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Il y a des mots qui nous collent au palais comme une entêtante mélodie qu'on fredonne encore et encore pour s'en libérer ou pour mieux s'y enferrer...
Ces mots capiteux titillent, caressent, embrassent, enserrent. Si doux à prononcer, si bon de se rappeler, quel pied de s'y enfouir...
à leur évocation frétillants nous partons en vrille dans une sarabande loquace, s'achevant non sans fatalité sur un couac pointé qui nous fissure et nous fend en filaments verbeux. Vous avez beau vous dire, non, je n'en parlerai. Non, je ne prononcerai pas ces mots si forts, si riches que de grisants en deviennent pesants. Non, je ne les ferai pas sortir de l'ombre où posés ils sont censés se faire oublier. Non, je ne ferai pas réapparaître ce qui s'est évanoui dans une pirouette, ce qui a choisi de ne plus être.
Pauvres velléités...
Il y a des mots qui reviennent comme un leitmotiv obsédant quoi qu'on fasse.
Il y a des mots qui nous possèdent quoi qu'on dise.
Publié par Shoupinette à 15:52:40 dans Aux creux des mots | Commentaires (13) | Permaliens
Quand j'étais petite, mes parents m'ont toujours dit que lorsque les monstres fantasmagoriques se montraient trop menaçants, il suffisait...
Mes parents ?...
Si j'avais osé raconter à mon père qu'à la nuit tombée des monstres qui se terraient le jour au fond des placards, sous les lits et même dans les recoins des tiroirs, profitaient de l'obscurité pour venir me tourmenter ; il m'aurait lancé un de ses regards rien qu'à lui, aurait pris une profonde inspiration avant de m'expliquer bien carré, que ces bruits de pas n'étaient que le craquement des solives et des planchers, ces sifflements menaçants le vent coulis, ces ombres grimaçantes rien que des ombres, car voyons chérie les monstres ça n'existent pas.
J'ai dû en parler à ma mère... Sans doute m'a-t-elle serrée très fort dans ses bras en lançant des regards affolés, elle aussi les voyait. Elle a dû me dire d'une voix mal assurée qu'elle était là et tant qu'elle serait là ils ne pourraient rien contre son ange. J'ai dû la croire un peu, un peu seulement, car j'avais déjà commencé à comprendre que ses démons la taraudaient depuis si longtemps qu'ils ne la lâcheraient jamais.
J'ai sûrement lu cela quelque part, un jour... Peu importe après tout.
Donc, quand j'étais petite, on m'a toujours dit que lorsque les monstres fantasmagoriques se montraient trop menaçants, il suffisait de faire comme si de rien n'était, agacés par si peu de considération, ils s'en iraient tout simplement. Alors, je racontais des petits riens d'enfants, des historiettes mignonnes et gentillettes qui dissipaient les brumes glacées de ces visions cauchemardesques.
Le temps a passé... Les monstres ont de nouveaux visages et d'autres noms, ils sont devenus plus forts, plus malveillants, plus difficiles à chasser, parfois même ils m'attrapent, m'enserrent de leurs griffes et étouffent ma voix...
Alors, je continue à fredonner et à raconter mille et une fadaises...
Publié par Shoupinette à 16:15:48 dans Aux creux des mots | Commentaires (28) | Permaliens
J'avais tout enfermé dans une boîte que j'avais mise dans une boîte plus grande puis dans une autre encore plus grande.
J'avais toujours eu un faible pour les poupées russes, leurs joues roses, leur sourire factice et leur vacuité ? Cerise sur le gâteau, elles démultiplient le vide à l'infini comme la vache qui rit.
Tout était bien ficelé, cadenassé, bien rangé dans un coin.
J'aime quand tout est à sa place, comme ça les moutons seront bien gardés.
Le temps a passé.
Un, deux, trois ...Nous irons dans les bois... Quatre, cinq, six... Cueillir des cerises...
Je pensais être assez forte...
Il ne faut jamais douter de rien c'est plein de gens qu'il l'ont dit.
Alors, je l'ai sortie du sombre recoin où elle était restée, posée mais pas oubliée. J'ai enlevée une à une les chaînes qui sont tombées dans un joyeux tintement.
Les chaînes, c'est bien connu, ça tinte joyeusement quand on les enlève, ça grince lugubrement quand on les porte et quand on les met... Ben là, on n'entend rien, les cris du condamné couvrent leur bruit.
Puis je l'ai entrouverte juste un peu, un tout petit peu, pour y jeter un coup d'œil, pour voir si c'était encore là...
Stupide présomptueuse ! Pandore, combien de fois encore feras-tu la même connerie ? Une fois t'a donc pas suffi !
Le souffle chaud s'est échappé et a brûlé ce qui avait été reconstruit.
Une paire de lunette et une crème solaire haute protection, voilà ce qu'il aurait fallu.
Publié par Shoupinette à 16:24:41 dans Aux creux des mots | Commentaires (18) | Permaliens
Publié par Shoupinette à 07:32:29 dans Aux creux des mots | Commentaires (9) | Permaliens
Publié par Shoupinette à 16:42:52 dans Aux creux des mots | Commentaires (26) | Permaliens
Ricochets