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Moi

Au détour d'une phrase, à l'ombre d'un mot, peut-être m'apercevrez-vous sirotant un Blue Lines.

Malle à souvenirs

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The space between us | 19 septembre 2006


Craig Amstrong

Publié par Shoupinette à 07:32:29 dans Aux creux des mots | Commentaires (9) |

La dévoreuse | 18 septembre 2006




La dévoreuse est arrivée de ses hauteurs étoilées, assoiffée, affamée par son long voyage.

Tiraillée par des affres sans nom, elle s'est repue des mots ciselés, des sourires et des rires, engloutissant avidement joie et amour présent et à venir, se délectant de chaque miette de la forteresse.

Mais ça n'a pas suffi...

La pauvre divinité n'a pu se retenir de faucher les pensées et les souvenirs arrachant jusqu'aux racines douloureuses.

Pourtant elle savait...
Parce qu'elle savait...
Elle n'a rien laissé.

Dans ce grand désert amer et glacé, il ne resta bientôt que quelques gouttelettes de dignité.
Les deux genoux à terre, on les a offert à celle qui avait tout ravagé. Elle n'en fit qu'une lapée bien qu'elle n'ait rien demandé.

Qui avait-il d'autre à faire à part s'incliner ?
Eructer, hurler, dépérir, s'anéantir, disparaître... Vaines vanités que son souffle étouffa...


Cette fascinante dévastatrice avait gagné dès le premier orteil posé. La terre aussitôt conquise s'était livrée.

On ne peut résister à tant de beauté...

Publié par Shoupinette à 16:42:52 dans Aux creux des mots | Commentaires (26) |

Effet secondaire | 15 septembre 2006


Autoportrait au bilboquet
(1976), Stanislas LEPRI (1904-1980), Huile sur toile, 116x81


Voilà une triste victime des radiations résiduelles des bombes Spiced Ham.

Au désespoir du spammé curieux, qui n'avait rien demandé, le membre rallongé ne fut pas vraiment celui annoncé... Il offre néanmoins un champ de nouvelles possibilités.


Echo au post Mes chers spammeurs de Frenchmat :
http://www.blogg.org/blog-45534-date-2006-09-13-billet-433696.html#comments

Publié par Shoupinette à 07:15:56 dans Fadaises et calembredaines | Commentaires (10) |

Une étrange gueule de bois | 13 septembre 2006

   Workalcoolic, caféinoman, je nage entre deux eaux. Perceptions ouatées, langoureuses sensations de lenteur, tout me parvient décalé.

   Mon cerveau au ronronnement hypnotique a parfois des ratés, à toute berzingue  pourtant il analyse toutes ces données disparates qui sourdrent d'un monde bringuebalant. Simple spectatrice, j'observe grisée ce tohu-bohu primitif.

   Légère nausée, migraine lancinante, engourdissement des jambes, fourmillement des mains, tressautements des paupières, le corps s'anime d'une vie rien qu'à lui.

   La nuit, je déambule loin du repos réparateur jusqu'à ce que les heures se confondent et se fondent dans un magma fangeux. Errances nocturnes détruisant  les garde-fous un à un, elles laissent, les vilaines, le champ libre aux monstres enfouis guettant sournoisement dans l'ombre.

   Sommeil transmué en frénésie analgésique, coma oublieux imprégnant d'une moiteur glauque jusqu'aux jours, me rongeant insidieusement.

   Dans cette torpeur, des fragments de réalité m'arrivent violemment. Eclaircies fugitives surgissant la nuit ou au milieu du commencement de quelque chose, égaré un instant, le cerveau tend vers...rien. Implacable hallucination, la brume collante et froide s'impose et règne.

   Pousser la machine au seuil de la rupture. Tenir, tenir, surtout ne pas s'arrêter, ne pas penser, oublier.

   Plaisir malsain, je me vautre dans cette mare oublieuse. Je me dissolve. Je ne suis plus...

   Demain, la gueule de bois sera terriblement trouble.

Publié par Shoupinette à 09:49:42 dans Irisations du quotidien | Commentaires (33) |

Sombre hère | 12 septembre 2006



Sombre hère qui rôde sans bruit
Dans l'ombre, tu te dissimules
Car tu sais qu'on ne t'attend pas.
Personne n'invite un morne trublion.
Loin des soupirs extatiques
Provoqués par ton cousin chamarré,
Des petits cris hystériques
Ponctuent chacune de tes apparitions

Beauté mortifère
Beauté putride obscurément incomprise
Entrelacs de bruns, de gris, de vert et de jaunes vieillis
Fascinant clair-obscur.
Forme sombre duveteuse
Se fondant dans l'obscurité constellée,  
Ton doux volettement
Passe trop vite tel le baiser d'un ange déchu

Papillon de nuit
Hante le cœur des ténèbres
Parsème nos rêves de nectar
Nourris-nous de fantasmagories
Viens ce soir me tenir compagnie...

Publié par Shoupinette à 01:11:28 dans Volutes et entrechats | Commentaires (10) |

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