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Au détour d'une phrase, à l'ombre d'un mot, peut-être m'apercevrez-vous sirotant un Blue Lines.

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Les monstres ça n'existe pas. | 27 septembre 2006


Quand j'étais petite, mes parents m'ont toujours dit que lorsque les monstres fantasmagoriques se montraient trop menaçants, il suffisait...

Mes parents ?...

Si j'avais osé raconter à mon père qu'à la nuit tombée des monstres qui se terraient le jour au fond des placards, sous les lits et même dans les recoins des tiroirs, profitaient de l'obscurité pour venir me tourmenter ; il m'aurait lancé un de ses regards rien qu'à lui, aurait pris une profonde inspiration avant de m'expliquer bien carré, que ces bruits de pas n'étaient que le craquement des solives et des planchers,  ces sifflements menaçants le vent coulis, ces ombres grimaçantes rien que des ombres, car voyons chérie les monstres ça n'existent pas.
J'ai dû en parler à ma mère... Sans doute m'a-t-elle serrée très fort dans ses bras en lançant des regards affolés, elle aussi les voyait. Elle a dû me dire d'une voix mal assurée qu'elle était là et tant qu'elle serait là ils ne pourraient rien contre son ange. J'ai dû la croire un peu, un peu seulement, car j'avais déjà commencé à comprendre que ses démons la taraudaient depuis si longtemps qu'ils ne la lâcheraient jamais.

J'ai sûrement lu cela quelque part, un jour... Peu importe après tout.

Donc, quand j'étais petite, on m'a toujours dit que lorsque les monstres fantasmagoriques se montraient trop menaçants, il suffisait de faire comme si de rien n'était, agacés par si peu de considération, ils s'en iraient tout simplement. Alors, je racontais des petits riens d'enfants, des historiettes mignonnes et gentillettes qui dissipaient les brumes glacées de ces visions cauchemardesques.

Le temps a passé... Les monstres ont de nouveaux visages et d'autres noms, ils sont devenus plus forts, plus malveillants, plus difficiles à chasser, parfois même ils m'attrapent, m'enserrent de leurs griffes et étouffent ma voix...

Alors, je continue à fredonner et à raconter mille et une fadaises...

Publié par Shoupinette à 16:15:48 dans Aux creux des mots | Commentaires (28) |