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regards de bric & de braque

All gore from outer space (2003) de Hirohisa Sasaki | 29 septembre 2008

Croyez-vous qu'un père obstétricien qui viole sa fille en se présentant aux élections soit un alien? Bien sûr que oui! Par contre ce n'est pas tout à fait un obstétricien mais c'est une vraie merde: c'est un politicien (toutes mes excuses aux matières fécales, la comparaison est peut-être un peu exagérée). Rassurez-vous, les "hommes en noir" sont des caricatures d'amères loques à pisser de rire, les matons sont des authentiques SS qui frappent en tous sens et apprécient leur métier de tortionnaire, les politichiens sont des foireux, les mauvais rêves finissent comme toujours: dans une réalité pire encore.
Avec une nana qui panique parce qu'on a enlevé son bébé, la police enquête et découvre qu'elle n'a pas d'enfant. Alors pourquoi va-t-on la passer par la chambre à gaz? En fait son bébé est une poupée ou bien le croisement d'un humain(elle) et d'un alien, le père génétique est son père à elle, elle apprécie moyen alors elle brûle tout le monde mais des agents en noir savent qu'il y a de l'alien là-dessous alors ils décident de manger du Jell-o.
Ce film bricolé et enjoué nous balance une hérésie assez comique fabriquée par des êtres VIVANTS avec la tête sur les épaules. Parce que notre monde est une sinistre farce, ce film est un chef-d'œuvre!
Lent à démarrer, comme une parodie molle de film horrifique, nous voilà lancés dans un virage aquaplannant qui nous balade en tonneaux jusqu'à la fin du générique, musique de fin comprise.
Pour ma part, la conduite vers la chambre à gaz et les scènes d'évasion de la prison sont ce qui m'a le plus fait poiler de bout en bout, amateurs de cas ratés ne pas s'abstenir. C'est cours, en V.O et c'est bon.
Humour déroutant, plages de calme, cynisme, caricatures, on touille et c'est le bon bis du jour!

Ce film serait la suite de Crazy Lips (plus gore plus sexe), je vais chercher, je vous dirais quoi!

Publié par a-page à 16:20:54 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

ORETACHI NO SEKAI- This world of ours (2007) de Ryo Nakajima | 11 juin 2008

Un dépressif qui bizute un mou du genou, une manipulatrice suicidaire qui envenime les choses, un faible qui se laisse entraîner dans un viol collectif, un prof moraliste et sévère qui n'est rien d'autre qu'un sale pervers honteux et violent, des potes à la masse... La belle société en contexte et tous ces destins chaotiques qui se croisent dans la douleur sous toutes ses formes, physique, sexuelle et morale.

Bon bin voilà encore une preuve qu'on tourne en rond et que ça ne fait pas que des heureux. Trente années et quelques après Clockwork Orange, le constat n'est pas le même, c'est pire, ne serait-ce que par le temps qui passe et n'arrange rien. Le malaise de vivre dans un monde de merde, triste et prévisible à en pleurer, n'est pas pourri par les méchants mais par l'ensemble de ses acteurs sans vie avec ou sans cravate, avec ou sans sourire, avec ou sans principe. Laisser tomber ses espoirs et sa fierté pour arriver à exister dans ce monde qui est le notre est un tour de force. Etre désabusé avant d'avoir le statut d'adulte et le droit stupide d'aller voter est une sorte de malédiction à traîner dans un monde d'incohérences disproportionnées et pousse des sensibilités à ne plus savoir comment se détacher du contexte: à réagir en affolés. Les dirigeants de ces sociétés que sont les nôtres n'ont toujours pas capté un indice quant à l'étendue de leur médiocrité et de ce qui en découle, ce film va sans doute emmerder les instances officielles en place et générer tout un tas de levées de boucliers moralistes si ce n'est passer à la trappe de la censure ou du péril économique organisé.
En attendant, voilà encore un portrait cru et un peu cauchemardé de notre sale époque et de ses mœurs étouffantes.

Des acteurs adolescents bien plus solides que dans Battle Royale et moins crus que dans Kids, un malaise cousin: l'évocation de la réalité comme base et pas de goût pour l'édulcoré. Cette fiction colle à l'actualité et dérape avec réalisme tout en gardant un aspect théatral.
C'est un moment cinématographique intense, à ne pas rater, à plébisciter.

Publié par a-page à 12:47:24 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (2) |

TAITEI NO KEN- The sword of Alexander (2007) de Tsutsumi Yukihiko | 04 juin 2008

Vous avez vu l'affiche? Bin oui, tout est dit ou presque. C'est l'histoire d'un grand balèze, Genkuro qui se trimbale une épée mastok, d'une princesse habitée par un extra-terrestre, de son garde du corps ninja un peu foireux qui se fritent le clan adverse en plein japon médiéval. Le clan adverse manipulé par un moine diabolique, de sa langoureuse et chaude vamp sombre et de son clodeau maître des sauterelles mortelles qui vont doubler leur boss, chef des Tokugawa. A tout cela se rajoute un duel à mort entre deux extra-terrestres qui débarquent sur notre belle planète pour s'emparer des trois grigris magiques qui garantissent, évidemment, des super pouvoirs. Ce sont dans l'ordre la grosse épée, une croix (chrétienne hi hi) diabolique et une double dague en "orichalcum", métal magique, donc, qui a l'air apparenté au crack tellement il booste. Les aliens vont donc posséder des gentils et des méchants humains dont certains vont pouvoir montrer leur qualités et l'aventure va pouvoir démarrer sous les meilleures auspices pour s'emparer de ces trois "graals" qui décuplent leurs pouvoirs une fois réunis.

Ça fait du bien de retomber dans du bon bis qui scotche. Au début, y a des doutes quand même avec ce croisement japon médiéval et bataille de l'espace mais c'est géré pour que ça paraisse incongru pas: "trop mal foutu". Une fois que les deux chapitres espace-terre sont passés (avec une voix off légèrement cynique qui désamorce le sérieux qu'on pourrait prêter à ce film), le mélange se réunit dans cette quête à la masse. Et c'est avec un plaisir délectable que l'on découvre une galerie de portraits bien déjantés dont mon préféré est le chasseur qui se fait arracher la bras par un ours possédé par le vilain alien (je ne vous dis pas ce qui adviendra de ce chasseur avant qu'il clamse une seconde fois car c'est là qu'est toute la beauté de la chose, juste oh la la la...).
Géré comme un croisement de soap opéra japonais d'une demi-heure qui abuse de trucages ultra visibles, de scénario manga primaire mais jouissif et de film pour public enfant, on nage dans le patchwork système D qui force le respect bis.
Les poses à la cool, l'épée à la Berserk (manga de Kentaro Miura), les vilains trop biens, l'esprit gros bill et parodique, certaines incongruités dont on a rien à foutre dans une aventure qui bouge vraiment et qui arrive jusqu'au générique sans avoir envie d'en rater une miette, c'est ça un bon film!

Juste pour dire que:
Iron man, film pourri où Marvel continue sur sa lancée pro capitaliste ("What's wrong with capitalism?" dixit "La Torche" dans le premier "4 Fantastiques", faites chauffer la liste de réponses) avec la démonstration fabuleuse: il y aurait des bons et des méchants capitalistes dans cette interprétation de Iron Man. On assiste, affligé, à une débauche de réalisme au niveau contexte pour servir un scénar de neuneux en stade terminal mélé d'un moralité puante. Action, aventure: 0,5/20.
Indiana Jones 4 aux os de cristal est trop vieux comme son réalisateur et ses aventures sentent le réchauffé. Un vieux bourge essaye de nous emmerder avec ses fantasmes de rejeton et de mariage qu'il fout dans un film dont tout a déjà été vu et paraît revisité, minable! Action, aventure: 0,5/20.
Messieurs, prenez votre retraite, ça aurait déjà du être fait depuis si longtemps!

Publié par a-page à 12:11:48 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

SURVIVE STYLE 5+ (2004) de Gen Sekiguchi | 15 avril 2008

Un type essaie de tuer sa femme qui ne veut pas mourir et revient à chaque fois avec la rage froide au ventre et une force de plus en plus improbable. Une publiciste crée des pubs toutes plus crétines que les autres qui ne font rire qu'elle, un hypnotiseur est assassiné sur la scène de son spectacle, une agence de meurtre officielle, un salary man persuadé d'être un oiseau, des potes spécialistes des infractions un peu pourries, des histoires d'amour en devenir, passées présentes, sous toutes les formes...

Miam, des fois y a des fringales qui vous prennent comme ça, une envie de tarte aux pommes fumantes à la fragrance qui vous torture les poils du nez jusqu'à vous faire gargouiller le bide. Un bouquin dont vous émergez à quatre heure du mat' passée pour cause d'absorption totale et qui vous empêche de comater avant deux heures de plus à force d'y repenser. Des mélodies qui vous hérissent les poils des bras de la même façon que les couilles se rétractent sous des caresses coquines. Et des films comme, comme... Celui-là! Un truc qui prend à revers: jamais entendu parler de ce film, chiche, on regarde, allez! Et paf, plus envie de se moquer: scotché. Plus taré, plus barré que toutes les moqueries qu'on a besoin de balancer devant ces films mièvres aux situations éculées qui vous font préférer une pétanque dépressive par allergie instantanée et immédiate. Voilà que toutes les scènes qui se suivent, se croisent, partent dans tous les sens et ramène le surréalisme à un concept un peu défraîchi. Fantastique, polar, intimiste, action, pop, débile, violent, marrant, tolérant, parodique... sortez le dictionnaire des synonymes et de la folie qui déride! Bien sûr la civilisation n'a pas l'air très séduisante ou alors trop, pour les mecs qui font un film pareil. Mais c'est bon de voir un film qui se moque de tout et trouve tout de même la force de faire une happy end barjot.
Je décerne le Zarb d'or à ce film. Trop bien, très frais, un bon film léger, acide et cynique qui se la pète pas.

Publié par a-page à 21:13:53 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

LINDA LINDA LINDA (2005) de Nobuhiro Yamashita | 12 avril 2008

Tous les clubs du lycée vont devoir installer leur stand, c'est le festival du lycée. C'est aussi un échange culturel entre le bahut et un autre, coréen. Trois étudiantes sont dans un groupe de rock mais il n'y a plus de chanteuse, le concert de fin d'année est mal barré. Une fille passe par là par hasard, c'est une des filles du programme d'échange avec la Corée, c'est elle qui va devoir chanter. Et voilà notre équipe de jeunes écolières en uniformes prêtes à se lancer sur les traces de "Blue Hearts" en reprenant leur morceau "Linda Linda Linda"...

Bon allez, ça sonne comme un film d'ados, ça! non? Bin oui mais il faut croire qu'adolescence ne rime pas forcement avec débilité profonde. Le racolage qui tire vers le bas n'est pas une méthode universelle, c'est du consensus: du populisme, un truc pour ramasser plein de tunes. Là, ce n'est pas l'histoire de la fausse ingénue laide (top model avec une paire de lunettes) qui va se révéler être une bête de scène torride (la même sans paire de lunettes) et séduire le beau quaterback (qui ne remettra pas son cerveau pour être moins con) dont elle est secrètement amoureuse au grand dam de la peste gironde dont personne ne se soucie à part pour faire valoir ce triangle amoureux du plus foireux. Juste des filles un peu timides, chacune à leur façon qui prennent une décision et cassent la baraque par leur sincérité. Des histoires d'amour avortées, des ennuis techniques, des cauchemars, des frimes honnêtes: maladroites, les bousculent toutes jusqu'au concert fatidique. Au final on ne se retrouve pas devant un modèle de starification mais juste témoin de l'évolution de chouette nenettes dont la réussite se bornera à être un moment important de leur vie.
La musique du film est discrète et c'est James Yoshinobu Iha qui s'y colle, plus Smashing Pumpkins que Perfect Circle d'ailleurs sur ce coup-là. Quant à Blue Hearts, c'est visiblement un groupe punk bien sympathique que je ne connaissais pas (ce qui est toujours le cas, à part trois chansons), sorte de Ramones (dont il est aussi question dans le film) japonais en totalement différent. Les ritournelles de ce film ont donc le bon goût d'être bien grasse et énergétiques.
Nous voilà donc devant un film sur la zique plus que sympa et mille fois plus cohérent que "Nana" (trop sirupeux et plus pop que punk) que ce soit en manga, animé ou film ou bien encore "Beck" (trop mièvre et maniéré).
D'autre part les actrices assurent vraiment, elles ne sortent pas d'un sitcom pour prétendre au grand écran et retourner dans l'oubli. La coréenne, chanteuse du groupe n'est autre que Du-na Bae (Doo Na Bae) que j'avais vue dans "The host", "Sympathy for Mr vengeance" ou "Barking dogs never bite" et son aura ne dément pas. La bassiste semble être réellement bassiste dans la vraie vie et les deux autres filles ne sont pas un instant potiches. Bon film bien cohérent.
Allez, avec des scènes mignonnes, rigolotes et fines, on ne s'embête pas un instant. Encore un film à voir!

Publié par a-page à 19:01:04 dans tribulations pathétiques en terrain cinématographique meuble et autres oasis régénérants | Commentaires (0) |

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