais dû m'en douter. C'est encore du grand n'importe quoi, cette journée : je vais à la banque, voir si je suis encore au-delà la limite de découvert autorisé (si la personne derrière le guichet vous regarde comme si vous étiez un déchet de la société, ça veut dire "oui"); là, miracle, je suis repassé au-dessus (mais pas en positif, hein, faut pas rêver^^) alors pour fêter ça je râcle le fond de mes poches et je vais m'acheter le plus gros, le plus énorme, le plus magnifique pain au chocolat que j'aie vu depuis bien longtemps. Et là, forcément, je sais pas pourquoi, faut que j'aille l'offrir à une inconnue. Qui, en vraie professionnelle, le mange en même pas cinq bouchées sans m'en laisser un morceau. et quand je dis rien, c'est Rien, pas même une miette au coin de sa bouche, sans quoi...

Enfin bon, reste toujours l'espoir du café gratuit (après 17 heures 30), mais ça va être chaud (j'espère)...

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 16:20:33 dans Ombres DePression... | Commentaires (22) |

Ton Haleine Au Chocolat... | 15 janvier 2007


"Tu sais, c'est un réel plaisir d'avoir le c*** mouillé en ta compagnie..."
"Merci ; plaisir partagé, je t'assure..."

Cette fille, dans le bus, elle avait les mêmes yeux qu'Elle ; ce regard un peu trop sérieux, un peu triste aussi. Ce regard qui à chaque fois me fout par terre... Je voudrais les faire sourire, toutes ; et je revois les étoiles dans Ses yeux, Ses jambes comme celle de mon dessin (l'inconscient qui parlait)... Et puis flûte, je ne sais même pas quoi lui dire...

J'ai peur, je vais me cacher.

Gatrasz.

Publié par Gatrasz à 13:02:49 dans Ombres DePression... | Commentaires (7) |

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...je vous rappelle que je suis aussi l'auteur de quelques petites chansons (francophones) pour : ce groupe ; elles y sont ou elles y sont pas, vous verrez :)...

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