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EN AVANT LA FRANCE !

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La gauche française | 17 mai 2009

Bien qu'elle n'en laisse rien paraître, l'actuel première secrétaire du PS, Martine Aubry, pourrait bien pâtir d'une défaite lors des prochaines élections européennes, alors même que l'UMP reste toujours en tête selon les sondages. Le fait que le parti du Président soit devant son opposition est un fait politique rare lors d'élections intermédiaires. Quoi qu'il en soit, au cas où ce scénario se produirait, Ségolène Royal en profitera certainement pour tenter de renverser le rapport de forces en sa faveur. Alors même que les dernières élections internes avaient été suspectées de fraude, il n'en faudrait pas plus pour semer une nouvelle fois une profonde zizanie au sein de la principale formation d'opposition.

Le problème de la gauche française, au fond, c'est qu'elle est tiraillée entre deux tendances : l'une, archaïque, symbolisée autrefois par Mélanchon, proche des idées des partis d'extrême gauche, qui n'a pas réussi à digérer intégralement le marxisme et l'autre, plus moderne, symbolisée par Manuel Valls, donc réaliste et favorable à des réformes.

Ainsi, rien d'étonnant en soi à ce que l'on retrouve des socialistes au sein du gouvernement d'ouverture voulu par l'actuel Président et dirigé par François Fillon. A coups sûr, ces socialistes ne se reconnaissent plus dans un parti qui n'a cessé de faire des mauvais choix depuis son échec dès le premier tour lors de la présidentielle de 2002. Il est probablement certain que d'autres socialistes ( on parle de Claude Allègre et même de Malek Boutih ) sauteront le pas pour faire partie du gouvernement.

S'il est bien sûr commode pour les dirigeants actuels du PS de s'en prendre, par sectarisme, à tous ceux qui quittent le navire, de les accuser de tous les meaux, il l'est beaucoup moins quand il s'agit de se remettre en question, de réfléchir au départ d'un grand nombre de leurs confrères, qui ne se reconnaissent plus du tout dans leur parti. Sans oublier la montée en puissance, depuis 2007 déjà, de François Bayrou, qui capte un électorat de gauche plutôt branché, ouvert sur le monde, social démocrate alors même que le PS s'enferme dans une logique d'un autre âge. Sans modernisation et changements profonds au sein du PS, à l'image de ce que Tony Blair a entrepris dans son pays, celui-ci ne s'en remettra pas et pourrait même ne pas se qualifier au second tour de la prochaine élection présidentielle, au profit d'un certain Bayrou.

Publié par Nicolas Lobin à 17:15:57 dans EN AVANT LA FRANCE ! | Commentaires (0) |

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