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Mickey 3 D - Respire
Tranche de vie, tronche de cake, émiettons avec minutie les biscottes craquantes et desséchées de notre disque dur formaté. Laissons une ou deux pensées sourdre...
Hop, réminiscence échappée d'une boîte à gâteau posé en équilibre sur le coin d'un neurone : « Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme. » Papa, qui aurait cru qu'une de tes phrases fétiches serait assimilée sous cette cloche fêlée à une simple tartine beurrée. (Eh oui, j'ai menti pour le plaisir des mots, moi et les biscottes, on ait fâché depuis belle lurette ; je leur préfère sans conteste leurs cousines qui ont plus de tenue.) Mmm... Pas très gaie comme résonance la ritournelle qu'elle m'inspire : il faut que je respire.
T'es là avec tes pâles phrasouilles matinales, alors que Swann, lui les yeux à peine ouverts, a scandé « longtemps je me suis levé de bonne heure. » Son papa, Proust, avec sa fade tisane au tilleul et ses madeleines beurrées, a pondu au saut du lit un roman si indigeste que seuls les estomacs blindés sont parvenus à le digérer.
Ô mon dieu, aurais-je pensé tout haut ? J'ai osé... Pour ce blasphème, je vais sûrement être rayé de l'ordre des bien-pensants. Allez, vaille que vaille. Je paierai pour le prix de mes fautes. A genoux, je ferai le long pèlerinage jusqu'à la Terre Sainte des livres encensés. Alors, peut-être que le dieu des bouquins m'enverra une oie blanche me souffler de l'esprit. Alors, touchée pas la grâce j'arriverai à savourer plus de 15 pages d'affiliée sans piquer du nez. Ah, ces palais frustres et ses estomacs délicats incapables d'apprécier des mets délicats ! Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.
Un post pas très bien rangé mamz'lle. Vous vous laissez aller.
Voui, voui cerveau en roue libre, quart d'heure frénétique du matin oblige.
Publié par Shoupinette à 16:10:04 dans Irisations du quotidien | Commentaires (15) | Permaliens
Publié par Shoupinette à 11:46:33 dans Irisations du quotidien | Commentaires (12) | Permaliens
Un matin je m'étais levé maussade, triste, fatigué d'oisiveté, et poussé, me semblait-il, à faire quelque chose de grand, une action d'éclat ; et j'ouvris la fenêtre, hélas !
(Observez, je vous prie, que l'esprit de mystification qui, chez quelques personnes, n'est pas le résultat d'un travail ou d'une combinaison, mais d'une inspiration fortuite, participe beaucoup, ne fût-ce que par l'ardeur du désir, de cette humeur, hystérique selon les médecins, satanique selon ceux qui pensent un peu mieux que les médecins, qui nous pousse sans résistance vers une foule d'actions dangereuses ou inconvenantes).
La première personne que j'aperçus dans la rue, ce fut un vitrier dont le cri perçant, discordant, monta jusqu'à moi à travers la lourde et sale atmosphère parisienne. Il me serait d'ailleurs impossible de dire pourquoi je fus pris à l'égard de ce pauvre homme d'une haine aussi soudaine que despotique.
« - Hé ! Hé ! » et je lui criai de monter. Cependant je réfléchissais, non sans quelque gaieté, que, la chambre étant au sixième étage et l'escalier fort étroit, l'homme devait éprouver quelque peine à opérer son ascension et accrocher en maint endroit les angles de sa fragile marchandise.
Enfin il parut : j'examinai curieusement toutes ses vitres, et je lui dis : « - Comment ? Vous n'avez pas de verres de couleur ? Des verres roses, rouges, bleus, des vitres magiques, des vitres de paradis ? Impudent que vous êtes ! Vous osez vous promener dans des quartiers pauvres, et vous n'avez pas même de vitres qui fassent voir la vie en beau ! » Et je le poussai vivement dans l'escalier, où il trébucha en grognant.
Je m'approchai du balcon et je me saisis d'un petit pot de fleurs, et quand l'homme reparut au débouché de la porte, je laissai tomber perpendiculairement mon engin de guerre sur le rebord postérieur de ses crochets ; et le choc le renversant, il acheva de briser sous son dos toute sa pauvre fortune ambulatoire qui rendit le bruit éclatant d'un palais de cristal crevé par la foudre.
Et, ivre de ma folie, je lui criai furieusement : « La vie en beau ! la vie en beau ! »
Ces plaisanteries nerveuses ne sont pas sans péril, et on peut souvent les payer cher. Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ?
Baudelaire, Le Spleen de Paris
J'ai cherché mais j'ai pas trouvé de virtrier, de remouleur, ni même un plombier à pousser dans mon ascenceur. Tant pis...
Publié par Shoupinette à 21:13:07 dans Flâneries | Commentaires (6) | Permaliens
- La colère est mauvaise conseillère.
(Voilà les grands poncifs si usés qu'on voit leur trame apparaître. Ils ont torché tellement de malhonnêtetés qu'ils ne ressemblent plus à rien.)
- Taper du pied, dire des mots grossiers, et pire, ce que l'on pense à brûle pourpoint, c'est très mauvais genre et puis cela ne sert à rien. Il faut com-mu-ni-quer avec raison et mesure.
(J'ai pas tout suivi, il faut être con, nu et sautiller avant de pouvoir s'exprimer ? Ou alors... Bref, dans tous les cas, il faut que je passe un brevet. Mais lequel ? Celui du faux-cul callipyge ou d'hypocritomachiavel, les deux sans doute.)
- La communication c'est la clef de voûte de toute société civilisée, il ne peut y avoir aucune relation sans communication.
(Pas de souci, je te trancherai le cou en respectant toutes les règles établies par les bourreaux et les maîtres des oeuvres sanglantes. J'aurai le sourire et le geste élégamment cinglant. Allez ma petite alouette, je vais te chanter une jolie ritournelle qui va te remplumer.)
- Regarde ce qui se passe quand on ne respecte pas un minimum de savoir vivre. On s'apostrophe comme des harengères. Je te rappelle que l'odeur de poisson est tenace, il te faudra plus qu'un numéro 5 ou 7 pour retrouver une fragrance policée.
(On voit que tu sais de quoi tu parles. Tes mains ont en vu de sales affaires. Et les tâches de compromission, de lâchetés quotidiennes, de petites et grandes trahisons, ça part bien au lavage ?)
- Voyons, ne prends pas cet air avec moi, tu sais que j'ai raison. Et puis cela te va pas au teint. Tu es bien plus jolie quand tu souris.
(J'en ai le souffle coupé... Mais je ne veux pas être jolie, je veux être entendue !)
- Allons inspire, expire. Voilà, tu vois ce n'était rien. Retiens bien : calme et sérénité.
(C'est bon je me rends.)
- Tu as sans doute raison. (Sourire white-spirit.)
Toute ressemblance avec des événements ou des personnes ayant réellement existés ne seraient que purement fortuite. Ici, on ne fait que des ronds de jambes et de fumée.
Publié par Shoupinette à 16:18:44 dans Volutes et entrechats | Commentaires (20) | Permaliens
Un crayonneux magicien, un matin, est arrivé sur une rutilante mécanique huilée qui semblait glissée sur le bitume argenté. Il ne resta que le temps de lancer un plein seau de couleurs sur ce qui aurait dû être un des jours les plus gris de ma vie.
Rêves en technicolors, explosions de couleurs, orgies pigmentées, ...
La fringante mouture ne vient plus poser son sceau.
Il paraît qu'il peinturlure d'autres journées d'autres vies avec parcimonie.
De toute façon, les couleurs ça fait mal aux yeux.
Shoupi... Relève tes manches et barbouille toi-même tes tranches !
Publié par Shoupinette à 16:20:20 dans Aux creux des mots | Commentaires (11) | Permaliens
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