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ASSOGBA

autorité

Parti Social Démocrate | 25 juillet 2006

 Parti social démocrate
 
A qui profite la confusion ?
 La crise actuelle au Parti social démocrate a abouti à la démission de certains barons et bientôt à la création de leur parti. Mais le mobile réel de cet acte entretien la confusion dans les esprits des observateurs. 
Christophe D. ASSOGBA
 

Le Parti social démocrate de Bruno Amoussou traverse une crise. Une minorité de personnalité pas des moindres du parti a décidé de quitter les choses avant peut-être que les choses ne les quittent. Pour quelle destination ?  Les informations font état de ce que ce groupe dirigé par le député Bernard Davo s'apprête à porter sur les fonts baptismaux  un parti politique histoire de pouvoir participer aux joutes législatives prochaines. Pourquoi Bernard Davo et ses acolytes ont-ils claqué la porte du Psd ? Il est difficile de donner les raisons profondes. Nombreux sont les Béninois qui se posent la question de savoir se qui les opposent au président Amoussou pour qu'ils en arrivent à démissionner du Psd qui a pourtant forgé leur avenir politique. De quoi est-il en réalité question au Psd ? Le Psd comme la plupart des partis politiques au Bénin, regorge de militants dont les ambitions démesurées compliquent énormément les relations entre les différents acteurs. L'origine de l'actuelle crise au Psd remonte à la formation de l'actuelle équipe gouvernementale du Dr Boni Yayi. Ceux qui à tort ou à raison s'imaginent que leur tour est arrivé pour devenir ministre et occuper le portefeuille ministériel offert au Psd par le président Boni Yayi pour le soutien de ce  parti au second tour du scrutin présidentiel de mars 2006 ont étalé au grand jour leur mécontentement voire méchanceté. Ils ne ratent  depuis que leur rêve ne s'est pas transformé en réalité aucune occasion pour l'exhiber. Cela a duré plusieurs mois. Mais comme si cela ne suffisait pas, il faut mettre en difficulté le parti. Ils ont donc rompu les amarres. Toutes les tentatives pour régler le différend ont été un fiasco. Le linge sale n'a pas pu se laver en famille au point où ils ont démissionné du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Au fait, les dissidents prétextent que l'heure a sonné pour qu'ils fassent leur propre promotion. C'est vrai on est mieux servi que par soi-même. Mais une chose est d'autant plus vraie que leur personnalité, leur notoriété a été forgée dans le Psd. Les Béninois veulent donc savoir concrètement la cause de leur départ de ce parti qui leur a servi de piédestal dans l'arène politique béninoise. 


 


Christophe D. ASSOGBA


Journaliste/ Communicateur


Tel:229 97648206


e-mail:assochrist2002@yahoo.fr


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Sécurité routière au Bénin | 23 juillet 2006

Sécurité routière au Bénin


 

Le téléphone portable fait des contrevenants


 L'utilisation du téléphone portable en circulation  gagne de plus en plus les habitudes des populations béninoises. Une proposition de loi  d'un député pour réprimer le phénomène est en examen à l'Assemblée nationale.
Christophe D. ASSOGBA
                                                                                                    
«Un jour, je rentrais à la maison à bord de ma voiture. Il sonnait déjà une heure du matin. Mon téléphone portable sonne. Devant moi, il y avait deux jeunes gens sur une moto. Le temps de prendre le téléphone et de décrocher, je me suis retrouvé sur le trottoir. J'ai cassé le carter de ma voiture». Ainsi, confie Kabir Adam, propriétaire d'un télécentre à Cotonou. L'homme révèle qu'il n'est pas à son premier accident  au volant d'une voiture. «Il y a plus d'un mois, j'ai fais un autre accident au cours d'une conversation téléphonique avec ma femme. J'ai percuté un conducteur de taxi-moto. Heureusement que ce n'était pas aussi grave. Seulement, ma voiture a encore eu un choc». Il ajoute : «j'ai l'habitude d'utiliser mon téléphone portable en circulation. Au volant de ma voiture, je prends toujours d'appel quand mon téléphone sonne. Je ne  gare pas souvent par crainte de perdre du temps ».
Kabir Adam n'est que l'une des innombrables victimes d'accident de circulation pour cause d'usage du téléphone portable. On ne sait pas au juste le nombre de ces accidents de route liés à l'utilisation du mobile en circulation. Mais il augmente au jour le jour. «L'usage du téléphone portable en circulation surtout au volant est très subtile. Je suis convaincu qu'il y a beaucoup d'accidents liés à son utilisation. Nous ne disposons pas de données chiffrées sur cette catégorie d'accident. Nous avons les statistiques pour les cas d'accidents causés par des véhicules sans phare et aux pneus usés», a déclaré M. Nestor H. Vitodegni, chef service informatique, statistiques, études et documentation au Centre national de sécurité routière (Cnsr). Sylvain Idohou,  ébéniste, raconte avoir ramassé avec sa moto un piéton et « mordu la poussière à la suite d'un coup de fil ». L'usage du téléphone mobile en circulation ne se limite pas à une classe sociale donnée. Il  est aujourd'hui à la portée de toutes les couches de la société. Selon M .Claude R. Wèkè, ingénieur mécanicien au Cnsr, quand une personne converse au portable en circulation, il  n'a pas l'attention sur sa conduite. «Il sort de son champ physique et a son esprit ailleurs». «Lorsque l'oreille est au téléphone, l'oeil n'est plus à la route», lit-on sur les panneaux publicitaires du Cnsr. Le professeur Roger Gbègnonvi* renchérit en ces termes : «l'homme inattentif commet toujours des erreurs. La conduite repose sur l'attention et le coup de fil au volant détourne l'attention de son objet principal et met la vie en danger».
Les députés s'en mêlent
                                                                                                              

 En 2004, la ville de Cotonou a enregistré 1313* cas d'accidents, soit 4% de mortels, 53% de matériels*, 18% d'accidents corporels* et 25% d'accidents graves non mortels. En 2003, le nombre est plus élevé. Même si la tendance est à la baisse aujourd'hui, il faut reconnaître que parmi les cas d'accidents de routes, beaucoup sont dus à l'utilisation du portable. C'est la raison pour laquelle un député a introduit à l'Assemblée nationale  un projet de loi  portant  répression de l'usage du téléphone portable  en circulation. Ce projet de loi actuellement en étude prévoit des sanctions aux contrevenants. «Il faut l'interdire. Une loi dans ce sens serait la bienvenue car l'utilisation du téléphone en circulation met la vie de beaucoup de personnes en danger», déclare le professeur Roger Gbégnonvi. «C'est bien d'adopter une  loi. Mais elle risque de ne jamais être appliquée parce qu'il sera difficile d'établir le délit», affirme Nestor H. Vitodegni.   «Le problème, c'est l'appréhension de la faute. Si on ne prend pas en flagrant délit, il n'est pas possible d'établir la contravention. Le gendarme ou le policier constate bien après. On n'arrive pas à mentionner formellement cette cause dans le procès-verbal d'accident. C'est difficile pour le portable, à moins qu'il ait des témoins à charge qui attendent l'arrivée des forces de l'ordre», a-t-il ajouté. D'après ses explications, la preuve matérielle de l'infraction  sera sujette à contestation en l'absence d'un témoin, puisque le contrevenant aurait eu le temps de ranger son portable. «C'est bien une loi. Mais la verbalisation des fauteurs va  encourager l'escroquerie. En France, sur le permis de conduire, il y a des points. Quand on prend un individu en train d'utiliser son téléphone portable au volant, on lui enlève des points jusqu'à ce qu'on lui retire le permis de conduire si on interdit l'usage du Kit* oreille, c'est grave. Il est fait pourtant pour la faute se répète. Ici, les gens risquent de corrompre des agents de sécurité.  Interdire l'usage du Kit oreille est bien grave. Il est fait pour la voiture et tout le monde ne peut pas s'offrir les services d'un chauffeur», conclut  Kabir Adam.


 

                                                                               
Notes
·        M. Claude R. WEKE est le Chef service Prévention Routière au Centre national de sécurité routière
·        Banque de données du Centre national de sécurité routière, année 2004
·        Accident matériel : c'est un accident qui n'occasionne pas des pertes en vie humaine
·        Accident corporel :   c'est un accident qui entraîne la perte d'un membre ou d'une partie du corps.
·        Un Kit oreille est un écouteur à l'usage du téléphone portable

·        Le professeur Roger Gbégnonvi est membre de Transparency International Béninoise et de la société civile béninoise.


 

NB: Article écrit dans le cadre de l'atelier de formation sur les enjeux des Tic organisé par l'Odem avec le soutien de l'Institut Panos d'Afrique de l'Ouest.

                   

Christophe D. ASSOGBA
Journaliste/Communicateur/Analyste politique
Tel : (229) 97648206
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assochrist2002@yahoo.fr
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Insalubrité au marché Dantokpa de Cotonou | 21 juillet 2006

Insalubrité au marché Dantokpa de Cotonou
La honte des usagers du marché et des autorités
 
Malgré tous les efforts, le marché international Dantokpa attire l'attention des visiteurs par sa malpropreté. Dantokpa demeure toujours une véritable poubelle au cœur de Cotonou.
 Christophe D. ASSOGBA
 Des tas d'immondices aux odeurs fétides jalonnent toujours le marché de renommée international Dantokpa. Les ordures ménagères sont dispersées dans ce marché. Au niveau de la berge de la lagune, il est toujours impossible de circuler sans se faire accueillir par des immondices qui sentent au quotidien. Mathilde Berger, une touriste luxembourgeoise décide de visiter ce marché. Son guide et elle passe sous la passerelle du nouveau pont et rallient le parc automobile où voyageurs se bousculent au milieu de vendeurs et vendeuses à la criée pour prendre un taxi. Elle ne tarde pas à se confronter à la triste réalité. «Ah mon ami ! Pourquoi il y a beaucoup d'ordures ici. C'est sale et ça sent trop », s'écrie-t-elle elle progresse en compagnie de son ami Hervé vers les riverains pour aller observer une partie de pêche. Elle clame son indignation à la vue des déchets qui entourent ceux-ci qui vaquent allègrement à leur occupation de tous les jours. «Les gens vivent au milieu des animaux chez vous». Elle détourne le regard, attrape son nez dans une mouchoir et ajoute : «je n'arrive plus à respirer correctement. Ça sent. Quittons ce lieu putride». L'endroit en question est envahi par des odeurs. Les riverains s'y plaisent. Une vendeuse de poisson réplique : «Yovo, ici, nous on est à l'aise. On mange. On fait tout ici. Mêmes les toilettes  qu'on jette dans la lagune» jusqu'à côté de la dame, on aperçoit des écailles de poisson qui pue comme pas mal et qui donne la nausée et  l'envie de vomir. Et Mathilde de déclarer : «J'ai toujours rêver de voir Dantokpa. Je croyais que c'est un beau marché. Mais constate que c'est un marché sale, une vraie poubelle». Hervé tout penaud l'invite à prendre son mal en patience et l'invite à visiter le grand immeuble au milieu du marché. Là encore Mathilde est déçu des sachets qui traîne à même le sol. Mathilde n'est pas la seules personnes et touristes à être déçus de  l'insalubrité au marché Dantokpa. Le Cotonois en général ne sont pas content de l'aspect macabre de leur marché en raison du fait que c'est l'Etat perd des centaines de millions à cause de l'insalubrité de ce lieu. La propreté de ce centre économique devient un impératif et les usagers ainsi que les autorités locales et étatiques doivent prendre des mesures hardies pour faire changer l'aspect de Dantokpa.
  Christophe D.ASSOGBA
Journaliste/Communicateur/Analyste politique
Tel : (229) 97648206
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Intranet | 16 juillet 2006

Intranet
Une arme contre les maux de l'administration

L'intranet fait figure de parent pauvre dans l'administration béninoise.

Christophe D. ASSOGBA

Agé de 18 ans, Germain passe son baccalauréat ce mois. Jusque-là, il n'a toujours pas obtenu sa pièce d'identité qui lui donnera accès à la salle de composition. «J'ai fourni les pièces requises et les frais de quittance d'un montant de 2.400 F Cfa pour me faire établir ma carte d'identité civile. Cela fera bientôt un mois et aucune suite n'est donnée à ma demande. Mon examen est déjà là. Quand je me rends à la préfecture de Cotonou, on me dit toujours que ce n'est pas prêt et de revenir demain. Je n'ai même pas la possibilité de vérifier à quel niveau se trouve mon dossier», se plaint-il. Samuel, 19 ans, qui a aussi son Brevet de technicien supérieur (Bts) en communication a passé, vit la même situation que Germain. «Je ne sais pas la situation de mon dossier. Les jours passent. Un ami m'a dit que si j'avais fais un geste à l'agent, j'aurais obtenu depuis ma pièce d'Etat civil. C'est ce que cet ami a fait», affirme-t-il. Dans certains endroits du monde, les gens ne perdent pas le temps ni n'éprouvent pas des difficultés pour se faire établir une pièce ou vérifier l'évolution d'un dossier de candidature. Dans ces pays, tout est en réseau grâce aux technologies de l'information et de la communication. Au Bénin, ce n'est presque pas le cas. Rare sont les services de l'Etat en réseau. Les institutions de la République ne sont pas connectées entre elles. L'intranet n'est pas encore une réalité au Bénin. Dans le document-cadre sur la réforme administrative au Bénin, il est dit qu'à terme du processus de réforme de l'administration publique, tous les ministères et autres institutions devraient être en réseau par le biais de l'Internet. Actuellement, seul le ministère de l'Environnement et de la promotion de la nature (Mepn) est en réseau. Les autres, pas encore : quelques bureaux, notamment les cabinets des ministres et quelques directeurs centraux ont accès à l'Internet.

«...on gagne du temps»
L'intranet est un système formé de plusieurs réseaux locaux qui permet le partage de l'information au sein des institutions d'un pays. Selon M. Alain Capo-Chichi, spécialiste et consultant en Tic, le partage de l'Information sur la toile dans les institutions de l'Etat évite aux agents des déplacements de bureau en bureau. «L'avantage est qu'on gagne du temps dans le travail et de garder les agents sur place», déclare Alain Capo-Chichi. D'après ses explications, l'intranet permet aussi de contrôler les absences et les présences des agents au service. Dans le même ordre d'idées, le professeur Roger Gbégnonvi de Transparency International Bénin affirme : «L'administration doit travailler en synergie. L'Internet est fait pour cela. Il fait gagner du temps parce qu'il facilite la proximité dans l'espace. Si en restant assis dans le bureau, vous envoyez des documents importants à un collègue ou au supérieur hiérarchique, cela revient beaucoup moins cher que prendre la voiture».
«...c'est le contact qui facilite la corruption»
Et ce n'est pas tout. «L'intranet rend plus transparente l'administration. Les procédures communes sont gérées de façon automatique. Un usager qui soumet un dossier doit pouvoir vérifier à quel niveau il est. Il n'a pas contact avec les agents parce que c'est le contact qui facilite la corruption. Les systèmes de bases de données permettent donc de couper le contact entre les usagers et les agents en vue de limiter la corruption», indique le spécialiste Alain Capo-Chichi. Il ajoute : «Si vous soumettez un dossier et on vous donne des délais, après vous pouvez vérifier sans vous déplacer. Si le travail n'est pas fait, vous avez la possibilité d'envoyer un message au supérieur hiérarchique de l'agent en charge du dossier qui pourrait demander des comptes à son collaborateur» «Aujourd'hui, c'est le mercredi, le président de la République n'est pas au pays. Le conseil de ministres peut avoir lieu grâce à l'intranet. Le président et les ministres absents peuvent depuis où ils se trouvent participer et même défendre des dossiers», conclu Alain Capo-Chichi qui utilise les Technologies de l'information et de la communication (Tic), depuis des années, pour accroître les prestations de son entreprise.

Christophe D. ASSOGBA
Journaliste / Communicateur/ Analyste politique
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Elections au Bénin | 16 juillet 2006

Elections au Bénin
A quand une exploitation efficiente des TIC

Le Bénin, à l'occasion des élections présidentielles de Mars dernier a révélé toutes ses attentes en ce qui concerne l'utilisation des technologies de l'information et de la communication pour le renforcement de sa démocratie.

Kokouvi EKLOU*

« Nous nous sommes sentis exclus du débat sur le devenir de notre pays ». Ainsi s'est exprimé Marcel Houndayi, Béninois résidant en France au lendemain du second tour du scrutin présidentiel qui a vu porter à la tête de son pays natal le docteur Yayi Boni. Comme tous les ressortissants béninois vivant à l'étranger il n'a pas pu exprimer son suffrage pour le candidat de son choix. La précipitation dans laquelle le second tour de ces élections s'est déroulé n'a pas permis à la Commission électorale nationale autonome (Cena), institution chargée de l'organisation du scrutin, de mettre en branle les dispositifs de vote des Béninois de l'extérieur. Conséquence : des milliers de Béninois se sont vus priver du droit de vote. Une frustration qui est loin de se dissiper. Pourtant cette situation aurait pu être évitée si l'Etat béninois a su intégrer au système électoral les technologies de l'information et de la communication. Quand on sait aujourd'hui que l'Internet est un outil interactif par excellence qui offre une multitude de services et d'opportunités, on ne peut imaginer qu'en plein 21ème siècle des citoyens puissent être exclus du débat sur l'avenir de leur pays, quel que soit le lieu où ils résident. Le vote en ligne expérimenté par des pays développés pour favoriser le vote de leurs citoyens partout où ils se trouvent est un exemple dont pourrait s'inspirer l'Etat béninois. Le vote des Béninois en temps réel, sans contrainte liée à la localisation, au déplacement, à l'échelle planétaire est une initiative à expérimenter et il pourrait devenir une réalité s'il est porté par une volonté politique. En seize ans d'expérience démocratique le Bénin est bien en mesure d'apporter des innovations à son système électoral confronté à maintes controverses. La liste électorale que l'on veut depuis longtemps informatisée est à chaque échéance électorale remise en cause par les animateurs de la vie politique nationale. Ces élections présidentielles n'ont, non plus, été exemptes de critique. On a évoqué des cas graves de fraudes dont le grossissement de la liste électorale, la disparition de milliers de cartes d'électeurs... Des insuffisances qui auraient pu conduire à des situations regrettables si la classe politique béninoise n'a pas fait preuve de maturité.


La politique au pas des Tic
Si dans son document de politique et de stratégies de développement des Tic au Bénin, l'Etat a affirmé sa volonté de faire de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication un outil privilégié de développement, il ne devrait pas occulter le rôle de l'Internet dans la promotion de la citoyenneté, la gouvernance démocratique. L'Internet, aux yeux de Jean Tchougbé, directeur du campus numérique francophone de Cotonou, est un outil de promotion et de renforcement de la démocratie autant qu'il permet aux populations de communiquer, de s'informer, de télécharger des données, acheter, publier, se divertir. Chose que les différents candidats aux élections présidentielles ont compris. En utilisant l'Internet pour mettre en ligne leurs programmes de société, ces candidats n'ont-ils pas montré qu'ils ne sont nullement en marge des progrès technologiques ? Dans le cadre de ces élections présidentielles de Mars dernier la majorité de ces candidats (vingt-six au premier tour) ont disposé de site web pour communiquer avec leurs inconditionnels électeurs et en conquérir d'autres. C'est la diaspora béninoise qui a été visée à travers cette opération de charme qui ne dit pas son nom. Mais faudrait-il reconnaître que cette communication à l'endroit des ressortissants béninois n'était point inutile. Mieux, elle a été opportune car de l'autre côté de l'Atlantique, de la Méditerranée ou du Pacifique la soif de s'informer sur ces élections devrait être grande. Si l'on convient que les Béninois de l'étranger disposent des mêmes droits que leurs concitoyens restés au pays, ils ne doivent point faire l'objet d'une quelconque exclusion. La citoyenneté est la qualité de faire face à ses devoirs tout en revendiquant ses droits. Et fort de cela le Béninois de l'extérieur est en droit de réclamer aux gouvernants son droit de vote. Un droit inaliénable que l'Etat doit reconnaître car « la démocratie permet un épanouissement total du citoyen dans le respect des lois et normes établies et bien acceptées de tous ». Autant l'Etat s'attend à voir ses cadres de l'extérieur contribuer au développement du pays, autant il doit faire des efforts pour leur permettre de participer à la gestion des affaires publiques. En contribuant de par leur vote à l'élection des dirigeants, ces Béninois participent au contrôle citoyen et l'on ne peut leur dénier ce droit. L'informatisation du fichier électoral et le système de vote en ligne pour crédibiliser les élections et permettre à la diaspora béninoise de voter sans contrainte et au même titre que tous les citoyens béninois doivent être des priorités pour un Etat qui entend renforcer sa démocratie et amorcer dans la sérénité son développement. 108è sur 115 pays classés en fonction de leurs performances en Ntic courant 2005 le Bénin a certes fait des progrès en matière des Tic mais il est encore loin du compte. En adoptant un document de politique et de stratégies de développement des Tic, en créant un Ministère en charge de la promotion et en exprimant sa vision de « faire du Bénin, à l'horizon 2025, une société de l'information épanouie, solidaire et moderne », le gouvernement béninois a montré son attachement à la promotion du secteur des technologies de l'information et de la communication. Et une société qui se veut moderne doit savoir tirer profit de ces technologies et l'introduction de cet outil dans le système électoral de notre pays renforcera à coup sûr notre démocratie qui lentement mais sûrement fait son bonhomme de chemin.

* Journaliste béninois (Le POINT au Quotidien). Auteur de nombreuses publications sur les Tic et les questions de développement


Publié par ASSOGBA à 20:36:22 dans ASSOGBA | Commentaires (0) |

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