Publié par sylvietteisback à 17:20:53 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (0) | Permaliens
Je ne parle jamais de ma vie familiale. Elle est assez inexistante, distance et affinités obligent, mais elle vaut parfois le coup d'être un tout petit peu racontée.
Chaque fois que je rend visite à mes parents, dans leur trou perdu de l'Yonne profonde, un étrange schéma se produit. C'est assez systématique, à l'image des expériences scientifiques répétitives visant à démontrer un phénomène récurrent.
Grosso modo, ce schéma se découpe en quatre phases.
1) J'arrive à la campagne et j'éprouve tout d'abord une sensation de renaissance. Cette profusion de nature, radieuse et généreuse, ces paysages qui s'étendent à perte de vue, ce silence (les gens aiment bien rester terrés chez eux ici) me donnent presque envie de m'asseoir en tailleur sur le perron de la maison familiale et de méditer sur la préciosité de la vie. Je me demande alors pourquoi je ne viens pas voir mes parents plus souvent.
2) Généralement, quand le premier jour touche à sa fin, j'ai un peu mal au crâne. C'est souvent lié au feu de bois dans le salon, qui me cloue très vite dans le canapé, et me fout un peu le cafard (aller comprendre, c'est peut-être parce que cela me fait penser à Noël). Une conversation avec ma mère, suivie d'un débat avec mon père conclu par un monologue assourdissant au moment du formage finit généralement par m'achever. Je vais me coucher tôt et je me dis que c'est mieux ainsi.
3) Le lendemain, après une nuit où le sommeil porte lourdement conseil, je suis souvent regonflée et plein de bonne volonté. Je ne conteste plus rien ni personne, je me rends utile, je m'applique aux tâches de la maison. Je fais en sorte que la journée passe le plus vite possible, de la façon la plus lisse possible. Je m'adapte aux coutumes locales : petit tour autour de la mare en bas du village, virée aux commissions, épluchage des légumes. Je me dis que cette épreuve est nécessairement saine et constructive, vu qu'elle m'apprend la patience, le don de soi, et qu'elle me permet en outre de relativiser bon nombre de préoccupations existencielles.
4) Puis le troisième jour, les préoccupations existencielles reviennent puissance 10. Je me sens épuisée et nauséeuse, j'en ai un peu marre de manger des pommes (ma mère va les cueillir au champs) et j'ai un vrai souci avec la lumière du salon. C'est vrai que la région est superbe et dépaysante, mais il fait quand même un peu trop froid pour moi. Et puis le silence finit pas me peser terriblement. Je vérifie dix fois l'heure de départ de mon train, pour être sûre qu'on quitte la maison au bon moment afin d'être à la gare dans les temps.
Je sais, c'est pathétique. Il y a un petit effet catharsis recherché, merci de ne pas m'en tenir rigueur. Personne n'est parfait, PAS VRAI ?
Publié par sylvietteisback à 19:13:09 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (6) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 11:57:20 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (12) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 15:12:18 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (16) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 09:28:46 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (6) | Permaliens
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Sylviette, bientôt 30 ans (snif), spécialiste du déménagement acrobatique.
Hier Rome, aujourd'hui Lyon, demain Pluton.
Toutes les photographies de ce blog, sauf mention particulière, sont de moi. Merci de ne pas les copier.
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