poursuivons notre perte avec hardiesse.
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Ce
que les vacances fatiguent !
Une semaine bien remplie en sorties au
grés des feux constellant le sol sablé tandis que les étoiles filantes rayaient
le ciel de leurs passages mortuaires pour que nous puissions nous interroger sur
les vœux dérisoires qui nous tiennent à cœur. Rencontres agréables, facilité
des contacts sociaux due à une ambiance estivale enivrante de son parfum d'insouciance.
Loin de la famille, adaptation à un nouvel environnement, rien de bien
stressant.
Les retards ferroviaires m'ont fait
attendre 5h00 en gare de bordeaux, je n'ai pas beaucoup dormi, la voix
robotique rythme ma somnolence sur le banc de la salle d'attente, 50 pages, je
m'endors, dès que je rouvre les yeux, les personnages qui jouaient leur vies de
passagers, avec un talent déconcertant, entre ces quatre murs, changent : mère de
famille, inconnus en recherche de monnaie, allemands, anglais, bordelais,
blonds, bruns, chauves... les gens passent et ne s'adressent pas la parole comme
s'ils étaient seuls au monde dans cette pièce exigüe où le bancs sont si durs,
les corps si serrés, et les regards si vagues et bovins. Je me réfugie dans la
musique pour ne plus entendre le brouhaha des crissements sur les rails, les
plaintes incessantes d'une mère attendant son fils dont le train n'est pas en
avance, l'homme stressé qui grignote son stylo comme un écureuil une noisette,
le musique électronique que vomie sans considération
déjà hypnotisé... Je vais prendre un café intensément jus de chaussette sucré, regarde
l'heure, vais sur mon quai, le numéro cinq, attends une minutes, le monstre
génial de fer m'avale et me recrache quelques heures plus tard à bon port où je
suis accueillie par mon amie de toujours qui me donne un sourire revigorant
comme présent de bienvenue.
Réveillée tard par ma propre initiative,
comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps, je descends, en pyjama, les yeux prêts à se refermer, le ventre qui me
torture de ses réclamations. Ils sont là attablés, je les rejoins, fais taire mon
estomac et nous voilà prêtes pour une après midi de lecture, papotage, mime des
baleines échouées sur la plage. Journée sympathique qui nous emmène petit à
petit vers la nuit, les verres, les rencontres. Beaux comme des adolescents
devenant homme qu'ils étaient, malgré tout, première soirée quelque peu chaotique
, R. partie avec son élu qui me fit une impression plutôt agréable mais que je
devais enfouir pour ne pas empiéter sur l'envie de R., moi avec un jeune homme
ma foi charmant mais encore un peu inconnu, R. ne revient toujours pas, nous
nous levons, les cherchons, les trouvons enfin derrière un des nombreux bunkers
qui trônent sur le sable, nous devons malheureusement y aller, il se fait tôt,
nous partons devant ils semblaient pourtant nous suivre mais non . Arrivés aux bicyclettes
nous les attendons mais aucune silhouette daigne se montrer. Il faut y aller
mais je ne connais pas le chemin moi qui suis arrivée hier dans ce labyrinthe
où les maisons, les routes se ressemblent tant, C. entreprend de me raccompagner, évidemment nous nous perdons,
impossible de joindre les deux amants par téléphone, il me propose de dormir
dans la tante avec lui son frère et le galant de R. : PJ, j'accepte ne
voyant aucune autres solutions possibles et ayant une confiance qui ne me parut
pas excessive. On me donne une couette, PJ est là, R. doit surement être
rentrée, je m'étends sur un matelas, m'emmitoufle dans les plumes d'oie ,le
galant qui me plaît tant mais que je ne dois pas envisager autrement qu'un
futur ami de vacances, se pose à coté de moi, nous discutons de choses futiles
comme on sait tous si bien le faire, je commence à avoir les paupières lourdes,
elles se ferment sans même que je puisse m'en rendre compte alors que nous
parlons encore, il me prend ma main, je n'y crois pas vraiment mais la pensée
me traverse l'esprit, ce n'est pourtant pas possible, moi si longtemps
invisible dans le monde teenage, je n'ose le croire, cela ne se peux pas, je
suis trop fatiguée, je sens ses lèvres qui caressent les miennes.
Pourquoi ? je lui dis de ne pas continuer, que R. tient à lui, qu'il ne
devrait pas, il continue se bourreaux des cœurs inexpérimentés, je me lève sur
mes genoux, lui aussi, ne comprend-t-il pas que j'ai caché à ma meilleure amie
mes sentiments pour qu'elle aille avec lui et lui avec elle et que tout le
monde soit content ? Que je me suis forcée à jouer un rôle d'indifférente
devant lui ... Pendant toutes ces années, il m'a pourtant semblé avoir toujours
été dans leurs esprits masculins que la bonne copine à qui on raconte tous ses
maux pas pour qu'ils soient soignés non pas par une réponse ou une solution mais par
une écoute attentive et patiente. Il a trop bu, c'est surement cela, ça ne peut
être que cela, oui c'est ça, ça n'implique rien, demain il aura oublié, je m'efforcerai
de le faire et il retourneras auprès de R. . Je m'en convaincs, soudain une
ondulation sonore familière me chatouille les tympans, c'est R. , elle est là,
heureusement, enfin, soulagées nous repartons, je les remercie et leur dis à
demain. Sur le chemin du retour je ne dis mot à R. puisque ce qu'il s'était
passé fût tellement insensé qu'il ne put s'être passé. Pleine de remords en
espérant que demain tout se passe bien je m'endors dans un lit qui m'est
attitré et que je n'ai pas l'impression de mériter.
Levée encore un peu tard, dorage de pilule
sur la plage, rafraichissement de nos cops dans l'eau iodée et mouvementée,
préparation pour la nuit, fringues, deux traits de crayons noir enfin tout ce
que « j'apprécie ». Nous arrivons, il nous ignore, c'est
déconcertant, je me sens fautive et ça m'énerve, nous partons plus tôt que qu'à
notre habitude, essayant de décompresser en rigolant à s'en plier le ventre et
à se casser la figure . Nous nous couchons, discutons, je n'ose lui dire, elle
s'en est tellement entichée, demain il en sera autrement, je finis par répondre
à ses questions « alors comment le trouves-tu ? » et autres,
pour ne pas susciter de suspicions et pour, à mal parler, ne pas « foutre
la merde », je lui dis que s'il lui plaît c'est le principal mais qu'il ne
m'inspire rien d'autre qu'un futur ami. Cet exercice est difficile pour moi, je
me prostitue sentimentalement parlant, c'est désagréable, écœurant, douloureux...
Lecture, les pages s'enchaînent avec
fluidité, écriture, les mots viennent sans même que je les cherche, papotage,
les sujets de conversation s'accumulent avec succès. Arrive le moment redouté,
la nuit, politesses faites, verres bus, nous roulons vers la plage et ses feux,
comme des êtres des cavernes que nous fûmes, retour à des sources de fraternité
authentiques . Il ne nous a toujours pas adressée la parole, moi, après tout ça
ne me dérange pas tellement mais c'est pour R. que je trouve son comportement
incongru et puéril. Au moment d'aller chercher du bois, R. va le voir et lui
demande pourquoi il nous snobe ainsi depuis deux jours, il rétorque qu'il n'en
est rien, rassurées nous lui faisons la bise. Nous sommes autour du feu, nous
parlons écoutons quelques bons sons de rammstein que C. a amenés, des
allemands arrivent dont un qui plaît à R. et le sentiment semble être
réciproque, mais je sais bien que ce n'est que pour ce soir elle me l'a dit
quand nous nous sommes éclipsées pour parler. PJ est loin tant mieux, nous
sommes tous euphoriques, affichant un sourire béat de débile léger, nous sommes
biens. R. s'est rapprochée de son allemand, et moi je discute avec N. et C., PJ
pointe le bout de son nez, il s'allonge sur mes jambes, ce ne sera, après tout,
que la troisième personne qui fait disparaître mes jambes sous sa tête. Il
prend ma main, je crains un peu, mais fais comme si de rien n'était attendant
qu'il s'endorme mais il ne semble pas le vouloir, il me demande de pencher ma
tête car il a « un secret à me dire », gourde que je suis, j'approche
mon oreille droite, je sens encore ses lèvres sur les miennes, je me retire, je
ne comprends décidément pas, je refuse de comprendre, c'est tellement
surréaliste, il s'est avancé vers moi mais pourquoi ? pourquoi ne m'a-t-il
pas laissé à ma place si douillette et prévisible de copine moche ? La
pluie commence à tomber, il me plaît cet insensé, ce n'est bien sûr pas de
l'amour, ne soyons pas si grotesquement excessifs, mais tout de même. Nous
décidons de nous abriter dans un bunker, je m'en voudrais mais c'est ainsi, ce
n'est pas une raison c'est un fait. Un moment plus qu'agréable passé avec lui. Je
sens que j'en dis trop pour une si petite personne.
Le récit des autres jours ne sera
probablement jamais écrit.
J'ai
été faible mais j'étais bien , je ne sais plus quoi en penser, je préfèrerais
ne plus y penser du tout...
Publié par aphasie à 16:38:49 dans aphasiquement votre | Commentaires (1) | Permaliens
Je cherche,
je cherche, sujet sur sujet mais rien de constructif n'arrive. Je n'ai pas
envie d'écrire beau, je n'ai pas envie d'écrire lyrique en y pensant. Il serait
lâche d'agir ainsi, de vouloir donner un style par rapport à des visions qui
resteront à jamais des aprioris sans même attendre que la personnalité ne l'apporte.
Une carence en vrai, en attentisme, ça contamine tout le monde, sans exception.
Il est amusant (je ris jaune) de se dire, et à juste titre, que l'envie de
devenir unique, ou plutôt de se sentir unique, est devenue d'un commun morne. C'est
drôle et pathétique. Je me sens tellement ridicule, moi, p'tit bidule dans ce
grand merdier, d'écrire. On est désormais si nombreux... La création d'un blog
est devenue quelque chose de générationnel ? je ne pense pas, si ce
support n'était pas apparu un autre l'aurait remplacé, mais le blog est devenu
sémantiquement proche des fringues dans le monde « teenage ». Je m'explique,
on customise, on parle de style, trendy, bobo chic, tendance, ringard, hype et
autres adjectifs « casteurs », le blog est identique, répond aux même
schéma. On s'efforce de personnaliser mais en étant conscient de notre
intention ce qui dénature le sens premier de notre entreprise. Mon affliction
résultant de cette réalité observée me rend, face à ces viles tentatives répandues,
sceptique en l'humanité. Etres libres de penser qui se laissent ainsi berner
dans cette grotesque énormité vulgaire et trop sensée pour susciter un
quelconque intérêt... je ne me dédouane pas, le théorique et l'empirique font
sens quand ils sont mis en relation.
Publié par aphasie à 15:35:42 dans aphasiquement votre | Commentaires (2) | Permaliens
Un peu de politesse et de présentation dans ce monde de
cuistres humano-philosophico-bien-pensant. Vous allez assister aux élucubrations
névropathiques d'une masse de chair flasque. Sur ce je vous souhaite la bienvenue.
Publié par aphasie à 11:56:40 dans aphasiquement votre | Commentaires (3) | Permaliens
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