Nul ne saurait nier tout ce que la Dame de fer a apporté à
son pays par sa politique de réformes. Les avancées économiques et sociales sont
réelles.Contrairement à son prédécesseur qui croyait que des taxes collossales
et des nationalisations pouvaient relancer l'activité économique, Margaret
Thatcher pris le parti inverse : elle réduisit fortement le train de vie de
l'Etat, en supprimant bien des organismes inutiles, et réduit les impôts. Les
réformes furent payantes puisque le Royaume Uni s'est redressée de manière
spectaculaire et sa richesse est même supérieure, en terme de PIB, à notre
propre richesse, alors qu'elle en était inférieure à la fin des années
1970.Personne, pas même les travaillistes sous l'impulsion de Blair, n'ont voulu
revenir sur ces réformes libérales et par ailleurs très sociales ( un tiers des
ouvriers votèrent successivement Thatcher )et ont su conserver l'héritage
thatcherien, on peut d'ailleurs les en féliciter.
Cependant, la question
que je me pose est la suivante : finalement, à l'heure du bilan, Margaret
Thatcher a-t-elle été trop libérale, si l'on se fie à ce qu'en rapporte nos
politiciens socialistes, ou pas assez ? Quand on y regarde de près, on penche
pour la seconde réponse. Margaret Thatcher n'a pas par exemple osé ( ou voulu,
mais ça revient au même ) libéraliser intégralement les chemins de fer de son
pays, qui se trouvaient au bord de la faillite et dont les trains déraillaient
fréquemment, bien avant qu'elle n'arrive au pouvoir. Pourtant, une telle réforme
aurait pu permettre un redressement plus rapide de la compagnie et effacer
toutes les tares qui lui collent tant à la peau. Les trains suédois, les trains
néerlandais et japonais sont vraiment privés, ils sont toujours à l'heure,
confortables et on a jamais entendu parler de graves accidents ferroviaires
ayant lieu dans ces pays dans la presse. Margaret Thatcher aurait pu aussi
suivre la même logique pour les transports en commun, notamment ( et surtout )
le métro londonien. Par ailleurs, on peut regretter aussi que Margaret Thatcher
n'ait pas libéralisée les hôpitaux et les écoles en toute intégralité, et qu'il
ait fallu attendre que Tony Blair soit élu pour que celui-ci commence à s'y
pencher. En somme, Margaret Thatcher ne restera pas dans l'histoire comme une
minarchiste, c'est à dire une défenderesse d'un Etat minimal, mais comme une
conservatrive qui a cultivé une certaine vision pour son pays. Cependant,
quelles que soient les critiques qu'on puisse avoir à son égard, qu'on soit un
libertarien ou un conservateur, il n'en reste pas moins qu'elle a été, en son
temps, une véritable femme d'Etat et ça, personne ne le niera ou ne le lui
reprochera.
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