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20 secondes | 27 février 2009



Jusqu'à présent, j'ai toujours clairement distingué le taf de ma vie privée. Je n'emmène jamais de travail à la maison (je préfère rester au bureau jusqu'à minuit s'il le faut) et le week-end je décompresse totalement, jusqu'à en oublier ce qui m'attend au boulot le lundi matin. Lorsqu'il m'arrive de passer en bus dans le quartier de ma boîte, le samedi après-midi par exemple, je tourne la tête au moment fatidique de passer juste devant le portail ! Comme s'il s'agissait d'éviter toute mauvaise pensée ! Bref, ça me va bien d'avoir une petite distance entre mon taf et mon appart. Surtout que jusqu'à présent, cette distance était matérialisée par un pont qui me permettait de passer symboliquement d'un monde à l'autre sans équivocité.

Le problème est que ma boîte a déménagé. Aujourd'hui. Et dire que mon taf s'est rapproché de chez moi n'est qu'un doux euphémisme. Elle siège maintenant dans la rue parallèle à la mienne, à exactement 20 secondes à pied. Vie de merde.

Au premier abord, cela peut sembler une bonne nouvelle. A partir de lundi, je gratterai un quart d'heure de sommeil le matin. Je pourrai remonter chez moi à tout instant si je me sens mal ou si j'oublie un truc. Je pourrai monter me changer
si je me salis ou si j'apprends que j'ai un rendez-vous client imprévu. J'aurai la possibilité de faire des courses vite fait entre midi et deux et de tout déposer direct dans mon frigo. Si j'héberge une amie, je pourai lui remettre les clés en mains propres. Etc.

Pourtant, je ne peux m'empêcher de voir ce changement comme le début d'une descente aux enfers, un enfer où la limite entre contrainte et plaisir se brouillera, pour finalement me plonger dans une perplexité permanente. Est-ce que mon quartier restera MON quartier ? Est-ce que je serai capable de passer sous la fenêtre de mon bureau sans être inondée de mauvaises pensées ? Est-ce que j'arriverai à quitter le boulot à des heures raisonnables le soir en sachant qu'il me suffit de faire 50 mètres pour rentrer me coucher ?

En même temps, je m'en veux un peu d'avoir ce genre de pressentiment alors que certains de mes collègues vont devoir se taper une demi-heure de trajet supplémentaire pour venir bosser.

J'étais à deux doigts de changer de travail mais finalement ça n'a pas marché. Et vu la crise et la mollesse du marché de la com en ce moment, je sens que l'occasion ne se représentera pas de si tôt.


C'est pénible, à la longue, d'être tout le temps à deux doigts de changer les choses.

Publié par sylvietteisback à 18:21:30 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (3) |

04-03-2009  16:32  04-03-2009 16:32
tu  De  Jane...  Sujet:  tu
t'habilles quand même? :)
04-03-2009  16:15  04-03-2009 16:15
ah  De  sylviette  Sujet:  ah
j'ai trouvé un autre avantage aujourd'hui : plus besoin de mettre mon manteau le matin...
02-03-2009  10:35  02-03-2009 10:35
Qu'une chose  De  Julie  Sujet:  Qu'une chose
à dire: ben merde alors... Pour tout. et une bises, pour le paquet cadeau...

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