poursuivons notre perte avec hardiesse.
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Depuis le 02-08-2006 :
40293 visiteurs
Depuis le début du mois :
1156 visiteurs
Billets :
72 billets
Sous le soleil certaines choses ne brillent pas, le bitume, l’air et moi. Le bitume est plus consistant, l’air est plus léger, moi, je traine un pied devant l’autre comme le veut la coutume homosapienne. Le poids de mon enfermement installé sur ma carcasse remplit tous les yeux d’une désagréable expression de dégoût. Je dégouline de régression et, flottant bientôt comme un bibendum dans ce qui devient une mare de miasmes, le ballet du ciel enveloppe mon crâne de ses aqueuses douceurs aériennes.
Chouette ! c’est bientôt l’été !
Publié par aphasie à 19:52:47 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
« Les charmes de Nedjma filtrés dans la solitude, l’avaient-elle ligotée, réduite à la contemplation de sa beauté captive, au scepticisme et à la cruauté devant la morne adulation de ses gardiens, n’ayant que ses jeux taciturnes, son goût de l’ombre et des rêves jaloux, batracienne pleine de cris nocturnes, disparue au premier rayon de chaleur, grenouille au bord de l’équation, principe d’électricité fait pour allumer tous les mots, après avoir brillé, crié, sauté à la face du monde et affolé le mâle armé que la femme suit comme une ombre qu’il suffirait de franchir pour atteindre au zénith, loin du sosie prolifique dont l’homme n’attend le produit qu’après avoir dépouillé sa vigueur engloutie dans une expérience sans fin : le mâle armé n’a guère atteint qu’une forme, il n’en reste une fois le temps égoutté, une fois la force bue, il n’en reste qu’un éboulement au pied du vieux principe : mâle et femelle près à s’unir jusqu’au point du jour, mais c’est la débandade au levé de l’aurore – la grenouille dans la tiédeur de la vase, blessée dès la première saison et difforme les trois autres, fatidiquement saignée à chaque lune, et le physicien toujours vierge, toujours ignorant dans le désespoir de la formule évanouie – l’homme et la femme mystifiés, privés de leur cruelle substance, tandis que mugit hors de leurs flancs la horde hermaphrodite piétinant dans son ombre et procréant sa propre adversité, ses mâles, ses femelles, ses couples d’une nuit, depuis la tragique rencontre sur la même planète, peuplade contradictoire qui n’a cessé d’émigrer par crainte d’autres mondes trop vastes, trop distants pour la promiscuité humaine ; car la nature alerte nous abandonne en chemin ; elle procède par erreurs, par forfaits pour éveiller les génies sur les poteaux d’exécution et châtier ceux que se cécité favorisa en quelque élan de naïveté maternelle, […] »
Nedjma, Kateb Yacine
Publié par aphasie à 10:26:37 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
Quand je serai grande, j’apprendrai les mots, la vie et l’amour.
J’ai perdu le contrôle, la notion du temps n’est plus qu’un souvenir flou. Je cale.
La nuit a trempé de larmes mes draps inconsolables et solitaires.
Ne me touche pas.
Faux, mensonge du bien et du bon, du joli et de l’aimable. Les pieds trainent, les orteils creusent la terre noire de fertilité, il faut rejoindre le centre de feu, pour que jamais plus ne se fasse sentir la douloureuse séparation. Mon visage ne sourira plus, les tiraillements buccaux sont de bien vilains maux.
Se recroqueviller, mais le cordon ne pourra se rattacher, la sphère liquide berceau de la gestation a éclaté et tout tombe en morceaux. Combien de temps encore durera ?
Tu as raison, le monde manque cruellement de poésie et rien ne finit. Regarde mes dents jaunir dans l’ambre, nauséabondes.
Il faut faire.
Accumule.
C’est que le ciel est grand et charmant, les nuages gris de tonnerre, j’espère pleine de peurs et de reproches, le rêve reste une source de souffrance.
« C’était idéaliste et de ce fait cruel » (Les Frères Karamazov, Dostoïevski)
Publié par aphasie à 12:48:19 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
Il faut qu’il fasse noir, sinon je n’y arrive pas. C’est au dessus de mes forces. La lumière est un révélateur trop abrupt et franc, mes yeux ne pourront supporter cette lucidité dénudée, torturée, malmenée, tatouée de cicatrices qui trôneront à jamais. Un corps jeune n’est pas sensé être ainsi sculpté, tout cela n’a rien à voir avec de la pudeur mais de la laideur. Comme les cieux en colère, je me retrouve couverte d’éclairs disgracieux, mes chairs lacérées par manque de vigilance, à jamais souillées.
Je ne peux accepter aucun compliment, du moins sincèrement et dans la mesure où je suis une menteuse de seconde zone, mes sourires sont criblés de doute qui les crispe. Je ne crois pas à ces mots, ils ne me sont pas destinés, ce sont des erreurs d’appréciation formulées par de trop gentils ignorants, trop compatissants face à la mollesse immonde de mes tissus malades. La fuite apparaitra longtemps comme une solution, mon comportement en est empli, autant dire en est rendu vide, velléitaire, rien de bon ne naitra de mes déambulations hasardeuses et si peu harmonieuses. Je ne sais même pas si le changement sera possible ni même profitable. Il est des matrices bien complexes et douloureuses à déraciner.
Une mauvaise plaisanterie, le rire reste agressif.
Publié par aphasie à 20:05:59 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
Commentaires