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<< La résistance continue | 4 jours | Tranche de brie.. euh, de vie >>

4 jours | 02 novembre 2007

Je ne parle jamais de ma vie familiale. Elle est assez inexistante, distance et affinités obligent, mais elle vaut parfois le coup d'être un tout petit peu racontée.
Chaque fois que je rend visite à mes parents, dans leur trou perdu de l'Yonne profonde, un étrange schéma se produit. C'est assez systématique, à l'image des expériences scientifiques répétitives visant à démontrer un phénomène récurrent. 

Grosso modo, ce schéma se découpe en quatre phases.

1) J'arrive à la campagne et j'éprouve tout d'abord une sensation de renaissance. Cette profusion de nature, radieuse et généreuse, ces paysages qui s'étendent à perte de vue, ce silence (les gens aiment bien rester terrés chez eux ici) me donnent presque envie de m'asseoir en tailleur sur le perron de la maison familiale et de méditer sur la préciosité de la vie. Je me demande alors pourquoi je ne viens pas voir mes parents plus souvent.

2) Généralement, quand le premier jour touche à sa fin, j'ai un peu mal au crâne. C'est souvent lié au feu de bois dans le salon, qui me cloue très vite dans le canapé, et me fout un peu le cafard (aller comprendre, c'est peut-être parce que cela me fait penser à Noël). Une conversation avec ma mère, suivie d'un débat avec mon père conclu par un monologue assourdissant au moment du formage finit généralement par m'achever. Je vais me coucher tôt et je me dis que c'est mieux ainsi.

3) Le lendemain, après une nuit où le sommeil porte lourdement conseil, je suis souvent regonflée et plein de bonne volonté. Je ne conteste plus rien ni personne, je me rends utile, je m'applique aux tâches de la maison. Je fais en sorte que la journée passe le plus vite possible, de la façon la plus lisse possible. Je m'adapte aux coutumes locales : petit tour autour de la mare en bas du village, virée aux commissions, épluchage des légumes. Je me dis que cette épreuve est nécessairement saine et constructive, vu qu'elle m'apprend la patience, le don de soi, et qu'elle me permet en outre de relativiser bon nombre de préoccupations existencielles.

4) Puis le troisième jour, les préoccupations existencielles reviennent puissance 10. Je me sens épuisée et nauséeuse, j'en ai un peu marre de manger des pommes (ma mère va les cueillir au champs) et j'ai un vrai souci avec la lumière du salon. C'est vrai que la région est superbe et dépaysante, mais il fait quand même un peu trop froid pour moi. Et puis le silence finit pas me peser terriblement. Je vérifie dix fois l'heure de départ de mon train, pour être sûre qu'on quitte la maison au bon moment afin d'être à la gare dans les temps.

Je sais, c'est pathétique. Il y a un petit effet catharsis recherché, merci de ne pas m'en tenir rigueur. Personne n'est parfait, PAS VRAI ?

Publié par sylvietteisback à 19:13:09 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (6) |

11-11-2007  22:46  11-11-2007 22:46
Quand j'étais ado...  De  Bruno, de erwanébruno  Sujet:  Quand j'étais ado... Url: [Liens]
Après le divorce de mes parents, j'avais 15 ans, toutes les deux semaines, mon frère et moi allions chez mon père, en banlieue nord (de Paris)... et on s'ennuyait à crever. Avec les études supérieures, la fac, les amants, tout ça a changé peu à peu, tandis que je voyais moins mon père. Aujourd'hui, tout va bien.
09-11-2007  21:52  09-11-2007 21:52
Cocodrillo  De  Devi  Sujet:  Cocodrillo
Pas mal le coup du "Formage". L'Italie te manque, Sylviette ?
05-11-2007  11:57  05-11-2007 11:57
A croire...  De  Amylin  Sujet:  A croire... Url: [Liens]
que nous avons la même famille et la même vision des virées en famille à la campagne... Je partage les 4 points et compatis! Sympa ton blog :)
04-11-2007  03:59  04-11-2007 03:59
Fautes  De  Romain  Sujet:  Fautes
La ma Syvia cherie, on est en pleine seance de psy! J'adore (tu connait mon attrait pour cela :-). Bisou. Romain
03-11-2007  23:14  03-11-2007 23:14
A moi aussi  De  Nicolas  Sujet:  A moi aussi
d'ailleurs. Je pense que beaucoup s'y retrouveront dans les visites à leur famille éloignée à la campagne, voire seulement en banlieue. Cette description sonne juste et authentique. Qui aurait envie de t'accompagner dans l'Yonne et de dépérir d'un ennui profond? Personne de sensé et pourtant ça nous est arrivé à tous. En tout cas, Sylviette, soit tu traverses une grave crise existentielle(en passant, peut-être la bonne orthographe t'aiderait à la résoudre!)et te retrouves donc à nouveau à la croisée des chemins, soit tu t'ennuies tellement à la campagne, que tu as décidé de nous gratifier d'une chronique par jour au lieu d'une par semaine, soit tu renoues avec les joies de la connexion à Internet et de l'autoanalyse qui permet enfin d'avancer dans la vie et de séparer le bon grain de l'ivraie. Je ne ferai pas de discours creux sur les craintes et les joies de la monotonie et de la routine quotidienne où pas mal se contentent d'enfoncer avec une autosatisfaction béate des portes ouvertes. Simplement qui est le grand artiste qui a dit qu'on devenait enfin adulte lorsqu'on pouvait réellement devenir ami avec ses parents? Ce qui arrive souvent lorsqu'on devient soi-même parent. Mais l'important est que ça puisse arriver surtout avant qu'il ne soit trop tard...
03-11-2007  17:36  03-11-2007 17:36
héhé  De  nico  Sujet:  héhé Url: [Liens]
A quelques détails près, ça me rappelle quelquechose...

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Sylviette, bientôt 30 ans (snif), spécialiste du déménagement acrobatique.
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