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Une et mille nuits (... suite) | 19 août 2006

« Mince .... Ne me dit pas qu'il y a une coupure... pas maintenant... je dois encore faire deux milles
choses !... comment je vais faire ?? » Je tâtonnai jusqu' à ma chambre, je cherchai mes pantalons et mon pull noir pour
sortir sur le palier à voir ce qu'il se passait. J'entendais des voix dehors qui semblaient se poser les mêmes
questions que moi : « ce n'est pas que dans notre bâtiment, je viens d'appeler sur son portable ma cousine
qui habite en face et elle m'a dit que
chez eux c'est pareil.
« Oui, ça doit être une coupure dans le quartier. »
« C'est bizarre quand même. Il sera pas arrivé quelque chose de grave, j'espère ! »

Je sortis de mon appartement et je vis à la lumière floue de deux allumettes les têtes pales de mes voisins.
« Bonsoir, il y a une coupure il parait ? »
« Bonsoir, oui.... Il parait.... Moi je rentre.... Je cuisinait une soupe mais là sans
électricité... il vaut mieux que je commande une pizza pour ce soir. Au revoir ».
« Bon, moi aussi je vais rentrer.... J'espère que ça ne va pas durer longtemps. Je n'ai même pas des bougies chez moi... »
« Moi je devrais en avoir.... Des bougies parfumées à la vanille. Attendez je vais en chercher ... »
Je rentrais pour chercher les fameuses bougies à la vanille que depuis longtemps gisaient dans ma boite rose porte
secrets. La boite que ma mère m'avait offert quand j'avait pris l'appartement et commencé à vivre par mon compte, avec les bougies parfumées et son journal
intime de quand elle était jeune. Ca devait être un peu comme un « passage de relais ».
Les mères sont toujours bouleversées quand les petits laissent le nid, et ont du coup une envie irréfrénable d'expliquer, de s'expliquer, de parler d'elles,
de leur jeunesse et de leurs erreurs. Une manière de récupérer le temps perdu, de se faire comprendre, souvent de se faire pardonner.
Mais je n'avais jamais eu envie de le lire. Il devait contenir des comptes rendus assez fades de ses journées trop
ordinaires. Je grimpai sur une chaise pour attraper la boite que j'avais rangé tout en haut de mon armoire, et je ne
pouvais pas m'empêcher de penser que ce que je faisais était extrêmement dangereux. En plein noir à tâtonner grimpé sur une chaise....
Il y avait de quoi se cassait la figure.... On lit tout le temps des incidents domestiques... Il
parait que la maison est l'endroit le plus prolifère des pièges... j'étais toute absorbée dans cette réflexion
quand mon pied droit vite glissa en arrière et la base de la chaise se plia vers l'intérieur.
Avec un réflexe félin je m'attachai à la boite que j'avais sous mes doigts, comme si ça avait pu m'empêcher de
tomber. Je sentais la boite glisser et se fracasser sur mon épaule droite, en s'ouvrant elle renversait sur moi son contenu,
et sous cette pluie d'objets divers je retrouvai par miracle mon équilibre sur la chaise pliante en me rejetant
avec tout mon corps et tout mon espoir en avant. En ce moment fut à nouveau la lumière.
Inquiété par le bruit mon voisin était rentré et me vit sur la chaise, encore immobilisée par la peur. « Ca va ? » « oui, oui.... J'ai failli
tomber.... Cette chaise est dangereuse... j'ai été bête à y monter dessus....elle se replie quand moins on s'y attend. »
« Bon, bien, au moins on n'a plus besoin de bougies.... Je suis désolé de vous avoir causé tout ce... »
« Mais non, pas du tout, de toute façon moi aussi j'avais besoin d'un peu de lumière ici... je n'aime pas rester dans le noir
.... Ça me fait bizarre.... »
« Attendez... je vous aide.... Ola là tout a été renversé... ah ... par contre une
de vos bougies est en morceaux il parait....je suis vraiment désolé... cette photo
c'est échappée de votre journal intime... tenez. Vous étiez jolie dans cette
robe... même très jolie si vous me le permettez... » « ce n'est pas moi....
Je n'ai jamais vu cette photo...." -c'est bizarre- je pense
« ... T.B. ...c'est qui ? » Je lui pris la photo et la mis sous la boite.
« Bon...allez, merci... je vais pouvoir m'en sortir ...d'ici peu mon copain sera là et je n'ai encore rien fait...
il faut que je me dépêche, merci pour votre aide... »
« De rien... c'est moi en fait... j'ai vous ai causé pas mal de problèmes avec ces bougies.... Bon... bonne soirée... au revoir... »
« Au revoir. »

Je fermai la porte, j'enlevai vite les pantalons et me dirigeai vers la salle de bain pour me préparer en
toute vitesse. Toute cette histoire m'avait fait perdre pas mal de temps. Je
pris le lait corporel et je commençais à l'étaler sur mes jambes quand mon
portable sonna.





Chapitre 2


« Allo chérie... c'est maman.... Ça a été ta journée ? George est-ce là ? »
« Non, je l'attends... je suis un peu pressée en fait... ah.. écoute... Tu... Tu avais une amie qui s'appelait Tina
ou Thérèse.., quand t'étais jeune ? » « Tina...ou.. Thé.. euh... ? ...Je ne sais
pas... peut-être... Pourquoi ? »
« Rien, j'ai trouvé une photo avec des initiales : T.B. , mais bon, ce n'est pas important... T'as été voir le medecin pour ton histoire d'arthrose?»
De l'autre côté un silence glaciale qui dura quelques instants fut interrompu par ma mère : « T.B....... »
elle dit ça comme à elle-même et puis ajouta avec une voix tout d'un coup durcie: « tu veux savoir qui c'est T. B.? »
« Non.... Enfin... j'ai vu sa photo par hasard...j'ai
comme l'impression de l'avoir déjà vu mais je ne saurais pas dire quand et où... »
« c'est.... c'était.... quelqu'un .... que ton père a connu et.... » cette fois ci le silence fut plus long et
j'avais l'impression de pouvoir ressentir l'embarras de ma mère en me répondant.
Je devinais sa souffrance, ça me faisait mal de l'entendre dans cet état et je voulus l'interrompre.
« Ca fait rien... j'ai compris. »
« Non . Tu n'as pas compris. Ecoute moi ma fille, ton père était .. »
« Je sais » je la coupai d'un coup.
« Mais, il m'aimait, il m'aimait beaucoup tu sais ? » Elle ajouta vite avec anxiété, avec la volonté de me faire comprendre que
après tout il restait mon père, son mari, et il fallait l'aimer pour ça malgré ses "petits défauts".
« Oui... Oui maman, je sais »
« Tu sais ma fille, - elle continua sans presque m'entendre- il était... il avait ses côtés un peu.... aussi envers toi, mais après
avec sa maladie ce n'était pas simple pour lui, et puis... »
« Tu n'as pas besoin de m'expliquer, maman, je comprends, je ne suis plus une
gamine... ... t'en fais pas.... n'y pense plus.... écoute, il faut que je te laisse là, allez, je t'embrasse... ciao..»
Elle commençait à dire quelque chose, puis il y eut du silence et ajouta
« ...Bonne nuit chérie.. ».

Publié par alwaysbarbara à 10:11:50 dans Once upon a time | Commentaires (82) |

Voici ce qui m'est arrivé hier | 16 août 2006



Hier je me suis posé une question: après plus de trois ans vécu ici, je ne serais
pas en train de me transformer en française un petit peu?

Voici ce qu'il m'est arrivé en début d'après midi pendant mon habituelle promenade en vélo au Bois de Boulogne.

Un homme et une femme stationnent débout au beau milieu d'un petit sentier avec leurs chiens tenus en laisse autour d'eux, de façon à encombrer entièrement le
passage. Au moment de m'approcher je ralenti et eux me regardent mais ils ne font pas le moindre geste de s'écarter pour me laisser passer.
Je suis alors obligée de m'arrêter et de me faire un petit passage entre les deux, avec leurs chiens qui tournent autour du vélo en plus. A la fin, pas mal gênée,
j'arrive à passer, et là la femme me balance un "ne vous excusez pas, hein!" C'était vraiment trop. Ca leur coûtait quoi de s'écarter tout juste
un peu? Eh bien, non, ils restent là, ils ne font absolument rien pour amoindrir ma gêne évidente, ils ne retiennent même pas les chiens
pour leur empêcher de me gêner encore davantage, et à la fin c'est eux qui me demandent de m'excuser pour les avoir dérangé! Eh bien j'ai arrêté mon vélo
quelques pas avant et je me suis surprise à demander à la femme que ça soit elle à s'excuser de sa manque totale de politesse. Eh bien, la dame ne savait pas
trop quoi dire, puis ajoute que les sentiers au Bois de Boulogne sont des sentiers piétons, interdits au vélo. Face à une telle absurdité je lui ai
demandé si ça n'avait pas été elle à établir cette règle, je me dis que c'est vraiment n'importe quoi et je recommence à pédaler. Eh bien il y a trois ans je
ne lui aurais jamais répondu. Je me serais limité à me dire que les gens sont de plus en plus arrogants et j'aurais continuer à pédaler. J'étais plus cool
auparavant, mon caractère "italien" était plus marqué je trouve, alors que là je prends à cœur des choses que si l'on réfléchi n'ont aucune
importance. En fait, après je me sentais même un peu "blessée" par l'agressivité de cette femme, et en même temps je me disais que c'était vraiment
bête de s'énerver et se gâcher la journée, une journée de fête en plus, pour ça. Je me suis aussi dit que, quelque part le fait de vivre ici m'a un peu changé,
même un peu trop, et qu'il est temps de faire marche arrière: je veux retourner celle que j'étais à mon arrivée: insouciante, optimiste et en bonne humeur...

Comme quoi mes balades en vélo m'inspirent des résolutions très
positives!



Publié par alwaysbarbara à 10:39:22 dans Day after day | Commentaires (18) |

comme un arbre | 15 août 2006

Je me sens très fatiguée et en même temps parfaitement éveillée. J'ai eu du mal à m'endormir et mon sommeil n'a pas été tranquille. J'ai rêvé. Je me rappelle assez bien du rêve pour pouvoir l'interpréter et découvrir ce qu'il cèle. Mais je prefère pas. Il y a des choses qui sont enterrées dans notre âme et que c'est mieux de laisser comme ça. Secrètes même pour nous.
On croyait avoir trouvé sa sérénité mais quand moins on s'y attends voilà des fantasmes qui reviennent la troubler.
La vie est comme un arbre sur lequel on grimpe. A chaque fois qu'une rame s'écarte on a deux options entre lesquelles il faut choisir. Et nous ne saurons jamais ce qu'aurait donné de suivre l'autre chemin. A chaque fourche on laisse des choses et des personnes à côté. Qu'est ce que sont devenues ces gens là après? Qu'est ce qu'ils ont fait de leur vie, et où et avec qui? Quelles joies et quels chagrin ont-elles eu?
Et quelle aurait été notre vie si nous avions choisi une autre route? Aurons-nous été plus heureux, moins heureux? Qu'est ce qui a déterminé nos décisions? Souvent des minuties, des mots sortis trop vite de notre bouche, ou au contraire des mots qui n'ont jamais été prononcés.
Avons-nous toujours pris le bon chemin?

Publié par alwaysbarbara à 11:16:52 dans Day after day | Commentaires (4) |

Finalement.... | 14 août 2006

... Une bonne période! Après l'année désastreuse parsemée d'événements qui allaient du mal au pire, qui ont eu leur acmé entre Mai et Juin derniers pendant lesquelles j'ai eu, dans l'ordre, des très mauvaises nouvelles et une terrible déception (mais je me suis petit à petit reprise des unes et de l'autre) voici un petit mois qui s'écoule et qui n'a apporté que des bonnes choses! J'ai été très mal et on m'a répris par les cheveux. J'ai fait des vacances mémorables et que j'attendais dépuis une éternité et pendant lesquelles on est dévenu même Champions du Monde. Je reviens et que je trouve dans ma boite à lettres? Un courrier comme quoi "Madame" La Sorbonne a dit :"Oui"! On me contacte pour un très bon travail d'interprétariat (et bien payé en plus!) pour le début du mois de Septembre. Je republie mon annonce des cours et j'ai tout de suite plus d'élèves que je ne peux accepter. Décidement j'ai de la chance en ce moment et ça me permet de bien me recharger pour faire face aux adversité que j'aurais à affronter en automne (eh oui il y en aura pas mal... Mais je serai forte.)

Publié par alwaysbarbara à 11:26:26 dans Day after day | Commentaires (3) |

Qui va et qui vient | 13 août 2006

Hier j'ai eu des nouvelles d'un ami qui était parti l'année dernière s'installer aux Philippines.
Ici il avait un beau deux pièces derrière Montparnasse, un travail qui lui permettait de gagner assez bien sa vie, des amis...il n'avait pas de copine, mais ce n'est pas à la recherche de ça qu'il est parti... et pourtant il a quitté cette ville, qui, comme dit Gau est un idéal pour beaucoup des gens. Il a quitté Paris et la France mais il a surtout coupé avec une façon de vivre. Il a coupé avec l'hypocrisie et la manque de valeurs et il a trouvé un monde plus vrai parmi des gens qui n'ont même pas l'eau chade dans les maisons, mais ils sont HEUREUX.
Une chose que les Français, premier consommateurs au monde d'anti-depressif ne connaissent plus: le bonheur des choses simples....

Publié par alwaysbarbara à 11:03:25 dans Day after day | Commentaires (2) |

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