En voilà un spectacle grandiose : Coriolan de Shakespeare au Théâtre national populaire de Villeurbanne !
Caius Marcius, après avoir capturé la ville de Coriole appartenant aux Volsques, rentre à Rome et reçoit le nom de Coriolan en honneur de ses exploits. Le Sénat lui offre un poste de consul or il doit, selon les coutumes, se présenter devant le peuple et demander très humblement son support. Malgré son mépris du système et de son arrogance, à la surprise de tous, il se prête au jeu et obtient les voix du public. Or deux tribuns romains convainquent le peuple que s'il est élu, Coriolan dirigera la ville comme un tyran. Le peuple, versatile, se retourne contre Coriolan et lui retire son appui.
Sur les conseils de son grand ami Menenius et de sa mère Volumnia à qui il ne peut rien refuser, Coriolan retourne encore une fois devant le peuple de Rome. Les tribuns embrigadeurs des foules réussissent à lui faire perdre son sang-froid. En colère, Coriolan se met à insulter le peuple et cette fois il est banni de la ville.
L'histoire est intéressante, car elle présente avec une modernité étonnante les complexités et ambiguités du système démocratique. On a d'ailleurs droit à une très belle tirade de la mère de Coriolan qui offre une leçon de séduction politique que le fils, inflexible, refuse d'appliquer par volonté d'intégrité. Diffiicle de ne pas se sentir concerné par tout ça.
Pourtant, et c'est triste à dire, j'ai passé la soirée à bailler d'ennui. Effets scéniques minimalistes, mise en scène discutable, mauvaise acoustique... Diffiicle de rentrer dedans quand on doit se concentrer à mort pour entendre les tirades. Et pour couronner le tout, rien de pire que de s'ennuyer quand le spectacle dure quatre heures. Je me suis surprise à penser au boulot, à ma crémaillère de samedi, à ce que j'allais manger plus tard...
Bien sûr, je serais ravie d'entendre un autre avis, plus positif.
Photo Christian Ganet
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