Cette série de 18 courts-métrages dédiés à l'amour sur fond de quartiers parisiens m'a comblée de bonheur. J'y suis allée sans grande conviction, parce qu'on sait bien que ce genre de film tourne souvent au fourre-tout, or j'ai passé un excellent moment.
J'aime Paris et sa diversité. Je comprends qu'un étranger puisse s'en éprendre, cette ville possède une âme véritable. Pour ceux qui, comme moi, se sont déjà retrouvés dans une situation d'expatriation, "Paris je t'aime" prendra peut-être encore plus de sens. Le dernier court, le meilleur selon moi, est l'illustration parfaite de ce que j'ai vécu en m'exilant en dehors de nos frontières. Intitulé "14e arrondissement" et réalisé par Alexander Payne, il suit le séjour d'une vacancière américaine venue seule à Paris pour quelques jours. Elle a quarante ans, sans mec ni enfants, et se réjouit de chaque minutes de son trip solitaire tout en regrettant de ne pas pouvoir le partager avec quelqu'un d'autre. En fait c'est très drôle, parce qu'elle parle le Français avec un accent américain à couper au couteau (elle confond au passage la tombe de Simone de Beauvoir avec celle de Simon Bolivar) et formule ses états d'âme avec une simplicité désarmante. Puis elle s'assoit dans un parc, avec son gros sandwich, et se sent soudainement envahie par de la tristesse mêlée à de la joie. Le spectacle qui s'offre à elle (Paris, ses gens, son âme) et le sentiment de vivre quelque chose d'exceptionnel lèvent le poids de sa solitude. En même temps que les larmes lui montent aux yeux, elle espère que Paris l'aime autant qu'elle l'aime et éprouve pour la première fois la sensation d'être vivante. Raaahhhh j'en avais des frissons !
Enfin bref, ce passage ultime du court-métrage m'a plongé dans un profond émoi. J'ai beaucoup aimé aussi "Place des fêtes", "Tour Eiffel", "Place des victoires" et "Le Marais", qui font résonner en moi des souvenirs et références personnelles.
A vrai dire j'y ai pensé toute la soirée, cela faisait bien longtemps que le ciné ne m'avait pas fait autant plaisir.