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Ses études. Bac+4. Sa taille. Mince. Ses cheveux. Pratiques. Ses habits. Sobres. Ses chaussures. Confortables. Sa maison. Rangée. Son frigo. Plein. Sa carrière. Eclatante. Sa dévise. La riguer. Ses enfants. Responsables. Sa vie. Organisée. Sa façon de parler. Mesurée. Son allure. Décidée. Ses copines. Emancipées. Ses discours. Rationnels.
Mais alors qu'est ce que je fais ici sur l'herbe, avec cette femme un peu ronde, un peu (beaucoup) vulgaire, talons aiguilles, coiffure voyante, déodorant Leaderprice, à laquelle j'ai donné déjà 40 euros pour ses services, et qui m'écoute calme depuis un quart d'heure, sans trouver mes mots stupides, ou ma cravate mal choisie?
Publié par alwaysbarbara à 10:49:08 dans Day after day | Commentaires (21) | Permaliens
Notre Dame de Lorrette - Paris - early afternoon, a long time ago....
Mid-October. A tea-room in the old Paris. Early 20s decorated. Desert. Silent. Two ladies come in. About 25 one, around 30 the other. Classy dressed, jewels, manners. They sit down at a round table in a corner, next to the window. One next to the other. "Un té et un café au lait, s'il vous plait. " - Quick, please - "Nous sommes pressées - très pressées." They start talking. Quietly. Softly. A light gesture now and then underlines their words. Friendly. The front door open. A man enters the room. Tall, handsome, around 35 perhaps a bit more. He goes choosing candies beside the cash-desk. The ladies keep talking. Quietly. A glance in the mirror. She catches his eyes. The other looks at her friend - "hands off, he's mine". They keep talking. Carelessly. They both focus on the man. Their gestures. Nervous. She stands up. A lip gloss in her hands. Goes to the cashier "les toilettes, s'il vous plait?". The gloss slips away. Accidentally on purpose. Falls down. He bends his knees. She leans forward. Both to get the gloss, their hands lightly touch. She smiles. Victory. "Pardon." She gives a long look at him. Into his eyes. "You're mine". Suddenly the front door open again. A young man enters. Tall, handsome, slim, fit. He goes straight to the cash-desk. "ça y est?" He passes his arm around his waist.
C'est la vie...
Publié par alwaysbarbara à 11:43:21 dans You know what? | Commentaires (46) | Permaliens
Publié par alwaysbarbara à 13:14:34 dans Day after day | Commentaires (1) | Permaliens
Hier l'après midi je suis allée au cinéma. Avec mon mari, attirés par certains noms (notamment Dustin Hoffmann, comme quoi s'ils sont bien payés même les meilleures acceptent de faire n'importe quoi...) qui figuraient sur l'affiche, on a décidé de regarder "Adieu Cuba". Publié par alwaysbarbara à 10:39:40 dans Day after day | Commentaires (29) | Permaliens
Je sortis de mon appartement et je vis à la lumière floue de deux allumettes les têtes pales de mes voisins.
« Bonsoir, il y a une coupure il parait ? »
« Bonsoir, oui.... Il parait.... Moi je rentre.... Je cuisinait une soupe mais là sans
électricité... il vaut mieux que je commande une pizza pour ce soir. Au revoir ».
« Bon, moi aussi je vais rentrer.... J'espère que ça ne va pas durer longtemps. Je n'ai même pas des bougies chez moi... »
« Moi je devrais en avoir.... Des bougies parfumées à la vanille. Attendez je vais en chercher ... »
Je rentrais pour chercher les fameuses bougies à la vanille que depuis longtemps gisaient dans ma boite rose porte
secrets. La boite que ma mère m'avait offert quand j'avait pris l'appartement et commencé à vivre par mon compte, avec les bougies parfumées et son journal
intime de quand elle était jeune. Ca devait être un peu comme un « passage de relais ».
Les mères sont toujours bouleversées quand les petits laissent le nid, et ont du coup une envie irréfrénable d'expliquer, de s'expliquer, de parler d'elles,
de leur jeunesse et de leurs erreurs. Une manière de récupérer le temps perdu, de se faire comprendre, souvent de se faire pardonner.
Mais je n'avais jamais eu envie de le lire. Il devait contenir des comptes rendus assez fades de ses journées trop
ordinaires. Je grimpai sur une chaise pour attraper la boite que j'avais rangé tout en haut de mon armoire, et je ne
pouvais pas m'empêcher de penser que ce que je faisais était extrêmement dangereux. En plein noir à tâtonner grimpé sur une chaise....
Il y avait de quoi se cassait la figure.... On lit tout le temps des incidents domestiques... Il
parait que la maison est l'endroit le plus prolifère des pièges... j'étais toute absorbée dans cette réflexion
quand mon pied droit vite glissa en arrière et la base de la chaise se plia vers l'intérieur.
Avec un réflexe félin je m'attachai à la boite que j'avais sous mes doigts, comme si ça avait pu m'empêcher de
tomber. Je sentais la boite glisser et se fracasser sur mon épaule droite, en s'ouvrant elle renversait sur moi son contenu,
et sous cette pluie d'objets divers je retrouvai par miracle mon équilibre sur la chaise pliante en me rejetant
avec tout mon corps et tout mon espoir en avant. En ce moment fut à nouveau la lumière.
Inquiété par le bruit mon voisin était rentré et me vit sur la chaise, encore immobilisée par la peur. « Ca va ? » « oui, oui.... J'ai failli
tomber.... Cette chaise est dangereuse... j'ai été bête à y monter dessus....elle se replie quand moins on s'y attend. »
« Bon, bien, au moins on n'a plus besoin de bougies.... Je suis désolé de vous avoir causé tout ce... »
« Mais non, pas du tout, de toute façon moi aussi j'avais besoin d'un peu de lumière ici... je n'aime pas rester dans le noir
.... Ça me fait bizarre.... »
« Attendez... je vous aide.... Ola là tout a été renversé... ah ... par contre une
de vos bougies est en morceaux il parait....je suis vraiment désolé... cette photo
c'est échappée de votre journal intime... tenez. Vous étiez jolie dans cette
robe... même très jolie si vous me le permettez... » « ce n'est pas moi....
Je n'ai jamais vu cette photo...." -c'est bizarre- je pense
« ... T.B. ...c'est qui ? » Je lui pris la photo et la mis sous la boite.
« Bon...allez, merci... je vais pouvoir m'en sortir ...d'ici peu mon copain sera là et je n'ai encore rien fait...
il faut que je me dépêche, merci pour votre aide... »
« De rien... c'est moi en fait... j'ai vous ai causé pas mal de problèmes avec ces bougies.... Bon... bonne soirée... au revoir... »
« Au revoir. »
Je fermai la porte, j'enlevai vite les pantalons et me dirigeai vers la salle de bain pour me préparer en
toute vitesse. Toute cette histoire m'avait fait perdre pas mal de temps. Je
pris le lait corporel et je commençais à l'étaler sur mes jambes quand mon
portable sonna.
Chapitre 2
« Allo chérie... c'est maman.... Ça a été ta journée ? George est-ce là ? »
« Non, je l'attends... je suis un peu pressée en fait... ah.. écoute... Tu... Tu avais une amie qui s'appelait Tina
ou Thérèse.., quand t'étais jeune ? » « Tina...ou.. Thé.. euh... ? ...Je ne sais
pas... peut-être... Pourquoi ? »
« Rien, j'ai trouvé une photo avec des initiales : T.B. , mais bon, ce n'est pas important... T'as été voir le medecin pour ton histoire d'arthrose?»
De l'autre côté un silence glaciale qui dura quelques instants fut interrompu par ma mère : « T.B....... »
elle dit ça comme à elle-même et puis ajouta avec une voix tout d'un coup durcie: « tu veux savoir qui c'est T. B.? »
« Non.... Enfin... j'ai vu sa photo par hasard...j'ai
comme l'impression de l'avoir déjà vu mais je ne saurais pas dire quand et où... »
« c'est.... c'était.... quelqu'un .... que ton père a connu et.... » cette fois ci le silence fut plus long et
j'avais l'impression de pouvoir ressentir l'embarras de ma mère en me répondant.
Je devinais sa souffrance, ça me faisait mal de l'entendre dans cet état et je voulus l'interrompre.
« Ca fait rien... j'ai compris. »
« Non . Tu n'as pas compris. Ecoute moi ma fille, ton père était .. »
« Je sais » je la coupai d'un coup.
« Mais, il m'aimait, il m'aimait beaucoup tu sais ? » Elle ajouta vite avec anxiété, avec la volonté de me faire comprendre que
après tout il restait mon père, son mari, et il fallait l'aimer pour ça malgré ses "petits défauts".
« Oui... Oui maman, je sais »
« Tu sais ma fille, - elle continua sans presque m'entendre- il était... il avait ses côtés un peu.... aussi envers toi, mais après
avec sa maladie ce n'était pas simple pour lui, et puis... »
« Tu n'as pas besoin de m'expliquer, maman, je comprends, je ne suis plus une
gamine... ... t'en fais pas.... n'y pense plus.... écoute, il faut que je te laisse là, allez, je t'embrasse... ciao..»
Elle commençait à dire quelque chose, puis il y eut du silence et ajouta
« ...Bonne nuit chérie.. ».
Publié par alwaysbarbara à 10:11:50 dans Once upon a time | Commentaires (82) | Permaliens
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