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Jane...

made in luxe

[ Crever ici, et autres réjouissances) | 08 mai 2008

 

Je voulais te parler de moi, ça n'arrive pas souvent.

J'ai enfin dégoté le mot.

Prisonnière.

Oui oui.

Prisonnière.

Le temps s'attarde au dessus de l'éparpillement de mon vernis de peau, rosée aux joue, mate au front, bizarre sur les hauteurs, au vent mauvais d'un ciel bleu précaire -il ne fait jamais beau au Luxembourg -; moi je séjourne atone, droite comme une sculpture en acier de rond-point Grand Ducal, ployée comme mes artères pleurantes sur mon coeur de boeuf recroquevillées. J'ai renoncé.

Je m'apprête à avaler, condescendante dans un "oui" asphyxié, cette infaillible vie veule.

Dans les moments comme ça, je n'ai plus l'envie de faire une seule photo de [toute] ma [putain] de vie.

"Si un jour l'on meurt" dit-elle à 76 minutes 12, "c'est dans l'unique espoir que quelqun un jour leur dise, "j'aurais pu le prévoir".

Je hais les prédictions.

 

Photo: Solène V.

Modèles: Eloïse C. & Ulysses S. Grant

Publié par Jane... à 13:55:10 dans Faire remonter les stats | Commentaires (6) |

[ Dans l'Enfer des brûlures) | 05 mai 2008

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"Torture moi de ton amour" que je me suis dit au bout d'un cheminement d'idées que j'ai oublié.

ça m'énerve, j'aimerais bien savoir ce qui m'a emmené à penser ça.

"Torture moi de ton amour", c'est la seule chose qui me reste de ma rêverie allongée sur le sable, abritée du vent marin par une touffe d'herbes, avec mon oncle et Jacques qui pêchent plus loin.

J'aime bien Jacques. La dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a 20 ans, mais je me souviens de lui. C'était un des nombreux copains néo hippies de ma mère et mon oncle, qui fourmillaient à cette époque, dans la fin des années 80.

Ils faisaient de la moto et de la planche à voile, je ne sais pas si c'était vraiment des hippies en fait.

Quand j'étais petite, Jacques était chercheur d'or.

Je me souviens qu'il dépliait ses cartes. Il y avait une petite croix sur Rennes le Château, un village à côté.

Il était très patient avec moi, c'est quelquechose dont on se souvient non? Il m'expliquait comme à une personne, je me souviens de ça, et de son visage, que j'ai reconnu de suite, à cause d'une photo qui est restée longtemps dans les albums chez mon oncle.

Il a toujours l'air aussi patient avec les enfants. Il a parlé à une petite fille à la boucherie gavée de monde où l'on faisait la queue un matin qu'on s'était retrouvés le groupe de deux de corvée de courses. Il n'a pas d'enfants je crois.

Il me plait bien.

Beaucoup en fait.

Et 3 jours après ce sera intenable, mais les cheveux longs et gris, ou la barbe me rebutaient peut être je crois.

Plus que les paquets de Gitanes.

Ou alors c'est parce que c'est un ami de mes parents.

Ou qu'il a 55 ans, va savoir.

Je suis totalement en chaleur. Et en maillot blanc. Avec une seule barre de réseau pour essayer de faire sursauter le non-amoureux, l'autre, qui préfère tout à moi, à coup de chansons d'amours. Joe Dassin aux Eagles en message sur son répondeur, rien n'y fait. Etouffée de l'air chaud des genêts. De coustellous grillés avec du sel Cerebos sur la table. Du non-bruit de mes pas dans le village à minuit. De l'envie de me lever, deux portes à passer et me glisser dans sa chambre. C'est terrible cette athmosphère torride. J'ai le ventre qui cuit. L'impression d'être dans un mauvais Harlequin avec mon envie de me lever pieds nus sur le carrelage frais de la maison de vacances là. J'essaie de me tourner, de me rendormir sur le côté frais de l'oreiller. Evidemment j'ai des mains dans ma culotte, les miennes, évidemment, je l'imagine en train de me pencher sur un des établis de la cave, là, sous la maison, je le vois regarder sa bite évidemment énorme qui fend mes lèvres.STOP.

Dors.

Le lendemain matin, comme toujours dans ce pays de canicule éternelle, il fait beau. J'ai envie de me lever et de m'étirer sur le muret de pierres, de poussière, jusqu'à ce que mon pull marin remonte au dessus de mon nombril que je vois de plus en plus plat. Mon nombril. Mon nombril. Je porte mon seul vieux jean de l'époque Britney ou, comment il m'était impensable de porter un slim il y a dix ans; c'est un jean que j'ai ramené de la boutique Pepe Jeans qui était à Covent Garden il y a ... et dont j'ai déchiré une jambe à la féria de Vic il y a ...

Bref, rien à voir.

Je n'arrive pas à m'arrêter de lire mon livre, mais en même temps j'ai envie qu'il dure encore, j'ai emmené d'autres bouquins bien sûr, "la faute à Mick Jagger" que j'avais lu dans l'après-midi mais qui n'était pas bien fin, et le gros Millenium que m'a offert Martin, mais j'aurais l'impression de trahir Jérôme d'Astier en plongeant là-dedans.

Sur le retour, après ne pas avoir baisé dans le train de nuit, je me réveille en regardant le reflet de la vitre se superposer au paysage, en sentant déjà l'odeur de l'acier.

Publié par Jane... à 16:13:02 dans Sister Jane | Commentaires (31) |

[ Narrow streets of cobblestone) | 28 avril 2008

Et soudain, Richard Anconina vous demande pardon.

C'est pas ça l'important. L'important c'est lui là, le serveur qui doit pas être un serveur d'ailleurs, ça se voit, c'est THE ONE.

C'est comme ça.

Physiquement, je pense que la meilleure chose pour que vous vous le représentiez, c'est imaginer un mélange de Bénabar, Jude Law, et Jérome Kerviel. Et ouaih.

Après avoir retourné la chose dans tous les sens, je pense que ma technique va être la suivante:

Aller prendre une grenadine au bar, tous les jours PENDANT UN AN.

Il finira bien par comprendre.

Alors évidemment, je vais pas pouvoir aller tous les jours à Paris.

Donc disons à chaque fois que je vais à Paris.

On a cherché avec Martin comment il pouvait s'appeler, j'ai dit Alistair, et lui Daniel ce qui est sûrement plus plausible, enfin en tout cas j'espère juste qu'il ne s'appelle pas Roger.

On y est retournés le lendemain, Jack voulait absolument voir à quoi ressemblait Daniel-Alistair, alors on s'est plombés Beaubourg-Les Invalides à pied, et puis en fait il y était pas, j'ai quand même pris une grenadine. Pour m'habituer.

En plus c'est le putain de bar à bourges, mais pas de luxo, avec la classe, des mecs han, des filles han, mais aussi des filles à chien et des mecs en jogging-cayenne, alors Martin à dit qu'il y avait un truc à tenter de ce côté là, que je joue mon espèce de côté Heidi, je lui ai expliqué que je venais pas des montagnes, et il m'a demandé ce que représentaient les Pyrénées pour moi, j'ai alors râlé en disant que j'étais une connasse de luxo moi aussi quand je voulais, la preuve, t'as pas vu cette peste chez Zara cet après-midi?

Faut que je vous explique, fin de la journée, après avoir bouffé les bronzes de la Claudel, Martin à une furieuse envie de T-shirt Zadig. Ça tombe bien moi aussi.

Enfin bref à un moment on en avait marre du Marais, surtout que les robes des Petites on les avait déjà quasiment toutes achetées on-line, et vu qu'on repartait à l'hotel, on s'arrête chez Zara putain. J'ai besoin de caleçon, depuis quand tu mets des caleçons, et un chapeau de paille aussi, je pars à Honfleur. Bon. Ok alors.

Alors je vois quoi, au prix d'un saumon Flora Danica? Un maillot blanc encore plus itsi bitsi que le mien. Ouais. Carrément une affaire. Surtout que je pars à Maurice, enfin chez Maurice, à PGF mercredi, c'est carrément d'actualité le maillot.

Je chope au passage une paire de pompes en 12cm et une robe transparente, rapport aux futures grenadines à l'eau.

Mais évidemment la plèbe du samedi (là je vais VRAIMENT faire ma conasse mais putain que je chéris chéri, les magasins populaires VIDES de Luxembourg, hé ben restes-z-y dans ton pays, crève), environ 10 mille personnes se sont regroupées pour m'empêcher d'aller dans les cabines d'essayages.

Maligne comme je suis, je vais vers le rayon enfant, où là c'est le désert.

Discrétos, je ferme le rideau, avant qu'une banlieusarde carrément vieille ne l'ouvre, m'explique que c'était les cabines pour les enfants, que je lui rétorque, qu'il n'y avait pas un môme à l'horizon, normal c'est l'heure de Happy Days; alors que les cabines femmes étaient pleines, qu'elle me répète la même phrase sur le même ton: "c'est pour les essayages des enfants ici", que je tende alors mes royaux avant-bras pour lui rendre ses merdes de guenilles en soufflant "ok" super méchant, qu'elle croise les bras pour me signifier qu'elle ne s'occupait pas de ça, et que je me débarasse négligement des chiffons précités un par un, en les laissant tomber de ma hauteur du bout des doigts sur ses pieds en la fixant dans les yeux, jusqu'à ce qu'il y ait un tas composé de la robe, du haut du maillot, des chaussures, et du bas du maillot qui lui fasse comme un socle sur les pieds et que je ne parte, superbe. La gueuse avait sûrement aussi de l'orgueil vu qu'elle a attendu que je me sois tirée pour bouger ses bras croisés, ses pieds englués, et ait accroupi son cul pour ramasser sa merde espagnole, pendant que Martin me disait "alors ce maillot".

Bon. On disait quoi.

Ah oui. J'espère vous donner des nouvelles de Daniel-Alistair sous peu.

Avec tout ça on en aurait presque oublié que j'ai pas pu remuer de sur ce quai pendant dix minutes très grosses, à cause de toutes ces larmes dans mes yeux, et que des jeunes du train juxtaposé juxtacôté se moquaient de moi à travers leur vitre.

Que j'avais déjà failli mourrir dans le taxi qui m'a expédiée de République à Austrelitz parce que le métro était arrêté.

Il est à quelle heure votre train me répétait le chauffeur. 18h30 je lui disais, il est à 18h30. Vous allez où? Je sais pas exactement, à Vierzon je crois, mais je suis pas sûre, c'est peut être Vesoul [et peut être Venise]. Et là le chauffeur à du commencer à trouver mon histoire louche je pense. Si c'est Vierzon, y'en a d'autres après des trains, je le sais j'y vais souvent, j'ai de la famille là bas. Oui, mais il faut absolument que j'aie celui de 18h30. Je vous assure, il y en a un vingt minutes après si mes souvenirs sont bons. [TA GUEULE TA GUEULE ET ARRETE DE T ARRETER. AU ORANGE]. Oui, merci Monsieur, je verrai.

 

- C'est Richard Anconina

- Mais n'importe quoi

- Je te dis que c'est Richard Anconina

- Oh putain merde

- C'est Richard Anconina

- C'est moi, ou il est nain, vieux, orange et gros?

- Non, c'est Richard Anconina c'est ça

- Putain et dire que j'ai regardé Itinéraire d'un enfant gâté le week-end dernier. C't'arnaque.

 

 

Merci à Jack P. pour la jolie photo.

Publié par Jane... à 12:30:57 dans Faire remonter les stats | Commentaires (13) |

[ April leaves, she will) | 25 avril 2008

La seule pensée qui me martèle la tête, c'est "Pourquoi je ne l'ai pas rencontré avant".

Ta nuque, ton sourire, tes coudes, qui n'ont pas vraiment changé avec les années juste pris leur temps, m'auraient déjà plu.

J'aurais du te chercher là. Avant. Avant Elle. Mais j'avais dix ans et demi, à peu près, dit-on.

Et je prends dans les dents, ce coup de mon âge, cet apanage qui m'a infailliblement permis de t'approcher, qui se retourne contre moi, ces 25 années qui font que je t'ai eu, concluent que je ne t'aurai jamais; et j'avale le sang dans ma gorge, en te revoyant passer les doigt de mes seins si fermes à mon nombril si plat, dans une espèce d'inéluctable tracé invisible.

On n'a jamais personne. C'est du cruel au futile d'écrire ça.

CEPENDANT.

J'aurais voulu t'avoir.

Je me souviens de notre rencontre, à la Gare de Strasbourg, et j'ai décidé que notre histoire DEVAIT se terminer dans une gare AUSSI.

Pas dans un couloir de la ligne 1.

Je suis allée voir les horaires de train, en essayant de me souvenir où tu partirais, et à quelle heure.

Puis le soir, je me suis postée aux alentours du train 3913 sans l'envie de me faire voir, mais sans non plus la crainte d'être découverte.

Plus rien n'a d'importance.

ça paraît tordu?

ça ne l'est pas, croyez moi sur parole.

Si ce moment nous l'avions voulu, j'imagine déjà tes sentiments marins de quitter une fille dans une gare et d'en retrouver une autre [ta femme] à l'ouverture des portes d'un Téoz de merde, quelques 300 bornes plus loin.

Je ne voulais pas faire partie de ce conte mi-pervers, mi-amers.

J'ai créé un non-souvenir de toute pièce et je t'ai laissé partir, de loin dans la gare d'Austerliz.

Il arrive que nos échecs portent le nom de glorieuses batailles.

 

Publié par Jane... à 15:35:25 dans Sister Jane | Commentaires (17) |

[ Ste Anne Represents) | 23 avril 2008

Quoi? Vous croyiez vraiment que j'étais partie?

 

Suite à l'enthousiasme déclanché par la photo fait divers - accident de bus jeudi dernier,

 

Et puis aussi un peu pour foirer les Bd de Ninth,

 

Vous aurez droit, chaque semaine à des chouettes nouvelles du Luxembourg. Donc qu'est ce qui se passe cette semaine.

Non, pas rien.

Ce week-end, c'est Portes Ouvertes à Lux Airport.

 

Le nouvel aéroport de Luxembourg en construction depuis 1826.

 

Pourtant le look Hoh Chi Minh 1978 du terminal actuel n'était pas sans charme, nostalgie quand tu nous tiens.

La photo date de ce matin, je dirais donc qu'il ont plutot intéret à se magner vu que sur les affiches c'est plutôt ça: 

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Maintenant, vous savez où emmener maman et les gosses dimanche.


 

Publié par Jane... à 15:43:20 dans Sister Jane | Commentaires (7) |

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