Historiquement, tout au long du XIXème siècle du moins, le capitalisme français n'a jamais été libéral, contrairement à son homologue américain, mais plutôt un capitalisme d'Etat assez proche de ce qu'on peut voir en Chine aujourd'hui. Qu'est-ce que le capitalisme d'Etat ? C'est un système où l'Etat se sert de ses prérogatives pour servir les intérêts des plus gros industriels et des corporations de toutes sortes.

Ainsi, tout le long du XIXème siècle on a pu découvrir des choses qu'on n'aurait jamais voulu voir, comme le travail forcé des enfants dans des mines, et dans quelles conditions ! L'interdiction des syndicats, le refus par les politiciens de mettre en place le droit de grève, et j'en passe. Seulement voilà, une minorité de grands penseurs français, libéraux, enseignés partout dans le monde sauf en France, ont décidé de sonner la sonnette d'alarme et de protester légitimement contre pareil système. Frederic Bastiat, bien plus libéral qu'un certain Alain Madelin, a décrit, à l'Assemblée Nationale de l'époque, les conditions de vie si cruelles des ouvriers et le besoin pour eux de se regrouper pour agir. Les politiciens de l'époque n'en voulaient pas, quand aux communistes, ils l'accusaient de détourner l'attention des ouvriers de la Révolution qu'ils souhaitaient.

Il fallut se battre pour que des réformes libérales, au cours du XIXème siècles soient appliquées dans les faits, comme l'abolition du travail forcé, puis la reconnaissance du droit de grève, l'existence des syndicats, et la création des caisses d'épargne, bien plus tard.

Vous me direz qu'aujourd'hui les choses ont bien changé... En êtes vous si sûr ??? Que font nos énarques, si ce n'est de favoriser toujours les intérêts des plus gros industriels ? On se souvient très bien de la réforme de la loi Galland qui avait été proposée, et les conséquences qu'elle a entraînée ! Certains industriels ont tout intérêt à obtenir un soutien de l'Etat sur le dos des autres, qui seront toujours prêt à payer.

Après avoir envahi la scène politique, avec toutes les conséquences que l'on imagine (détournements de fonds, corruption, affaires diverses comme la Mnef, Destrade, les HLM de Paris, mais aussi l'opacité administrative, etc ) nos chers énarques ont fait pire : ils ont envahi un milieu qu'ils ne connaissaient pas du tout, le milieu de l'entreprise. Ils sont devenus capitalistes uniquement quand ça les arrangeait ( hautes rémunérations, parachutes dorés, etc ) mais refusaient d'engager leur responsabilité quand ils avaient commis des erreurs. Se souvient-on de Messier qui après avoir ruiné deux entreprises importantes, avait réclamé ( en plus ! ) 20 millions d'indemnités, au mépris des actionnaires de ces sociétés ? Et de Bernard, ancien patron de Carrefour, qui a bénéficié d'indeminités faramineuses en raison d'une clause de non concurrence ? Comment les français pourraient-ils accepter ça ? Ne parlons même pas de ce qu'il s'est passé lors du naufrage de l'Erika : dans un pays comme les States ( hé oui ! ), Total aurait payé d'énormes dommages et intérêts au profit des victimes, et là, rien, ou si peu !

Evidemment, quelqu'un comme moi, qui a une culture anglo-saxonne, découvrant cet état de fait, est profondément choqué. Aux Etats-Unis, c'est la société civile qui a le vrai pouvoir, et non pas de hauts fonctionnaires qui ont passé leur jeunesse sur les bancs de l'ENA. Là bas, tout le monde est élu : Président, gouverneur, maire, sherrif, juges et même le médecin légiste ! C'est une organisation beaucoup plus décentralisée et bien plus démocratique. Mais surtout, les politiciens qui sont reconnus coupables du quart de ce que font nos politiciens sont jugés et sévèrement condamnés. Une différence avec la France. Mais il est vrai que ce pays est plus libéral que le notre...