Quand j'ai pris connaissance du salaire de ma
chef, je me suis dit que j'étais plutôt bien lottie. Comment vais-je
faire pour demander une augmentation, si je suis l'une des mieux payées
de la boîte ?
Sérieusement, le fossé entre les salaires parisiens et lyonnais
m'effraie. Les plus grosses pointures de mon entourage professionnel
sont moins payées que mes copines franciliennes, de mon âge, qui
occupent des postes bien inférieurs. Il est vrai que quand je suis
arrivée à Lyon, j'ai demandé sans vergogne un salaire de malade qui m'a
été en partie concédé. Je n'avais aucune idée des pratiques locales, et
je me foutais bien d'être engagée ou non. A côté de cela, mes petites
collègues acceptaient des miettes en remerciant qu'on veuille bien les
prendre.
Tout aussi effrayant : le gap entre les différentes structures de
communication. Bossez en agence de pub : vous travaillerez comme deux
et vous gagnerez une misère. Bossez chez l'annonceur : le rythme sera
plus vivable et vous aurez plus de chances d'évoluer. Je parle en
connaissance de cause, même s'il y a sans doute des exceptions.
Tout ça pour dire que les inégalités sont énormes. Ce n'est pas parce
que vous exercez un métier intellectuel et considéré comme noble que
vous serez rincés.
Je crois que mes amis parisiens ne sont pas conscients de leur chance.
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