poursuivons notre perte avec hardiesse.
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Alors que la ville n’est pas encore baignée dans l’orange consolant les cauchemars des dormeurs agités, pendant que les lampadaires accompagnent de leurs rayons artificiels mes déambulations incessantes, mon regard croise finalement celui de la lune jalouse. La diablesse rendue rousse sous l’effet de Mars n’en ai que davantage attirante, je me mets à renier ma nature diurne :
« toi hier si laiteuse te voilà toute ensanglantée. J’étais comme toi il y a peu, l’imbécile égoïste a déchiré mon être, désormais ça et là, en lambeaux de chaires maladroitement raccommodés, j’arpente ces rues que je ne connais que trop… belle magicienne, je ne sais de quel puissant philtre tu uses ainsi, mais je t’en suis reconnaissante, le sommeil pèse sur l’impie et m’a permis de fuir vers toi.
- si puissant soit-il, je constate que tes paupières demeurent ouvertes, que ton esprit ne communie pas avec le monde onirique…
- il n’existe pour moi aucune dissension entre le monde onirique et le monde réel, dormir ne fut d’abord qu’une aide biologique dont l’acceptation générale a été rendue obligatoire afin que tous ceux qui ont perverti leur faculté créatrice en scindant, puissent redécouvrir la saveur des délices de Morphée de manière cyclique obviant ainsi les cas graves de carence. Pourtant, en considérant cette législation naturelle, je crains ne plus pouvoir jouir encore longtemps de l’excitant statut d’hors la loi. Les récents événements qui me rapprochent en ce moment de toi semblent avoir dérobé mon enfance.
Quelle folie d’aimer les ombres, quoiqu’en ces périodes ensoleillées cela se comprend.
Publié par aphasie à 22:57:45 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
Il est mansardé, néanmoins, les murs ont été fraichement repeints en blanc, vous serez au dernier étage sans ascenseur remarquez toutefois les escaliers en pierre, l’eau peut être chaude ou froide en fonction de la saison, il suffit d’une simple pression sur l’interrupteur pour que la pièce s’illumine, la surface peut rivaliser avec celle d’un placard, de plus, le sol est droit et imperméable, une fenêtre est cassée, notez tout de même qu’il y en a deux !
Je suis aux anges, mes chaussettes sont trouées, mais, je ne suis pas cul-de-jatte.
Publié par aphasie à 20:34:08 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
Ça nique, ça boit et ça fait des projets, merde ! que le monde est triste ! des projets ?! quand on commence à réfléchir à nouveau au point le plus haut d’où se jeter sans se louper, pour tomber bien sagement cervelle éclatée la première contre le sol, est-ce forcément qu’on est « mal » ? on n’est plus, c’est tout.
Mon corps m’exècre, je ne bois guère plus que du café noir et je suis sans ambition.
« ça m’est égal »
Pleurer est fatiguant, bruyant, tandis que se scratcher une bonne fois pour toute, en voila une manière efficace de stopper toute collaboration avec la saloperie ! je me fiche de vos lèvres et de vos yeux, qu’ils dansent encore longtemps si vous vous sentez mieux ensuite, la conscience lestée de la possibilité d’une accusation de « non-assistance à personne en danger ». Le seul danger qui me guette en l’occurrence est moi-même, alors, à moins de m’éteindre, je ne vois pas comment il pourrait y avoir une quelconque « assistance ».
Non, ce n’est pas noir, il n’y a point plus limpide. Tout est si clair derrière si tu savais ! la noirceur est autour, elle étouffe et fait croire qu’elle est bleue et ébranlable comme le ciel, néanmoins, ce n’est que mensonge pour rendre nos gestes et nos pensées, nos paroles et nos rêves prévisibles, contrôlables, tellement bêtes et si méchants !
Publié par aphasie à 16:58:48 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
C’est étrange ce bouillonnement dans l’abdomen,la scène du film Alien voile mes yeux d’anxiété. Il reste pourtant inutile de se faire happer par la peur, car ce n’est que l’ennui qui fuit.
- l’ennui ?
-oui, c’est moi. J’hante tes nuits. Le fruit muri devient brun, complètement blet dès ma première bouchée, je le laisse sous le joug de sa propre putréfaction, sans jamais l’engloutir entier afin que dure l’agonie. En invectivant, redoublant de violence, je ralentis le débit de parole au moment de prononcer les voyelles espérant pouvoir infliger à la victime servile le spectacle de ce qu’elle fut avant mon immonde morsure, la vision de cette bouchée qui commence à se déliter dans la salive acide.
Publié par aphasie à 20:08:12 dans aphasiquement votre | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par aphasie à 14:32:35 dans bruit | Commentaires (4) | Permaliens
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