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Le jour se leve | 25 août 2006

Le jour se lève sur notre grisaille, sur les trottoirs de nos ruelles et sur nos tours
Le jour se lève sur notre envie de vous faire comprendre à tous que c'est à notre tour
D'assumer nos rêves, d'en récolter la sève pour les graver dans chaque mur de pierre
Le jour se lève et même si ça brûles les yeux, on ouvrira grand nos paupières
Il a fait nuit trop longtemps et avancer sans lumière nous a souvent fait tâtonner
Personne à pardonner, si on est là aujourd'hui c'est juste qu'on a pas abandonné
On a cherché la lueur de l'aube en sachant qu'elle avait la couleur de l'espoir
On s'est armé de nos stylos pour écrire nous-mêmes la suite de toute cette histoire
Le jour se lève, sort de sa grève, c'est grave à quel point la nuit a été agitée
On en a de belles à raconter même si j'imagine que ça sera sûrement loin de tes JT
Le soleil éclaire notre papier qu'on avait gratté dans l'ombre pendant toute la nuit
La chaleur fait couler l'encre, nos mots quittent nos cahiers, nos voix sortent de l'ennui
Alors nous allons prendre la parole, monter sur scène pour un moment, j'espère que t'en as conscience
Finies la patience et la méfiance, on s'offre simplement avec l'écriture une renaissance
Le jour se lève et son glaive de lave nous lave des peines et douleurs du passé
Notre avenir est lancé... tu nous écouteras et diras franchement ce que t'en as pensé
Le jour se lève et la joie se livre, la soif se lit sur nos lèvres, tu devrais nous suivre
Si notre heure est brève, nous allons quand même la vivre,
Nous ne sommes pas bons élèves mais l'envie nous enivre
Alors à ton tour ouvre les yeux, approche toi et observe avec curiosité
Le souffle et l'enthousiasme d'une brigade de poètes sortis tout droit de l'obscurité
Ne prends pas ça pour de l'arrogance mais on sent que c'est notre heure et ça fait du bien
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens
Le jour se lève, on le doit peut-être qu'à nous et quand je dis ça, c'est pas juste une métaphore
Le jour se lève et si ça se trouve, c'est uniquement parce qu'on l'a espéré fort
Le jour se lève sur notre grisaille, sur les trottoirs de nos ruelles et sur nos tours
Le jour se lève sur notre envie de vous faire comprendre à tous que c'est à notre tour
Notre futur est incertain, c'est vrai que ces deux mots là vont toujours de paire
Mais notre jour s'est bien levé, dorénavant il sera difficile de nous faire taire.


 


 Grand Corps Malade

Publié par lumieredesombres à 15:59:13 dans Musique | Commentaires (9) |

Vive la France | 24 août 2006

 



 



Je vis dans un pays de non droit ! où plutôt dans un pays où la violence est reconnue comme moyen de communication, comme moyen d'obtenir quelque chose ! Non ne croyez pas que je suis dans une république bananière du bout du monde ! je vis dans le doux pays de France




Le Pays de Rousseau et de Voltaire, celui de Hugo, Zola et Jaurès ! Un pays où l'on parle des droits de l'homme, du respect des autres. Je ne vais pas parler ici de ce que l'on fait à des femmes et des enfants à Cachan, j'y viendrais sûrement pour dire tout le bien que je peux penser de Monsieur S., mais de ce qui se passe à Marseille.




Greenpeace appelle le ministre de l'Agriculture et de la Pêche à engager - avec ses collègues du bassin méditerranéen - une concertation pour l'adoption des mesures nécessaires pour une gestion responsable des stocks de thon rouge. Cette concertation devra réunir les professionnels de la pêche, les scientifiques et les associations de protection de l'environnement.  Pour cela le navire a reçu l'autorisation officielle des autorités portuaires pour s'ancrer devant le port de commerce. Par leur action les thonniers senneurs entravent donc directement la libre circulation du Rainbow Warrior !




Que les pêcheurs français ne soient pas d'accord c'est leur droit, qu'ils disent c'es pas nous c'est les autres, pourquoi pas ! Mais qu'ils entravent la libre circulation d'un bateau, qu'ils bloquent le trafic du port de Marseille  et tout cela sous le regard d'un patrouilleur de la Marine Nationale, une vedette de la Gendarmerie Maritime et un pneumatique de la police qui observent et constatent les faits et surtout laissent faire.




Le Rainbow Warrior a obtenu le droit de mener une escale technique dans la cité phocéenne. Malgré cette autorisation, les bateaux des pêcheurs empêchent toujours le navire d'accéder à sa zone d'ancrage devant le port commercial. Outre cette entrave à la liberté de circulation, les pêcheurs ont donné un « ultimatum » au Rainbow Warrior : selon eux et sans aucune autre forme d'explication ou de débat, le navire devrait avoir quitté les eaux marseillaises autour de 13h. Passé ce délai, les pêcheurs ont indiqué qu'ils emploieraient les « méthodes appropriées » sans plus de précisions.




Mais dans quel pays nous somme ! Le ministre de l'agriculture soutient les pêcheurs, les élections arrivent, et ils y a semble t-il plus d'électeurs pêcheurs que écolo ! Ca revient à dire, que le gouvernement soutient le non droit ( ça j'en étais déjà persuadée) . Beaucoup diront que la vie du thon rouge ne Mediterranée, ça ne les passionne pas trop! Mais si on laisse tout détruire sans rien faire, que restera t-il demain à nos enfants? Pourquoi laisser à une minorité le droit de tout foutre en l'air par la force qui plus est?Où est la justice ? le respect des autres? Moi je te les ferai couler leurs bateaux....




 

 Vive l'inégalité, vive la France

Publié par lumieredesombres à 13:49:25 dans Mots d'humeur | Commentaires (0) |

il faudrait | 24 août 2006

Il faudrait écrire


Il faudrait pouvoir dire


Ce qui l'inquiète


Mais trop secrète


Peut être trop discrète


Mais envie d'être utile


Surtout moins futile


Une image tranquille


Une image lisse


Un front serein


Le chagrin qui glisse


Sur un cœur d'airain


Et pourtant elle a peur


De pas assez donner


Elle cache ses frayeurs


Sous un sourire forcé


Elle voudrait porter


Les peines et les chagrins


Elle voudrait en parler


Les chasser de ses mains


Elle voudrait être courage


Pour tout son entourage


Parfois elle pleure


Doucement en secret


Parfois elle pleure


D'un chagrin trop discret


Mais elle relève la tête


S'affirme et s'entête


Pour vaincre le malheur


Pour chasser la terreur


Ouvrir la porte au bonheur


Elle ira chercher


Au fin fond des enfers


Même s'il faut marcher


A l'autre bout de la terre


Elle ira cueillir


Pour lui, pour eux


Elle fera jaillir


Le plaisir des dieux


Car il y a son amour


Dans ses yeux pour toujours

Publié par lumieredesombres à 12:59:36 dans Mots à mots | Commentaires (0) |

Les gens heureux | 22 août 2006

Quand vient le temps



Le moment d'aimer



On a vingt ans



On veut tout croquer



En même temps



 



C'est le temps



Entre deux baisers



Des éternels serments



C'est l'âge de se marier



Pour avoir des enfants



 



Et l'on a trente ans



Un appartement



Acheté à crédit



Puis un amant



Pour changer du mari



 



Les enfants ont grandi



Le mari bedonnant



Fait des mots croisés



Et l'on s'ennuie devant la télé



 



Puis le temps vient



Où l'on devient



Pilier de patisserie



Mémêre d'canari



Ou de caniche nain



 



Et il y a deux vieux



Ridés et grincheux



Ils somnolent tous deux ensemble.



Leurs mains tremblent



Pour boire le tilleul



Tassés dans un fauteuil.



 



Le temps leur fait du tort



Et quand ils seront morts



Retirés du décor de la vie



On dira d'eux



Ils furent heureux

Publié par lumieredesombres à 22:16:06 dans Mots à mots | Commentaires (4) |

Mazeppa | 22 août 2006

I



Ainsi, quand Mazeppa, qui rugit et qui pleure,
A vu ses bras, ses pieds, ses flancs qu'un sabre effleure,
Tous ses membres liés
Sur un fougueux cheval, nourri d'herbes marines,
Qui fume, et fait jaillir le feu de ses narines
Et le feu de ses pieds;



Quand il s'est dans ses nœuds roulé comme un reptile,
Qu'il a bien réjoui de sa rage inutile
Ses bourreaux tout joyeux,
Et qu'il retombe enfin sur la croupe farouche,
La sueur sur le front, l'écume dans la bouche,
Et du sang dans les yeux,



Un cri part; et soudain voilà que par la plaine
Et l'homme et le cheval, emportés, hors d'haleine,
Sur les sables mouvants,
Seuls, emplissant de bruit un tourbillon de poudre
Pareil au noir nuage où serpente la foudre,
Volent avec les vents !



Ils vont. Dans les vallons comme un orage ils passent,
Comme ces ouragans qui dans les monts s'entassent,
Comme un globe de feu;
Puis déjà ne sont plus qu'un point noir dans la brume,
Puis s'effacent dans l'air comme un flocon d'écume
Au vaste océan bleu.



Ils vont. L'espace est grand. Dans le désert immense,
Dans l'horizon sans fin qui toujours recommence,
Ils se plongent tous deux.
Leur course comme un vol les emporte, et grands chênes,
Villes et tours, monts noirs liés en longues chaînes,
Tout chancelle autour d'eux.



Et si l'infortuné, dont la tête se brise,
Se débat, le cheval, qui devance la brise,
D'un bond plus effrayé
S'enfonce au désert vaste, aride, infranchissable,
Qui devant eux s'étend, avec ses plis de sable,
Comme un manteau rayé.



Tout vacille et se peint de couleurs inconnues
Il voit courir les bois, courir les larges nues,
Le vieux donjon détruit,
Les monts dont un rayon baigne les intervalles;
Il voit; et des troupeaux de fumantes cavales
Le suivent à grand bruit.



Et le ciel, où déjà les pas du soir s'allongent,
Avec ses océans de nuages où plongent
Des nuages encor,
Et son soleil qui fend leurs vagues de sa proue,
Sur son front ébloui tourne comme une roue
De marbre aux veines d'or.



Son œil s'égare et luit, sa chevelure traîne,
Sa tête pend; son sang rougit la jaune arène,
Les buissons épineux;
Sur ses membres gonflés la corde se replie,
Et comme un long serpent resserre et multiplie
Sa morsure et ses nœuds.



Le cheval, qui ne sent ni le mors ni la selle,
Toujours fuit, et toujours son sang coule et ruisselle,
Sa chair tombe en lambeaux;
Hélas ! voici déjà qu'aux cavales ardentes
Qui le suivaient, dressant leurs crinières pendantes,
Succèdent les corbeaux !



Les corbeaux, le grand-duc à l'œil rond, qui s'effraie,
L'aigle effaré des champs de bataille, et l'orfraie,
Monstre au jour inconnu,
Les obliques hiboux, et le grand vautour fauve
Qui fouille au flanc des morts, où son col rouge et chauve
Plonge comme un bras nu !



Tous viennent élargir la funèbre volée;
Tous quittent pour le suivre et l'yeuse isolée
Et les nids du manoir.
Lui, sanglant, éperdu, sourd à leurs cris de joie,
Demande en les voyant : Qui donc là-haut déploie
Ce grand éventail noir ?



La nuit descend lugubre, et sans robe étoilée.
L'essaim s'acharne, et suit, tel qu'une meute ailée,
Le voyageur fumant.
Entre le ciel et lui, comme un tourbillon sombre,
Il les voit, puis les perd, et les entend dans l'ombre
Voler confusément.



Enfin, après trois jours d'une course insensée,
Après avoir franchi fleuves à l'eau glacée,
Steppes, forêts, déserts,
Le cheval tombe aux cris des mille oiseaux de proie,
Et son ongle de fer sur la pierre qu'il broie
Éteint ses quatre éclairs.



Voilà l'infortuné gisant, nu, misérable,
Tout tacheté de sang, plus rouge que l'érable
Dans la saison des fleurs.
Le nuage d'oiseaux sur lui tourne et s'arrête;
Maint bec ardent aspire à ronger dans sa tête
Ses yeux brûlés de pleurs.



Eh bien ! ce condamné qui hurle et qui se traîne,
Ce cadavre vivant, les tribus de l'Ukraine
Le feront prince un jour.
Un jour, semant les champs de morts sans sépultures,
Il dédommagera par de larges pâtures
L'orfraie et le vautour.



Sa sauvage grandeur naîtra de son supplice.
Un jour, des vieux hetmans il ceindra la pelisse,
Grand à œil ébloui;
Et quand il passera, ces peuples de la tente,
Prosternés, enverront la fanfare éclatante
Bondir autour de lui !



II



Ainsi, lorsqu'un mortel, sur qui son dieu s'étale,
S'est vu lier vivant sur ta croupe fatale,
Génie, ardent coursier,
En vain il lutte, hélas ! tu bondis, tu l'emportes
Hors du monde réel, dont tu brises les portes
Avec tes pieds d'acier !



Tu franchis avec lui déserts, cimes chenues
Des vieux monts, et les mers, et, par delà les nues,
De sombres régions;
Et mille impurs esprits que ta course réveille
Autour du voyageur, insolente merveille,
Pressent leurs légions.



Il traverse d'un vol, sur tes ailes de flamme,
Tous les champs du possible, et les mondes de l'âme;
Boit au fleuve éternel;
Dans la nuit orageuse ou la nuit étoilée,
Sa chevelure, aux crins des comètes mêlée,
Flamboie au front du ciel.



Les six lunes d'Herschel, l'anneau du vieux Saturne,
Le pôle, arrondissant une aurore nocturne
Sur son front boréal,
Il voit tout; et pour lui ton vol, que rien ne lasse,
De ce monde sans borne à chaque instant déplace
L'horizon idéal.



Qui peut savoir, hormis les démons et les anges,
Ce qu'il souffre à te suivre, et quels éclairs étranges
A ses yeux reluiront,
Comme il sera brûlé d'ardentes étincelles,
Hélas ! et dans la nuit combien de froides ailes
Viendront battre son front ?



Il crie épouvanté, tu poursuis implacable.
Pâle, épuisé, béant, sous ton vol qui l'accable
Il ploie avec effroi;
Chaque pas que tu fais semble creuser sa tombe.
Enfin le terme arrive... il court, il vole, il tombe,
Et se relève roi !

Victor Hugo

Mai 1828.

Publié par lumieredesombres à 11:22:46 dans Mots à mots | Commentaires (4) |

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