La première fois que je suis venue à Lyon, c'était en 1999. J'étais en
2e année de DEUG et le Celsa m'envoyait trouver un stage en dehors de
Paris (pour nous habituer à l'hostilité j'imagine).
J'y ai donc habité pendant trois petits mois, dans une résidence de la
Guillotière, bien avant que le quartier ne devienne chinois ou maghrébin. A
l'époque j'étais un peu perdue, les rues étaient en chantier (à cause
du tram) et je ne connaissais personne.
Jusqu'à ce que je me rende compte que le vivier se trouvait à l'étage
du dessus. La résidence était principalement occupée par des étudiants
étrangers, en Erasmus à la fac de Lyon, et j'ai découvert le plaisir
des fêtes internationales. C'est surtout Jason, l'Américain le plus
franchouillard que je connaisse, qui impulsait les fêtes et
faisait rencontrer tout le monde. Vu mon penchant pour le
multiculturalisme, c'est dire à quel point je tripais !
Une fois le stage terminé, j'avais gardé contact avec ledit Jason, que
j'ai revu de nombreuses fois à Paris. Et puis bien sûr Peter, le grand
blond autrichien, qui me plaisait bien à l'époque mais que j'avais
remplacé par un Lyonnais, par manque de courage ou de bilinguisme, je
ne sais plus.
Mine de rien, j'ai du garder le contact avec l'un comme l'autre
jusqu'en 2004, année où j'ai décidé de partir en Italie. Une belle
longévité de l'amitié, surtout à distance (l'un a fini par rentrer dans
le New Jersey, l'autre dans sa Vienne natale) !
Coup de théâtre : ce soir j'étais chez moi, devant mon ventilateur,
lorsque mon téléphone portable a sonné. Le numéro affiché commençait par 0043... C'était l'Autrichien ! Je me
suis alors rappelée que la Lyon que nous avions connue ensemble n'était
plus la même, et qu'il aurait sans doute beaucoup de plaisir à revenir
pour la re-découvrir.
Je n'arrive toujours pas à croire qu'il ait pu se rappeler de moi et
prendre l'initiative de m'appeler, comme ça, après des années.
Je me suis remise à parler l'anglais comme avant, un peu comme dans un rêve où l'on fait des aller-retours dans le temps.
Que l'on vive ici ou ailleurs, je me réjouis de constater que certaines personnes continuent de graviter autour de vous.
Vive les amitiés fidèles.