" Ecrire,
c'est une liaison d'amour avec soi et les choses,
et les moments et les gens.
Ecrire,
c'est comme vivre
une vie parallèle à sa vie de chaque jour ;
c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances" .
Louise Portal
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Photo by girltripped (DeviantArt)
Tu n'as pas su l'écume
de mes yeux
Tu entrevoyais
les éternels mondes
couchant leurs vertus
sur les pans du jour
Les chemins menaient
pourtant l'onde
à nos cœurs de songes
Tu n'as pas su l'écume
de ton cœur menant
à mon monde.
Publié par Miss Lili à 20:19:50 dans D-Mots | Commentaires (15) | Permaliens

Photo by Pete B (DeviantArt)
Et si nous regardions la vie par les interstices de la mort ?
Sous la chétive pesée de nos regards, le ciel nocturne est là, avec ses profondeurs, creusant nuit et jour de nouveaux abîmes, avec ses étincelants secrets, sa coupole de vertiges. Et nous vivrions dans la terreur de milliards d'épées de Damoclès si nous ne sentions au-dessus de nos têtes l'ordre, la beauté, le calme - et l'indifférence - d'un invulnérable chef-d'oeuvre. L'aérienne, l'élastique architecture du ciel semble d'autant plus faite pour nous rassurer qu'elle n'emprunte rien aux humaines maçonneries. Celles-ci, même toutes neuves, ne songent déjà qu'à leurs ruines. L'édifice céleste est construit pour un temps sans fin ni commencement, pour un espace infini. Et rien n'est plus fait pour nous donner confiance que tout ce grave cérémonial dans l'avance et le rythme des autres, cette suprême dignité, et infaillible sens de la hiérarchie. Etoiles et planètes, gouvernées par l'attraction universelle, gardent leurs distances dans la plus haute sérénité.
Je crois aux anges musiciens mais je les vois jouer d'un archet muet sur un violon de silence. La plus belle musique - disons Bach - tend elle-même au silence. Jamais elle ne le ride, ne le trouble. Elle se contente de nous en donner des variantes qui s'inscrivent à jamais dans la mémoire.
Tout ce qu'il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l'amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l'aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes. Et que dire d'une page de Lucrèce, de Dante ou de d'Aubigné, du mutisme bien ordonné de la mise en page et des caractères d'imprimerie. Tout cela ne fait pas plus de bruit que la gravitation des galaxies ni que le double mouvement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil... Le silence, c'est l'accueil, l'acceptation, le rythme parfaitement intégré. (...)
Jules Supervielle, tiré de Prose et proses
Publié par Miss Lili à 21:07:00 dans Poètes d'Hier & d'Aujourd'hui | Commentaires (9) | Permaliens

Ma présence n'est pas ici.
Je suis habillé de moi-même.
Il n'y a pas de planète qui tienne.
La clarté existe sans moi.
Née de ma main sur mes yeux Et me détournant de ma voie L'ombre m'empêche de marcher.
Sur ma couronne d'univers, Dans le grand miroir habitable, Miroir brisé, mouvant, inverse Où l'habitude et la surprise Créent l'ennui à tour de rôle.
Paul Eluard
Publié par Miss Lili à 13:36:30 dans Poètes d'Hier & d'Aujourd'hui | Commentaires (15) | Permaliens
L'espoir est un vide, qui germe le givre de son intensité
Une platitude véhémente sur les parois du rêve de nos vies.
Publié par Miss Lili à 12:15:48 dans D-Mots | Commentaires (9) | Permaliens

Le temps s'arrête au détour de ce que je croyais être.
Il n'est d'espaces plus confondus que la finitude que je vis à cet instant,
une réplique conjuguée dans les parcelles du présent,
comme un arrêt semblable à la mort du monde.
Il n'est plus, le silence profond comme une étique sur le jour.
Les enfants sont devenus, fous par amour de ce qu'ils nommaient le toujours
Nous voilà désunis à tout ce qui était,
Pour n'être plus qu'une somme dans l'existé.
Tout est devenu moindre, en convergence sur les sables mouvants de l'existence.
Je ne suis plus,
inconnue à la face de l'univers
Je ne suis personne
Extatique sphère dans la pensée du monde.
Méandre d'une clarté achevée au vent de l'humanité.
Publié par Miss Lili à 20:54:30 dans D-Mots | Commentaires (19) | Permaliens
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Il est dit... Les mots toujours les mots...