Brian de Palma invente un genre nouveau : la fiction documentaire où se
mêlent mise en scène et images d'archives dans un mélange détonnant. La
guerre y est montrée du doigt, non pas en tant que concept global
insaisissable, mais en tant que réalité qui met en scène des
individus qui échappent justement à ce concept et prennent part à une
horreur qui dépasse largement les images lisses des télévisions
occidentales. Subtil et brutal en même temps, Redacted, en partant d'un
crime de guerre divers, va justement au delà de cette vérité revue et
corrigée qui accompagne tout conflit. (note : 4/5)
Publié par filorus à 14:28:04 dans ciné | Commentaires (0) | Permaliens
Johnny Griffin, saxophoniste culte américain surnommé le little giant,
vient de donner deux concerts au Duc des Lombards, club de jazz
fraichement rénové à Paris. Griffin semble faire partie des légendes de
jazz à en croire sa biographie sur wikipedia
et les fans qui se sont précipités aux autographes en fin de concert.
Mais à 80 ans, le souffle perd de sa vigueur même si on sent encore une
certaine puissance qui se dégage du personnage. La seule (et
principale) déception vient du lieu... après rénovation, le Duc des
Lombards est tout simplement à éviter : scène minuscule, visibilité
limitée à un dizaine de tables, places aveugles en quantité... ce qui se
voulait un concept tourné vers la scène l'ignore merveilleusement.
(note : 3/5 pour le concert, 0/5 pour le lieu)
Publié par filorus à 16:32:03 dans musique | Commentaires (0) | Permaliens
Le rideau, essai en sept parties publié par Kundera en 2005, ressemble à une tombée de rideau sur l'œuvre du romancier. L'auteur y aborde les thèmes centraux de son œuvre : l'art du roman hérité par Cervantes (Don Quichotte) et Rabelais, le rire, le kitsch et la dimension existentielle du roman, ces mêmes thèmes que j'avais eu l'occasion d'approfondir il y a plusieurs années dans ma plongée dans l'œuvre de Kundera. Kundera y aborde également (avec plus ou moins de succès) d'autres thèmes aux allures de fin de règne : la mémoire, l'oubli, le caractère éternel du roman.
Si cet essai reste indispensable pour tout passionné de l'œuvre de Kundera, il s'inscrit profondément dans cet œuvre (le lire tout seul sans avoir lu l'œuvre de Kundera serait une déception) dont il constituerait la triste fin. L'essai s'achève en effet dans une affirmation rapide et désabusée du caractère périssable du roman.
On y retrouve néanmoins (rarement...) les éclairs de génie de l'auteur, ces réflexions aux allures anodines mais qui laissent pantois, comme après une décharge électrique. Les réflexions sur la beauté d'une soudaine densité de la vie, la démystification du kitsch (comme une variation de la vulgarité) et de la logorrhée mondiale (la lecture est longue, la vie est courte) constituent quelques exemples de ces émotions uniques que Kundera seul sait donner à ses textes. Bref, à lire... mais après les autres écrits de l'auteur. (note : 4/5)
Publié par filorus à 22:32:07 dans lecture | Commentaires (1) | Permaliens
Oops, la Saint Valentin est encore une fois passée sans que j'achète une rose rouge à double prix ou une peluche en forme de cœur. Nous avons aussi oublié de réserver dans un restaurant qui, exceptionnellement, nous fait vivre une expérience incroyable un peu plus chère que la veille, serrés contre d'autres valentins qui s'échangent leurs promesses de l'année et quelques sourires mièvres. Encore une fois, nous avons oublié de participer à cette immense ronde des amoureux qui se tiennent tous par la main dans un fabuleux élan de lyrisme et de générosité... pendant 24 heures.
Pauvre Valentine !
Publié par filorus à 19:41:10 dans café philo | Commentaires (0) | Permaliens
Dans un splendide décor moldave, un homme, sa femme et leurs deux enfants arrivent dans une maison de campagne où l'homme a passé son enfance. Les rares échanges entre les époux commencent par un aveu de trahison. La première partie du film (1h45 environ) ressemble à un roman existentiel où les détails sont relégués au second plan et où le regard du spectateur est concentré sur l'univers d'une trahison muette. On se laisse bercer par le côté contemplatif mais en même temps doucement torturé du film...
On est heureux, on a envie d'en rester là mais le réalisateur (Andrei Zviaguintsev) en a décidé autrement et, au lieu de partir dans une douce brume tragique, on assiste à 45 minutes de flash back et d'enchainements lourdauds d'un réalisateur sans finesse qui semble paniquer à l'idée de garder quelque mystère autour de ses personnages... On finit par s'ennuyer, la magie se transforme en pâle réussite. (note 2/5)
Publié par filorus à 22:05:40 dans ciné | Commentaires (0) | Permaliens
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