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Elections au Bénin | 16 juillet 2006

Elections au Bénin
A quand une exploitation efficiente des TIC

Le Bénin, à l'occasion des élections présidentielles de Mars dernier a révélé toutes ses attentes en ce qui concerne l'utilisation des technologies de l'information et de la communication pour le renforcement de sa démocratie.

Kokouvi EKLOU*

« Nous nous sommes sentis exclus du débat sur le devenir de notre pays ». Ainsi s'est exprimé Marcel Houndayi, Béninois résidant en France au lendemain du second tour du scrutin présidentiel qui a vu porter à la tête de son pays natal le docteur Yayi Boni. Comme tous les ressortissants béninois vivant à l'étranger il n'a pas pu exprimer son suffrage pour le candidat de son choix. La précipitation dans laquelle le second tour de ces élections s'est déroulé n'a pas permis à la Commission électorale nationale autonome (Cena), institution chargée de l'organisation du scrutin, de mettre en branle les dispositifs de vote des Béninois de l'extérieur. Conséquence : des milliers de Béninois se sont vus priver du droit de vote. Une frustration qui est loin de se dissiper. Pourtant cette situation aurait pu être évitée si l'Etat béninois a su intégrer au système électoral les technologies de l'information et de la communication. Quand on sait aujourd'hui que l'Internet est un outil interactif par excellence qui offre une multitude de services et d'opportunités, on ne peut imaginer qu'en plein 21ème siècle des citoyens puissent être exclus du débat sur l'avenir de leur pays, quel que soit le lieu où ils résident. Le vote en ligne expérimenté par des pays développés pour favoriser le vote de leurs citoyens partout où ils se trouvent est un exemple dont pourrait s'inspirer l'Etat béninois. Le vote des Béninois en temps réel, sans contrainte liée à la localisation, au déplacement, à l'échelle planétaire est une initiative à expérimenter et il pourrait devenir une réalité s'il est porté par une volonté politique. En seize ans d'expérience démocratique le Bénin est bien en mesure d'apporter des innovations à son système électoral confronté à maintes controverses. La liste électorale que l'on veut depuis longtemps informatisée est à chaque échéance électorale remise en cause par les animateurs de la vie politique nationale. Ces élections présidentielles n'ont, non plus, été exemptes de critique. On a évoqué des cas graves de fraudes dont le grossissement de la liste électorale, la disparition de milliers de cartes d'électeurs... Des insuffisances qui auraient pu conduire à des situations regrettables si la classe politique béninoise n'a pas fait preuve de maturité.


La politique au pas des Tic
Si dans son document de politique et de stratégies de développement des Tic au Bénin, l'Etat a affirmé sa volonté de faire de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication un outil privilégié de développement, il ne devrait pas occulter le rôle de l'Internet dans la promotion de la citoyenneté, la gouvernance démocratique. L'Internet, aux yeux de Jean Tchougbé, directeur du campus numérique francophone de Cotonou, est un outil de promotion et de renforcement de la démocratie autant qu'il permet aux populations de communiquer, de s'informer, de télécharger des données, acheter, publier, se divertir. Chose que les différents candidats aux élections présidentielles ont compris. En utilisant l'Internet pour mettre en ligne leurs programmes de société, ces candidats n'ont-ils pas montré qu'ils ne sont nullement en marge des progrès technologiques ? Dans le cadre de ces élections présidentielles de Mars dernier la majorité de ces candidats (vingt-six au premier tour) ont disposé de site web pour communiquer avec leurs inconditionnels électeurs et en conquérir d'autres. C'est la diaspora béninoise qui a été visée à travers cette opération de charme qui ne dit pas son nom. Mais faudrait-il reconnaître que cette communication à l'endroit des ressortissants béninois n'était point inutile. Mieux, elle a été opportune car de l'autre côté de l'Atlantique, de la Méditerranée ou du Pacifique la soif de s'informer sur ces élections devrait être grande. Si l'on convient que les Béninois de l'étranger disposent des mêmes droits que leurs concitoyens restés au pays, ils ne doivent point faire l'objet d'une quelconque exclusion. La citoyenneté est la qualité de faire face à ses devoirs tout en revendiquant ses droits. Et fort de cela le Béninois de l'extérieur est en droit de réclamer aux gouvernants son droit de vote. Un droit inaliénable que l'Etat doit reconnaître car « la démocratie permet un épanouissement total du citoyen dans le respect des lois et normes établies et bien acceptées de tous ». Autant l'Etat s'attend à voir ses cadres de l'extérieur contribuer au développement du pays, autant il doit faire des efforts pour leur permettre de participer à la gestion des affaires publiques. En contribuant de par leur vote à l'élection des dirigeants, ces Béninois participent au contrôle citoyen et l'on ne peut leur dénier ce droit. L'informatisation du fichier électoral et le système de vote en ligne pour crédibiliser les élections et permettre à la diaspora béninoise de voter sans contrainte et au même titre que tous les citoyens béninois doivent être des priorités pour un Etat qui entend renforcer sa démocratie et amorcer dans la sérénité son développement. 108è sur 115 pays classés en fonction de leurs performances en Ntic courant 2005 le Bénin a certes fait des progrès en matière des Tic mais il est encore loin du compte. En adoptant un document de politique et de stratégies de développement des Tic, en créant un Ministère en charge de la promotion et en exprimant sa vision de « faire du Bénin, à l'horizon 2025, une société de l'information épanouie, solidaire et moderne », le gouvernement béninois a montré son attachement à la promotion du secteur des technologies de l'information et de la communication. Et une société qui se veut moderne doit savoir tirer profit de ces technologies et l'introduction de cet outil dans le système électoral de notre pays renforcera à coup sûr notre démocratie qui lentement mais sûrement fait son bonhomme de chemin.

* Journaliste béninois (Le POINT au Quotidien). Auteur de nombreuses publications sur les Tic et les questions de développement


Publié par ASSOGBA à 20:36:22 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Bénin | 16 juillet 2006

Bénin
La démocratie  au grand trot
La quatrième élection présidentielle s'est déroulée sans incident majeur avec au finish la victoire du candidat du «Changement», le Dr Thomas Boni Yayi.
Christophe D. ASSOGBA
 Ils étaient vingt-six candidats dont deux femmes, ce 5 mars, tous inscrits sur un bulletin unique. Tous se proclamaient l'homme de la rupture avec l'ancien système. On ne connaissait pas d'avance le gagnant. Mais les trois  grands favoris étaient Me Adrien Houngbédji, leader des «Tchoco-tchoco», Bruno Amoussou, président du Parti social démocrate (Psd) et le Dr Thomas Boni Yayi, ancien président de la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad). Organisée malgré toutes les manœuvres du gouvernement d'alors pour violer la Constitution du 11 décembre 1990, cette élection ne pouvait ne pas souffrir d'insuffisances. Certains électeurs n'avaient pas pensé que le scrutin présidentiel de mars 2006 aurait eu lieu en raison de l'attitude affichée par les autorités de l'ancien régime aux élans plus révisionnistes que démocrates.  L'élection a eu lieu. La surprise est venue des électeurs. Plus de trois millions de Béninois se sont inscrits sur les listes électorales. Ils se sont  massivement rendus aux urnes, surtout au premier tour.
Certes, la campagne du premier tour n'a pas été de tout repos pour les candidats.  Ceux-ci ont bravé la chaleur, la distance pour aller à la conquête de l'électorat fortement morcelé en fiefs électoraux. Au soir du premier tour, les premiers résultats provisoires donnaient le Dr Boni Yayi  en tête dans beaucoup de circonscriptions électorales. Il est suivi de Me Adrien Houngbédji, de Bruno Amoussou, de Léhadi Soglo,  fils de l'ancien président Nicéphore D. Soglo et candidat de la Renaissance du Bénin. Un rang confirmé par la Commission électorale nationale autonome (CENA) et la Cour Constitutionnelle quelques jours après. Les résultats de ces institutions donnaient Thomas Boni Yayi premier avec environ 35% des voix,  suivi de Adrien Houngbédji  avec 25%, Bruno Amoussou troisième avec 19% des voix talonné par Léhadi Soglo avec 8% des voix et Antoine Kolawolé Idji 5% des voix. Le Ko que voulaient certains partisans de Yayi Boni n'a pas eu lieu.  Aucun des candidats du premier tour  n'avait recueilli la majorité des suffrages exprimés, soit 51% pour emporter le scrutin. Mais beaucoup d'entre eux avaient contesté les résultats proclamés par la Cena. Ils avaient estimé que le scrutin du 5 mars était entaché de multiples irrégularités. Bulletins manquants dans les bureaux de vote, absence presque total d'isoloir ou isoloir de fortune, retard dans l'ouverture des bureaux de vote, insuffisance ou inexistence d'encre indélébile censée marquer le pouce de ceux qui avaient déposé leur bulletin dans l'urne. Résultat : certains avaient profité pour voter plusieurs fois. Il n'en fallait pas plus pour indigner le chef d'Etat sortant, le général Mathieu Kérékou qui dénonçait le jour du voter les fraudes et mettait en garde contre une probable annulation du scrutin. Des déclarations qui avaient suscités beaucoup de commentaires dans la presse nationale et internationale et au sein de l'opinion publique. Mais, dans le même temps beaucoup d'organisations d'observateurs comme la Cedeao, «Fors Présidentielle 2006»  sont montées au créneau pour rendre hommage au peuple béninois et créditées transparentes et acceptables les élections du 5 mars. Dans la foulée des félicitations, le corps électoral fut une fois encore convoqué au 19 mars pour le second tour. Une date jugée trop rapprochée par la Cena qui saisissait la Cour Constitutionnelle d'un recours. La Haute juridiction saisit également à son tour le gouvernement Kérékou pour fixer le second tour au 22 mars. Et Cena et Cour Constitutionnelle n'obtint pas gain de cause. Le vote était maintenu au 19 mars. Dans la précipitation, la Cena organise le second tour. Les électeurs accomplissent leur devoir civique. Ils avaient le choix entre le Dr Yayi Boni et Adrien Houngbédji. Le 19 mars, l'affluence dans les bureaux de vote n'était pas comparable à celle du 5 mars. Sur les 3.919.550 d'électeurs  inscrits relevés par la Cour Constitutionnelle, 20725.634 avaient voté. Le suffrage exprimé était 2.650.070. Selon les résultats proclamés par la Cour Constitutionnelle, le Dr Yayi Boni  a obtenu 1.979.305 suffrages soit 75% des voix contre 673.937 suffrages pour son adversaire Adrien Houngbédji. Avant même la proclamation des résultats provisoires par la Cena, le candidat Adrien Houngbédji a reconnu sa défaite et a félicité l'heureux élu au cours d'un entretien téléphonique et publiquement. Avec sa majorité relative des suffrages exprimés, Thomas Boni Yayi a été proclamé élu Président de la République succédant ainsi au président Kérékou qui venait de faire dix ans à la tête du pays. Il a été investi dans ces nouvelles fonctions par les membres de la Cour Constitutionnelle le 6 avril dernier à Porto-Novo devant plusieurs chefs d'Etat africains et de nombreux invités de marque. En théorie, le résultat est globalement satisfaisant. Un nouveau président démocratiquement élu qui travaille déjà pour la réalisation des ses engagements et  le  redressement  de l'économie nationale malade depuis des années.
 Christophe D. ASSOGBA
Journaliste / Communicateur/ Analyste politique
Tel : (229) 97648206
e-mail : assochrist2002@yahoo.fr
http://assogba.blogg.org
  

Publié par ASSOGBA à 20:29:59 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Présidentielle 2006 au Bénin | 16 juillet 2006

Présidentielle 2006 au Bénin
Divine surprise
Le Dr Thomas Boni a été proclamé vainqueur de la présidentielle 2006, la quatrième du Renouveau démocratique. Le plus surprenant n'est pas là. Mais dans l'attitude de son challenger et le climat de maturité démocratique qui a prévalu tout au long du scrutin.

Christophe ASSOGBA

Il est des soulagements qu'on ne cache pas. Ainsi en va-t-il du happy end sur lequel s'est achevé, jeudi 06 avril le processus électoral béninois. Une conclusion idéale et presque inespérée dans un pays où tout a été tenté par le pouvoir sortant pour empêcher la tenue de l'élection, avec un vainqueur inattendu, modeste et consensuel, un vaincu digne et responsable et des électeurs exemplaires. Une vraie leçon de démocratie renouvelée au monde entier.
La leçon de Porto-Novo n'est pas tombée du ciel. Elle a son histoire, ses parrains et ses acteurs- à commencer bien sûr par les principaux protagonistes, dont l'action et la retenue ont été déterminantes.
-Thomas Boni Yayi, tout d'abord. Ancien Directeur général de la Banque ouest africaine de développement (Boad), le banquier de Tchaourou dans le département du Borgou, n'était pas précédé d'une réputation de politicien. Cet homme calme, pondéré et méfiant, à la voix un peu douce et au sourire séduisant, cachait depuis longtemps une vrai ambition, réalisée à la pointe des urnes. Candidat indépendant, Thomas Boni Yayi a eu le mérite de vite comprendre les aspirations de son peuple et de jouer la carte du changement. Il a damé le pion à ses adversaires politiques considérés comme faisant partie de la vieille garde politicienne responsable de la misère du peuple. A l'issue du premier tour, le 05 mars, il a résisté aux pressions d'une partie de son entourage qui souhaitait le voir passer par Ko alors même qu'il n'avait recueilli que 35% des voix. Le résultat final aura été à la hauteur de son pari : 75%. Ainsi, la sanction infligée à la classe politique fait que le président Thomas Boni Yayi n'aura pas à affronter les affres d'une opposition forte au cours de son quinquennat.
- Adrien Houngbédji, ensuite. Le challenger de Yayi Boni a recueilli 25% des voix, au terme d'un parcours qui fut pour lui des plus difficile à digérer. Plus connu, il s'était déjà présenté plusieurs fois aux élections présidentielles (contrairement à Yayi Boni) et est arrivé souvent troisième après Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo. Il a gagné dans l'affaire une notoriété et une responsabilité. A 64 ans, l'ancien premier ministre «Kpayo» (faux en langue fon) du Général Mathieu Kérékou a encore des chances devant lui, d'autant que son attitude responsable et courageuse face au verdict des urnes lui vaut la reconnaissance du peuple et des partenaires extérieurs du Bénin. Enfin, en dépit de certains dérapages verbaux, Houngbédji a, tout comme ses 26 adversaires du premier tour (pas de campagne électoral au second tour), mené une campagne d'où étaient bannis les appels à la haine et à l'exclusion.
- La communauté internationale bien sûr, notamment les Etats-Unis, l'Union européenne, la France ainsi que l'Union africaine ont refusé de cautionner les manœuvres du gouvernement de l'ancien président Mathieu Kérékou qui prônait le couplage et le report de la présidentielle en 2008 pour cause de difficultés de trésorerie et de coût élevé des élections. La communauté internationale n'a pas cessé de faire pressions sur le régime précédent pour qu'il organise l'élection présidentielle à bonne date. On se rappelle toutes les situations créées de toute pièce à la Commission électorale nationale autonome (Cena) dans l'organisation du scrutin. N'eût été les appels pressant au respect de la Constitution du 11 décembre 1990, la quatrième élection du Renouveau démocratique n'aurait pas pu avoir lieu à bonne date comme le stipule la loi fondamentale du pays. Au regard du doute qui planait sur cette capitale élection, gage aujourd'hui d'un nouveau départ pour le Bénin, l'organisation des élections à la date constitutionnelle était une condition sine qua non pour que le Bénin bénéficie des milliards du Compte du Millénaire. En somme, la communauté internationale, notamment les partenaires du Bénin ont voté pour l'alternance au pouvoir. Une réalité vivante.
- Les électeurs béninois, enfin. C'est à eux que toute la communauté internationale a rendu hommage, et c'est évidemment justifié. Aussi bien le taux élevé de participation que le calme qui a entouré les opérations électorales et même le réflexe du vote utile qui a porté Thomas Boni Yayi au pouvoir démontrent une maturation à laquelle on ne s'attendait guère. Economiquement malade en raison de la grande corruption, les Béninois ont presque pour la première fois manifesté un vote transethnique, sacrifiant par pertes et profits quelques-unes des grandes figures politiques des ces quinze dernières années. Pour Adrien Houngbédji, leader des «Tchoco-tchoco» et Bruno Amoussou, président du Parti Social Démocrate (PSD) et leader de l'Alliance Bénin Nouveau (ABN) lors de la présidentielle de mars 2006, l'heure de la retraite a sonné. Le vrai défi auquel le nouveau président Thomas Boni Yayi (TBY) va faire face est multiforme : la reforme de l'administration, la relance de l'économie. Si la communauté des bailleurs de fonds l'y aide, la divine surprise du 19 mars sera vraiment le chemin d'un renouveau économique et de développement pour le Bénin.

Christophe D. ASSOGBA
Journaliste / Communicateur/ Analyste politique
Tel : (229) 97648206
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Présidentielle 2006 au Bénin | 16 juillet 2006

Présidentielle 2006 au Bénin
Divine surprise
Le Dr Thomas Boni a été proclamé vainqueur de la présidentielle 2006, la quatrième du Renouveau démocratique. Le plus surprenant n'est pas là. Mais dans l'attitude de son challenger et le climat de maturité démocratique qui a prévalu tout au long du scrutin.

Christophe ASSOGBA

Il est des soulagements qu'on ne cache pas. Ainsi en va-t-il du happy end sur lequel s'est achevé, jeudi 06 avril le processus électoral béninois. Une conclusion idéale et presque inespérée dans un pays où tout a été tenté par le pouvoir sortant pour empêcher la tenue de l'élection, avec un vainqueur inattendu, modeste et consensuel, un vaincu digne et responsable et des électeurs exemplaires. Une vraie leçon de démocratie renouvelée au monde entier.
La leçon de Porto-Novo n'est pas tombée du ciel. Elle a son histoire, ses parrains et ses acteurs- à commencer bien sûr par les principaux protagonistes, dont l'action et la retenue ont été déterminantes.
-Thomas Boni Yayi, tout d'abord. Ancien Directeur général de la Banque ouest africaine de développement (Boad), le banquier de Tchaourou dans le département du Borgou, n'était pas précédé d'une réputation de politicien. Cet homme calme, pondéré et méfiant, à la voix un peu douce et au sourire séduisant, cachait depuis longtemps une vrai ambition, réalisée à la pointe des urnes. Candidat indépendant, Thomas Boni Yayi a eu le mérite de vite comprendre les aspirations de son peuple et de jouer la carte du changement. Il a damé le pion à ses adversaires politiques considérés comme faisant partie de la vieille garde politicienne responsable de la misère du peuple. A l'issue du premier tour, le 05 mars, il a résisté aux pressions d'une partie de son entourage qui souhaitait le voir passer par Ko alors même qu'il n'avait recueilli que 35% des voix. Le résultat final aura été à la hauteur de son pari : 75%. Ainsi, la sanction infligée à la classe politique fait que le président Thomas Boni Yayi n'aura pas à affronter les affres d'une opposition forte au cours de son quinquennat.
- Adrien Houngbédji, ensuite. Le challenger de Yayi Boni a recueilli 25% des voix, au terme d'un parcours qui fut pour lui des plus difficile à digérer. Plus connu, il s'était déjà présenté plusieurs fois aux élections présidentielles (contrairement à Yayi Boni) et est arrivé souvent troisième après Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo. Il a gagné dans l'affaire une notoriété et une responsabilité. A 64 ans, l'ancien premier ministre «Kpayo» (faux en langue fon) du Général Mathieu Kérékou a encore des chances devant lui, d'autant que son attitude responsable et courageuse face au verdict des urnes lui vaut la reconnaissance du peuple et des partenaires extérieurs du Bénin. Enfin, en dépit de certains dérapages verbaux, Houngbédji a, tout comme ses 26 adversaires du premier tour (pas de campagne électoral au second tour), mené une campagne d'où étaient bannis les appels à la haine et à l'exclusion.
- La communauté internationale bien sûr, notamment les Etats-Unis, l'Union européenne, la France ainsi que l'Union africaine ont refusé de cautionner les manœuvres du gouvernement de l'ancien président Mathieu Kérékou qui prônait le couplage et le report de la présidentielle en 2008 pour cause de difficultés de trésorerie et de coût élevé des élections. La communauté internationale n'a pas cessé de faire pressions sur le régime précédent pour qu'il organise l'élection présidentielle à bonne date. On se rappelle toutes les situations créées de toute pièce à la Commission électorale nationale autonome (Cena) dans l'organisation du scrutin. N'eût été les appels pressant au respect de la Constitution du 11 décembre 1990, la quatrième élection du Renouveau démocratique n'aurait pas pu avoir lieu à bonne date comme le stipule la loi fondamentale du pays. Au regard du doute qui planait sur cette capitale élection, gage aujourd'hui d'un nouveau départ pour le Bénin, l'organisation des élections à la date constitutionnelle était une condition sine qua non pour que le Bénin bénéficie des milliards du Compte du Millénaire. En somme, la communauté internationale, notamment les partenaires du Bénin ont voté pour l'alternance au pouvoir. Une réalité vivante.
- Les électeurs béninois, enfin. C'est à eux que toute la communauté internationale a rendu hommage, et c'est évidemment justifié. Aussi bien le taux élevé de participation que le calme qui a entouré les opérations électorales et même le réflexe du vote utile qui a porté Thomas Boni Yayi au pouvoir démontrent une maturation à laquelle on ne s'attendait guère. Economiquement malade en raison de la grande corruption, les Béninois ont presque pour la première fois manifesté un vote transethnique, sacrifiant par pertes et profits quelques-unes des grandes figures politiques des ces quinze dernières années. Pour Adrien Houngbédji, leader des «Tchoco-tchoco» et Bruno Amoussou, président du Parti Social Démocrate (PSD) et leader de l'Alliance Bénin Nouveau (ABN) lors de la présidentielle de mars 2006, l'heure de la retraite a sonné. Le vrai défi auquel le nouveau président Thomas Boni Yayi (TBY) va faire face est multiforme : la reforme de l'administration, la relance de l'économie. Si la communauté des bailleurs de fonds l'y aide, la divine surprise du 19 mars sera vraiment le chemin d'un renouveau économique et de développement pour le Bénin.

Christophe D. ASSOGBA
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Publié par ASSOGBA à 20:10:37 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Parc national de la Pendjari | 16 juillet 2006

Parc national de la Pendjari
Joyau du Bénin

Situé au nord de la falaise de l'Atacora, dans la boucle de la rivière Pendjari à 553 Km de Cotonou, le parc national de la Pendjari est un don de la nature pour le Bénin.

Christophe D. ASSOGBA

«Un joyau». Cette expression convient parfaitement au Parc national de la Pendjari, situé dans l'Atacora, au Nord ouest du Bénin. La beauté ineffable de cette savane soudanaise quasiment intacte, son isolement, ainsi que l'incroyable variété de ses plantes et de ses arbres, de ses insectes, de ses reptiles et de ses mammifères, font de ce lieu une destination fascinante.
Ce «joyau» est encore à l'état pur. Il se trouve au cœur de l'une des plus vastes savanes humides de l'Afrique de l'ouest. Ce n'est donc pas là que vous trouverez beaucoup de restaurants, d'hôtels ou de boutiques de souvenirs. Seul signe, ou presque, d'une présence humaine : quelques postes de gardes forestiers, des tatas, chefs d'œuvre d'architecture de terre des populations qui peuplent la région et de longues pistes de randonnée, «le meilleur réseau de pistes de tous les parcs en savane en Afrique de l'ouest», selon un guide touristique.

Une savane transformée en parc

C'est dans les années 80 que l'on pense à transformer cette savane soudanaise en parc national pour protéger la faune abondante qui peuple la région ou qui y migre chaque année. Mais la tâche n'est pas facile. L'initiative béninoise est soutenue par les partenaires extérieurs. De plus, c'est dans la même période que les infrastructures du parc ont été construites.

Un joyau aux mille et une facettes

Le parc, d'une superficie de 266.040 hectares, soit 2750km2, abrite une grande biodiversité. On y trouve un écosystème dans laquelle pousse au moins 200 variétés de plantes et d'arbres. Le plus grand spécimen est le daniella : il mesure près de 20mètres de haut. Le spécimen le plus représentatif est le ximenia, il est encore connu sous le nom de balanite. De taille inférieure au rônier, variété de palmier, plus nombreux et typiques des bords de la rivière Pendjari qui a donné son nom au parc et au kigelia, espèce typiquement africaine reconnaissable à ses longues grappes de fleurs jaunes tubulaires et ses fruits gris, le ximenia est très apprécié des éléphants pour son feuillage facilement accessible. Les racines, écorces et feuilles des ces arbres sont utilisés en médecine traditionnelle.
Aimez-vous observer les oiseaux ? Dans la Pendjari, vous serez certainement comblé avec les 280 espèces qui ne cesseront de vous enchanter. Le parc héberge la plus grande population d'ibis du pays. En vol, leurs couleurs magnifiques, illuminées par le soleil tropical semble laisser des traînées dans le ciel.
Mais peut-être préférez-vous étudier des créatures un peu plus proches du sol. Pas de problème ! Le Parc de la Pendjari accueille de nombreuses espèces de batraciens et de reptiles, dont le varan, le plus prestigieux du parc. Animal de sang froid, on peut l'observer pendant «ses siestes matinales au soleil où il aime se réchauffer». Il a la réputation de disparaître dans la brousse dès qu'il sent la proximité de l'homme. Parmi les batraciens figure une grenouille transparente : si on la met sur une plaque de verre, on peut voir fonctionner ses organes.
Vous pourrez également admirer quelques-unes des 217 espèces de mammifères qui peuplent le parc : éléphant, lion, guépard, hippopotame, buffle, hippotrague, waterbuck, cobe de Buffon, bubale, babouin, vervet, phacochère. Des variétés d'insectes sont aussi les hôtes de ces bois.
Le parc de la Pendjari ne brille pas seulement par sa très grande biodiversité. Les amoureux de la pêche peuvent aussi y visiter la rivière Pendjari, long de 260 km, qui abrite le trésor marin et dont le lit recèle des espèces rares de poissons «aux formes et aux couleurs curieuses» ; ses berges très ombragées. Le paysage du parc est marqué aussi par des mares de Diwouni, Tiebiga, ou Yangouali et Bali dont les berges en pente douce couvertes de petits végétaux sont des pôles d'attraction pour les animaux. Pour ceux qui ont pour sport, la marche, les six principales pistes de la réserve sont indiquées pour les satisfaire à jamais.
Comme tout site, le Parc national de la Pendjari a ses problèmes. Entre autres difficultés, confie un responsable du parc, outre la recherche continuelle de fonds et de ressources, l'absence de ressource humaine affectées pour le tourisme, l'absence d'infrastructures d'hébergement, la déforestation à l'extérieur du parc ainsi que le braconnage. Pour que le Pandjari continue à vivre, il faut impérativement que chacun de ces problèmes soit résolu dans un avenir proche.
Le Parc de la Pendjari reste sans doute l'un des endroits du pays les moins détériorés. Tel un diamant que l'on aime pour sa beauté et pour son caractère éternel, ce joyau béninois enchantera certainement, dans les années à venir, des milliers de visiteurs pour qui la beauté originelle de la planète n'a de prix.

Article publié dans Le POINT au Quotidien

Christophe D. ASSOGBA
Journaliste / Communicateur/ Analyste politique
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