L'Echange (ou Chageling), dernier film de Clint Eastwood qui
raconte la lutte d'une mère pour retrouver son fils disparu dans
l'amérique des années 20 commence par décevoir : vous espériez voir
John Malkovich comme le promet l'affiche ? Vous le verrez mais pas plus
que quelques dizaines de secondes à travers tout le film dans un rôle
plus que mineur. Vous avez entendu parler d'Angelina Jolie comme une
des muses d'Hollywood? Déchantez, son visage plastique entièrement
refait peine à susciter l'émotion... alors que ce n'est pas ce qui
manque dans cette (malgré tout) brillante mise en scène d'une tragédie
basée sur un fait réel. On retrouve ce plaisir narratif, ces plans
parfaits et cette esthétique travaillée à l'extrême auxquels Clint
Eastwood nous a habitués... mais le plaisir ne tient pas la comparaison
avec son chef d'œuvre Million Dollar Baby. Quand à l'actrice
principale, elle ferait mieux de se cantonner à ses rôles dans Tomb
Raider et autres légèretés où sa plastique serait mieux utilisée. (note
: 3/5)
Publié par filorus à 14:23:38 dans ciné | Commentaires (0) | Permaliens
La dernière création du dramaturge/metteur en scène et acteur libano-canadien Wajdi Mouawad a l'effet d'une bombe. Unique acteur d'une pièce qu'il a écrite et qu'il a mise en scène, Wajdi nous emmène dans un voyage intime où plusieurs thèmes s'entremêlent : celui du coma comme espace de communication et de création et non pas de silence et de solitude, celui de la langue maternelle comme dernier refuge de la conscience et celui du fils prodigue, la parabole mais aussi son interprétation par Rembrandt dans son célèbre tableau exposé à l'Ermitage à Saint-Petersbourg.
Tous ces thèmes explorés dans une discussion entre Wajdi, lui-même et des personnages imaginaires sont autant de pistes ou de moyens pour explorer ce conflit entre ce qu'on est et ce qu'on a voulu être, entre le présent réel et celui hypothétique si le passé s'était prolongé sans rupture. On retrouve les thèmes de l'exil et de l'identité perdue chers à Wajdi Mouawad sauf qu'il va encore plus loin cette fois en se posant la question ultime : au delà du changement d'espace et de langue signifié par l'exil, que se cache-t-il d'autre ? Dans le cas de Wajdi, il se cache un artiste dont le devenir se réalise brutalement dans la deuxième partie de la pièce, une brutalité qui ressemble à une sortie du cocon du quotidien, à une naissance d'un adulte à partir des rêves d'enfance. Splendide. (note : 5/5)
Pour prolonger le plaisir, une interview avec Wajdi Mouawad en marge du Festival d'Avignon en juillet 2008.
Publié par filorus à 16:06:53 dans théâtre | Commentaires (0) | Permaliens
Ce film russe (sélectionné à Cannes 2008 dans le cadre de la semaine
de la critique) raconte l'histoire de trois collégiennes dans une
banlieue de Moscou qui se préparent avec ferveur à leur première soirée
dansante organisée par leur école. En rébellion contre leur entourage,
elles vivent leurs premières fugues, premiers flirts, premières cuites
et premières rencontres avec la brutalité de la vie. Le jeu est simple
mais profondément humain et naturel. Dommage que le discours de
l'antipathique réalisatrice (Valeria Germanica) dans le cadre d'un
débat à la fin de la projection soit d'une prétention et d'un creux qui
jurent avec l'esprit du film (comment peut-on qualifier le film de non
violent alors que tous les ingrédients de la violence d'une adolescence
en ébullition y sont réunis?).
Publié par filorus à 10:45:53 dans ciné | Commentaires (0) | Permaliens
On n'a pas eu droit à la célèbre réplique "my name is Bond, James
Bond", ni à l'humour décalé, ni aux petits gadgets révolutionnaires, ni
à la scène romantique finale avec la nouvelle Bond Girl. A la place, un
Bond méchant et pas drôle et un scénario léger et truffé
d'impossibilités bien au delà de la dose d'impossible dont est
habituellement capable le MI6. Même si on ne s'ennuie pas, le dernier
Bond marque une rupture, mais est-ce qu'on en a vraiment envie? (note : 3/5)
Publié par filorus à 12:55:24 dans ciné | Commentaires (0) | Permaliens
Ce film polonais de Jerzy Skolimowski raconte l'histoire d'un employé
d'hôpital d'une petite ville en Pologne obsédé par une jeune
infirmière, Anna, qu'il épie jour et nuit. Le synopsis nous raconte
aussi que ce même employé avait été témoin du viol de cette même Anna
dans le passé. Une fois l'histoire racontée, qu'en est-il du film ? Des
acteurs fuyants (on ne s'attache ni à la victime, ni au bourreau), un
étalage de glauque dont le message est incertain et une histoire
incompréhensible si on le lit pas le synopsis. Le recours aux
flashbacks et à la destructuration temporelle ne fait qu'embrumer un
scénario et des acteurs sans accroches. Décevant. (note : 1/5).
Publié par filorus à 16:49:59 dans ciné | Commentaires (0) | Permaliens
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