Les griefs du Chef de l'Etat
béninois, Boni Yayi, à l'endroit du député, homme d'affaire, Issa Salifou ont
été examinés le jeudi 08 février 2007 par les députés suite à la correspondance
0115/PR/CAD/SP du 02 février 2007. Le verdict de la commission des lois est
défavorable au gouvernement.
Après le verdict de la commission
des lois présidé par le député Amouda Rasacki, les débats généraux se sont
focalisés sur l'inopportunité de la requête du Chef de l'Etat, qualifiée à
l'hémicycle de sélective et manquant de rigueur. L'art 81 de la Constitution
béninoise du 11 décembre 1990 croisé avec les art 22 et 27 de la loi 94-015 du
22 septembre 1994 portant règle particulière pour l'élection des députés en
République du Bénin fixent le régime des incompatibilités avec la fonction de
député et qu'en cas de violation, la démission d'office du mis en cause est
prononcée dans tous les cas par l'Assemblée nationale à la demande du bureau de
l'Institution. En l'espèce se fondant sur l'art 41 de la même Constitution qui
fait du Chef de l'Etat le garant du respect de la Constitution, pour agir en requête, les députés
estiment que la requête du Chef de l'Etat comporte un vice de forme et qu'en
l'état, elle est irrecevable. Des débats houleux, greffés sur des révélations
troublantes ont failli faire monter d'un cran la tension qui régnait à
l'hémicycle. Les députés Dassoundo et Monwoo sont allés même jusqu'à s'échanger
des propos discourtois. Malgré les conseils prodigués par les députés à leur
collègue mis en cause pour ne pas prendre la parole en plénière, le député Issa
Salifou, qu'on dit PDG ayant des relations douteuses avec certaines sociétés
d'Etat, viole les conseils de ses collègues et prend la parole pour se défendre
sur les bords. Preuves à l'appui il démontre qu'il ne doit rien à l'Etat et
qu'il a signé régulièrement des contrats et n'est ni le PDG ni le gérant des
sociétés qu'on lui colle sur le dos. Il sera soutenu par une vague de députés
qui estiment que les preuves apportées par le gouvernement pour mettre en
difficultés leur collègue sont insuffisantes et peu convaincantes. La plupart
des preuves versées au dossier étudié datent de 2002 alors que le député incriminé
n'était pas encore élu député. Le Gouvernement pouvait mieux faire. Atmosphère délétère
à l'hémicycle jusqu'à minuit ; c'est un peu avant cette heure que le
gouvernement, représenté par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux,
Nestor Dako prend la parole pour défendre vaille que vaille le
gouvernement et tenter de convaincre les
députés sans y parvenir .La plénière présidée par le Président de l'Assemblée
nationale, Antoine Idji, prend acte du verdict de la commission des lois et les
rideaux tombent ainsi sur la 2è session extraordinaire spéciale consacrée à ce
dossier.
NB : Texte diffusé sur Radio
Immaculée Conception le vendredi 09 février 2007 dans le journal/ édition Afrique
Commentaires