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<< Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! | Les Etats-Unis, la loi de la jungle ? | Cessez la repentance >>
Créer une entreprise aux Etats-Unis, pourquoi pas, en effet, mais si
vous vous imaginez que vous pourrez faire ce que vous voudrez, vous
n'irez pas loin. Les USA, ce ne sont pas la France. Loin de là. Et vous
allez vite comprendre à travers cet exemple simple :
Imaginons que je souhaite créer une entreprise aux USA, après avoir travaillé
quelques temps en Nouvelle Zélande et avoir économisé un peu d'argent.
J'ai donc accompli toutes les formalités, il ne me reste donc plus qu'à
embaucher des salariés. J'ai besoin d'eux, tout simplement, sans eux
mon entreprise ne pourrait pas marcher, et plus ils seront nombreux,
mieux ce sera pour moi, car mon entreprise accroîtra son influence. Je
fais ce qu'il faut et des individus se présentent à moi, intéressés.
Ils me disent qu'ils veulent bien bosser pour moi, qu'ils feront tout
pour faire vivre l'entreprise, pour la faire fonctionner et la faire
prospérer. Ils ont bien raison ! Seulement, ils ne le feront pas pour
n'importe quel salaire. Le rapport de forces est inversé. Pourquoi ? Si vous les payez en dessous du prix du marché, ils iront voir ailleurs. On
embauche à tour de bras ! Et non seulement vous devez les payer le prix du
marché, mais si vous voulez les garder, vous avez intérêt à leur donner des
privilèges, des avantages, des primes au mérite. C'est que
la concurrence, aux Etats-Unis, est beaucoup plus forte qu'en France.
N'oubliez pas non plus qu'on ne reste jamais longtemps au chômage là
bas et qu'on retrouve vite du travail. Vous le virez ? Ils s'en moquent
!
Donc vous n'avez pas le choix, face à toutes ces revendications. Vous leur donnez de très bons salaires ( c'est pour
cela que les salaires américains n'ont rien à voir avec la France,
qu'ils sont plus élevés ) pour qu'ils fassent leur boulot. Mais ce n'est
pas fini : il y a les congés payés aussi. Leurs représentants se
pointent à votre bureau. Ils vous demandent des renseignements à ce sujet. Vous pouvez leur répondre : " vous m'ennuyez, il n'y a aucune loi qui
m'oblige à vous donner des congés payés, si vous persistez je vous vire
tous ! ".
Vous signez alors la mort de votre entreprise. Ne vous leurrez pas
: vous êtes aux Etats-Unis ici. Donc que vont faire les employés ? Ils
iront auprès d'une autre compagnie concurrente qui leur offrira ce que
vous ne daignez pas leur offrir. Et au bout de quelques mois, vous
serez contraint de mettre la clé sous la porte. Ne riez pas, c'est
arrivé à plus d'entrepreneurs venant d'autres pays que vous ne le croyez. Vous êtes alors sans situation, d'autant plus que
vous n'avez plus un rond, car les banques vous auront tout pris, pour
se faire rembourser, ou presque. Et si vous vous retrouvez à errer dans
les rues, ne cherchez pas de la compassion envers les personnes
alentours, car elles n'auront à votre égard que du mépris. Vous serez
alors, comme on dit, rejeté, banni de la communauté à laquelle vous
apparteniez. Il y a des choses aux Etats-Unis qui ne se font pas. Les
valeurs morales, qu'est-ce que vous voulez. On n'aime pas les gens
immoraux, et c'est très bien ainsi.
Dans une société libérale, vous êtes libre, mais aussi responsable
de vos actes. En théorie, vous êtes le boss, mais en pratique, vous
n'avez aucune marge de manoeuvre, sinon bien sûr, celle de licencier. Seulement
si vous licenciez tous ceux qui vous dérangent, vous n'aurez plus
personne. Bien entendu, je ne parle pas non plus de la participation des employés de votre entreprise, au titre des actions, notamment, puisque la plupart des américains sont actionnaires. Chez Sears, celle-ci
représente même la moitié du capital de la société. Autant dire que si
vous prenez de mauvaises décisions, vous pouvez même vous faire jeter
par vos propres salariés ! Ceux qui viennent aux USA en se disant qu'ils seront libres de
faire subir ce qu'ils voudront à leurs salariés feront faillite. Je dis
à ceux-ci : ce n'est pas la peine de venir, vous échouerez très vite.
Publié par Nicolas Lobin à 19:34:44 dans EN AVANT LA FRANCE ! | Commentaires (0) | Permaliens
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