En Russie, tout le monde paie 13 % d'impôt sur ses revenus,
pas plus, ce qui semble expliquer le dynamisme de Moscou, et l'afflux de
capitaux étrangers, malgré la corruption qui mine le régime et l'autoritarisme
d'un certain Poutine.
L'Amérique du Sud a commencé sa révolution dès la
fin des années 70. Le Chili, dont j'avais fait une étude dans un article
précédent, a connu de profondes mutations : baisse de l'analphabétisme,
progression de l'espérance de vie et du niveau de vie, forte baisse de la
pauvreté puisque moins d'un quart de la population est pauvre à l'heure actuelle
contre presque la moitié quelques décennies auparavant. Un taux de croissance de
5 % par an depuis les années 1980. Que peut-on espérer de mieux ?
Le
Brésil aussi a fait sa révolution à la fin de la dictature en place.
Contrairement à ce que soutiennent certains journalistes, Lula da Silva n'est en
rien marxiste puisqu'une fois au pouvoir il a mené des réformes bien libérales :
poursuite de l'implantation d'OGM, fin des barrières douanières, libéralisation
du commerce, de l'agriculture, ouverture des échanges... S'il tombe, ce ne sera
pas pour avoir redressé le pays, mais pour être éclaboussé dans des affaires de
corruption. Dommage...
Une exception, cependant : l'Argentine, qui fut,
jusqu'à la victoire de Peron, un pays très riche, moderne, la cinquième
puissance mondiale, si mes souvenirs sont exacts, qui malheureusement, par la
faute de politiciens corrompus et démagogiques, s'est enlisée dans la crise. Il
semblerait que les choses changent en ce moment depuis que Nestor Kirchner a été
élu Président. A suivre.
Le Pérou comme le Mexique ont fini par se
débarasser du socialisme d'Etat et se tournent peu à peu vers des réformes
libérales. Le Parti Révolutionnaire au Mexique a fini, par le jeu de la
démocratie, par perdre le pouvoir au profit de partis politiques plutôt
réformateurs.
Au Pérou, les politiciens ont fini par faire cesser des grèves
incessantes et remettre leurs citoyens au travail, notamment dans
l'administration.
En Inde, dont on parle de plus en plus, on a mené des
réformes libérales au début des années 1990, ce qui explique l'émergence d'une
classe moyenne riche qui représente la population totale vivant dans les villes
des USA. Près de 220 millions d'individus. Malgré les traditions, très fortes
dans ce pays et qui ne sont pas compatibles nécessairement avec des idées plutôt
libérales au départ, les politiciens ont fini par libéraliser, réformer tout en
conservant, si je puis dire. On peut noter la percée fulgurante du Bengalore, où
un million d'habitants vivaient auparavant. On en compte huit millions
aujourd'hui. A ceux qui disent que les ouvriers n'ont pas connu l'embellie
économique, je répondrais que ceux ci vivaient auparavant dans les campagnes et
souffraient de la sécheresse et de faim. Leur condition est certainement
meilleure à présent.
En Asie du Sud Est, nous avons la Corée du Sud,
Taiwan, la Malaisie, qui se sont tournés progressivement vers le libéralisme.
Nous avons deux autres pays non démocratiques mais qui se sont eux aussi tournés
vers l'économie de marché : la Chine, et le Viet Nam, où le niveau de vie
progresse de jour en jour. Tôt ou tard, ces pays finiront par se démocratiser,
se libéraliser politiquement, comme qui dirait.
Certains Etats
africains, notamment ceux qui se sont démocratisés, ont connu une situation
similaire. Certains vivant dans ces pays disaient même, quand on leur parlait de
la Chine, qu'il était plus facile de créer une entreprise dans leurs pays qu'en
Chine. Les Etats du Maghreb eux aussi changent : Khadafi a pris contact avec
Aznar pour se tenir au courant des réformes libérales qu'à mené ce dernier dans
son pays, et Moubarrak, Président égyptien, envisage de laisser son fils lui
succéder, un économiste libéral et réformateur ( espérons aussi libéral
politiquement ).
Quant à l'Océanie, la Nouvelle Zélande est actuellement
le pays le plus libéral du monde où seules la police, justice, défense sont
restés sous le giron de l'Etat. L'Australie, sous l'impulsion de Fraser, a elle
aussi beaucoup changée et s'est modernisée.
Bref, à défaut de voir un
échec de la mondialisation, j'y vois plutôt une réussite, puisqu'un nombre
croissant de pays s'aligne vers ce modèle ( en témoigne le déclin de la langue
française en Afrique au profit de l'anglais, ou encore le fait que le groupe des
77 fasse pression contre les pays riches lors de conférences à l'OMC pour
obtenir la fin de la PAC, la libéralisation du commerce, une concurrence plus
juste en ce sens entre les partenaires ).
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