Je crois que je n'ai jamais pensé que je passerais et repasserais un jour dans ma vie sur la Moselle, comme ce soir, à pied. Je n'aurais jamais cru être perdue et seuele ici, c'est vrai ça, on dit toujours la misère est moins pénible au soleil, et ça n'a jamais été si vrai, que ce soir, là juste derrière moi, la misère est éreintante dans le froid.
J'ai marché des heures, ma valise le long du bras, passant parfois devant un parking où nous nous étions garés, un café où tu me dévorais des yeux, de sourires, c'était bien, et je suis même passée devant La Taverne où j'avais mangé avec Carine dans un si bon moment avant Bénabar. Je ne savais pas vraiment où j'allais, j'oscillais entre plusieurs solutions qui n'en étaient pas, j'avais si mal au pieds, et encore, et toujours sur mes oreilles au chaud, Brel chantait. Mille fois j'ai eu l'irrésistible envie de t'appeler, Martin, de rentrer jusqu'à chez toi et d'en pleurs te raconter mes nobles malheurs, épuisée de fatigue, sanglotant, je te dirais comment le froid m'a piqué les doigts quand j'ai traversé tous ces ponts. Mais je me braquais à penser à ce que tu m'avais dit, à ce que j'avais vu de tes week ends, de tes messages, de tes autres. Je surexposais sur mes yeux mélées des images de montagnes, de billets de trains, de draps que chaque semaine tu changes, espérant certainement à chaque fois que ce sera la dernière fois que l'on y couchera dedans ensemble.
J'ai donc finalement repris un train dans l'autre sens, et je rentre à Luxembourg, je ne sais toujours pas où dormir et j'espère trouver un hotel là bas. Je mange des grains de raisin qui me donnent l'impression d'être vivante. Je suis seule et je viens de faire 5 kilomètres en valise, je suis fatiguée. Il est 22h50.
Ce qui me rend le plus triste c'est la banalité de ce qui m'éplore. Heureusement, peut être, que personne ne savait rien pour rien de nous, de mes sentiments surtout. Je n'ai pas l'occasion de me faire plaindre, à qui? Encore Solène qui a un chagrin d'amour. Ah ça non, je préfère encore agoniser bien seule, et être l'unique critique ironique et désabusée de ma misérable épopée. J'évite Nougaro et Jamiroquai comme je fuyais Gainsbourg quelques mois plus tôt.
Pitoyable désastre...
Je me souviens de cette nuit, il y a plus d'un an maintenant, je ne sais plus ce qui c'était passé, je me lamentais du luxembourg, évidement, sûrement, avec ma tête qui pensait surtout à Xavier, enfin en tout cas on s'était engueulés, par msn ou téléphone en plus, bref j'étais partie. Comme ça. Je te détestais pour de vrai, je ne t'aimais plus, je te quittais, oui, voilà. J'avais fait demi-tour à Contrexville, après 3 heures de pleurs, j'ai regardé un jour sur Via MIchelin, ça fait 230 kms. J'ai réussi à me dire que je te détestais et que j'étais assez malheureuse, penser que je pourrais vraiment te quitter pendant 230 kilomètres. Puis, j'ai donc fait demi-tour à cet échangeur, et j'y pense maintenant à cahque fois que j'y passe devant, voire à chauqe bouteille de Contrex. J'tais revenue, 6 heures plus tard donc, la queue entre les jambes, ayant réfléchi pendant les 3 heures en sens inverse combien je t'aimais, combien j'étais conne, comment tu m'avais manqué. Je suis rentrée, et tu étais en conversation audio avec je ne sais plus qui et tu n'avais pas fait cas de mon retour, peut être de mon absence. Je suis montée me coucher plus malheureuse encore qu'en partant, prête à exploser au moindre signe, à me jeter dans tes bras au moindre mot, à la moindre esquisse de sourire. Mais je crois que tu n'étais pas monté me rejoindre ce soir là, tu avais dormi sur le canapé. Mais c'était bien fait aussi. Faut pas croire.
Maintenant, je pourrais m'endormir en un instant je crois, dès que je pose ma tête dans mes mains, je me sens partir. Arrivée à Luxembourg, je me suis rendue compte que j'étais la seule voyageuse dans le train. Ce matin il pleut, ils ont annoncé de la neige, je suis dépeuplée.
Publié par Jane... à 10:13:15 dans Sister Jane | Commentaires (24) | Permaliens
Dans la nuit, il ne marche que moi dans les couloirs du bureau, et Brel tape fort dans mes écouteurs pour bercer de loin ceux qui restent.
Si vous voyiez le sourire que je fais au gardien en sortant, vous ne devineriez jamais que je suis brûlée morte à l'intérieur, mais j'aimerai qu'il se reminde ma tête, j'ai toujours peur qu'ils ne me laissent pas pénétrer dans la forteresse le matin, il faut me voir.
Je repense aux coeurs que je dessinait dans la neige avec le bout de mon pied le matin quand je partais avant lui au bureau, juste devant l'entrée de l'immeube, pour qu'il les trouve à son départ quelques heures plus tard, puis il me disait en rentrant le soir: "c'est toi qui avais fait des petits coeurs dans la neige devant la porte?, pfff :)". Bon ça sert à rien les petits coeurs quand on est la salope du cul et de la tête. Mais il n'y a pas de neige cette année. Tout ce qu'il reste à faire c'est prendre des photos qui détonnent l'interphone.
Publié par Jane... à 10:01:39 dans Sister Jane | Commentaires (28) | Permaliens
Publié par Jane... à 10:49:50 dans Sister Jane | Commentaires (25) | Permaliens
Dans un hôtel quelquepart en allemagne, je fais couler sur mes épaules de l'eau si froide que ma respiration en est coupée.
Au même endroit, il y a trop de sourires, et trop de bonheur pour moi.
Il y a des garçons qui vous demandent en mariage trop sérieusement, après quelques verres de vins blancs.
Des garçons qui n'en croient pas leurs yeux bleus.
J'attends la chute, j'attends le grain de sable, je les regarde de loin jouer le rôle de leur existence, grimés de leur visages trop humains.
Ce matin, je ne suis pas en retard au travail, il pleut froidement, trop de soucis m'attendent, mais le conservatoire m'espère.
C'est bizarre comme les choses vont bien mais en fait, c'est bizarre comme les choses vont mal.
J'ai mon billet d'avion dans la poche,
Je ne voudrais pas que les jours meilleurs arrivent.
Publié par Jane... à 10:13:20 dans Sister Jane | Commentaires (6) | Permaliens
[ROMÉO. - Non, croyez-moi : vous avez tous la chaussure de bal et le talon léger : moi, j'ai une âme de plomb qui me cloue au sol et m'ôte le talent de remuer
MERCUTIO. - Vous êtes amoureux ; empruntez à Cupidon ses ailes, et vous dépasserez dans votre vol notre vulgaire essor.]
Je me prends les pieds dans les enchevêtrements de ses bras...
Moi, à chanter trop faux la nuit, j'en oublie que je suis muette,
Misérable petite pute au cœur d'artichaut, j'ai déjà donné toutes mes feuilles,
Nous avons vu le meilleur de la fête,
Oui, c'est mon malheur qui vient ensuite.
[BENVOLIO, à Roméo. - Allons, partons ; la fête est à sa fin.
ROMÉO, à part. - Hélas! oui, et mon trouble est à son comble ]
Comme Vince à terre,
J'attends aussi la fin de ma chute,
En m'étonnant déjà de n'être pas un peu plus bas.
Et dans un genre "plus léger",
http://www.theplainjane.com/peep_plays/rj_scene01.html
D'où est extraite la photo.
Publié par Jane... à 10:55:02 dans Sister Jane | Commentaires (5) | Permaliens
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