J'aime bien l'été à Lyon.
Les berges du Rhône ne désemplissent pas, c'est le règne de la tongue et du vélo, il faut réserver pour aller au resto.
Depuis que j'ai découvert les apéros jazz du Péristyle (le superbe café
en plein air de l'opéra) j'y suis tout le temps fourrée. Au niveau
musical c'est variable, mais c'est le seul endroit que je connaisse où
partager sa table avec d'illustres inconnus devient parfaitement
naturel.
Et puis je découvre toujours autant d'endroits surprenants : le glacier
des Enfants gâtés, place Sathonay, et son délicieux sorbet à l'abricot
romarin. Le lac de Villefranche, où l'on peut tranquillement nager en
dos crawlé entre deux tranches de melon. La pizzeria située à deux pas
de mon bureau, qui ne paye pas de mine mais propose une margherita aux
aubergines à tomber par terre.
Et cette ambiance à la fois moite et légère, au croisement de la rue Paul Bert et Vendôme, où tout le monde vous dit bonjour.
Publié par sylvietteisback à 21:45:21 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (3) | Permaliens
A J-10, je suis presque prête.
Mes cartons trônent fièrement dans le salon. C'est à se demander
comment tout ça a pu rentrer dans ma piaule. Il y a même une tente de
camping, des rollers et des genouillère, trace d'un passé bien révolu.
Mais comme nous sommes trois à quitter l'appartement, et chacun dans
des circonstances différentes, la tâche est bien plus compliquée que
dans un déménagement normal.
Jeudi, c'est elle qui partait. Nous avons vidé le bac à couvert par
terre pour se partager les fourchettes et les cuillères. J'ai pris les
flûtes à champagne (on ne se refait pas), elle a pris les coupes de
fruits. J'ai pris les mini verres à shot (on ne se refait pas), elle a
pris les verres à eau.
Cet après-midi, c'est lui qui partait. Son pote s'est désisté au
dernier moment et moi je passais par là, je me suis donc retrouvée à
porter la table en bois la plus lourde du monde et à empaqueter une
chaîne hi-fi qui ne m'appartient pas. Je n'avais bien sûr aucune
réticence à lui filer un coup de main, il y en a bien qui le font pour
moi.
Mais moi qui déteste les déménagements, on peut dire que je suis servie !
Le pire est que je me suis flanquée un tour de reins. Pas en portant la
chaîne hi-fi, non non, simplement en me baissant pour ramasser du
scotch et des ciseaux. J'ai encore un mal de chien en écrivant ce post.
Même pas trente ans et déjà bonne à jeter.
Maintenant, ma préoccupation est : comment tenir encore 10 jours sans
frigo ni micro-ondes ? Il fait 30 degrés, je sens que la semaine va
être longue.
Publié par sylvietteisback à 20:22:06 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (5) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 22:14:59 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (5) | Permaliens
C'est l'idée géniale et saugrenue d'Erwin Wurm, en ce moment au Musée d'art contemporain de Lyon.
Vous avez peut-être déjà découvert cet artiste autrichien il y a
quelques années, au Palais de Tokyo, avec ses étonnants "fat car" et
"fat house". Cet été, le MAC propose une importante rétrospective de son
travail, avec plus d'une centaine d'oeuvres toutes aussi loufoques et
décalées.
Ce que j'aime le plus dans les installations artistiques, c'est de
savoir qu'elles sont le fruit d'une idée, dont la matérialisation revêt
une apparence différente d'un endroit à l'autre. Ainsi l'artiste
s'approprie les lieux, s'adapte à leur configuration pour mettre en
scène son travail, puis remballe le tout pour laisser la place à une
autre exposition. L'oeuvre est donc unique et éphémère.
Pour revenir à l'expo d'Erwin Wurm, je dois dire que j'ai bien apprécié
sa proximité avec le public. Plus accessible tu meurs. Et en plus c'est
drôle, ce qui ne gâche rien ! L'artiste propose notamment une vision
originale de la sculpture dans laquelle des actions humaines
habituelles sont modifiées, décalées, ou détournées pour un bref
instant : un homme accroché à un panneau, un autre dont la tête
s'appuie contre un mur séparée par une boîte de conserve, une femme
allongée sur des pommes, etc. Les photos font sourire, les vidéos aussi
(imaginez-vous de devoir tenir allongé sur une poutre en bois, dans le
même sens et sur le flanc !).
Je me suis carrément tapé un fou rire en lisant des inscriptions au
sol, à côté d'objets divers et variés, invitant le public à participer :
"Prenez ce manche à balail, faites-le tenir entre vos fesses et le sol, puis lévitez"
"Ouvrez votre braguette, prenez cette peluche Porcinet et glissez-là
dans votre pantalon, tenez-vous bien droit et pensez à la peur"
Aller une dernière :
"Prenez cet élastique, glissez-le entre vos orteils (déchaussez-vous préalablement) et pensez à Spinoza"
Bien sûr, ce regard insolite, insolent et auto-dérisoire sur le monde
induit une réflexion sur la subjectivité et flirte avec la philosophie.
Mais même si comme moi vous n'en captez pas toutes les subtilités, vous
passerez au moins un excellent moment.
Dépêchez-vous, l'expo d'Erwin Wurm ne dure que jusqu'au 5 août.
Publié par sylvietteisback à 21:33:35 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (3) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 14:54:19 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (3) | Permaliens
Sylviette, bientôt 30 ans (snif), spécialiste du déménagement acrobatique.
Hier Rome, aujourd'hui Lyon, demain Pluton.
Toutes les photographies de ce blog, sauf mention particulière, sont de moi. Merci de ne pas les copier.
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