Vient d'être instauré dans dix régions pilotes le Service
Citoyen Volontaire (SCV). Il s'agit pour les citoyens qui le
souhaitent de s'engager en tant que bénévoles pour aider les
forces de l'ordre à assurer la sécurité publique. Les volontaires
seront recrutés à l'issue d'un entretien et d'une enquête
administrative. Ils pourront participer « à des actions de soutien
et de renforcement de l'autorité parentale, d'accueil et de suivi
des victimes, de prévention, de médiation et d'explication de la
loi dans le cadre de structures scolaires ». Dans le cadre de
leurs fonctions ils bénéficieront de l'immunité policière. Les
postulants sont invités à retirer un dossier d'inscription au
commissariat le plus proche.
Taser : un pistolet de plus pour les forces de l'ordre
Le Taser est un pistolet infligeant une décharge électrique de
50 000 volts jusqu'à une distance de 10 mètres. La personne se
voit neutralisé par la paralysie de son système nerveux pendant 5
secondes. Après un phase de test commencée depuis janvier 2004 sur
130 personnes, 1 000 policiers et 1 000 gendarmes ont été équipés
de Taser en 2006. Le Taser ne laisse pas de traces, crée des
souffrances aiguës et est susceptible d'être utilisé pour
intimider, humilier, torturer ou faire parler des suspects,
détenus, prisonniers ou simples citoyens. Ainsi, ce pistolet
s'apparente à un objet de torture au sens de la Convention des
Nations Unies contre la torture de 1984 (la France a signé ce
protocole le 16 septembre 2005 et ne l'a toujours pas ratifié).
Cette arme qui a déjà fait plus de 200 morts aux Etats-Unis est
interdite en Belgique, en Italie, aux Pays-bas, au Danemark, en
Norvège, en Serbie, à Hong Kong, au Japon, en Malaisie, en
Nouvelle Zélande et au Pakistan.
Conservation des données Internet et téléphoniques
Après six mois de débat, les députés européens ont adopté la
directive proposée par la Commission qui rend obligatoire la
conservation par les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs
d'accès à Internet des données de connexion de leurs abonnés. Cela
concerne les appels passés par les téléphones fixes et mobiles,
les SMS et les e-mails. Il s'agit de pouvoir déterminer qui a
communiqué avec qui, quand et combien de temps. La durée de
rétention de ces données pourra aller de six mois à deux ans selon
le souhait des Etats. En décembre 2005, le Sénat après l'Assemblée
nationale a adopté le projet de loi contre le terrorisme : tous
les fournisseurs d'accès à Internet devront conserver nos données
de connexion jusqu'à un an.
Tout cela, Nicolas Sarkozy l'a fait en moins de quatre ans en
tant que ministre d'Etat. Imaginez ce qu'il fera en cinq ans au
poste suprême de président de la République.
Il est important que nous gardions à l'esprit que les
dispositifs ci-dessus ont été appliqué en l'absence totale de
concertation démocratique et sont intégralement financé par nos
impôts.
Ses relations avec les grands patrons et les médias
Nicolas Sarkozy décrit son témoin de mariage, Martin Bouygues
comme « son meilleur ami ». Ce dernier dirige le groupe Bouygues
coté aux CAC 40 qui regroupe trois grands secteurs : la téléphonie
mobile avec Bouygues Telecom ; la construction d'infrastructures
publiques : autoroutes, ponts, complexes, mais également les
dernières prisons pour mineurs commandées par le ministre de
l'Intérieur ; et les médias avec TF1, LCI, Eurosport International...
Il est très proche des deux plus gros fabricants d'armes
français et principaux propriétaires de presse : Arnaud Lagardère
(entreprise d'armement propriétaire de Elle, Jeune et jolie,
Europe 1, Europe 2, Radio RFM, Fayard, Grasset, Hachette, Hatier,
Nathan, Nice Matin, Paris match, Pariscope, Télé7jours... et
président du conseil d'administration d'EADS qui possède 7,5% du
capital d'Airbus) et Serge Dassault (entreprise d'armement
possédant Le Figaro, TV Magazine, L'Express, L'Expansion).
Les deux principaux concurrents qui se partagent l'industrie du
luxe en France François Pinault (Mittal Steel, Le Point, Alexander
McQueen, Balenciaga, Conforama, FNAC, Gucci, La Redoute, Le
Printemps, Yves Saint Laurent...) et Bernard Arnault son autre
témoin de mariage, première fortune de France et septième du monde
avec 20 milliards d'euros , qui possède le premier groupe de luxe
au monde LVMH (Céline, Chaumet, Dior, Donna Karan, Emilio Pucci,
Fendi, Givenchy, Guerlain, Kenzo, Louis Vuitton, Marc Jacobs,
Sephora, Tag Heuer...) lui sont également très proches.
On lui compte aussi comme amis personnels Jean-Claude Decaux (JC
Decaux), Dominique Desseigne (Groupe Lucien Barrière : premier
groupe européen de casinos), Edouard de Rothschild (banque
Rothschild, Libération, Global Asset Management), Franz-Olivier
Giesbert (Le Point), Etienne Mougeotte (TF1), Patrick Le Lay
(TF1), Pierre Louette (AFP), Jean-Marie Colombani (Le Monde) et
Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1).
Faits divers de la censure
En novembre 2005, la chanson "Tous les tizenfants" du groupe
formé par Polémix et La Voix Off basée sur une interview de
Nicolas Sarkozy doit faire partie de la compilation "CQFD", éditée
par le magazine les Inrockuptibles. Mais la Sacem (société de
gestion collective du droit d'auteur pour la musique) partenaire
de l'opération, l'interdit, estimant que la chanson n'était "pas
diffusable", expliquant également que le ministre de l'Intérieur
ne tolèrera pas de tels propos et menace les auteurs de lourdes
condamnations.
La parution de la biographie de Cécilia Sarkozy, 'Entre le coeur
et la raison', de Valérie Domain, chef des informations du
magazine Gala fut interdite de publication après que Vincent
Barbare, responsable des éditions First qui devaient publier
l'ouvrage, fut convoqué le 9 novembre 2005 à un entretien place
Beauvau avec le ministre de l'Intérieur et ce malgré les 25 000
exemplaires déjà imprimés.
En novembre 2005, Julie Decroix et Maël de Calan, les deux
responsables de la formation 'Jeunes populaires de Paris' de
l'UMP, décident de quitter la structure, faisaient connaître
publiquement les pressions qui ont été exercées sur eux. Ils
furent suivis de Marie Guévenoux, présidente de cette formation,
qui fut peu de temps après également forcée à la démission pour
être remplacée par quelqu'un de plus coopératif. Ils ont ouvert le
forum Cybermilitant.org pour communiquer librement sur ce qui se
passait au sein de l'organisation. Avec plus de 3000 membres il
devient rapidement le forum de référence pour les jeunes militants
UMP qui souhaitaient émettrent des avis critiques. La direction de
l'UMP a obtenu sa fermeture quelques mois plus tard.
Raphaëlle Picard, pigiste à l'AFP est frappée d'interdiction
professionnelle pour avoir relaté l'intervention policière du 4
octobre 2006 dans la cité des Mureaux. Elle rapportait les
témoignages des habitants qui ont été violentés et braqués par les
forces de l'ordre, dont de très jeunes enfants.
En août 2005, Paris Match avait publié une photo montrant
l'épouse du ministre de l'Intérieur, Cécilia Sarkozy, en compagnie
de son amant, le président de Publicis Events Worldwide d'origine
marocaine Richard Attias. Le ministre de l'Intérieur avait alors
demandé à son ami et directeur du journal, Arnaud Lagardère, le
licenciement du directeur de la publication Alain Genestar. Il le
sera en juin 2006.
Serge Portelli, magistrat, vice-président au tribunal de Paris,
président de la 12e Chambre correctionnelle, venait de rédiger un
nouvel ouvrage : 'Ruptures', dressant le bilan des cinq ans de
Sarkozy passé au gouvernement. Au dernier moment, l'éditeur a
renoncé à publier ce texte, ne laissant plus le temps à un nouvel
éditeur de le faire paraître avant l'élection présidentielle.
La rédaction d' i>TELE était invitée à un repas place Beauvau
avec le ministre de l'Intérieur le 6 décembre 2006. Le
journaliste, Laurent Bazin, qui avait décrit cette rencontre "off"
sur son blog - hébergé par la chaîne -, a du retirer l'article à
la demande de la direction. Suite à de trop fortes pressions, il
annonce le 24 janvier 2007 la fermeture de son blog.
Début mars 2007, alors qu'un comité d'associations en faveur des
SDF se rendait au ministère de la Cohésion sociale où il était
attendus pour une réunion, les forces de l'ordre ont molestés
plusieurs membres de l'association des Enfants de Don Quichotte,
dont leur porte-parole Augustin Legrand.