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Moi

Au détour d'une phrase, à l'ombre d'un mot, peut-être m'apercevrez-vous sirotant un Blue Lines.

Malle à souvenirs

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Sur le bout de la langue | 23 octobre 2006

Parfois, il y a des bribes de phrases qui vous traversent l'esprit sans que vous arriviez à les saisir... Ca vous rappelle vaguement quelque chose, vous l'aviez pourtant sur le bout de la langue mais ... non ça vous échappe encore. Vous vous embourbez alors dans une mare confuse où surnagent les bons jours quelques mots fuyants et les autres juste une sorte de lointaine mélodie éraillée impossible à dévidée.

Donc, un de ces fameux jours, je me mis à scander avec emphase et conviction des mots échappés dont ne sait quel recoin poussiéreux, espérant qu'ainsi le reste coulerait de source : «
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux... Un soir, j'ai assis la Réalité... Non, la Beauté... Et elle m'a craché dessus... Arffff... Je sais plus mais en tout cas la rencontre se passe mal, il ne conclut pas... Reprenons : "Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. Et elle m'a injurié ?... »

Totalement obnubilée par ces mots, je m'oubliais à les marmonner sur mon lieu de travail où S. me dit : « Mais voyons Shoupi c'est Rencontres de Grand corps malade. » En réalité, elle m'appela par mon nom de baptême beaucoup plus glamour, mais bon je ne voulais pas vous déstabilisez mes chers lecteurs, je ne sais que trop qu'un rien vous perturbe. S. en tout cas éclaira ma quête de manière surprenante montrant ainsi que rien n'est plus tortueux que le chemin des résonances.

Je continuais donc de déclamer ces phrases bancales en espérant que par magie les pieds manquants seraient retrouvés. Le temps passa, rien ne vint. Mes ânonnements de plus en plus désespérés finirent par attirer l'attention de J., expert en bourrique, qui me montra la sortie de ce labyrinthe littéreux en déroulant le fil de son érudition boosté par
la Toile.

Voici ces mots fuyants :
«  Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère. - Et je l'ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce. »

« Illuminations » dans Une saison en enfer de Paul Rimbaud


Et voici en écho des extraits de Rencontre de Grands Corps Malade (le fichier est trop gros) :

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu comme la vie
Evidemment j'étais pas tout seul, j'avais envie d'faire connaissance
Y'avait un tas d'personnes et personne marchait dans l'même sens
Alors j'continuais tout droit mais un doute s'est installé
Je savais pas c'que j'foutais là, encore moins où j'devais aller
Mais en ch'min au fil du temps j'ai fait des sacrées rencontres
Des trucs impressionants, faut absolument qu'j'vous raconte
Ces personnages que j'ai croisé c'est pas vraiment des êtres humains
Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main [...]




J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux
J'lui ai dit j't'ai d'jà croisée et franchement tu vaux pas l'coup
On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou
Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes
J'lui ai d'mandé tu penses qu'on peux vivre ensemble ? J'crois qu'j'suis accroc
Elle m'a dit t'inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent trop

Un moment sur ma route j'ai rencontré l'amour
J'lui ai dit tient tu tombes bien, j'veux t'parler d'puis toujours
Dans l'absolu t'es une bonne idée mais dans les faits c'est un peu nul
Tu pars en couille une fois sur deux faudrait qu'tu r'travaille ta formule
L'amour m'a dit écoute petit ça fait des siècles que j'fais mon taff
Alors tu m'parles sur un autre ton si tu veux pas t'manger des baffes
Moi j'veux bien être gentille mais faut qu'chacun y mette du sien
Les humains n'font aucun effort et moi j'suis pas un magicien
On s'est embrouillé un p'tit moment et c'est là qu'j'me suis rendu compte
Que l'amour était sympa mais que quand même il s'la raconte
Puis il m'a dit qu'il d'vait partir, il avait des rendez-vous par centaine
Que ce soir il d'vait diner chez sa d'mi-soeur : la haine [...]

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours

Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virage, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.

Publié par Shoupinette à 16:22:19 dans Flâneries | Commentaires (20) |

Tu aurais dû t'appeler Hélène | 23 octobre 2006


Tard, un soir, dans un doux frou frou crissé, la dévoreuse est revenue sur la pointe de ses pieds voltigeurs comme si de rien n'était.

Ses yeux voilés de désirs insatisfaits irisaient cette prêtresse des mots légère et hautaine, si spirituelle, si irréelle.

Un filet de sang ourlait ses lèvres gourmandes jamais rassasiées ; pourtant...

Son jupon de tulle maculé, l'enveloppait dans une brume blafarde, où se fondait ses hanches vaporeuses et ses genoux éloquents, là aérienne sur ce sol où les autres se traînent ; ses pieds sautillants gelaient la moindre brindille réjouie.

A combien de danses effrénées devras-tu te livrer pour exorciser ces démons qui t'assaillent ? Combien de vies encore te faudra-t-il leur livrer pour les repaître et étancher leur suppôt qui t'habite et qui dévore tout, tout... jusqu'à toi ?

Tu aurais dû t'appeler Hélène... La belle Hélène létale...


J'ai payé mon tribut : une livre de chair palpitante et frissonnante... 

Je n'ai plus rien à donner à celle qui ne m'a rien demandé mais qui a pris et détruit.


Alors laisse-moi le peu de ce qui est resté sans le polluer...
Laisse-moi jouir de mes pauvres fragments...


J'aimerais avoir plus que ça...
Mais il y a des choses qui ne se demandent pas, m'a-t-on dit un jour...

Publié par Shoupinette à 16:03:11 dans Aux creux des mots | Commentaires (0) |

Wake up | 23 octobre 2006


Wake me up with a word, with a kiss, with a song...
Make me believe with a kiss, with a word that...I know, it's dangerous lies, it's only painful illusions. One second, only one second I want to believe again before sunrise, before the hurting real light... I waited so many mornings, so many days, so many months, in vain. It's too late now.

Publié par Shoupinette à 07:13:55 dans Aux creux des mots | Commentaires (9) |