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Parait qu'Atchoum Tuladanlos écoute des chansons à texte ..ben comme le matou est généreux...vais lui en mettre ; des fois que ça l'aiderait à vous foutre la paix..on ne sait jamais | 25 juillet 2008
Le problème c'est qu'il ne doit pas écouter les bons.
"Barbelavie et Mireille Monpieux" c'est pas de la vrai chanson à texte.
Tandis que le vieux Ferré... ça c'est du texte....qui en a...
Bon on y entre pas comme chez "Enrico Poï-Poï" faut, comme dit Ernest, être dans un état cool et se décoincer le cigare.
L'a qu'à se fumer un "pète " au besoin....c'est "karla " qu'a la rouleuse!
Et puis ça calme les agités.
Moi je ne peux pas: ça me fait tousser et hérisser les "poils du cul"...
C'est la chaleur qui me donne envie de déconner les crabouifs
Allez une autre petite pour les pouètes pouètes
J'ai lu qu'il y en a qui ont des blogs ici
-Tu aimes la poésie Max..je croyais que ?
Tu veux parler de Guili-guili pouète-pouète Lepazonète... !
Lui c'est totalement bidon..il fait du copier coller pour faire marcher la boutique.
Pô tout ça "Misique les crabouifs:
Puisque j'en étais aux cadeaux à Atchoum et comme il a décidé de faire
la chasse à tout ceux qui de près ou de loin ne lui plaisent pas parce
que pauvres ou venus d'un peu partout.. ; qu'ils viendraient "mônger
l'pain des Frinçoués"..
Je pense en particulier à tout ces nomades qui ont sillonné depuis des siècles votre vieille europe
Puisqu'à eux aussi il leur fait la chasse ainsi que son pote Berlouzekonnerie de l'autre côté des alpes..
Une tite dernière dédiée à tout ces éternels voyageurs mal connus, mal aimés, chassés de tout temps
..ça c'est des textes..tu vois ma poule: autre chose que D Barbelavie et Doc Ginémou!
Ecoute plutôt :
Ok
On sait! Vous n'etes pas fins les crabouifs mais tout n'est peut-être
pas totalement perdu. "Mattez" plutôt cette vidéo trouvée chez une
copine
Hier j'avais comme d'hab une méga flemme alors pas d'article ;
juste un long commentaire où, une fois n'est pas coutume, je râlais!
- Tu te fous de notre gueule Max?
Oui pourquoi?
Je râlais et voilà ce que je disais en guise de conclusion à propos de la polémique concernant l'éviction de Siné de Charlie: 19/07.2008
Ouh lààààà!
Nom d'un matou en rut!
Zètes allés voir dans la presse (Rue 89 ; le nouvel obs etc etc) ?
A lire: les articles à propos de l'éviction de Siné.
Les commentaires y sont intéressants et révélateurs dans le style
thermomètre qu'on vous mettrait dans le...(avec un peu de recul..tout
de même)
La connerie a encore de beaux jours devant elle.
Certains vont jusqu'à dire que Siné est un facho
Parce qu'il est pote avec Dieudonné qui est au FN (ou presque).
Une "autre tache" déclare qu'il est croulant.. sénile
Mes pelotes oui!
L'est en pleine possession de ses moyens le crabouif (pas le cas de l'abruti qui a dit cela)
Vous touchez presque l'infini les crabouifs en matière de connerie
Continuez à être aussi "cons" et vous n'êtes pas prêts d'arrêter de vous "foutre sur la gueule pour des vétilles
Les marchands d'armes et tant d'autres doivent se frotter les mains
ainsi que les deux crétins réacs ici qui alimentent le feu avec leur
blog débile..
Qui?
Démerdez-vous.
Trouvez tout seuls..je ne ferai pas de pub à ces deux tarés!
Le nouvel obs devient une excellence en matière de torche cul avec
l'autre pomme (le Seymour du N.O.) promu rédacteur ou je ne sais quoi
au JDD
Il peut être fier c'est un bon larbin ; une excellentissime "lèche fion" du pouvoir
Calomniez calomniez..plus le mensonge est gros....etc etc...
Avant on avait les "enculeurs de mouches"..maintenant ce sont "les niqueurs de protons" par réaction en chaine!
Comme quoi ..
Pour en revenir à la polémique dont il est question.
Toutes les religions sont bonnes à prendre avec des pincettes et ne devraient pas franchir la sphère de l'intime.
La croyance mise au service de la politique a tellement servit à
alimenter et à justifier toutes vos crapuleries depuis des siècles et
des siècles qu'il y a longtemps que vous devriez avoir pigé qu'on vous
berne
Comme disait un autre ami des matoux et ami de Siné
.."et le singe devint con!"
(à lire le bouquin de François Cavanna ; si vous ne connaissez pas ; jeunes crabouifs)
Je comprends mieux pourquoi vous avez élu Atchoum Tuladanlos premier.
Zètes dans un sacré état!
Vous contenterez de ça aujourd'hui..
La flemme d'écrire un article et j'ai dix milles siestes de retard
Oui une feignasse!
Et j'en suis fier!
Allez tous vous faire crabouiffer!
Demain ce com me permettra d'introduire mon prochain article!
Bien foutu hein?
Comme quoi sieste et roupillon valent mieux que sabre et goupillon ; ils sont affaire de santé publique
Bon souère c'était la "pônsée" du souère!
Sacrément torché..
Oui je m'auto congratule..me fais tout seul mes papouilles...
..pour l'introduction (des papouilles..non mais qu'est- ce que vous croyez?)
Minette matou fera le reste
Oui.. c'est un cochon..le matou 20/07/2008
Oui bon...
De quoi rendre pessimiste le plus joyeux des matoux dans ce que je disais hier dans le com.
Ce matin donc ; de très bonne heure, à l'heure où les matoux sont déjà levés tandis que tu roupilles:
Ben ... surprise!
En allant me balader chez les minettes ; je me suis arrêté sur le blog d'une copine et voilà ce que j'y ai trouvé.
De quoi redonner de l'espoir au vieux ronchon et...
Comme quoi vos enfants sont plus sages que tout ces vieux cons-crabouifs ..
Mattez vous-même:
Si la vidéo n'apparait pas cliquez ici
Je lui en veux à la petiote..
Vous marrez pas..
J'en ai versé une larme...
De joie!
C'est trop con quand même!
-Ben Max..je le savais ; derrière ton côté bourru..
TA GUEULE JEAN-JACQUES FOULAMED
GRRRRRRRRRRRRRRRRRR
Tout n'est pourtant pas si simple.
Faut beaucoup de temps pour que les plus concernés se bougent le "fion".
Je parle de tout ceux à qui s'adresse la môme
Ce message d'espoir date de 1992
Seize ans déjà!
ô combien d'actualité en ces temps moyen-âgeux
La vidéo en question et son message devraient continuer à faire son chemin pour vous éveiller les crabouifs
Dans très peu de temps..
Il sera trop tard
Faut se réveiller fissa..le bosser plus pour gagner plus n'est plus d'actualité...
Ce qu'il faudrait c'est bosser moins mais bosser mieux
Non?
Surtout redistribuer ce que certains s'accaparent
Nous sommes tous concernés en fait
A quoi bon accumuler dans quelques mains des richesses équivalentes à des siècles d'années payées au smic
A quoi bon amasser inutilement si c'est pour gaspiller et bousiller notre planète
Il est temps de mettre fin au carnage
Observez le désastre..nom d'un crabouif
Raz les pelottes de vos vues à court terme !
Le capitalisme et vos dictatures à la con font crever la planète.
Alors faites la regarder autour de vous cette vidéo si, comme moi, elle vous a touché!
Peut-être l'avenir des crabouifs viendra des enfants comme le dit la jeunette (qui doit avoir la trentaine aujourd'hui)
Vous êtes tous des enfants
Nous sommes tous des enfants de quelqu'un.
De l'espoir peut-être mais faudrait faire vite...très vite....
Il y va de la survie de tous
On parle de crise planétaire... personnellement je pencherai plutôt pour CHAOS PLANETAIRE
N'attendez pas de là haut ni de ses agences de presse/commerciales... c'est sur répondeur absent!
C'est en chacun que ça se passe "nom d'un crabouif à poil"
Rien n'a changé..pour cette génération de crabouifs
Chansons ringardes
Forains
Défilé de pancartes publicitaires montées sur pédales
Et toujours les mêmes barriques avinées, rougeaudes et caractérielles qui font la circulation.
-Pourquoi tu dis caractérielles
C'est simple !
Imagine la vieille caisse d'Ernest et moi trônant derrière conduit par mon chauffeur perso.
On vient de faire une balade pour ne pas entendre leur haut parleur "alakon" (c'est la marque.!)
Ah mais... erreur grossière.
Il n'aurait pas fallut revenir trop tôt parce que les barriques
commencent à avoir soif et, chaleur faisant, ça commence sérieux à leur
monter au citron.
La caisse d'Ernest arrive donc au carrefour.
L'autre crabouif se régale:
-On ne passe pas faut que vous fassiez un détour que vous preniez la route de "machintruc" pour contourner
Ernest qui commence à connaître:
-Ben non ça fait au moins 5 KM de détour
- Si... c'est comme ça... vous ne passerez pas!
Résignés ; nous le faisons son détour à la barrique!
L'était pas à prendre avec des pincettes mon crabouif..une fois de plus
Un second contrôle à l'arrivée..
D'autres crabouifs un peu moins avinés nous proposent de prendre tout droit
Ernest du coup était un peu méfiant
- vous êtes sûrs?
- mais oui, mais oui allez y!
Troisième carrefour...
Le pompon c'est là qu'on l'a décroché!
Les guirlandes à fannion bien pires que pour le premier carrefour
pas des barriques cette fois ..des TONNEAUX!
-Non faut faire le tour du village une autre fois et prendre le même chemin que les coureurs
Ernest:
- Vous n'allez pas bien... j'habite à cinquante mètres... juste derrière vous!
- C'est pour la sécurité c'est non!
L'avait pas totalement tord le tonneau .
Valait mieux être prudent.
Tu suis ou quoi? ..
Je t'ai dit..pire que le premier..alors: imagine un tonneau couleur tomate..dans un état proche du coma ethylique
-Pourquoi tu dis qu'il n'avait pas tord?
Impossible de prendre en compte une traversée de carrefour.. et puis
les autres, ses potes ; ils avaient envie de buller et surtout de faire
chier Ernest.
Dans l'état ou il était ..il devait voir comme Bernadette à Lourdes.. des bi-routes!
C'était l'année dernière, cette histoire!
Cette année que nenni de balade en caisse...il a décidé Ernest le crabouif!
Aujourd'hui il s'est remis au taï chi..balade en forêt etc
Moi je l'ai suivi de loin...hilare..
Ben oui il te prend de ces poses.... un spectacle unique.
N'empêche il a de sacrés "biscottos"
Comme le matou sur la photo en dessous... enfin presque..:
Il avait une de ces pêches tout à l'heure.
Au point qu'à notre retour il vise du regard le fameux tonneau qu'était
juste à 50m de notre bicoque comme l'an passé...l'avait pô bougé... dis!
Ernest fixe "le pot à pinard" et lui fait de magnifiques doigts d'honneur.
L'autre qui a totalement oublié depuis l'année dernière, vu son état à l'époque ; il n'a rien tilté
Ce n'est pas faute d'insister..
Ernest lui a joliment présenté son annulaire tendu, poing fermé... à 3 ou 4 reprises...
L'autre est resté comme une grosse courge sans aucune réaction
Inutile de vous dire que j'étais mord de rire.
Je vous ai dit un spécimen ..Ernest
Voilà la fraction du pays dans toute sa profondeur qui a élu Tuladanlos premier l'an passé.
Dans leur tête ce n'est même pas les années cinquante mais carrément Vichy.
Avec eux faut s'attendre au pire et puis si sa majesté va encore plus loin dans la scélératerie..ils en seront que plus ravis
"Ben on en a "chié" dans not'jeunesse ..normal que les générations qui
nous ont suivi subissent la même chose voire pire..on leur donne
trop..faut tout leur retirer..bien fait pour leur gueule"
Il est sûr qu'avec de telles raisonnements l'humanité va faire un grand pas....
Vers la tombe sans aucun doute!
Ils veulent vous enterrer avec eux...
Si c'est aussi ce que veut Atchoum Tuladanlos Premier
Non..merci sans façons!
Affligeants ces crabouifs!
Quand je vous disais que Matouland était le pays des enterrements..
Croyez-moi je ne plaisantais pas.
D'ailleurs l'ancien maire s'appelait Arthur Lambaumé...
ça ne s'invente pas ça!
Toute la famille règnait en maîtresse sur le patelin depuis des lustres.
L'ancien maire a démissionné l'année dernière pour cause de préparation de son dernier voyage
Du paysan au croque mort toutes les "corpos" étaient représentés chez
les Lambaumés...avec un petit relent mafieux dans tout ça.
Il parait qu'ils sont tous originaires de "Grand-Pinard et Combines" c'est en Bourgogne je crois.
Je ne sais pas comment ils ont atteri ici mais ce sont de grands
fossoyeurs et toujours du bon côté du "manche".....ces crabouifs de
Grand-Pinard
Hommage à Siné un vieux pote des matoux et grand combattant de la connerie...
Dernières minutes:18/07/2008A lire aussi sur rue 89 une lettre ouverte de Guy Bedos: "Val est à Charlie ce que Sarkozy est à la France"et puis Siné sur le nouvel obs
17/07/2008 à 15h10:Assignation du journaliste Claude Askolovitch Dans
un communiqué envoyé jeudi par son avocat à l'AFP, Siné annonce sa
décision "de déférer au tribunal correctionnel de Paris du chef de
diffamation le journaliste Claude Askolovitch et tous ceux qui, en le
traitant injustement d''antisémite' et d''ordure', ont provoqué son
licenciement par Charlie Hebdo et ruiné l'engagement de toute une vie
en faveur de la tolérance, de la liberté d'expression et de l'égalité
entre les usagers de la planète Terre".
Quelques documents pour faire connaitre (à ceux qui ne le
connassent pas ou l'ignorent)ce grand amoureux des chats victime
permanente et combattant de la connerie.(l'arrête pas le papy crabouif
de se faire virer de partout... mais il peut en être fier c'est
toujours par des cons)
Pourquoi cet hommage?..
Parce qu'il vient de se faire virer de Charlie et que ça me gonfle de
ne plus pouvoir lire chaque semaine sa rubrique "Siné sème sa zone" à
cause d'un rédacteur opportuniste aux amitiés choisies souvent
douteuses.
Un grand retourneur de veste et confectionneur de costards à la con.
Ce petit dictateur n'est même pas foutu de commettre seul ses
magouilles "purgatrices": il a fait appel à un pseudo-journaliste grand
brasseur de rumeur malodorante qui a sévit sur ce site ( Claude
Askolovitch pour ne pas le citer) pour exécuter ses basses oeuvres de
nettoyage.
Assez de bavardage avec ce qui vient vous avez de quoi lire !
Merci Siné d'exister et de foutre ta zone
T'es un vrai papy pour tous les matoux enragés
Vit encore longtemps vieux crabouif!
On t'aime DOCS:
Siné, né Maurice Sinet, est un dessinateur et caricaturiste politique
né à Paris le 31 décembre 1928, régent du Collège de Pataphysique.
Biographie
Il passe son enfance à Pigalle dans le quartier de la Goutte d'Or, lieu
dont il gardera un esprit rebelle. Le sort de son père, Laurent Sinet,
condamné plusieurs années aux travaux forcés, contribue à sa distance
critique envers l'État, la Justice et la Police.
À quatorze ans, il entre à l'École Estienne et y étudie le dessin et la
maquette. La nuit, il gagne sa vie en chantant dans les cabarets.
À son retour du service militaire, qu'il passe en grande partie en
prison, il commence à dessiner et fait des retouches sur les photos des
revues pornographiques de l'époque. Il publie son premier dessin dans
France Dimanche en 1952 et reçoit le Grand Prix de l'Humour Noir en
1955 pour son recueil Complainte sans Paroles.
C'est sa série de dessins sur les chats qui le lance définitivement, il entre alors à L'Express comme dessinateur politique.
Il exprime ses opinions anti-colonialistes pendant la guerre d'Algérie.
Alors qu'il remplace brièvement François Mauriac au bloc-note du
journal lorsque ce dernier devra s'absenter pour raisons de santé, ce
"débloque-note" vaut à L'Express de nombreuses lettres indignées de ses
lecteurs et obligera Jean-Jacques Servan-Schreiber à publier une lettre
d'excuses en première page du journal, ce qui n'arrangera pas ses
relations avec Siné, celui-ci continuant à publier des dessins engagés
dans le journal. Siné ne sera jamais censuré mais aura à faire face à
de nombreux procès, défendu par Jacques Vergès, alors avocat du FLN. Il
quitte l'Express en 1962 pour créer son propre journal Siné Massacre où
il exprime alors son anticolonialisme, anticapitalisme,
anticléricalisme et son anarchisme.
En mai 1968, il fonde L'Enragé avec Jean-Jacques Pauvert. En 1981, il
rejoint l'équipe de Charlie-Hebdo avec sa rubrique Siné sème sa zone et
en 1981 Michel Polac fait appel à lui pour l'émission Droit de Réponse
sur TF1.
À la suppression de l'émission en 1987 en raison d'un dessin (de Wiaz)
annoté d'un : Bouygues, une maison de maçon, un pont de maçon, une télé
de m..., il passe à L'Événement du Jeudi avec Loup.
En 1992, il reprend sa rubrique Siné sème sa zone à la reprise du
nouveau Charlie Hebdo, non sans quelques heurts avec la nouvelle
direction.
En 2004, il soutient la liste Euro-Palestine aux élections européennes
de juin 2004. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination
française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.
Grand amateur de jazz, il a illustré de nombreux livres sur le jazz, ainsi que des pochettes de disques.
Certains de ses dessins ont aussi été parfois utilisés pour
l'illustration de la page de couverture d'ouvrages comme, par exemple,
Parents contre profs du journaliste Maurice Maschino, parce que le
dessin permet d'un coup d'œil une approche parfaite du contenu : on y
voit (avec à l'arrière-plan un tableau noir où est tracé "à bas
l'aicole !") un prof couché sur le sol, manifestement occis par un
jeune élève et son père, levant tous deux le bras gauche en signe de
victoire et posant le pied gauche sur le corps de leur "adversaire
vaincu".
L'anti-militariste
"Pourquoi il ne faut pas déserter : parce que c'est choquant, indécent,
culotté, effronté, pas beau, irresponsable, irrespectueux, dégradant et
puis surtout ça fait des trous dans les rangs." Extrait de la revue
L'Express - 1960
La religion
Siné a toujours affiché un athéisme militant.
"La religion m'énerve. C'est de l'obscurantisme, ça rend les gens
idiots. La soumission enlève le libre arbitre et impose des tabous. Je
n'ai jamais cru en Dieu. Ça m'a toujours paru infantile. Mais ce n'est
pas le fait que les gens croient qui m'énerve, c'est le prosélytisme,
cette façon de nous faire partager des trucs saugrenus. Les curés, les
rabbins, les ayatollahs inculquent des choses fausses aux enfants.
La religion devrait être quelque chose de personnel."
"Je vois d'un meilleur œil les religions orientales, par exemple l'hindouisme.
Je trouve amusantes l'idée de renaître et leur représentation des
dieux. Je n'y crois pas, mais ça me choque moins. Et j'adore les
gospels. Ce qui me plaît, c'est la façon dont chantent les noirs
américains, pas l'aspect religieux."(Interview au site internet
www.esj-lille.fr)
Le 11 juin 2008, Siné avait publié, également dans Charlie Hebdo, une
chronique violemment contre l'islam qui ne provoque pas de remous
éditorial :
« J'avoue que, de plus en plus, les musulmans m'insupportent et que,
plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier,
plus j'ai envie de leur botter violemment le cul ! »
En 1982, Pierre Desproges, dans un réquisitoire de l'émission de France
Inter, Le Tribunal Des Flagrants Délires, attaque Siné, ses critiques
et ses convictions : « Vous êtes de ces pacifistes bardés de grenades
et de bons sentiments prêts à éventrer quiconque n'est pas pour la
non-violence. ». Et, du même, « Siné possède la particularité
singulière (bonjour les pléonasmes) d'être le seul gauchiste
d'extrême-droite de France. »
Éviction de Charlie Hebdo
Dans une chronique publiée le 2 juillet 2008, Siné écrit à propos de Jean Sarkozy:
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller
général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son
procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a
même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce
n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme
avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de
Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »
Ce texte déclenche une vive polémique lorsque six jours plus tard,
Claude Askolovitch dénonce sur RTL « un article antisémite dans un
journal qui ne l'est pas », tandis que Philippe Val promettait de
condamner le texte de Siné dans son journal.
Siné, après avoir rédigé une lettre d'explications et d'excuses à
paraître, se rend compte que Philippe Val voulait publier conjointement
un texte que Val voulait faire signer par toute la rédaction - une
partie refusera, dont Michel Polac, et le texte ne sera pas publié -,
ce qu'il considère comme une « une pétition contre lui ».
Il trouve cela « dégueulasse » et refuse donc de publier ses
excuses. Philippe Val lui annonce alors son licenciement, le 15 juillet
2008[1]. Dans sa lettre d'excuses qui ne paraîtra pas, il explique que
c'est la conversion à une religion, quelle qu'elle soit, qu'il
condamne, ainsi que ce que « la fascination de la famille Sarkozy pour
le fric ».
Il déclare aussi comprendre que son billet puisse être mal interprété,
reconnaissant qu'il pouvait y avoir ambiguïté et s'excuse en
conséquences aux lecteurs qui l'auraient compris ainsi[2].
Philippe Val explique la vigueur de sa réponse et le renvoi de Siné
pour éviter un procès qu'aurait pu intenter la famille Darty contre
Charlie Hebdo.
Marianne en ligne explique que cette affaire est en partie due au
mauvais climat qui règne à Charlie Hebdo, évoquant des conflits
éditoriaux entre Philippe Val, Cavanna, Michel Polac et Siné sur le
soutien qu'a affiché Philippe Val pour l'avocat du groupe
Clearstream[3].
Siné, c'est Siné massacre, L'Enragé, la révolte au coeur et le coeur de
la révolte. Voici pour Hermaphrodite en direct de Noisy-le-sec, un
entretien avec Siné, l'un des plus grands dessinateurs français...
Dans Ma vie, mon œuvre, mon cul... , parlant de la seconde Guerre
Mondiale, vous écrivez : « c'était une époque à chier, gâchée, foutue,
funèbre et dramatique, mais je n'avais que quatorze ans et demi et,
malgré le marasme ambiant, je réussissais à bien me marrer avec mes
nouveaux copains d'école. » Est-ce que Hara-Kiri n'est pas le
prolongement logique de cette guerre des boutons ?
Siné : Je ne sais pas. J'ai pris Hara-Kiri en marche. Je n'étais pas là
au début. C'est Reiser qui m'a tanné pour que j'y aille. Je ne sais pas
pourquoi, je n'étais pas très chaud pour y aller. Je trouvais que ce
n'était pas assez politique et que ça déconnait trop. Et je trouvais
que ce n'était pas assez de gauche. J'avais sûrement tort. C'est Reiser
qui m'a dit, de toute façon on te foutra la paix. Moi je me méfiais un
peu, je les trouvais un peu écolos, peace and love.
Ce n'était pas mon truc. D'ailleurs la première fois, j'ai fait un
papier sur le Portugal, et crac, Cavanna m'a censuré, parce qu'il
trouvait que c'était un appel au meurtre. Parce que j'avais dû dire
qu'il fallait flinguer les flics, la police portugaise, le PID, etc.
Finalement, je lui ai dit, si tu me censures, je ne viens plus... c'est
mon premier et dernier essai.
Donc il ne m'avait pas censuré, mais il avait rajouté en surimpression
rouge l'inscription « je ne suis pas d'accord avec Siné ».
Pause : interruption téléphonique...
Siné répond à Oncle Bernard qui fait l'intérim de Val à Charlie-Hebdo...
C'est Oncle Bernard, c'est lui qui remplace Val quand il n'est pas là
Dans ce numero, je réponds à Charb qui a encore fait un truc contre les
fumeurs. Il chie sur les films noirs des années trente, quarante, où il
y avait Humphrey Bogart, et ou tout le monde fumait parce que les gens
fumaient.
J'ai donc dis, libre à lui de préférer les cow-boys qui n'ont plus
besoin de leur monture pour se chevaucher, plutôt que les films noirs
et un peu machos.
Il a peur d' avoir un procès... c'est pas insultant... ils sont cons franchement...
Siné va refaire son dessin et enlever le mot « homo » pour adoucir son propos .
Avec moi, ils marchent toujours sur des œufs. Je suis finalement,
respecté, mais ça se mérite, ce n'est pas inné, il faut entretenir tout
ça (rires). Il faut être vigilant (d'un ton décidé). Cette semaine,
j'annonce un rassemblement pour la libération de militants d'Action
Directe et quand ils m'ont téléphoné, je croyais que c'était pour ça.
Parce que Val déteste ces mecs-là. Ils entament leur vingtième
anniversaire de prison le 21 février.
Nathalie Ménigon, ils l'ont laissée sortir... elle est morte...
Oui, et là il en reste trois, il y en a un qui est dingue. Moi, j'y vais parce qu'on m'a demandé de prendre la parole.
Revenons sur la période Hara-Kiri...
Oui, ça a commencé assez mal, puis ils m'ont foutu la paix. Mais
partout où je suis passé, j'ai toujours eu des problèmes de censure.
J'en ai eu à l'Express, à Rouge, à l'Huma... A part Charlie où je tiens
le coup, mais c'est souvent assez tendu avec la rédaction...
Oui, mais tu restes un pilier du journal...
Ben ouais, ...Sur Israël, ils gueulent presque à chaque fois. Il y a
des sujets tabous. Sur les curés ça va, sur les musulmans, ça va aussi.
Heureusement, j'ai quelques sujets où je peux y aller.
Mais il y a des trucs où je ne peux pas. Sur les homosexuels, ils sont très pointilleux.
C'est très difficile aujourd'hui de faire de l'humour. Tout est passé
au peigne fin. Est-ce que ce n'est pas anti-ça ou... merde !
Après tout on a le droit de secouer les gens, même si ça choque,
qu'est-ce qu'on en a à foutre, à condition de ne pas être raciste ou
ordurier.
Ça me paraît logique. Tout le monde devrait se faire engueuler. Les
intellos comme les autres ! Même les prolos ! Quand ils votent Le Pen,
je ne vois pas pourquoi je dirais, ah ce n'est pas de leur faute, c'est
un vote de protestation.
Mon cul, c'est un vote de connards, il faut le dire. Mais maintenant,
tout est tabou, il faut faire gaffe à tout. Ça m'horripile, mais ça
devient de pire en pire.
En même temps, est-ce qu'il n'y a pas, pour les dessinateurs, une sorte
d'immunité qui fait qu'il peuvent y aller presque en roue libre, car
celui qui prend derrière, c'est le directeur de publication ?
Pour la justice, je ne suis que « complice ». Le vrai responsable,
c'est le mec qui m'a publié. Là où j'avais un problème, c'est quand je
faisais Siné-massacre car j'étais aussi directeur de la rédaction. J'ai
été inculpé deux fois.
Un coup, le juge me recevait comme complice, la semaine suivante, il me
recevait comme directeur de la publication, en me demandant pourquoi
j'avais publié ce dessin.
Je lui disais parce que j'aime beaucoup les dessins de Siné, ils me font marrer.
C'était vraiment Alfred Jarry, la folie (rires). Finalement, j'ai été
condamné et j'ai perdu le droit d'être directeur de la publication.
Là j'étais peinard. Mais c'est vrai que lorsqu'on fait ça soi-même, on
peut dérouiller assez vite. Alors que là, j'ai un procès en ce moment
avec les harkis. Ils me poursuivent encore mais c'est l'avocat de
Charlie qui se démerde.
Tu as déjà été condamné en ton nom propre ? Sur la période Siné-massacre ?
Oui, avec l'Enragé aussi. A Siné-massacre, je payais tout. A l'Enragé,
c'était Pauvert. Ils m'ont accusé d'avoir écrit « CRS=SS » (rires) Je
disais: mais on peut lire ça sur tous les murs. Ils avaient trouvé que
l'écrire dans un journal, c'était scandaleux. Et ils ont cherché à me
faire chier par tous les moyens, mais je crois que c'était surtout pour
me faire fermer ma gueule.
Ce n'était pas tant pour me condamner, car ils ne pouvaient pas aller
trop loin, même pas en taule. C'était juste pour me faire peur.
Par rapport à cette époque, en comparaison, aujourd'hui les
condamnations semblent plus importantes, en tout cas économiquement.
Comme pour la revue Zoo d'Eric Martin, qui a disparu assommée par des
amendes atteignant plusieurs centaines de milliers de francs. L'humour
vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Récemment, avec William Guyot, le deuxième fondateur des éditions
Hermaphrodite, on a entarté dans le cadre d'un colloque universitaire
sur la provocation, le président de l'Université de Nancy 2, Herbert
Néry.
Résultat des courses, il a porté plainte deux mois plus tard, et on a
été condamnés pour « Violences volontaires aggravées en réunion » à
payer 1800 euros et des brouettes, ce qui fait cher la tarte à la
crème. Le cours de l'humour connaît une augmentation en flèche au CAC
40 de la liberté d'expression.
Ouais quand même... Il y a même Godin qui a été condamné pour
Chevènement. C'est vrai que ça fait chier. Tu peux ruiner un mec. En ce
moment, c'est le journaliste qui a fait un truc sur Clearstream. Il est
complètement ruiné, alors qu'aucun des mecs qu'il dénonce n'a été
inquiété. C'est quand même dingue, les vrais truands qui perdent des
milliards d'euros... et lui le pauvre, il prend tout sur sa gueule.
C'est dégeulasse et puis les gens le laissent tomber.
Il y a quand même un soutien sur le net avec pléthore de dessinateurs
qui mettent leurs dessins aux enchères ou Lefred-Thouron avec un
t-shirt « Mon cul président ». Il a quand même récolté 20 000 euros,
même si ça suffit sans doute pas.
Ouais, heureusement. Mais ce sont des copains. Ce ne sont pas les
journalistes. Il devrait y avoir une levée de bouclier beaucoup plus
importante avec des directeurs de presse. Car là, Lefred-Thouron,
Martin, c'est normal, c'est la confraternité, mais ça devrait venir des
directeurs de journaux.
Après, comme pour Charlie-Hebdo , c'est quand le journal est mort que
vous êtes invités chez Polac. Et pour le nouveau procès de Charlie ,
c'est quand c'est devenu à la mode que tout le monde vient se faire une
virginité en se pavanant dans les prétoires. Même Sarkozy y est allé de
sa contribution en soutenant Charlie-Hebdo et la liberté d'expression.
Oui, c'est le comble. C'est les élections en plus, tout le monde veut
être bien vu. C'est assez horrible. Je trouve que Charlie ne cogne pas
assez fort. Il pourrait quand même aller plus fort sans risquer de
poursuites. Et là, j'ai l'impression qu'ils ménagent tout le monde.
C'est rigolard, mais virulent. Ce n'est pas anar en fait, c'est allez
on rigole, on rigole.
Ou faire comme le Canard enchaîné, sortir des affaires...
Mais là, il faut du pognon. Le Canard, il a des infos de mecs au
gouvernement qui téléphonent au canard pour balancer un copain. Ils ont
des flics aussi. Ils ont un grand réseau. Alors qu'à Charlie-Hebdo, ce
ne sont que des amateurs comme moi. Il n'y a pas de vrais journalistes
à Charlie, ce sont des chroniqueurs, des dessinateurs... c'est pour ça
que c'est marrant d'ailleurs...
L'investigation, on sait la faire, mais on n'est pas équipés pour.
Le Canard, c'est bien pour ça. Il faut les deux. Moi je n'aime pas le
Canard, je n'aime pas le lire, ça ne me fait pas marrer. C'est mal
foutu, les dessins sont mals présentés, ça fait truc d'avant-guerre.
Ça a pas changé depuis que je suis môme, ça continue avec toujours les
mêmes petits canards, et pan sur le bec... ça me fait pas rire, même
les dessins qui sont bons, sont noyés par un tas de texte autour...
Dans Charlie, c'est quand même mieux foutu. Place au dessin ! Ce
que je préfère en dessin politique, c'est Willem dans Libé. C'est
toujours très efficace, bien dessiné, marrant, de bonnes idées. Je le
trouve très fort Willem et finalement, il tient le coup, parce que ça
fait longtemps qu'il fait ça, et il ne perd pas sa verve. Les autres me
font moins rire.
Pour revenir à Hara-Kiri, quel est l'héritage d'Hara-Kiri ? Est-ce
qu'on est pas passé d'un journal libertaire avec Hara-Kiri à un journal
de gauche voire écolo avec Charlie-Hebdo ?
Hara-Kiri, je lui faisais un reproche, c'était vulgaire surtout. Moi,
il y a des trucs qui me choquaient, mais c'était mon éthique. Quand il
y a des gros dégueulis sur les pages, je faisais, orrfff ! ! ! J'étais
pas choqué moralement, mais c'étaient mes yeux qui ne s'habituaient
pas... des grosses bites, des colombins, cette culture de la merde...
ça me faisait pas trop rire et je trouvais ça dégeulasse.
Le côté scato, copro, ça te gène, alors qu'il y a quand même chez les
dessinateurs d'Hara-Kiri, toi le premier avec Wolinski, une obsession
du cul.
Ouais, mais c'est pas scato, le cul c'est propre, il y a pas de trucs
qui dégoulinent (rires). Moi, c'est le côté merde et vomi, les boutons
scrofuleux, et en couleur en plus. Il y avait une volonté d'être sale.
Alors je comprends que pour choquer le bourgeois... moi j'étais choqué
aussi et ça ne me faisait pas rire en plus. Le porno, j'aime bien par
contre. Il n'y a pas de tabou bien sûr. Mais je préfère nettement
Bellmer, des gens qui dessinent bien, un peu tordus, que des trucs
déguelasses.
Hara-Kiri, ça se revendiquait comme trivial et vulgaire. Quand j'étais
gamin, à douze, treize ans, il y avait un bouquiniste chez qui j'allais
et j'achetais des vieux exemplaires d'Hara-Kiri à cause des couvertures
et je croyais que c'était des revues porno. Ma première revue porno,
c'était Hara-Kiri (rire).
Ouais, il y avait des fois des nichons ou des chattes, mais elles
étaient toujours vilaines, t'avais pas envie de les sauter, c'était des
gros poils bruns (rires). C'est plutôt débandant qu'autre chose.
Tu fréquentais la bande ?
Oui, parce que ça se passait rue des 3 portes et que souvent les
dessinateurs collaboraient aux deux, donc je connaissais bien l'équipe
et je me marrais bien d'ailleurs. Ils sont sympas. C'est juste le
résultat que je contestais et je n'avais pas envie de faire partie du
groupe. C'est tout. On peut être copains et ne pas aimer tout ce que
les autres font.
Comment arrives-tu à gérer sur le long terme comme dis Wolinski, le
fait d' « être obligé de faire de l'humour professionnellement, sur
commande » ? C'est compliqué, car toutes les semaines, il faut être
drôle.
Oui c'est chiant, c'est une corvée. Ça explique que j'ai plus tellement
envie de bosser. Si j'avais une retraite confortable, je crois que
j'arrêterais tout. C'est parce que j'ai besoin de fric, et je me dis
que ça m'oblige à rester éveillé, à regarder la téloche.
Personnellement, j'aimerais bien m'arrêter et partir... pas à la
campagne, ça me fait chier, mais ne rien foutre, glander, écouter de la
musique, faire le con, boire des coups. Je n'ai pas le feu sacré. Par
exemple, Willem ou Cabu, ils ont toujours leur stylo. Ils vont au
restau et hop, ou ils notent des trucs qu'ils vont exploiter ou comme
Cabu qui dessine tout le temps. Ils aiment ça. Alors que moi, jamais
j'ai un crayon sur moi ... (rires) mais bon quand il faut que je m'y
mette, je m'y mets... Quand je dis une corvée, j'exagère, faut pas
charrier...
Dans « Ma vie, mon œuvre, mon cul », on sent que tu as pris beaucoup de plaisir...
Oui, quand des mecs te demandent un dessin contre la peine de mort ou
pour sortir des mecs de taule ou je sais pas quoi, au moins tu y vas,
tu te dis que tu vas leur filer un coup de main, tu te fais moins chier
que pour un dessin sur commande... bien payé... En général, les dessins
qui te font marrer, c'est presque toujours à l'œil...
Chez Charlie, ce que tu fais, c'est entre l'écriture et le dessin...
Oui, il n'y a plus beaucoup de dessin. Le dessin, c'est vraiment pour
boucher les trous. Ça m'emmerde un peu. En plus, j'ai l'impression
d'avoir déjà tout dessiné, d'avoir exploité tous les thèmes, les avoir
tordus dans tous les sens. Les flics, je leur ai filé tous les coups de
pieds dans le cul que j'ai pu (rires), les curés pareil. On a voulu
faire un livre anti-religieux avec des copains. On s'est réunis ici,
c'était l'occasion de boire des coups, mais finalement il n'est rien
sorti, parce qu'on trouvait tous nos dessins trop médiocres.
Il y avait Martin qui participait, Faujour, et finalement on a
réussi qu'à faire une expo qui s'appelle « Ni Dieu, ni Dieu » à la Mer
à boire, un bistro. Mais on n'a pas réussi à faire un bouquin, parce
qu'on chiait toujours sur les mêmes trucs, le christ, les rabbins qu'en
prenaient plein le cul. Mais c'était surtout contre les signes
extérieurs de la religion, alors qu'on aurait aimé s'attaquer à l'idée
de Dieu directo. Au moins, on se marrait bien.
Quels autres dessinateurs te font marrer ?
Il y a Charb qui me fait bien marrer dans les nouveaux. Il a bien
trouvé son personnage. Il chie bien dans la colle (rires). Il y a Rémi
qui fait des dessins abominables. Il bosse pour CQFD d'Olivier Cyran,
le mec de Marseille qui bossait à Charlie et s'est fâché.
Il bosse très peu. Il a dessiné dans un canard, la Voix du Nord qui
tirait pas mal... il a eu des emmerdes... il a été viré et il a demandé
des dommages et intérêts parce que depuis le temps qu'il bossait là-bas
il y avait droit.
Mais comme il était pas déclaré comme pigiste... Finalement il y a eu
un procès et ce con-là, il l'a perdu, parce qu'il s'y est tellement mal
pris qu'il s'est retrouvé dans la merde avec saisie, arrêt sur ses
meubles, son appart et tout.
J'ai fait un truc dans Charlie pour dire, eh, il y a un copain qui est
dans la merde, et j'ai publié deux, trois de ses dessins... du coup, il
a reçu un peu de pognon... Mais, il ne réussit pas à vendre un seul
dessin. C'est méchant, c'est d'une telle violence que c'est impubliable.
Même à Charlie, ils n'en veulent pas. Donc, il bosse dans des
canards underground que peu de gens voient et c'est dommage. Il a fait
une expo il y a pas longtemps à Paris, et c'est vrai que c'est
vachement violent, un peu scato, mais c'est beau, bien dessiné. J'aime
bien ce mec. J'adore la méchanceté, mais pas gratuite, j'aime bien que
ce soit dirigé contre la société . Si c'est juste pour faire peur, ça
ne me plait pas.
Comment fais-tu pour ne pas être résigné comme la plupart des gens qui ont l'impression de hurler dans le vide ?
Je regarde la télé (rires).
Tu as quand même connu mai 68, tu es allé à Cuba, à New York, tu as
connu les Black Panthers, Jean Genet qui est un révolutionnaire à lui
tout seul, une sorte de Zapata homo... Cette période correspond à la
fin de ton autobiographie « Ma vie, mon œuvre, mon cul... » Est-ce que
par la suite, tu as continué à voyager ?
Non, après ça s'est un peu tassé. Il y a eu la Chine que je n'ai pas
encore raconté en 65 où j'ai eu des emmerdes aussi (rires). J'ai du
faire mon autocritique pour qu'ils me relâchent (rires). C'est une
longue histoire.
Comme en Grèce où tu fais des dessins, et qu'il y a quatre cent personnes qui te cherchent partout pour te lyncher...
Les popes barbus oui. A Cuba, j'ai été viré aussi. En 1970, on m'avait
demandé de faire un discours sur le rôle des intellectuels dans la
révolution. J'avais soumis un texte, et on m'avait dit, non ça ne va
pas du tout, c'est trop anar.
Moi, je disais, il faut chier sur tout, il faut être vigilant avec les
nouveaux, il ne faut rien leur laisser passer... enfin, c'était déjà
attention Fidel va déconner un jour ou l'autre... de toute façon, il
avait déjà commencé...
Mais sans le citer une seule fois, ils avaient déjà compris que ça
sentait le soufre. Ils m'ont demandé de changer mon texte. J'en ai filé
un autre, bien comme ça leur plaisait. Mais, le jour où je devais
prendre la parole, j'ai lu la première version et pas la seconde.
Je me suis retrouvé avec les flics dans ma chambre qui m'ont dit,
tu fais ta valoche, on te raccompagne à l'avion. Mais ma femme
arrivait. C'était Catherine, on n'était pas encore mariés, mais j'avais
réussi à la faire inviter et elle devait venir à la fin de mon
parcours. Quand elle est arrivée, j'étais viré. Donc elle a vu que
l'avion, elle a fait l'aller-retour. J'étais furax.
Cinq ans plus tard, je l'épouse. Sa mère nous offre du pognon pour
faire un voyage de noce. Du coup, je dis, on retourne à Cuba, putain,
je vais les insulter, je n'ai pas eu le temps de le faire la première
fois.
D'habitude, j'étais toujours invité, c'était la première fois que je me
paye mon billet. Je me dis ça va nous servir de voyage de noce et j'ai
plein de copains à Cuba. Alors on est arrivés à l'aéroport et j'étais
sur la liste des indésirables et ils m'ont foutu à l'île des pins,
résidence surveillée, avec Catherine qui, finalement a passé la seconde
fois trois semaines enfermée dans une piaule avec interdiction de se
baigner (rires).
On était enfermés avec des putes ou des étrangers qui épousaient des
cubaines pour les faire sortir de Cuba, donc qui étaient tous
enchristés et en plus il fallait payer pour sortir de cette taule.
Donc, on a fait appel à l'ambassade. On n'avait pas le droit de
téléphoner en plus. Catherine a dû faire tout un cirque et on s'est
fait payer par l'ambassade de France. Alors, il fallait que je remercie
l'ambassade de France de m'avoir délivré. Ils ont retenu ça sur mes
impôts parce que c'était vachement cher la pension, et je leur devais
trois semaines de pension pour deux, alors que j'avais pas choisi.
C'était en 75. Après, ils m'ont fait promettre de pas dévoiler le truc,
tu es un vieil ami de la révolution, companero, tu vas fermer ta gueule
on espère (rire).
Et c'est vrai que j'ai pas fait de scandale, j'aurais dû... Je me suis
écrasé un peu, en me disant, c'est vrai que j'ai passé tellement de
bons moments là-bas. Partout où je suis allé, j'ai toujours eu des
emmerdes, même dans les endroits où je croyais être bien reçu.
En même temps, quand tu vas en Chine, tu sais que c'est bien un lieu où il ne faut pas déconner...
Ouais, là j'ai eu un peu les jetons. Ils m'ont demandé de faire mon
autocritique. Ils l'ont traduite en chinois et ils l'ont collée dans
les bureaux de poste.
Dans toute la Chine ?
Non, non, dans les endroits où j'étais passé. J'avais fait un petit
circuit et comme j'envoyais des cartes postales avec « Mao », un chat
qui gueulait « Mao », ils n'avaient pas compris. Ils avaient cru que
c'était désobligeant pour le président.
J'ai été interrogé presque toute une nuit, ah la vache, à dix. J'ai eu
vachement les jetons. Dans l'infirmerie, une fois qu'ils étaient
contents de mes explications, ils m'ont dit, bon ben tu réécris tout ça
et on va le traduire et le mettre dans les bureaux de poste.
Ce sont les facteurs qui avaient collectionné mes cartes et les
ramenaient aux responsables. Aucune carte n'était partie, mais eux
savaient où j'étais passé.
Et crac. Ils m'ont piqué à Pékin. Naïvement, il y a un mec qui était
venu me voir après la pièce de théâtre à laquelle j'assistais, à 11h30,
minuit et qui m'a dit, eh camarade, ça t'amuserait de parler à des
camarades chinois.
Et moi j'ai cru que j'étais privilégié, alors j'ai dit ah oui
volontiers. Ils m'ont emmené dans une piaule et là j'ai dit, ah ça sent
le roussi. Seulement quand je suis rentré dans la piaule, j'ai vu les
mecs assis autour d'une table avec une tronche !...
Ils avaient préparé un papier et un crayon, et ils m'ont dit, tu peux
nous refaire les dessins que tu fais ? (rires) J'avais aussi acheté des
petits portraits en tissu... Il y avait Marx, Lénine, Engels, Mao,
enfin toute la fine équipe, je leur foutais une moustache et la mèche à
Hitler, mais tout ça je l'envoyais sous enveloppe, donc heureusement,
ils ne m'ont jamais piqué. S'ils avaient vu ça (grand rire)... ! ! !
As-tu eu l'impression quand tu es arrivé à Hara-Kiri de trouver une confrérie de résistants du rire ?
Non, non. Au contraire, je me considérais un peu seul.
Même Choron ?
Choron, il déconnait. Il était surréaliste... enfin il était plus prêt
des entarteurs, de ces mecs-là, mais pas politique. La politique, tout
le monde s'en foutait. Wolinski n'en avait rien à branler. Les autres
non plus ne parlent pas politique finalement. Cavanna non plus...
Choron était plutôt réac à la limite.
Ils sont peace and love ?
Ouais presque tous. Même Reiser était parfois limite beauf. La famille
Oboulot... Il se foutait de la gueule des prolos. C'est surtout les
prolos qui étaient sa cible, pas tellement les bourges. Moi, je ne me
sentais pas beaucoup d'affinités avec eux, sauf que je partageais
certains de leurs points de vue.
Tu riais avec eux quand même ?
Oui, oui, moi je suis bon public. Et je ne tiens pas à ce que tout le
monde soit aussi politisé que moi. Après tout chacun fait ce qu'il veut.
Qu'est-ce qui était le plus marrant dans Hara-Kiri qui faisait que tu y as traîné tes guêtres ?
C'était Choron. Vuillemin aussi qui est arrivé après. Gébé aussi qui était très agréable.
Topor aussi ?
Non, Topor, je le voyais dans d'autres coins, souvent avec Jacques
Sternberg, à la Palette, chez Castel. Avec son gros cigare, on se
rencontrait souvent, mais pas au journal. Topor, c'est un sacré
bonhomme, mais lui non plus n'était pas trop politisé.
Je sais qu'il a fait un dessin pour Amnesty International.
Dans l'Enragé, il m'en a filé un ou deux contre De Gaule, mais il me
les a plus filés parce que j'étais un copain que par conviction.
J'ai l'impression qu'il était un peu dans un autre monde, surréaliste... qui est chouette d'ailleurs.
J'ai téléphoné un jour à un mec en pleine bagarre. Ça chiait partout
des bulles, on ne parlait que de ça à la télé, partout et je téléphone
à un type dont j'aimais beaucoup les dessins et qui bossait à Lui,
Lag
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