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MONDOUKPE

Actualités et ressources de la République du Bénin

Désignation précipitée des membres de la Cour Constitutionnelle : Panique au sommet de l’Etat | 03 mars 2008

Les membres de la Conférence des présidents ont été invités ce jour mardi 26 février 2008 à 17 heures au Palais des Gouverneurs pour, dit-on, procéder entre autres, à la désignation des quatre représentants de l'institution parlementaire à la Cour Constitutionnelle. Une donne qui, non seulement complique la situation au Parlement, mais aussi et surtout traduit la panique qui s'est installée au sommet de l'Etat.

(JPG)La peur a gagné à nouveau le sommet de l'Etat. C'est du moins ce qu'il convient de retenir de la manière précipitée avec laquelle Mathurin Nago veut que le Parlement désigne ses quatre représentants à la prochaine Cour Constitutionnelle. La question que ne cesse de se poser chaque député depuis hier est de savoir ce qui rend ce dossier urgent ? Une interrogation tout à fait légitime en ce sens que le mandat de la Cour Constitutionnelle expire en juin 2008, soit dans trois mois. Depuis six mois, l'Assemblée Nationale n'a pas désigné ses représentants à la Haute Cour de Justice et dans les Parlements régionaux. On n'y trouve aucune urgence malgré les démarches répétées de certains députés pour combler ce vide. Voilà que par note N° 08-049 du 25 février 2008, le président Mathurin Nago invite les membres de la Conférence des présidents pour ce jour dans le cadre de la désignation des membres de la prochaine Cour Constitutionnelle. Cela cache forcément quelque chose. Au niveau de la démarche, il y a tellement de contradictions qui frappent à l'œil. C'est d'abord le Secrétaire général administratif qui convoque les membres de la Conférence des présidents pour hier et ceci pour le même motif. Quelques heures après, c'est le président de l'Assemblée Nationale qui les convoque à son tour pour le lendemain. Ce sont là autant de cafouillages qui donnent une idée de l'état d'esprit du moment de ceux qui nous gèrent. En réalité, c'est que le Chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi a fini par comprendre qu'à tout moment, Mathurin Nago peut perdre son fauteuil. Pour parer au plus pressé, il vaut mieux procéder à la désignation des représentants de l'Assemblée Nationale à la Cour Constitutionnelle pendant qu'il est encore temps. Sur les sept membres que compte l'auguste institution, quatre sont désignés par le Parlement. Le président de l'Assemblée Nationale lui-même n'y croit plus tellement. Les dernières informations recueillies font également état de ce que, une fois encore, le gouvernement entend jouer sur les procurations à retirer auprès de certains membres du Bureau sur qui on ne compte pas à 100 %. Les mêmes sources révèlent aussi que les autres groupes parlementaires seraient prêts à s'opposer à cette manière dictatoriale de procéder, surtout qu'il n'y a aucune urgence à désigner les représentants de l'institution à la Cour Constitutionnelle.

Marie Richard Magnidet

Publié par djiwan à 10:31:07 dans - Actualité | Commentaires (0) |

Démarche qualité : les professionnels judiciaires s’en imprègnent | 02 mars 2008

Du 28 au 29 février 2008, Cotonou abrite  le colloque international « Droit & qualité ». L'objectif de ces assises, est de mettre en débat l'enjeu que représente pour les pays africains, la rationalisation de leurs professions judiciaires, notamment grâce à une démarche qualité (normes ISO). La cérémonie d'ouverture a été présidée par le ministre béninois de la  justice  qui estime qu'il n'y a pas d'Etat de droit sans le droit et la qualité.

« Une démocratie sans contenue économique est vouée à des lendemains qui déchantent.  C'est pourquoi le rêve du gouvernement béninois est celui d'un pays émergent. Mais il ne peut avoir un Bénin émergent qu'à la double condition d'évoluer dans  un État de droit et de promouvoir la qualité... » Ce sont là les propos du ministre béninois de la justice, Gustave Kassa (Ecouter )lors de la cérémonie d'ouverture des travaux au Palais des congrès de Cotonou.  Pour lui, « le Bénin du futur sera un pays de services et pour gagner ce pari, il faut relever le niveau de la qualité des services offerts, tout en respectant les droits acquis ».  Le ministre a ensuite  rassuré les participants de la disponibilité du gouvernement à « prendre en compte les recommandations du colloque qui serviront de base  pour une politique efficace de qualité ».

Avant l'allocution du ministre de la justice, M. Noukpo Gnonlonfoun, président de IIFACQES France a souligné, à l'attention des professionnels de la justice, l'importance  de l'appropriation de la démarche qualité. Une démarche qui permettra  de donner confiance aux investisseurs en sécurisant leur placement. Pour lui, « le développement de l'Afrique passe par la démarche de certification ». M. Gnonlonfoun a en outre invité les professionnels béninois de la justice à prendre conscience, pour ne pas être en marge  du nouveau contexte mondial caractérisé par les normes ISO.
 
Son  collègue Michel Padonou et   la représentante de l' IIFACQES Bénin sont  allés dans le même sens. Quant à M. Pierre Simon Adovèlandé, coordonnateur nationale  du Millenium Challenge Account, il a qualifié la démarche qualité dans le secteur de la     justice d'innovation saluée par le MCA, avant de faire savoir que son institution n'attend que le plan d'action qui résultera du colloque pour l'accompagner.

Le colloque « Droit et Qualité » permettra de débattre de trois questions majeures. D'abord, comment renforcer la confiance des investisseurs, des entreprises et des citoyens dans les professions judiciaires au bénéfice du développement économique ? Ensuite, comment favoriser un meilleur accès des usagers (entreprises, particuliers, etc.) aux professions judiciaires ? Et enfin, comment favoriser un dialogue constructif et durable entre les professions judiciaires et les usagers ?

Hippolyte DJIWAN

Publié par djiwan à 11:32:17 dans - Actualité | Commentaires (0) |

« Anémiés fiscaux », les pharmaciens béninois font leur propre diagnostic | 01 mars 2008

« Le fisc et le développement d'une nation ». Tel est le thème de la cinquième journée de l'Ordre des pharmaciens du Bénin. Organisée le 29 février 2008 à la salle de conférence de l'Institut de Formation Sociale et Civique (INFOSEC) à Cotonou, cette journée a enregistré la participation de l'Inter-ordre des pharmaciens africains (IOPA)

« Les pharmaciens béninois sont doublement imposés. D'abord sur le bénéfice industriel commercial, ensuite sur l'impôt général sur le revenu (IGR). Enfin de compte, quand on fait le point, le pharmacien béninois est imposé à près de 68 % de son bénéfice sur chiffre d'affaire. » Voilà le réquisitoire de Falilou ADEBO (Ecouter), pharmacien, grossiste, répartiteur contre la pression fiscale subie par les pharmaciens béninois. Cette situation ne manque pas de conséquence sur l'activité des pharmaciens. « Ces impositions font que beaucoup de pharmaciens n'arrivent plus à vivre de la profession. Alors, beaucoup d'officines de pharmacies sont placées en gérance » déplore M. Adébo avant de préciser qu'elles sont une dizaine dans le cas à Cotonou et, sans souhaiter la mort d'une quelconque officine, « elles auraient déjà fermé leur porte si on était dans un régime normal».

« L'anémie fiscale» dont souffrent les pharmaciens et qui serait la principale cause de leur fébrilité préoccupe également le président de l'ordre des pharmaciens du Bénin M. Charles AINADOU. «Comment travailler dans un système fiscal qui risque de faire disparaître le secteur privé pharmaceutique ? » s'est interrogé le président de l'Ordre des pharmaciens du Bénin.

Pour le représentant de l'Inter-ordre des pharmaciens africains (IOPA), «Trop de pression fiscale tue les entreprises et encourage la voie de la fraude ». Une préoccupation qu'illustrent bien les marchés et les ruelles béninois inondés par les produits pharmaceutiques malgré les multiples appels à l'abandon de ce commerce jugé très dangereux pour la santé publique.

C'est donc pour trouver un terrain de consensus que la cinquième journée de l'Ordre des pharmaciens du Bénin est placée sous le thème «Le fisc et le développement d'une nation », qui a été développé par Madame Mariama BABA-MOUSSA, épouse SOUMANOU, Directrice Générale des Impôts et des Domaines.

La journée de l'Ordre des pharmaciens du Bénin présidée par la Directrice adjointe de cabinet du ministre de la santé a enregistré la participation de l'Inspecteur général des impôts (IGE), du président de l'ordre des Experts comptables du Bénin, du représentant de l'Inter-ordre des pharmaciens africains (IOPA), du président de l'ordre des pharmaciens du Togo et du vice président de l'ordre des pharmaciens de la Côte d'Ivoire

Hippolyte Djiwan

Publié par djiwan à 12:12:48 dans - Actualité | Commentaires (0) |

Les mesures prises par le gouvernement burkinabè contre la vie chère | 29 février 2008

Le ministre de l'Economie et des finances ainsi que celui du Commerce, de la promotion de l'entreprise et de l'Artisanat ont fait au conseil le point des rencontres de concertation avec les différents groupes socio-professionnels relatives à la flambée des prix des produits de grande consommation. A l'issue de ces comptes rendus et prenant en compte d'une part, les préoccupations exprimées par les différents groupes, et d'autre part les résultats des études entreprises pour atténuer l'impact des prix internationaux sur le coût de la vie, le conseil a décidé à titre exceptionnel d'exempter des droits de douane pour une période de trois mois à compter de ce jour, les produits de grande consommation suivants :

- le riz ;

- le sel ;

- les pâtes alimentaires ;

- le lait concentré sucré ;

- le lait en poudre et les laits infantiles.

Concernant certains produits de grande consommation fabriqués au Burkina Faso, les concertations se poursuivent avec les principaux industriels afin de rendre compatibles leurs prix avec les conditions d'exploitation et du marché ; il s'agit :

- du sucre ;

- du savon ;

- et des huiles alimentaires.

Le conseil a donné instructions aux ministres en charge des dossiers de veiller au suivi rigoureux de l'application des présentes mesures et de leur large diffusion.

Extrait du Conseil des ministres du 27 février 2008

Publié par djiwan à 15:49:24 dans - Actualité | Commentaires (0) |

Manifestation contre la vie chère : Ouagadougou entre casse et pillage | 29 février 2008

Etablissements scolaires, marchés, boutiques, magasins fermés par-ci, pneus brûlés sur des voies publiques, panneaux arrachés, feux tricolores détruits par-là. Tel était le décor que présentait la ville de Ouagadougou dans la journée du jeudi 28 février 2008. C'est une manifestation qui entrait dans le cadre de la lutte contre la vie chère.

Un peu plus d'une semaine après la manifestation suivie de casses à Bobo Dioulasso le mercredi 20 février 2008 et dans d'autres localités du Burkina, ce fut au tour de la capitale, Ouagadougou, de prendre le relais le jeudi 28 février dernier. Au commencement, on avait parlé d'une marche, puis il était question, en lieu et place, d'une opération ville morte, pendant que les autorités faisaient savoir qu'il n'en serait rien du tout et que chacun pouvait vaquer à ses occupations en toute quiétude. Mais c'est tout un autre spectacle que la ville de Ouagadougou a présenté dans certaines zones au cours de la journée du jeudi 28 février dernier. En effet, si des stations d'essence ont ouvert tôt dans la matinée, elles ont dû se raviser par la suite en fermant compte tenu de l'évolution de la manifestation.

A première vue, certains lieux de la ville respectaient bien le mot d'ordre de ville morte. Ainsi, sur l'avenue de l'UEMOA, les boutiques, ateliers de couture, kiosques, restaurants, agences de voyage avaient fermé. Certains de leurs responsables patientaient devant leur lieu de travail, et lorsque nous leur avons demandé pourquoi ils ont fermé , ils répondaient : "Nous observons parce que nous ne savons pas ce qui se passe. Nous sommes dans la désinformation, c'est pourquoi nous avons fermé et attendons de voir."

Non loin de là, toutes les boutiques de Zabré Daaga avaient les portes closes. Devant une d'elles, Antoine Yao, Damien Kaboré et des camarades étaient assis sur un banc, expliquant : "Si nous devons fermer et que cela arrange la population, c'est tant mieux." Pour eux, le gouvernement avait la solution de tous ces problèmes et a laissé faire jusqu'à ce qu'on arrive à cette situation. Un d'entre eux dira que "nos autorités marchent avec des bons, ont des facilités et font semblant de ne pas savoir comment la population souffre". Un autre ajouta : "Nous sommes d'accord avec l'archevêque de Ouagadougou qui dit qu'il faut consulter les gens avant de prendre des décisions." A peine avons-nous fini d'échanger avec eux que nous apprenons que ça bouge du côté du quartier Dapoya, et dès le rond-point des Nations unies, nous apercevons des flammes sur l'avenue Dimdolobsom. C'étaient les flammes de pneus qui ont été brûlés sur le bitume de cette avenue et il en était de même sur toute la rue Didier Kiendrebéogo où, en plus de ces pneus, des jeunes lançaient des pierres sur des éléments de la gendarmerie qui s'exerçaient à éteindre les feux, engendrant parfois une course poursuite entre eux. Le marché de Sankariaré était fermé et, quelques mètres plus loin sur l'avenue de l'armée, tout ce qu'il y avait comme boutiques, services et autres avait baissé pavillon au niveau du rez-de-chaussée des bâtiments de la cité An III.

Des manifestants arrêtés

La ville de Ouagadougou, dont il avait été dit que rien ne s'y passerait, était-elle en train de suivre les traces de Bobo Dioulasso? Sur le boulevard France-Afrique, à partir du rond-point de la Patte d'oie, au croisement de l'avenue Pascal Zagré, des jeunes étaient devenus maîtres de la circulation où ils brûlaient des pneus, cassaient les feux tricolores, pierres et bâtons en main, sous le regard des forces de l'ordre. Mais, par la suite , policiers, éléments de la Compagnie républicaine de sécurité, gendarmes, militaires, ont été mis à contribution et ont chargé les manifestants avec des gaz lacrymogènes. Certains manifestants ont été arrêtés. Il en était de même avec d'autres jeunes sur tout le long du boulevard de la Circulaire , à partir du rond-point de la Patte d'oie où le marché Paag-Layiri avait fermé jusqu'après le pont de Cissin. Il était difficile d'emprunter cette voie que jonchaient de grosses pierres, des pneus enflammés et d'autres objets utilisés comme obstacles. Pour passer en certains lieux, des jeunes exigeaient des motocyclistes et automobilistes de l'argent avant d'avoir un passage ouvert . Sur toute l'avenue du Kadiogo à Gounghin, boutiques, alimentations et autres lieux de commerce avaient également fermé et des débris jonchaient la voie. Des jeunes avaient pris possession de l'avenue El hadj Oumarou Kanazoé et guidaient la circulation jusqu'à la place de la Bataille du rail où ils ont mis le feu et cassé les feux tricolores. Il a fallu l'intervention des forces de défense et de sécurité pour les disperser. Sur l'avenue Kwame N'krumah, les vitres du hall d'entrée du bâtiment du groupe Bolloré avaient volé en éclats et rien n'y avait échappé juste au rez-de-chaussée en face de ce bâtiment. En effet, des vitres de la boutique de l'équipementier Tovio ont été brisées et, selon les explications d'un des responsables, des manifestants ont tenté de forcer mais n'ont pu y entrer. Ils ont emporté ce que leurs mains pouvaient prendre par les vitres. Juste à côté, c'est la boutique Haroun chic du jeune Harouna qui a fait les frais des manifestants qui se sont volatilisés avec tous les portables qui s'y trouvaient en vente, de nombreuses chemises et pantalons jeans-Sous le choc, Harouna nous a fait savoir qu'il ne pouvait pas sur-le-champ évaluer les pertes subies. Ainsi, certains quartiers de Ouagadougou ont vécu entre casses, pneus enflammés et autres dégâts le jeudi 28 février dernier.

Par Antoine BATTIONO

Le Pays du 29 février 2008

Publié par djiwan à 15:44:42 dans - Actualité | Commentaires (1) |

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