Si vous avez le sourire facile et si vous ne vous prenez pas trop au sérieux , si vous aimez les maux, les mots et les émois qui en découlent, les photos et leurs émotions, la musique et sa magie,alors soyez les bienvenus.
Dîtes moi d'où vient ce phénomène qui mène tout droit à l'impasse
Qu'est-ce qui se passe, je vois plus les traces, je reconnais plus mon espace
Espacez-vous, écartez-vous, dîtes moi où est la lumière
J'ai besoin d'aide encore une fois et ce sera pas la dernière
Je ne vois plus où je mets les pieds, ne me dîtes pas que c'est normal
Tout ce que je respire est inquiet, je sais plus ce qu'est bien et ce qu'est mal
C'est la pénombre qui règne comme si le soleil était mort-né
Messieurs Dames aujourd'hui, il a fait nuit toute la journée
Je n'ai pas senti de chaleur s'épanouir au-dessus de nos têtes
Je n'ai vu aucune lueur venir frapper à nos fenêtres
Je ne sais pas si je dois attendre que la nuit se lève ou que le jour tombe
Mais depuis 24 heures, il fait nuit comme dans une tombe
Je vois plus les oiseaux s'envoler, tous ces petits trucs qui m'émerveillent
Je sens plus les nuages s'enrouler, le soleil a perdu son réveil
Si ça se trouve c'est grave la terre s'est peut-être arrêtée de tourner
Messieurs Dames aujourd'hui, il a fait nuit toute la journée
Pourtant les gens autour de moi n'ont pas l'air d'être étonnés
Comment ça se fait, réagissez mais arrêtez de déconner
Suis-je le seul à me rendre compte de la hauteur du danger
La lune nous nargue en plein midi ça n'a pas l'air de vous déranger
Est-ce que ça se passe vraiment ou est-ce seulement dans mon cerveau
Tout ça me paraît bien réel mais je ne sais plus ce que ça vaut
Est-ce un voile devant mes yeux, est-ce qu'il fait nuit dans ma tête
J'ai l'impression que le monde est vieux et qu'y a que moi que ça inquiète
Est-ce le prix du quotidien et le poids de la lassitude
Il a fait nuit toute la journée mais ce n'est plus une certitude
Peut-être que tout va bien et que l'instant n'a rien de fatal
Et qu'il y a simplement un peu trop de poussière dans mon mental
Maintenant il faut que je me reprenne et que j'arrête mes histoires
J'attends que le soleil se lève à nouveau dans mon espoir
Mais je n'oublie pas qu'il est possible que ce soit l'hiver toute l'année
Comme il se peut que ce jour là, il ait fait nuit toute la journée
Le poète est un grand mytho qui s'invente des thèmes
Pour faire rire, pour faire pleurer, pour qu'on lui dise je t'aime
Pour un bon mot il est prêt à tout, le poète est un malade
Ne le croyez pas surtout, il ne raconte que des salades
Moi je me prends pour un poète parce que je rappe sans instru
Il a fait nuit toute la journée, j'espère que vous ne m'avez pas cru
Ce n'est qu'un thème de plus pour mentir impunément
Je pense donc je suis, j'écris donc je mens
Y'a plus de repères dans mes histoires et tout ce que je dis peut être factice
Dans mon prochain texte, je vous ferai croire que je courre plus vite que Carl Lewis
Mais attention, soyez prudents, car si jamais vous m'applaudissez
C'est que ça vous plaît quand je mens... donc je vais sûrement recommencer
(© Grand Corps Malade, 2005)
Publié par lumieredesombres à 17:41:54 dans Mots à mots | Commentaires (7) | Permaliens
Dans un petit jardin
Pas plus grand qu'un bassin
ou plutôt qu'une bassine
Il y a une glycine
Qui court sur la clôture
Faite d'un long et vieux mur.
Le jardin en friche
Complètement s'en fiche.
L'herbe monte aux genoux
Au sol, les capucines
S'emmêlent et se nouent
Sur les pierres et les cailloux.

Le jardin en prison
Qui a pour horizon
Et unique raison
Les toits de deux maisons,
Apreçoit les saisons,
Le soleil vagabond

Dans le soir rouge et brun
Mon jardin sent le thym
Et puis le romarin.
On marche sur le plantain,
On arrache quelques brins
De ses feuilles satins.

Farouchement, les roses
Multicolores, s'éclosent.
Des papillons s'y posent
Longuement se reposent
Puis s'en vont sur un lys
En frôlant les iris.

Il y a la verveine
Soignant les maux et les peines,
Dont la senteur des veines
Imprègne de toute part
De son parfum bizarre
De citronelle rare.

Un coin d'hortensias,
Une bordure de thuyas
Et de blancs pétunias
Tendrement encombrent
Un espace sombre
Et noyé dans l'ombre.

Sur une marche un lézard
Venu à tout hasard,
Rapidement inspecte
Vite, en tournant la tête
En cherchant les insectes
Dont il se délecte.
Enfin, loin de la ville
Tout est calme et tranquille.
Par les herbes, envahi,
Sous le soleil qui rit,
Le jardin s'assoupit
Solitaire, insoumis
Lumière des Ombres
Publié par lumieredesombres à 22:56:44 dans Mots à mots | Commentaires (8) | Permaliens
Un jeune curé, très angoissé, est incapable de prononcer un seul mot le jour
de son premier sermon. Il va voir l'archevêque le lendemain et lui demande
quelques conseils, pour être à la hauteur, au sermon du dimanche suivant.
L'archevêque lui conseille de se verser quelques gouttes de vodka dans
un grand verre d'eau pour se sentir pus détendu.
Le dimanche suivant, le jeune prêtre suit le conseil et réussit à parler
sans être paralysé par le trac.
De retour à la sacristie, il trouve une lettre laissée par l'archevêque,
ainsi rédigée.
"Mon fils, la prochaine fois, mettez quelques gouttes de vodka dans un
grand verre d'eau et non quelques gouttes d'eau dans un verre de vodka.
D'autre part, je tiens à vous faire part des quelques observations
suivantes, afin que vous puissiez améliorer encore un peu vos prochains
prêches :
1 - Il n'est nul besoin de mettre une rondelle de citron sur le bord du calice.
2 - Evitez de vous appuyer sur la statue de la Sainte Vierge et surtour, évitez de l'embrasser en la serrant étroitement dans vos bras.
3 - Il y a 10 commandements et non pas 12
4 - Les Apôtres étaient 12 et non pas 7, et aucun n'étaient nain
5 - Nous ne parlons pas de Jésus Christ et des Apôtres comme de "JC & Co"
6 - Nous ne nous référons pas à Judas comme à ce "fils de pute"
7 - Vous ne devez pas parler du Pape en disant "Le Parrain"
8 - Ben Laden n'a rien à voir avec la mort de Jésus
9 - Les murailles qui se sont effondrées au septième jour ne se trouvaient
pas à Mexico mais à Jericho
10 - L'eau bénite est faite pour bénir et non pas pour se rafraîchir la nuque
11 - Ne célébrez jamais la messe assis sur les marches de l'autel
12 - Ponce Pilate a dit "vos histoires, je m'en lave les mains" et non "vos conneries je m'en bat les couilles"
13 - Les hosties ne sont pas des gâteaux apéritifs à consommer avec le vin de messe
14 - Les pêcheurs iront en enfer et non "se faire enculer chez les Papous"
15 - L'initiative d'appeler les fidèles à danser était bonne, mais pas celle de faire la chenille dans toute l'église
16 - L'homme assis près de l'autel et que vous avez qualifé de "vieux pédé" et le "travelo en jupe", c'était moi.
Sincèrement, l'Archevêque,
PS : Jésus n'a pas été fusillé, mais crucifié
Publié par lumieredesombres à 09:42:02 dans Mots d'humour | Commentaires (8) | Permaliens
Il y aurait la terre
Tournoyant à l'envers
Sur le dos de l'aurore enrhumée de sorbets
Il y aurait le ciel
Flamboyant comme l'eau
Et le feu coulerait à la place du ciel
Il y aurait le vent
Echappé d'une étoile
Et les astres soufflant au rythme du Mistral
Il y aurait de l'or
Perlé d'une reliure
Qui tomberait au sable bleu de nos hivers
Il y aurait l'argent
Qui brille sans le lucre
Pour s'épandre en flocons aux neiges de nos vers
Il y aurait des fruits
Gorgés de sel de mer
Et des rameaux de houx aussi doux que la soie
Il y aurait du temps
Pour mourir à l'endroit
Sur une balancelle en zeste de citron
Il y aurait...
Une épingle à cheveux pour recoiffer le monde
Une brosse d'embruns pour peigner les nuages
Une pluie avalée de mille sucres d'orge
La frange de nos yeux pour rayons de soleil
Nos lèvres dessinées en deux croissants de lune
Une dernière coupe à boire pour la faim !
Un joli texte dont vous trouverez l'origine ci-dessous
Publié par lumieredesombres à 19:02:57 dans Mots à mots | Commentaires (0) | Permaliens
Madame promène son cul sur les remparts de Varsovie
Madame promène son cœur sur les ringards de sa folie
Madame promène son ombre sur les grand-places de l'Italie
Je trouve que Madame vit sa vie
Madame promène à l'aube les preuves de ses insomnies
Madame promène à ch'val ses états d'âmes et ses lubies
Madame promène un con qu'assure que madame est jolie
Je trouve que Madame est servie
Tandis que moi tous les soirs je suis vestiaire à l'Alcazar
Madame promène l'été jusque dans le midi d'la France
Madame promène ses seins jusque dans le midi de la chance
Madame promène son spleen jusqu'au bord du lac de Constance
Je trouve Madame de circonstances
Madame promène son chien un boudin noir nommé Byzance
Madame traîne son enfance et change selon les circonstances
Madame promène partout son accent russe avec aisance
C'est vrai que Madame est de Valence
Tandis que moi tous les soirs je suis barman à l'Alcazar
Madame promène son ch'veu qu'a la senteur des nuits de Chine
Madame promène son regard sur tous les vieux qui ont des usines
Madame promène son rire comme d'autres promènent leur vaseline
Je trouve que Madame est coquine
Madame promène ses cuites de verre en verre de fine en fine
Madame promène les gènes de vingt mille officiers de marine
Madame raconte partout qu'on m'appelle Tata Jacqueline
Je trouve Madame mauvaise copine
Tandis que moi tous les soirs je suis chanteuse légère à l'Alcazar
Madame promène ses mains dans les différents corps d'armée
Madame promène mes sous chez des demi-selles de bas quartiers
Madame promène carosse qu'elle voudrait bien me voir tirer
Je trouve que Madame est gonflée
Madame promène banco qu'elle veut bien me laisser régler
Madame promène bijoux qu'elle veut bien me laisser facturer
Madame promène ma Rolls que pour suivre quelque huissier
Je trouve que Madame est pressée
Tandis que moi tous les soirs je fais la plonge à l'Alcazar
Madame promène son cul sur les remparts de Varsovie
Madame promène son cœur sur les ringards de sa folie
Madame promène son ombre sur les grand-places de l'Italie
Je trouve que Madame vit sa vie
Madame promène à l'aube les preuves de ses insomnies
Madame promène à ch'val ses états d'âmes et ses lubies
Madame promène un con qu'assure que Madame est jolie
Je trouve que Madame est servie
Tandis que moi tous les soirs je suis vestiaire à l'Alcazar
Madame promène l'été jusque dans le midi d'la France
Madame promène ses seins jusque dans le midi de la chance
Madame promène son spleen jusqu'au bord du lac de Constance
Je trouve Madame de circonstances
Madame promène son chien un boudin noir nommé Byzance
Madame traîne son enfance et change selon les circonstances
Madame promène partout son accent russe avec aisance
C'est vrai que Madame est de Valence
Publié par lumieredesombres à 21:13:24 dans Musique | Commentaires (2) | Permaliens
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