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Tranche de brie.. euh, de vie | 03 novembre 2007


- Chérie tu veux du thé ?
- Oui volontiers, merci Maman. Mais tu n'en prends pas avec moi?
- Non, non.
- Mais... tu es fan de thé !
- Plus maintenant, je n'en bois que lorsque je reçois des invités.
- Excuse-moi, j'avais oublié que je m'étais incrustée.

- La jeune fille, en bas du village, elle a vraiment mauvaise réputation.
- Ah oui? Elle n'a pas encore trouvé de mari ?
- Non mais elle a tout juste 18 ans et, cette pauvre fille, elle passe son temps à monter et descendre des camions qui passent par la nationale.
- Aaaah, la vie à la campaaaagne !....
- Tu sais, je suis le seul à la defendre ici. Tout le monde parle dans son dos.
- Tu m'étonnes.
- Ici les gens ont un destin tout tracé. Son père n'était pas un ancien camionneur d'ailleurs ?

- Vous m'avez l'air bien au courant de la petite vie des people du coin.
- Oh, tu sais...
- Pour des gens qui ne sortent pas et ne connaissent pas leurs voisins, vous en savez des choses !
- C'est le père Dufoin qui nous raconte tout. On n'est pas très curieux à la base, tu sais. 

- Chérie, tu n'as pas mangé de pomme aujourd'hui !

Publié par sylvietteisback à 17:20:53 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (0) |

4 jours | 02 novembre 2007

Je ne parle jamais de ma vie familiale. Elle est assez inexistante, distance et affinités obligent, mais elle vaut parfois le coup d'être un tout petit peu racontée.
Chaque fois que je rend visite à mes parents, dans leur trou perdu de l'Yonne profonde, un étrange schéma se produit. C'est assez systématique, à l'image des expériences scientifiques répétitives visant à démontrer un phénomène récurrent. 

Grosso modo, ce schéma se découpe en quatre phases.

1) J'arrive à la campagne et j'éprouve tout d'abord une sensation de renaissance. Cette profusion de nature, radieuse et généreuse, ces paysages qui s'étendent à perte de vue, ce silence (les gens aiment bien rester terrés chez eux ici) me donnent presque envie de m'asseoir en tailleur sur le perron de la maison familiale et de méditer sur la préciosité de la vie. Je me demande alors pourquoi je ne viens pas voir mes parents plus souvent.

2) Généralement, quand le premier jour touche à sa fin, j'ai un peu mal au crâne. C'est souvent lié au feu de bois dans le salon, qui me cloue très vite dans le canapé, et me fout un peu le cafard (aller comprendre, c'est peut-être parce que cela me fait penser à Noël). Une conversation avec ma mère, suivie d'un débat avec mon père conclu par un monologue assourdissant au moment du formage finit généralement par m'achever. Je vais me coucher tôt et je me dis que c'est mieux ainsi.

3) Le lendemain, après une nuit où le sommeil porte lourdement conseil, je suis souvent regonflée et plein de bonne volonté. Je ne conteste plus rien ni personne, je me rends utile, je m'applique aux tâches de la maison. Je fais en sorte que la journée passe le plus vite possible, de la façon la plus lisse possible. Je m'adapte aux coutumes locales : petit tour autour de la mare en bas du village, virée aux commissions, épluchage des légumes. Je me dis que cette épreuve est nécessairement saine et constructive, vu qu'elle m'apprend la patience, le don de soi, et qu'elle me permet en outre de relativiser bon nombre de préoccupations existencielles.

4) Puis le troisième jour, les préoccupations existencielles reviennent puissance 10. Je me sens épuisée et nauséeuse, j'en ai un peu marre de manger des pommes (ma mère va les cueillir au champs) et j'ai un vrai souci avec la lumière du salon. C'est vrai que la région est superbe et dépaysante, mais il fait quand même un peu trop froid pour moi. Et puis le silence finit pas me peser terriblement. Je vérifie dix fois l'heure de départ de mon train, pour être sûre qu'on quitte la maison au bon moment afin d'être à la gare dans les temps.

Je sais, c'est pathétique. Il y a un petit effet catharsis recherché, merci de ne pas m'en tenir rigueur. Personne n'est parfait, PAS VRAI ?

Publié par sylvietteisback à 19:13:09 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (6) |

La résistance continue | 29 octobre 2007

- Tu ouvres le vin pendant que je mets de la musique ?
- OK.
Deux minutes plus tard.
- Euh... j'aime bien le jazz lounge, mais ça fait pas un peu rencard là ?
- J'osais pas te le dire héhé...
- Bouge pas, je dois bien avoir un CD de ragamuffin quelque part !

- Pfff, j'veux plus aller voir l'expo.
- Comment ça tu ne veux plus ?
- Nan. C'est chiant l'art contemporain.
- Comment tu peux dire ça ?
Attends de voir, on vient juste d'arriver !
- Ils font chier avec leur biennale, on comprend rien... Tu veux pas aller au parc plutôt ?

- Elles sont marrantes tes joues.
- Bon ça va.

- Mademoiselle ? C'est aujourd'hui qu'on change d'heure ?
- Oui oui. Vous devez reculer votre montre d'une heure.
- Bof, j'm'en fous. Je laisse ma montre à la même heure toute l'année, comme ça je ne change ni l'hiver, ni l'été.
- Mais vous allez être complètement décalée !
- Rien à foutre. J'suis à la retraite. J'ai 80 ans mademoiselle !
- J'ai vu. Mais quand vous voudrez regarder le journal télévisé, et bien vous tomberez sur la Star Académie.
- Moi c'est le loto qui m'intéresse !

Publié par sylvietteisback à 11:57:20 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (12) |

Lyon versus Paris (encore et toujours) | 23 octobre 2007


L'amie qui m'héberge était malade, alors je suis partie me balader seule dans les rues de Saint Paul.
C'est un quartier que je connais très bien. J'y ai fait de nombreuses fêtes, le bal des pompiers 2006, la tournée des fromagers, des boutiques de créateurs (sans jamais rien acheter). Pourtant j'avais l'impression de le re-découvrir. Cela faisait longtemps que je n'étais pas venue, et j'avais l'impression que tout avait changé.
- Y a un Starbucks maintenant ?
- C'est quoi cette boutique ?
- Tu crois qu'il est encore ouvert le Little Italy ?
Je crois que je me suis aventurée dans des ruelles où je n'avais jamais été, vraiment. Il faisait beau, je plissais les yeux à cause du soleil et je marchais lentement, comme si j'avais toute la vie.

Je me suis alors sentie toute triste, parce que j'ai eu subitement très envie de revenir habiter Paris, et que la seule pensée qui m'est venue à ce moment-là est celle de mon incapacité à me réaliser.
« Je ne suis pas fichue de gagner assez bien ma vie pour me permettre de vivre à Paris. »
C'est nul, hein ? Surtout que j'aime bien, ma petite vie à Lyon. Et que Paris, il y a quelques années, je l'ai fuie pour plein de bonnes raisons.

J'ai continué à me promener en me sentant d'abord toute bizarre. Je croisais des gens super lookés, mais qui passaient complètement inaperçus tellement il est normal, à Paris, d'être super looké à tout moment de la journée.
« Quelle idée de se mettre en mini-jupe avec des talons hauts un dimanche, par moins dix degrés, sur les pavés ! »

Mes collègues ont raison, je me suis bien provincialisée héhé...


P.S : ma première critique de film est parue sur Abus de ciné...
P.P.S : pourrais-je connaître l'auteur du courrier "sonore" que j'ai reçu hier chez moi ?

Publié par sylvietteisback à 15:12:18 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (16) |

Martine Barrat à la Mep | 23 octobre 2007



J'étais en week-end à Paris, en quête de ma dose d'expos photo (comme s'il n'y en avait pas à Lyon).

Je me suis rendue à l'incontournable Maison européenne de la photo, comme à chaque fois. C'est le travail de Larry Clarke qui m'a d'abord attirée. Avant d'être le marginal réalisateur de Kids ou Ken Park, films à la fois esthétiques et effrayants sur les maux de la jeunesse américaine, il a été un photographe controversé. Son recueil « Tulsa », véritable compilation de moments volés aux toxicomanes de sa ville natale dans les années 1970, l'a propulsé sur la scène artistique « off » de l'époque.

L'expo m'a beaucoup plue, pour ses qualités esthétiques, testimoniales et dérangeantes. Mais ce que je retiens le plus de ma visite est quelque chose de bien moins subversif : la collection de Martine Barrat intitulée « Brooklyn in my heart ». Sans rentrer dans les détails de son travail (il suffit d'aller voir le site), je me suis surprise à m'attendrir pour sa galerie de personnages et à me sentir nostalgique d'une période et d'un univers que je n'ai jamais côtoyés. J'ai eu un mini choc : moi qui ai toujours préféré le bizarre et l'onirique au réalisme journalistique, les mises en scènes burlesques aux images de reportage, le superficiel à l'historique, j'ai été touchée en plein coeur par des clichés simples, en noir et blanc, comme on en voit tant.

Je suis sortie de la Maison européenne de la photo pleine d'enthousiasme, le cerveau en ébullition. Et s'il l'Art pour l'art n'était pas la seule théorie possible ? Et s'il était possible de s'émouvoir pour quelque chose qui n'est pas esthétique, mais simplement... personnel ?

Moi qui croyais que seul le hors norme pouvait m'intéresser. Que nenni ! Quelque chose peut être simple et génial à la fois.


Martine Barrat : "Brooklyn in my heart" jusqu'au 6 janvier.
Maison européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy - Paris 4e

(photo du flyer)

Publié par sylvietteisback à 09:28:46 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (6) |

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Qui suis-je ?


Sylviette, bientôt 30 ans (snif), spécialiste du déménagement acrobatique.
Hier Rome, aujourd'hui Lyon, demain Pluton.

Toutes les photographies de ce blog, sauf mention particulière, sont de moi. Merci de ne pas les copier.

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