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EDITO

    L'écrivain observe, entend,écoute, enregistre. Puis il raconte une histoire, mêlant son imagination à son expérience. Et elle porte nécessairement les cicatrices de son âme.






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Insomnie | 10 janvier 2008

 

Insomnie

 

Que fais-tu ?

Toi ! Assis tout seul,

Dans l'obscurité.

Dis, que fais- tu ?

Toi ! Qui a pour seul ami,

Le silence de cette paisible nuit.

Que fais- tu ?

Toi ! Qui a pour seul confident,

Les scintillantes étoiles de ce ciel.

Que fais- tu ?

Toi ! que voilà,

Navigant sur les flots de tes pensées.

Mais enfin dis- moi !

Que fais- tu ?

Toi ! Ainsi veillant,

Tout le temps rêveur.

A quoi penses- tu ?

Que veux- tu ?

Dis- moi !

 

19/10/1997

 

Publié par le goéland à 08:41:23 dans Brise poétique | Commentaires (0) |

Satan | 09 janvier 2008

 

Satan

 

Tu es là, tu es partout

Tu nous harcèles, tu nous rends fous.

Avec toi, pas de répit,

Ni le jour, ni la nuit.

En nous, tu vois le gibier,

Que tu guettes et tu épies.

A la moindre baisse de garde

Tu nous dardes.

Seigneur du mal extrême,

Ange déchu, maître du blasphème.

Qui a pour seule occupation,

Embellir les tentations.

Qui a pour seule préoccupation,

Entraîner la dépravation

Du genre humain

Qui de jour en jour devient inhumain

Et vers la déchéance

A grands pas, il avance.

 

 

 

 

 

 

Publié par le goéland à 09:19:11 dans Brise poétique | Commentaires (0) |

Errance | 21 décembre 2007

Errant, esseulé, sur les voies épineuses de la vie.
Accablé sous le poids du lourd fardeau sur mon dos ;
Songeant avec spleen à ma situation qui
De jour en jour, ferme devant mes yeux ses rideaux.
 
Déambulant en traînant avec peine mes jambes
Qui ne supportent plus ce pauvre corps enseveli
Par cette misère noire qui m'incombe
Et me tourmente sempiternellement l'esprit.
 
Sous un ciel compatissant avec mon infortune
Il pleure de vive voix prouvant ainsi sa pitié.
N'espérant même pas au miracle de cette vile vie,
Je chemine vers l'inconnu avec ma langueur comme seule fortune
 
Navigant sur les vagues déchaînées de mon océan
À bord d'un bateau à voiles en lambeaux
Face aux violentes tempêtes qui vont croissant
Je cherche à l'horizon un phare agitant son flambeau.
 
Pour me guider et changer ma destinée
Qui s'aggrave de façon effarante avec le temps
Et ne laissant paraître aucun signe d'embellie aspirée
Je vogue tout droit vers un déclin imminent. 

Publié par le goéland à 09:36:28 dans Atelier d'écriture | Commentaires (0) |

Le traître | 24 juillet 2007

Le traître
 O notre compagnon d'antan
Inséparables, nous étions.
La candeur berçait notre enfance
Et la gaieté nous enveloppait avec élégance
Rien ne semblait pouvoir
Troubler cette sérénité ou la déchoir.
 O notre compagnon d'antan
Pourquoi le noir a-t- remplacé le blanc ?
Et pourquoi la clarté de notre ciel
Fût soudainement blêmi par le gris ?
Et notre climat rempli de fiel.
Pourquoi tu nous as trahi ?
 O notre compagnon d'antan
Sans nulles tergiversation,
Traître tu es devenu
Et de notre confiance, tu t'es abstenu.
Avec hâte, tu nous as dénoncé.
Et la récompense tu as vite encaissé.     
 O notre compagnon d'antan
Tu t'es forgé à présent
Une réputation de judas des temps modernes
Qui a fait de la trahison une lanterne.
Lui éclairant les chemins ténébreux
De la supercherie et des coups foireux.
 O notre compagnon d'antan
Traître tu étais, traître tu es, traître tu le seras
Des plaintes d'autrui et de leurs gémissements
Tu t'enrichiras.
Et les alléchants gains
Tu convoiteras sans quelconque dédain.    
 O notre ennemi d'antan
Prends garde à toi odieux chenapan
Car ce que tu as semé, tu le récolteras
Et le plus grand châtiment tu goûteras.
Dans un profond abîme, on te précipitera, traître.
Et tout le monde ravi vociférera : « Traître, traître, traître »  

 

Publié par le goéland à 19:35:39 dans Brise poétique | Commentaires (1) |

L'ogresse | 18 juillet 2007

 

 

Yemma* Chalbia
      Souvent ma grand-mère Zoulikha nous réunissait la nuit autour d'un canoun* pour nous raconter les meilleures histoires qu'elle a apprises de ses aïeuls pendant sa jeunesse. Elle avait une manière inégalable de relater les évènements imaginaires si bien qu'à chaque fois nous nous trouvions transporter dans des endroits différents et dans des scènes variées. Elle réussissait à nous faire peur, à nous faire douter, à nous faire espérer et à nous faire bénéficier de quelques moments de rêves.  Elle nous contait le destin du méchant ogre qui enlevait les enfants, les emmenait dans son antre et les dévorait. La vieille nous charmait avec l'histoire de l'Agraa Bou Kricha* qui réussit à décapiter le méchant dragon et à se marier avec la belle princesse. De tous les contes qu'elle ne récitait, un seul d'entre eux me faisait une peur bleue. C'était celui de l' Ghoula* Yemma Chalbia. L'horrible ogresse aux grands yeux rouges et aux longs crocs pointus. Cette monstrueuse créature maléfique hantait les couloirs des maisons et sévissait surtout aux moments de fortes chaleurs. A chaque après midi, pendant la sieste, Yemma Chalbia jaillissait de nulle part cherchant les petits enfants qui ne dormaient pas, les turbulents. En découvrant l'un d'eux, la méchante ogresse se ruait sur lui, l'attrapait et disparaissait sans laisser de traces.  Personne n'entendait parler de l'enfant enlevé. Grand-mère disait que l' Ghoula le mettait vivant dans un énorme chaudron bouillant et le dévorait jusqu'à l'os.
     Etant enfant, mes parents m'appelaient le petit diable. J'étais d'une extrême turbulence.  Pas le moindre répit avec moi, le jour comme la nuit. A l'extérieur de la maison, tous mes amis me redoutaient. Je trouvais toujours la solution pour nuire aux autres. Quant à l'intérieur, ma mère et ma grand-mère passaient des heures difficiles avec moi. Même notre chat gris était effrayé à ma simple apparition de loin. Le seul que je craignais était mon père. Il n'hésitait pas à me frapper.
     Je détestais faire la sieste en compagnie de mon père et de mon petit frère. Après le déjeuner, mon cher géniteur nous ordonnait de nous diriger vers la chambre et se couchait avec nous pour que je ne m'y évade pas. Rusé comme un renard, j'attendais un moment. Lorsque j'entendais le premier ronflement de mon père, je me redressais de ma place et je me faufilais comme un voleur hors de la chambre. En sortant, je me dirigeais vers ma grand-mère ou ma mère et je continuais mes indisciplines. Rien ne pouvait m'arrêter.
     Jusqu'au jour où voulant me glisser hors de la chambre, en tournant la poignée de la porte et exactement en l'ouvrant; une énorme forme se tint devant moi. Elle avait de grands yeux rouges étincelants et mon dieu ses crocs étaient d'une longueur démesurée. C'était l'effroyable Yemma Chalbia qui attendait ma sortie pour m'enlever et me dévorer. Une intense stupeur s'empara de moi. Sans attendre un instant, je refermai la porte d'un geste furtif et je bondis vers ma place. J'étais saisi d'épouvante et je tremblais. Attendant le moment où elle allait me poursuivre à l'intérieur. Je guettais son apparition d'un instant à l'autre mais elle ne m'a pas suivi. Toujours sur le qui vive, le sommeil eut raison de moi. Mon père fut surpris de me voir endormi. C'était la première fois qu'il se réveillait et me trouvait dans mon lit.
     En me réveillant, j'accourus vers ma grand-mère Zoulikha en hurlant : « Grand-mère, grand-mère ! Je l'ai vue, je l'ai vue. Elle voulait me dévorer. L'Ghoula Chalbia voulait me dévorait ! » Grand-mère Zoulikha esquissa un sourire discret. Depuis ce jour, la sieste est devenue une chose sacrée pour moi. 
     Après quelques années, j'avais compris la signification du sourire de ma grand-mère. D'après ma mère, la vieille Zoulikha avait prit un balai qu'elle a couvert avec un drap blanc. Ensuite, elle a dessiné de grands yeux rouges et de longs crocs. Elle a habillé le balai avec une robe noire en lui ajoutant un châle mauve et en le plaçant en face de la porte de ma chambre; le tour était joué. Elle m'a eu grand-mère Zoulikha.
 * Yemma : mère
* canoun : brasier
* l'Agraa Bou Kricha: Le chauve ventru
* Ghoula : L'ogresse 
 

Publié par le goéland à 11:47:46 dans Atelier d'écriture | Commentaires (0) |

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