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Assainissement du secteur pétrolier | 31 août 2006


Assainissement du secteur pétrolier
Les mesures salutaires du gouvernement Boni Yayi

Héritier d'un secteur malade, le gouvernement du Dr Boni Yayi a attaqué le mal du secteur pétrolier à la racine en adoptant des mesures salutaires qui porte petit à petit leurs fruits.

Christophe D. ASSOGBA

Dans le secteur des hydrocarbures, le gouvernement du Dr Boni Yayi a hérité du régime défunt d'une situation catastrophique. Tout le monde sait que le nouveau pouvoir a pris les rênes du pays dans un contexte marqué par une pénurie des produits pétroliers sur toute l'étendue du territoire nationale. L'essence n'était pas disponible dans les stations services. Pis, les prix des produits pétroliers n'étaient stables à la pompe. Presque tous les mois, le prix de l'essence connaît une hausse. Ce qui fait que les populations se sont abonnées à l'essence «kpayo» aux multiples conséquences sur la santé et l'environnement. Mais depuis quelques semaines la situation d'indisponibilité des hydrocarbures dans les stations services s'est nettement améliorée. Les produits pétroliers sont maintenant en qualité et quantités suffisantes disponibles à la pompe. Pour en arriver à mettre fin à la pénurie, il a fallu que le nouveau régime prenne des mesures hardies pour approvisionner de façon régulière et sans rupture le pays en hydrocarbures et par ricochet assainir le secteur qui était au bord de l'agonie. Trois principales mesures ont été prises par le gouvernement du Dr Boni Yayi pour amoindrir les peines des populations. Il s'agit de la normalisation de l'approvisionnement du pays en produits pétroliers, de la refonte fiscale pour assurer l'accessibilité des populations n carburants et de l'assainissement du marché du secteur pétrolier par la lutte contre le «kpayo». S'agissant de la normalisation de l'approvisionnement, le travail du gouvernement de Boni Yayi a permis aujourd'hui de conjuguer au passé la pénurie du pétrole et ses dérivés dans les stations services. Selon le ministre de l'Industrie et du commerce M. Mudjaïdou Soumanou lors d'une conférence de presse lundi dernier, le stock d'essence disponible dans les dépôts de la Sonacop Sa est de 17 mille m3 sur une capacité de stockage de 24 mille m3. Un complément de 5mille m3 d'essence a été réceptionné mardi dernier par le ministre Moudjaïdou Soumanou. En ce qui concerne le gasoil, 18 mille m3 sont disponible en stock. Il en est de même du pétrole. A en croire le ministre en charge du secteur des hydrocarbures, la pénurie est à jamais maîtrisée. «La pénurie des produits pétroliers dans le secteur formel est du passé. Jusqu'à la fin du mandat du président Boni Yayi, on ne parlera pas de pénurie au Bénin». Si la pénurie du carburant est maîtrisé, a souligné le ministre Moudjaïdou, cela est en partie due nombreux voyages du chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi à l'étranger, notamment dans les pays producteurs de pétrole de la sous-région ouest africaine comme le Nigeria, le Gabon et la Guinée Equatoriale et en particulier la Libye où le premier magistrat de la République a signé des accords avec son homologue, Guide la Révolution libyenne Mouamar Khadafi. Dans le domaine de la fiscalité pétrolière, le gouvernement, aux dires du ministre de l'Industrie et du commerce, a procédé à la suppression de la taxe spécifique sur les hydrocarbures et à la redéfinition d'une nouvelle assiette fiscale. Conséquence : depuis le mois de mars 2006, les prix des hydrocarbures n'ont pas variés à la pompe en dépit de la fluctuation des coûts sur le marché international. En principe, dira Moudjaïdou Soumanou, compte tenu des fluctuations des coûts au niveau international, les prix des produits pétroliers devaient connaître une hausse au mois de mai, de juin et juillet dernier. Mais les prix ont été maintenus en l'état du mois d'avril. Sans les mesures prises par le gouvernement, l'essence le pétrole et le gasoil seront vendu respectivement actuellement à 555, 425, 470 francs le litre à la pompe. La taxe spécifique externe était de 11,7% sur l'essence et 0,5% sur le pétrole et le gasoil. Par rapport à la redéfinition de l'assiette fiscale et douanière, le gouvernement au lieu de prendre le prix Caf, a fait des simulations pour voir à quel niveau la baisse sera opérée. «Je voudrais préciser que dans la vision du gouvernement du Dr Boni Yayi, il est question de penser à une fiscalité de développement et non au jour le jour comme par le passé ; c'est-à-dire que l'Etat renonce à certaines recettes aujourd'hui qui dans dix ans vont induire des effets», a indiqué Moudjaïdou Soumanou. «Si on exonère, a-t-il ajouté, la part de produit vendu dans l'informel va se retrouver dans le formel et tous les droits de douanes seront désormais payés».Sur le plan de l'assainissement du secteur pétrolier, pour mettre fin à l'essence «kpayo», le chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi a rencontré les acteurs du secteur informel prohibé en vue de leur reconversion dans d'autres activités génératrices de revenus. Les vendeurs et importateurs de l'essence frelatée de commun accord avec le gouvernement ont décidé de mettre fin définitivement à cette activité illicite aux multiples conséquences. Il a été décidé par le gouvernement l'installation par les sociétés pétrolières agréées d'infrastructures de distribution de carburant sur toute l'étendue du territoire national qui seront gérées par les acteurs du «kpayo» reconvertis. Cette mesure est d'autant plus salutaire parce qu'elle va régler la couverture du pays en stations de distribution de produits pétroliers et supprimer définitivement l'importation de l'essence frelatée. Il sera donc installé dans les prochaines semaines une centaine de stations-trottoirs pour couvrir l'ensemble du pays. Pour ce faire, des facilités ont été accordées aux sociétés pétrolières qui vont installer ses stations-trottoirs. Le gouvernement a aussi décidé d'alléger les charges liés à l'installation d'infrastructures afin d'encourager les sociétés à investir à travers les stations services modernes et les stations-trottoirs. Le gouvernement du président Boni Yayi a également décidé de subventionner les charges liées aux taxes à payer à l'importation d'équipements pour l'installation des sations-trottoirs et stations modernes. Toutes ces mesures ont été saluées et accueillies favorablement par les acteurs formels des produits pétroliers. «Avant la fin de l'année, nous aurons plus de 100 stations-trottoirs qui seront fonctionnels», a affirmé le ministre Moudjaïdou Soumanou. Il n'y a pas d'inquiétudes à se faire quant à la répartition de ces stations-trottoirs a rassuré le ministre de l'Industrie et du commerce. Toutes les localités du pays auront leurs stations-trottoirs gérés par les anciens acteurs du «kpayo»et alimentés en produits pétroliers de bonne qualité et non avec l'essence frelatée comme le pensent certaines personnes. Selon le ministre Moudjaïdou Soumanou, le secteur informel illicite est un secteur de nuisance à l'économie et il faut impérativement le combattre. En dehors donc de la reconversion des vendeurs du «kpayo», le gouvernement a décidé de créer une brigade de la fraude. Cette brigade sera fonctionnelle dans les jours à venir. Dans le sens du renforcement du secteur formel, le gouvernement procédera l'année prochaine à une exonération sur les produits pétroliers.

Article publié dans la Gazette du Palais

Publié par ASSOGBA à 19:24:54 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Grand coffre à trésor | 31 août 2006



Grand coffre à trésor

Bientôt dans le septentrion


Après le département de l'Atlantique, le grand coffre à trésor pour les enfants du futur sera dès le 4 septembre prochain dans le septentrion.

Christophe D. ASSOGBA

Le grand coffre à trésor pour les enfants (The big treasure cheste for future kids) poursuit son périple à travers le pays. Après l'Atlantique, il sera dans les départements du septentrion. A partir du 4 septembre prochain, le Grand coffre à trésor pour les enfants du futur ira à la rencontre des enfants de Natitingou et de Parakou . En premier, ce sont les enfants de la capitale de l'Atacora qui vont accueilli le Grand coffre à trésor. Ensuite se sera le tour des enfants de la troisième ville à statut particulier du pays, Parakou. Dans ces localités, tous les enfants, âgés de 8 à 15 ans, pourront y déposer leur message pour les générations futures. Il faut rappeler que le projet Grand coffre à trésor pour les enfants du futur déjà réalisé dans quatorze pays du monde vise à stimuler la réflexion des enfants sur l'avenir, à développer en eux la pensée prospective et à accroître leur potentiel créatif. A travers donc leur message, les enfants du Bénin de la tranche d'âge retenu par le projet en général et du septentrion en particulier qui s'apprêtent à recevoir la visite du Grand coffre à trésor, vont mettre en lumière leur créativité dans les domaines de l'art, de la communication, de la compréhension et de l'appréhension des valeurs culturelles, de la lecture du présent et de la prédiction de l'avenir. Le projet grand coffre à trésor est donc une réponse innovatrice aux défis de cette époque. Il est une contribution pour la promotion de la paix, du dialogue dans le monde. Il est donc important que les enfants contribuent à la préservation de la paix dans le monde, à s'engager pour un dialogue public et pour une diversité culturelle en laissant des messages pour les générations futures, message dont le contenu sera diffusé en 2050. Les enfants du septentrion sont donc appelés à participer massivement à cette œuvre en laissant leur empreinte quand le Grand coffre à trésor va leur rendre visite dès le début du mois prochain.

Article publié dans l'Evénement Précis

Publié par ASSOGBA à 19:22:46 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Fabrication de Baby foot à Cotonou | 31 août 2006

Fabrication de Baby foot à Cotonou
 Amos 7, un talent caché
  A 35 ans révolu,  Adougbagui Codjo Henri, dit Amos 7 est le patron de l'unique atelier de fabrication des jeux baby foot de Cotonou. Cet homme de talent qui semble détenir le secret des jeux d'enfants, mérite bien une petite visite.
Christophe D. ASSOGBA
 Il est 11 heures 30 minutes vendredi dernier, lorsque je me retrouve dans l'atelier de fabrication des jeux baby foot, sis du côté droit de l'entrée de la digue de Fifadji (un quartier de Cotonou)  en quittant le quartier Ste Rita vers le Stade de l'Amitié de Kouhounou. A peine avait-je garé ma moto qu'un jeune apprenti abandonne son travail et  vient vers moi. Je lui demande son patron. Il me dit qu'il est sorti en pensant que je suis venu acheter un baby foot. En insistant,  le jeune apprenti se rend compte que je ne suis pas un client et me fait signe de la main que son patron est de l'autre côté de l'atelier. Un homme élancé, teint noir,  portant une chemise rouge sur un jeans s'approche de moi. «C'est vous le patron», lui demande-je. Il répond par l'affirmative.
 Le cadre
Le cadre a vraiment l'air d'un atelier, sauf qu'il est presque érigé sur un tas d'ordures. Il est compartimenté en deux. A l'entrée, il y a une maison qui sert de magasin. A une dizaine de mètre, un large hangar, des établis, des chaises : c'est l'atelier proprement dit. Des babys foot, des statuettes accrochées, des foyers artisanaux s'y reposent. L'atelier occupe un grand espace. Mais il brille par la malpropreté.  
  Travail pas facile mais rentable
  C'est grâce à un Ghanéen que Amos 7 exerce ce métier depuis une dizaine d'années. Il a commencé son apprentissage à Abomey et l'a parachevé à Cotonou. «J'ai fais quatre ans d'apprentissage. Mais je n'ai pas obtenu mon diplôme parce que mon patron est rentré dans son pays», révèle Amos 7 qui a  revu son patron qu'une seule fois depuis qu'il a ouvert l'atelier. «Il est venu ici une seule fois. Il a apprécié mon atelier. Il a travaillé un peu avec moi avant de repartir». Selon Amos 7,  la fabrication des babys  n'est pas facile. Il  nécessite une certaine force musculaire puisque le jeu est  réalisé à base du bois.  «C'est de la menuiserie. Mais tous les menuisiers ne peuvent pas fabriquer des jeux d'enfants comme les babys foot s'ils ne l'ont pas appris», a-t-il déclaré. Pour faire le travail, Amos 7 est aidé par deux apprentis. Les matériaux qui entrent dans la fabrication des babys foot sont le bois, le fer, l'aluminium, le tapis, les pointes, les écrous, la peinture, la colle. Si le bois est disponible en quantité et en qualité Amos 7 reconnaît que l'aluminium est de plus en plus rare. «Nous achetons l'aluminium à Missèbo auprès des Ibos qui s'approvisionnent chez les Béninois» avance-t-il. Il ajoute que l'aluminium coûte actuellement 1200 F le Kg. «Avant, on achetait le kg à 500 ou 600 F. maintenant c'est cher. Les blancs importent l'aluminium si bien que le prix a augmenté». Amos 7 explique  que l'aluminium  fondu au feu rouge sert à  fabriquer les joueurs. Selon Amos 7, le baby est souvent fabriqué sur commande et résiste longtemps. «Un baby peut faire cinq ans voir plus si les utilisateurs ne l'exposent pas aux intempéries, ne le laisse pas sous la plus», confie ce spécialiste de fabrication des jeux d'enfants. Il dit fabriquer plusieurs modèles de baby : bonzerie (français) et américain. Il confie que les gens n'aiment pas trop le modèle américain. «Nous recevons beaucoup de commande de l'intérieur du pays et de l'étranger. Les gens viennent de partout nous commander les modèles qu'ils veulent». Parakou,  Cotonou, Porto Novo, Allada, Malanville, Natitingou, Biafra au Ngeria, Abomey, Burkina Faso sont entre autres les localités de provenance de ses clients. Combien coûte un baby ?  Un baby coûte 80.000 à 90.000 F Cfa chez Amos 7 et n'a rien à envier à ceux importés qui coûtent 400.000 à 500.000 F Cfa. Au cours de l'année, la période des vacances constitue le moment où Amos7 vend beaucoup. Il reconnaît aussi qu'à l'approche des fêtes de fin d'année, les babys foot sont beaucoup vendus. «Pendant les fêtes de Noël, nous faisons la promotion. Les gens viennent acheter pour leurs enfants». Par ailleurs, Amos 7 reconnaît que c'est grâce aux fruits de cette activité passionnante qu'il assume ses responsabilités familiales. «La vente des babys foot me permet de nourrir ma petite famille et de faire face à mes besoins. Je ne me plaint pas». Amos 7 ne fabrique pas que les Babys foot.  Il fabrique aussi les billards, les foyers artisanaux. Il est aussi sculpteur : il taille des statues et statuettes. Pour Amos 7, qui voit grand et qui depuis des années est la recherche de partenaire pour accroître et diversifier sa production, il ne faut pas arrêter en si bon chemin. Son leitmotiv reste soutien. Ce soutien qu'il recherche et qu'il souhaite obtenir un beau jour pour rivaliser plus avec les babys importés. Il caresse l'envie aussi d'agrandir son atelier. Et ce désir devrait voir le jour si tout va bien, dans un futur proche.
 Article publié dans le Progès et l'Evénement Précis

Publié par ASSOGBA à 19:20:17 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Satisfaction des revendications des travailleurs | 11 août 2006

Satisfaction  des revendications des travailleurs
 Les syndicats bientôt en guerre contre Yayi Boni
 La période de grâce  de trois mois accordée par les syndicats au président Yayi Boni est arrivée à expiration. Les hostilités entre gouvernement et centrales syndicales au sujet des revendications des travailleurs s'annoncent pour bientôt.
Christophe D. ASSOGBA
 C'est vrai ! Il était normal que les syndicats accordent une période de grâce au nouveau chef d'Etat élu lors de la dernière élection présidentielle. Cela les représentants des travailleurs auprès du gouvernement l'ont fait pendant plus de trois afin de permettre à la nouvelle équipe dirigeante de prendre connaissance des dossiers de l'Etat, de la plate-forme revendicative des travailleurs.  Maintenant que le gouvernement a eu suffisamment de temps pour étudier les doléances des travailleurs, les syndicats n'entendent plus faire cadeau. Ils exigent que le gouvernement du Dr Thomas Boni Yayi passe vite à l'action en satisfaisant aux revendications légitimes de ses employeurs. Le week-end dernier, les secrétaires généraux de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb)  et de la Centrale des syndicats autonomes  du Bénin (Csa-Bénin), les camarades Pascal Todjinou et Guillaume Attigbé ont lancé un avertissement au gouvernement dirigé par le Dr Thomas Boni Yayi et ont menacé de se faire entendre en usant de leur arme de combat qui est la grève si le chef de l'exécutif et son gouvernement ne répondent favorablement aux attentes suspendues des travailleurs. Il est vrai que dès sa prise de fonction, le chef de l'Etat a donné des instructions pour que certaines revendications soient étudiées et satisfaites. C'est le cas de la mise en application du décret relatif à l'élection des recteurs dans les universités publiques béninoises, une vieille revendication des syndicats des enseignants du supérieur (Snes et Synares) non satisfaite par le régime défunt.  Le gouvernement du Dr Boni Yayi a  fait organisé l'élection des recteurs et vice-recteurs des deux universités béninoises, la première du genre au Bénin. Sinon que les recteurs ont toujours été nommés dans ce pays. Mais il demeure toujours des revendications qui tardent à trouver des solutions. Il s'agit par exemple de la question des enseignants contractuels, des agents licenciés de l'ex-Sitex à Lokossa, des agents de la Sogema, de la revalorisation de la fonction enseignante. C'est ces revendications qui feront descendre dans les toutes prochaines semaines dans la rue les travailleurs  si le gouvernement en place n'y apporte pas des solutions. La fronde sociale est aux portes du gouvernement qui doit faire feu de tout bois pour éviter la paralysie prochaine de l'administration par les centrales syndicales.
 * Article paru également dans l'Evénement Précis du jeudi 10 août 2006.
  

Publié par ASSOGBA à 20:44:07 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

Immigration | 11 août 2006

Immigration
L'Europe oui, mais l'Afrique d'abord

Qui développera l'Afrique si des milliers d'africains continuent de croire que leur bonheur se trouve en dehors de leur terre natale ? En tous cas, ce n'est pas le maintien ou la suppression de la loi Sarkozy en France, qui d'ailleurs est une leçon aux africains pour cesser de servir d'esclaves aux autres mais participer au développement de leur continent.

Christophe D. ASSOGBA

L'histoire retient que l'Europe est en grande partie ce qu'elle est aujourd'hui grâce à l'Afrique. Quand il a s'agit de libérer l'Europe, les africains étaient présents et ont su le faire avec abnégation. « Chez nous, les choses sont claires depuis longtemps. Nous sommes la terre d'origine de Toussaint Louverture. Nous nous reconnaissons fils et disciples d'Aimé Césaire, soeurs et frères consanguins de Christiane Taubira. Sans jamais trop insister, nous savons le prix du sang versé pour la liberté sur des champs de bataille qui nous furent communs », souligne le professeur Albert Tévoédjrè, ancien ministre et ancien fonctionnaire du Bureau international du Travail (Bit). Dans une lettre ouverte adressée au jeune ministre de l'Intérieur français, Nicolas Sarkozy, l'intellectuel béninois explique que les africains francophones sont des «ayant droit» à la France en raison de leur commun passé. L'histoire reconnaît également que l'Europe a spolié et continue de spolier l'Afrique de ses nombreuses richesses intellectuelles, minières et naturelles, plongeant ainsi des millions d'âmes dans l'extrême pauvreté. La curieuse mondialisation est là pour montrer comment le continent noir est toujours serviable et corvéable à merci et sert les intérêts des soi-disant maîtres du monde, chantres de la liberté et de la défense des Droits de l'Homme, mais qui sont les premiers à fouler aux pied les droits des africains quand leurs intérêts est en jeu. Les lois du commerce mondial sont parlantes à ce sujet. L'histoire reconnaît le rôle des africains au service du développement des autres. L'esclavage nous en dit long à travers leur immigration forcée vers les vastes terres de l'Amérique. Mais en sera-t-il ainsi toujours ? L'Afrique va-t-elle toujours servir les intérêts des autres ? L'Afrique est-elle condamnée à demeurer pauvre ou les africains ne peuvent-ils pas faire leur propre développement en mettant fin à celui des autres par le renoncement à l'immigration simple ou «choisie»? La loi Sarkozy sur «l'immigration choisie» semble être l'une des réponses à ces questions. Elle parait comme une invite pour l'abandon «du pèlerinage du bonheur» au profit d'une participation des candidats à l'immigration aux nombreuses tâches de développement de leur pays respectifs. Les bonheur est partout : en Afrique comme en Europe, en Asie comme en Amérique et en Océanie. Le bonheur que recherche des milliers de candidats malheureux à l'immigration ne se donne pas. Il se crée par le travail. Il s'arrache au prix du travail. Si les africains continuent de délaisser leur continent pour d'autres horizons à la recherche du bonheur qu'ils peuvent trouver mieux chez eux, qui va développer l'Afrique à leur place ? Les candidats africains à l'immigration doivent comprendre qu'il n'y a de bonheur que chez soi et que la recherche du bonheur ailleurs contribue à enrichir le pays hôte. Un adage dit «qu'on n'est mieux à l'aise que chez soi». L'Europe oui, mais l'Afrique d'abord. «Nous avons tout en Afrique. Nous devons mieux nous organiser pour créer la richesse, les conditions de notre épanouissement. Nos étudiants doivent comprendre qu'ils ont tout ce qu'il faut pour étudier au Bénin», a souligné Sacca Lafia, député à l'Assemblée nationale du Bénin. Aujourd'hui, avec le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, le continent noir a un réel besoin de techniciens, de cadres, d'ingénieurs, de scientifiques, de médecins, de professeurs chevronnés pour impulser son développement. Ces «cerveaux» africains ne manquent pas, mais ils sont en Europe et un peu partout à travers le monde et servent les intérêts des autres. Ils sont à la Nasa, dans les grandes institutions bancaires du monde comme le Fmi et la Banque mondiale, dans les hôpitaux européens, dans les universités européennes, américaines et asiatiques, dans les grandes industries automobiles, électroniques et aéronautiques, alimentaires et textiles. Ils sont un peut partout mais l'Afrique a besoin désormais d'eux. Le continent noir ne va pas continuer à perdre. Il faut qu'il gagne, chacun chez soi.


* Article manchette du deuxième numéro de Mayro Magazine, un mensuel international d'information générale, Août 2006.
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Publié par ASSOGBA à 11:29:57 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

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