Dans la rubrique Poésie, voici le poème de février, un texte de Nadia Tuéni sur le Liban.
Mon pays longiligne a des bras de prophète.
Mon pays que limitent la haine et le soleil.
Mon pays où la mer a des pièges d'orfèvre,
que l'on dit villes sous marines,
que l'on dit miracle ou jardin.
Mon pays où la vie est un pays lointain.
Mon pays est mémoire
d'hommes durs comme la faim,
et de guerres plus anciennes
que les eaux du Jourdain.
Mon pays qui s'éveille,
projette son visage sur le blanc de la terre.
Mon pays vulnérable est un oiseau de lune.
Mon pays empalé sur le fer des consciences.
Mon pays en couleurs est un grand cerf-volant.
Mon pays où le vent est un nœud de vipères.
Mon pays qui d'un trait refait le paysage.
Mon pays qui s'habille d'uniformes et de gestes,
qui accuse une fleur coupable d'être fleur.
Mon pays au regard de prière et de doute.
Mon pays où l'on meurt quand on a de temps.
Mon pays où la loi est un soldat de plomb.
Mon pays qui me dit : prenez-moi au sérieux,
mais qui tourne et s'affole comme un pigeon blessé.
Mon pays difficile tel un très long poème.
Mon pays bien plus doux que l'épaule qu'on aime.
Mon pays qui ressemble à un livre d'enfant,
où le canon dérange la belle-au-bois-dormant.
Mon pays de montagnes que chaque bruit étonne.
Mon pays qui ne dure que parce qu'il faut durer.
Mon pays pays tu ressembles aux étoiles filantes,
qui traversent la nuit sans jamais prévenir.
Mon pays mon visage,
la haine et puis l'amour
naissent à la façon dont on se tend la main.
Mon pays que ta pierre soit une éternité.
Mon pays mais ton ciel est un espace vide.
Mon pays que le choix ronge comme une attente.
Mon pays que l'on perd un jour sur le chemin.
Mon pays qui se casse comme un morceau de vague.
Mon pays où l'été est un hiver certain.
Mon pays qui voyage entre rêve et matin.
Nadia Tuéni, Liban: vingt poèmes pour un amour
Tim Burton fait partie de ces réalisateurs dont l'imaginaire semble
sans limites. Le résultat est souvent miraculeux de finesse, de beauté
et d'originalité mais Sweeney Todd semble faire exception à la règle.
Dans ce conte sanguinaire où les dialogues sont chantés (oui,
chantés...), on finit par se lasser du Londres imaginaire d'une autre
époque et du désir de vengeance expéditif de Sweeney. Tout ça finit
dans une explosion de sang et un soupir de soulagement. (note : 1/5)
Vier Minuten raconte l'histoire d'une prisonnière pianiste surdouée.
Malheureusement, la finesse et subtilité de son précédent film font
cruellement défaut et la succession de clichés et de pathos gratuit
empêchent l'émotion de saisir le spectateur. Dommage, les ingrédients
étaient là pour un grand film. (note : 2/5)




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